Pour se souvenir des photographies d'Hervé Guibert à La Maison Européenne de la photographie

Publié le par lesdiagonalesdutemps




Avais-je vraiment l'impression de me promener dans une exposition de photographies en passant et repassant devant les cimaises de la Maison Européenne de la photographie sur lesquelles s'alignaient, en rangs serrés, les images, en petit format, d'Hervé Guibert ou d'errer dans le dédale des souvenirs d'une époque qui paraissait si lointaine lorsque l'on scrute attentivement ces clichés qui pourtant datent, pour les plus anciens de trente cinq ans et pour les plus récents d'il y a vingt ans, temps qui nous sépare de la date de la mort de leur auteur? Une autre question m'assaillait lors de cette déambulation; nous pencherions nous avec autant d'attention si ces photos n'étaient pas signées Guibert mais d'un voyeur inconnu? Quel pouvait être le jugement sur ces images de ce couple de sexagénaires que j'ai croisé plusieurs fois et dont, en saisissant des bribes de leur conversation, j'ai compris que le nom de Guibert n'évoquait rien pour eux? Vous me répondrez que l'on peut émettre ce genre de considérations oiseuses pour la quasi des expositions que l'on peut voir et que nous sommes, quelle que soit l'étendue de notre culture, souvent un Huron devant des oeuvres dont nous ne savons rien de leur créateur.

Les photographies de Guibert, il y en a environ deux cents, toutes en noir et blanc, dans lesquelles les habitués de la galerie d'Agathe Gaillard trouveront bien peu de découvertes. Elles sont souvent présentées ici dans des tirages d'époque. Si je suis un peu tiède, il ne faudrait pas penser que ces images sont médiocres. Elles ne sont certes pas honteuses. Les cadrages sont soignés, parfois inventifs, comme celui du portrait de Michel Foucault, bien que dans ceux-ci on décèle assez vite l'influence d'autres photographes; rappelons que Guibert chroniqua, dans "Le Monde", pendant quelques années, les expositions de photographies, tel celle d'Herbert List et surtout de Bernard Faucon dont les photographies prenant pour modèle Hervé Guibert sont les plus belles de l'exposition et ne sont malheureusement pas reprises dans le catalogue qui est agrémenté d'un avant propos de Jean-Baptiste Del Amo (j'ai rendu compte des deux roman du préfacier, ici et.) dans lequel le jeune romancier se penche sur les photographies de son ainé sous l'angle de la représentation du corps, le sien et celui des autres,au travers le passage du temps, de l’instant, de la vie. Il est amusant de noter que ce dernier est actuellement pensionnaire de la villa Médicis où Guibert le fut aussi en 1987 et que c'est peut être en ce lieu qu'il se pensa en plus d'écrivain, également photographe. Il est impossible de séparer l'oeuvre littéraire et l'oeuvre photographique d'Hervé Guibert tant elles nourrissent l'une l'autre. Elles sont siamoises. Il faudrait se souvenir qu'Hervé Guibert a été l'un des inventeurs de l'auto fiction moderne. On ne trouvera pas dans la rétrospective des photos volés, la mise en scène des images est constante. 

La relation de Guibert avec la photographie fut particulièrement intime. Non seulement il a très jeune pratiqué la photographie mais des oeuvres de photographe comme Bernard Faucon, Duane Michals et Sophie Calle  marquèrent profondément son oeuvre littéraire. On peut voir "Voyage avec deux enfants" comme un essais de transposition des photographies de Bernard Faucon en un roman (ici , on peut lire une rencontre datant de 2001 avec les deux protagonistes de "Voyage avec deux enfants"). Il ne faut pas oublier qu' Hervé Guibert fut aussi le modèle du photographe Hans Georg Berger. 


