pour se souvenir des Diablogues de Roland Dubillard au Théâtre du Rond-Point

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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J’étais à la fois très excité et un peu inquiet en me rendant une nouvelle fois au beau théâtre du Rond-point pour voir les Diablogues. Excité car je n’avais encore jamais vu sur scène un de mes acteurs préférés, Jacques Gamblin. Je n’avais pas plus vu jouer son compère François Morel. Mais mon inquiétude venant que mes souvenirs du Décablogue étaient à la fois excellents et lointains. Pas aussi ancien tout de même de ce qui furent les prémices du spectacle, “Les dialogues de Grégoire et Amédée”, une pièce radiophonique dont l’auteur, Roland Dubillard , était un des deux interprètes; on a pu l’entendre sur les ondes nationales au début des années cinquante et la réentendre partiellement, ce fut mon cas, sur France-Culture, il y a déjà de nombreuses années. En outre j’avais déjà vu une précédente mouture du spectacle interprétée par Roland Dubillard et Jacques Seiler dont bien d’anciens téléspectateurs se souviennent comme étant l’interprète du bras droit de Vidocq, un feuilleton du samedi soir dont adolescent je faisais mes délices. Il y a for longtemps, je ne sais plus exactement quand et encore moins dans quel théâtre parisien. Mais j’en avais gardé un bon souvenir, en particulier du sketch du compte goutte qui tantôt pousse les gouttes et tantôt les tire. Je craignais donc d’être un peu déçu par de si anciennes retrouvailles.

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Il n’en a rien été. Pourtant ma crainte fut confirmé lorsque je rentrais dans la belle salle Renaud-Barault au plateau trop vaste pour une chose aussi intimiste. Mais toutes mes craintes se dissipèrent dès la première séquence, je fus conquis dès la première minute d’une partie de ping pong sans balle ni raquette où les deux joueur bekecttiens à la mise soignée son assis dans de cosi fauteuil club cela tient plus de Tati que d’Antonioni mais c’est bien toutefois un mélange de Blow-up et des vacances de monsieur Hulot sous l’ égide du théâtre de l’absurde.
Il ne faut pas chercher dans ses échanges hilarants un quelconque ancrage psychologique ou sociologique pas plus qu’historique. Les deux compère sont comme en suspension dans le temps et l’espace impression renforcé par le décor puisqu’ils jouent devant une carte façon Palais de la découverte qui réussi à nous faire oublier la vastitude du plateau.

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Les deux acteurs restent dans leur registre familier et sont épatants. Il faut dire qu’ils se sont choisis. Lorsque le projet est proposé à François Morel, il pense aussitôt à Gamblin. Et si ce dernier finit par accepter, c’est qu’il se réjouit de pouvoir jouer avec Morel ce numéro de “clowns musicaux”. François morel campe un quidam madré, à qui on ne la fait pas, et qui rappelle sont personnage des Deschiens quant à Gamblin, il joue à merveille de l’égotiste élégant énervé. Et pour rompre la mécanique, dans un sketch, ils échangent leurs rôles, du grand art. Et puis comment manquer une soirée où l’on vous explique la supériorité de la musique de placard sur la musique de chambre...

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A Paris, il ne vous reste plus que jusqu’au 7 décembre pour rire de ce chef d’oeuvre du non-sense servi par deux grands comédiens.

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