Durant toute cette rétrospective le visiteur est témoin de la construction de soi d'un jeune homme qui n'a semble-t-il jamais douté de son importance ni de sa valeur. L'image de l'autodafé de ses photos de jeunesse, photographié non sans naïveté, témoigne encore plus que d'autres images de ce souci des masques. Christian Soleil en donne en une phrase un portrait que je crois juste et que corrobore toutes ses photographie: " Tel est le personnage qu’il (Hervé Guibert) nous a laissé. Puéril, compliqué et torturé, en opposition au monde adulte. Un écorché vif, blessé par ses amours. Martyr-né, martyr voulu.".
Hervé Guibert photographiait avec le Rollex 35, cadeau de son père. Ses images se divisent en deux grandes catégories qui parfois s'interpénètrent, celles que l'on peut considérer comme des images d'une sorte de journal intime  photographique et d'autres qui pourraient être les illustrations de ses reportages pour "Le Monde" et qui furent rassemblés l'an passé dans un volume, sous le titre " Articles intrépides" et publié par les éditions Gallimard. Ces dernièrs clichés peuvent eux mêmes se diviser en deux catégories, les portraits de célébrités, on reconnait Isabelle Adjani, Michel Foucault, Vincent Lindon, alors parfaitement inconnu et ami du photographe, on voit par là la porosités de ces catégories, et des natures mortes d'où ressort un indéniable gout pour la morbidité et cela bien avant que la maladie atteigne Guibert.
Le volet le plus intéressant est celui ou le photographe recense son quotidien privilégiant plus les choses que les êtres, les minuscules panoramas des chambres plus que les échappés sur la nature qui est quasiment absente dans cette rétrospective.

C'est non sans pose que le photographe fait les portraits de ses espaces intimes dans le but évident et cela, alors qu'il n'est qu'à l'aube de sa carrière littéraire que ses photographies soient le prolongement de son écriture et qu'elles aident à l’élaboration de sa mythologie personnelle. En témoigne sa complaisance à photographier sa table de travail lors de l'écriture d'un livre, puis d'un autre. Ces clichés, très propres, ne nous renseignent guère sur les affres de la créations du romancier mais nous font mesurer la distances entre les années 80 et aujourd'hui par la différence entre les objets que l'on s'attend trouver sur le bureau d'un écrivain aujourd'hui et celles que l'on voit, ou plutôt que l'on ne voit pas sur ces photographies. On remarque d'emblée l'absence d'un ordinateur, d'un téléphone portable et autres objets sophistiqués dont la plupart d'entre nous ne saurait se passer aujourd'hui. A leur place on découvre des bouteilles d'encre, des carnets, des stylos et des crayons... Une tables de travail qui est plus proche de celle d'un écrivain du XIX ème que celle d'un auteur de notre début du XXI ème siècle. Curieusement les nombreux fragments que Guibert a pris de ses appartements successifs ne parvient pas à nous donner une idée du décor dans lequel il évoluait. Si les images témoignent de pratiques d'écriture obsolète, elles ne sont pourtant pas datées tant leur facture classique est intemporelle. 

Ah, il s'aimait ce garçon là, les autoportraits constituent une partie non négligeable de la rétrospective. On le comprend, qu'elle merveille que ce visage qui n'a pas eu complètement le temps de se défaire malgré la terrible maladie qui a décharné son possesseur. Cet amour de son physique lui a fait négliger celui des autres qu'il trouvait, après examen, moins flatteur que le sien et donc moins digne d'être immortalisé par la photographie. On rencontre bien sur les murs quelques images de ses amants, Thierry d'abord, l'ami de presque toute une vie, emporté par le sida avant lui. Il qui est le personnage central du "Mausaulée des amants", journal intime d'Hervé Guibert, paru aux éditions Gallimard. Il y a aussi le Vincent de "Fou de Vincent" et une silhouette sortie de "Voyage avec deux enfants" et c'est à peu près tout. C'est peu pour ce grand séducteur. On voit par la que cet impudique semblait paradoxalement se méfier de la photographie et de ce qu'elle pouvait dévoiler de son intimité, sauf bien sûr dans son film posthume, "La Pudeur ou L’Impudeur" qui est projeté dans l'exposition, mais là encore, les autres, le hors soi, n'apparait quasiment pas; comme si le hors champ n'existait pas dans la vie du sujet Guibert. Le film qui fut un énorme choc lors de sa diffusion à la télévision est aujourd'hui disponible dans un très beau dvd.

Jean-Marc Lalanne en quelques mots décrit bien la nouveauté que fut ce film: "Au cinéma, l' oeuvre d'Hervé Guibert, pourtant réduite à un film, a ouvert une brèche. La Pudeur… anticipe la révolution des caméras numériques qui, à partir des années 1990, va créer une vogue du journal filmé et du cinéma à la première personne, d’Alain Cavalier à Jonathan Caouette. Deux déplacements de la parole qui se répondent, deux avancées connexes." 

  
Les images exposées sur tout le deuxième étage de la Maison européenne de la photographie font partie de la sélection définitive qu'Hervé Guibert avait faite pour son oeuvre de photographe. De l'Autoportrait de 1976 contemporain de "La Mort propagande" son premier livre paru aux éditions de Minuit, à la planche contact de sa dernière pellicule de 1991 en passant par la série qu'il a consacrée à ses vieilles tantes. Les commissaires de l'exposition sont Agathe Gaillard, qui fut la grande prêtresse de la photographie en ces années qui me paraissent si lointaines et dont la galerie existe toujours non loin de cette Maison Européenne de la photographie, et Christine Guibert, l'épouse d'Hervé Guibert qui fut avant cela mariée à son amant Thierry.


Il me semble qu'il est intéressant avant de faire une visite à la Maison Européenne de la photographie de lire, ou de relire, la première biographie d'Hervé Guibert, "Hervé Guibert: Le jeune homme et la mort" signée François Buot. Elle est alerte et remettra chaque photo dans son contexte. Rapprochant le visiteur de ce qu'il voit et diminuant ainsi la distance que Guibert a voulu instaurer entre lui et son oeuvre photographique, distance qui est à mon sens préjudiciable à sa qualité et à l'intérêt que l'on peut lui porter.

Nota:

1-Un site est dévolu à Hervé Guibert son adresse est: http://www.herveguibert.net/
2- Pour écouter une très intéressante émission "A plus d'un titre" sur Hervé Guibert diffusée par France-Culture dans laquelle Tewfik Hakem s'entretient avec Yvonne Baby, ancienne responsable des pages culturelles du "Monde" qui engagea Hervé Guibert pour écrire sur la photographie dans le journal, et Jean-Baptiste Del Amo préfacier du catalogue de la rétrospective, pour cela il suffit de cliquer sur la ligne ci-dessous.
 
 
 
 
 
 
 

08.02.2011 - A PLUS D'UN TITRE
LITTÉRATURE : HERVÉ GUIBERT / ESSAIS : ALEXANDRE PAPAS 60 MINUTES Écouter l'émissionAjouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

3- Ci-dessous une autre émission de France-Culture sur entre autres la rétrospective de Guibert à la Maison Européenne de la photographie.

4- Il y a quelques mois est paru un coffret, composé d’un CD et d’un livret, il a pour vocation d’explorer la place singulière occupée par la photographie dans l’œuvre et dans la vie d’Hervé GuibertDes extraits de ses textes consacrés à la photographie sont lus ici par Juliette Gréco, Anouk Grinberg, Jean-Louis Trintignant et Cyrille Thouvenin, sur une musique originale de Dominique A.
5- ici une rencontre assez surréaliste entre Christian Soleil et le Vincent de "Fou de Vincent". 

 




 

Commenter cet article

ismau 03/09/2014 00:05

Je viens de voir publié sur la page facebook du site herveguibert.net, une photo et un lien vers votre billet : « Un vernissage de Bernard Faucon » (du 8 mars 2014 )
https://www.facebook.com/herveguibert.net
Du coup, j'ai relu quelques uns de vos billets concernant Hervé Guibert, et leurs commentaires . Je voudrais juste corriger pour celui-ci ma remarque trop rapide concernant Arnaud Genon, excellent connaisseur de l'oeuvre d'Hervé Guibert . Il en propose toujours des analyses subtiles et passionnantes ( les articles et chroniques rassemblées dans « l'Aventure singulière d'Hervé Guibert » par exemple ) C'est aussi lui qui anime avec beaucoup de passion et de sérieux les sites précités .

B.A. 03/09/2014 07:37

Merci de m'indiquer ce lien d'autant que les liens vers mon blog sont rarissimes (ce qui ne me surprend pas complètement) et un autre merci pour la relecture des anciens billet et votre déontologie de commentatrice qui n'hésite pas à rectifier ses anciens propos.

ismau 05/07/2013 16:55

Le livre de Guibert récemment reparu : il s'agit de "Vice",une sorte de catalogue d'objets et de lieux, qui ont en commun leur usage directement lié au corps, et une banalité paradoxalement étrange
et morbide . Les photos jointes vont des mannequins du musée Grévin, comme sur la couverture,aux spécimens monstrueux des musées de médecine, et aux cires d'anatomies ...loin de l'univers enchanté
de B.Faucon
Une anecdote amusante au sujet de ce livre : je l'avais commandé par correspondance à un bouquiniste, avec deux livres de Thomas Bernahrd ; il me les a envoyé avec un cadeau-surprise ... un livre
de Cioran "Sur les cimes du désespoir " !... J'ai bien apprécié l'ironie !
De même, pour en revenir à B.Faucon, je ne suis pas tout à fait d'accord quand vous dîtes qu'"on peut voir "Voyage avec deux enfants" comme un essai de transposition des photographies de B.Faucon
en un roman " . Pour la partie rêvée du voyage, oui, tout à fait . Par contre, pour la relation du voyage réel, qui vient s'opposer au voyage imaginaire, c'est tout au contraire la trivialité la
plus extrême, et un esprit de dénigrement très noir , à nouveau très éloigné de l'esprit des photos de Bernard Faucon .

lesdiagonalesdutemps 05/07/2013 21:37



Toutes les photos de Bernard Faucon ne sont pas roses mais je suis d'accord avec votre remarque. Je ne connais pas le livre de Cioran dont vous me parlez au titre formidable. J'ai eu la chance de
diner chez lui au milieu des années 70. Il n'était pas lugubre du tout et son vin était très bon. En outre je ne trouve pas ses livres désespérant mais ceux deThomas Bernahrd, si



ismau 04/07/2013 17:09

La lecture, très agréable, riche et instructive de "Mémoires d'une galerie" d'Agathe Gaillard, m'incite à ce petit retour dans le temps . Agathe Gaillard parle bien sûr, entre autres, de ses
relations avec Hervé Guibert, et de ses multiples expositions dans sa galerie, puis de ses expositions posthumes, dont celle-ci.

Cette exposition de la MEP, je n'ai pas pu la voir, mais j'ai acheté le catalogue, et je me suis beaucoup documentée. J'ai remarqué que vous aviez écrit ici ce que j'ai pu lire de plus complet, et
de loin de plus intéressant, avec comme toujours un excellent choix de documents et images . Malgré votre "tiédeur" avouée, ce n'est pas non plus la réaction négative que j'ai pu lire ou entendre
par ailleurs . Les réactions les plus négatives venant effectivement de la part de ceux qui n'ont pas lu Hervé Guibert, et surtout aucun de ses écrits sur la photographie . Si on les lit, je crois
qu'une part du malentendu au moins se dissipe, puisqu'il s'y revendique comme non technicien, non formaliste, non professionnel ...Il revendique une posture ambiguë d'amateur . Quand cette photo
volontairement strictement intime, est exposée comme la photo d'art qu'elle semble imiter, et non en miroir de ses textes, ça ne marche pas vraiment . Mais il n'en est pas tout à fait responsable .
Lui, a toujours lié les deux (photo et texte) avec une grande intelligence . Depuis "Suzanne et Louise" sorte de roman photo, jusqu'à "Le seul visage" publié comme un roman mais sans texte . Dans
le catalogue de la MEP, j'ai pu relier, à la page ou à la ligne près, une trentaine de photos à ses textes . C'est dans cette jonction, me semble-t-il qu'il fait oeuvre de créateur , pas dans ses
photos telles quelles .
( A ce sujet, une édifiante interview de Bernard Faucon dans "Paris à l'air Livre " :https://www.google.com/url?q=http://blogs.paris.fr/alairlivre/2011/12/27/herve-guibert-27-decembre-1991/&sa=
)
C'est pourquoi cette exposition était peut-être un piège . Mais lui même, était dans ses articles du Monde un critique suffisamment cultivé, sensible et subtil, pour être conscient de sa place au
regard de l'oeuvre des vrais photographes . Il avait aussi assez de références, pour ne pas en suivre une en particulier . C'est pourquoi je ne pense pas qu'il soit spécialement redevable à Herbert
List, Bernard Faucon, Duane Michals ou Sophie Calle ( qui était une amie, mais pas un mentor : elle ne l'a pas devancée dans son travail, ils travaillaient plutôt en parallèle, elle a d'ailleurs
dit avoir été parfois inspirée par son travail d'écrivain, par "Des aveugles" par exemple ) .

Je ne suis pas d'accord non plus, comme je l'ai déjà dit, avec votre analyse de son narcissisme . Pour moi, il est narcissique comme l'était Rembrandt dans ses autoportraits, ou Montaigne ... c'est
à dire comme sujet d'étude essentiel . Mais certainement pas avec la certitude de séduire, puisqu'il était très mal à l'aise avec son corps et complexé avec sa difformité thoracique ... qu'il nomme
"monstruosité" dans un petit texte ( "Sur une manipulation courante, mémoires d'un dysmorphophobe" ) paru en 93 en préface à "Photographies" et réédité dans "La piqûre d'amour" . Ce complexe est
envahissant, il en est question dans tous ses textes quand on y est attentif .D'ailleurs dans les faits, il est loin d'être "un grand séducteur", il est toujours très solitaire, et s'en plaint
.

Enfin, vous dites que Thierry a été emporté par le sida avant Lui . C'est une erreur, il est mort au contraire six mois plus tard . Ils ont reçu ensemble l'annonce de la maladie, mais ensuite
Thierry est resté dans une apparente insolente bonne santé, alors que celle d'Hervé déclinait . Il en est question dans tous les derniers livres, et même dans le dernier, "Cytomégalovirus" un mois
avant la mort d'Hervé, sept mois avant sa mort il s'occupe encore de ses enfants et de son métier . Dans le film, c'est Thierry qui porte son ami sur son dos pour sortir de la mer et grimper sur le
chemin . Puis il était sur l'île d'Elbe pour l'inhumation . Après la mort d'Hervé, je viens de l'apprendre dans le livre d'Agathe Gaillard, il participe activement à une exposition posthume des
photos d'Hervé à Arles . C'était quelques semaines avant sa propre mort, le 14 juillet 1991 .
Vous faites aussi une petite erreur, en disant que Christine Guibert était d'abord mariée avec Thierry . Non, ils n'étaient pas mariés, ce qui est beaucoup plus logique vu leur milieu et leur état
d'esprit, à cette époque de remise en cause des valeurs traditionnelles . Thierry et Christine vivaient en couple depuis longtemps, ensuite en famille avec leurs deux enfants, Hervé venait souvent
en visite ou en séjour. L'idée du mariage c'était bien sûr une mesure d'abord administrative et financière, pour les enfants, après la disparition inéluctable de leur père et d'Hervé Guibert, mais
aussi symbolique pour resserrer leurs liens . Christine en parle très bien dans le petit livre de Brigitte Ollier .

Vous concluez en recommandant la lecture de la biographie de François Buot . Je regrette de ne pas l'avoir lue, mais elle m'avait inspiré une certaine méfiance après avoir vu des critiques très
négatives de la part de proches d'Hervé Guibert, qui lui reprochaient je crois d'avoir "volé" des informations auprès de la veuve éplorée, et ensuite d'avoir brodé et ajouté du pathos ... J'ai lu
par contre Arnaud Genon, qui s'appuie beaucoup sur les textes, mais trop parfois .

lesdiagonalesdutemps 04/07/2013 21:01



Tout d'abord merci pour cette lecture attentive de ce billet (et des autres). Et encore un plus grand merci pour avoir rectifié mes erreurs. Je ne sais pas comment j'ai pu écrire que Thierry
était mort avant Hervé Guibert; c'est bien sûr en effet le contraire et je le savais...


Je suis assez d'accord avec vous que les photos de Guibert gagne en intérèt à être vues en regard de son oeuvre littéraire. Mais ce ne sont pas non plus des illustrations de celle-ci plutôt des
émanations de ses livres. Le raprochement avec Rembrandt me parait très juste. Dans les autoportraits du peintre comme chez ceux de guibert on voit la mort au travail. Leur narcissisme me parait
en effet assez semblable. Mais je pense à un narcissisme plus psychologique que visuel (plus dans le sens psychanalitique). Ce matin à la Hune j'ai feuilleté un livre de Guibert récemment reparu
(je ne me souvien plus du titre) et voyant une photo de mannequin de Guibert j'ai immédiatement pensé aux images de Bernard Faucon.


Je pense qu'une bonne biographie de Guibert reste à écrire. Il faut absolument que je lise le livre d'Agathe Gaillard.