pour se souvenir de Raul Perez au musée Berardo

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Je suis toujours extrêmement heureux, lorsque à l’occasion d’un voyage, je découvre un artiste dont j’ignorais tout. Ma récente escapade lisboète et la visite, que j’estime incontournable à la fondation Berardo, un des plus beaux musées dédiés à l’art moderne et contemporain que je connaisse, m’a comblé avec la découverte de l’oeuvre de Raul Perez.
C’est  près de 90 dessins et peintures créées entre 1960 et 2008 par Raúl Perez que l’on peut voir sur les bords du Tage. C’est parait il  la plus grande exposition depuis toujours présentant l'univers plastique de cet artiste portugais. Je le crois sur parole tant l’exposition est riche
"Raúl Perez - Dessin et peinture" est présenté en collaboration avec la fondation Cupertino de Miranda, où en 2006, le peintre de 64 ans a présenté une autre exposition  de 70 œuvres.

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C'est à partir de cette exposition qu'il a décidé d’en faire une plus grande, avec une sélection d'œuvres plus épurées. Comme  Raúl Perez a expliqué dans une interview à l'agence Lusa à peu de jours de l'inauguration de l’exposition à la fondation Bérardo.

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Raúl Pérez est né en 1944,à Lovelhe, un village dans la région de Minho, au nord du Portugal. Sa première exposition particulière a eu lieu en 1972.  En 1973, il rejoint le Groupe Phases (Paris).  Il a été associé au courant surréaliste portugais en particulier à Cruzeiro Seixas. Perez s’inscrit dans cette continuité mais il sait s’en dégager. Il expose à la galerie Sao Mamede en 1972, 1982 et 1985. Il participe également à plusieurs expositions de groupe, organisées par l’écrivain et peintre Mario Cesariny (1923-2006).

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Le surréalisme est évidemment une référence structurante pour l’oeuvre de Raul Perez. Mais le surréalisme est arrivé tardivement au Portugal, sans doute en raison de son contexte politique très particulier. Il n’y a jamais vraiment eu de groupes surréalistes au Portugal.
Aujourd’hui  Raúl Pérez  évite toute affiliation, et tient catégoriquement affirmer son indépendance.

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Néanmoins, il appartient indéniablement aux artistes pratiquant l’art magique tel que le définissait André Breton en 1957. Le peintre portugais, comme l’écrivain français,  a  la conviction que les objets possèdent une magie.

Le peintre a sélectionné des dessins et des peintures presque exclusivement en noir et blanc, qui sont, selon l'artiste, beaucoup plus profonds, par opposition à sa manière précédente où il utilisait beaucoup la couleur.

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Les références qui nous assaillent devant cette oeuvre, pourtant très originale, sont nombreuses. Autant par la rareté des couleurs et l’extrême soin apporté aux grisailles subtilement hachurées ou granitées que par les thèmes fantastiques. On pense immédiatement aux français Gourmelin et Topor et aussi à l’allemand Kubin. Dans certains tableaux des lombrics géants semblent échappés du Dune d’Hebert. Par ces architectures étranges aux cheminées de briques empanachées il est voisin de la peinture métaphysique de Chirico. Les paysages que peint Raul Perez sont ceux de rêves nocturnes aux inquiétantes perspectives, œuvres miroirs  d’un réel fantastique comme celles de Dali ou de Ernst...

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Ses forteresses m’ont évoqué les digues de Spillaert et les décors du Satiricon de Fellini et ses formes à l’inquiétante évanescence les curieux paysages d’outre monde de Tanguy. Les tableaux de Perez sont habités de figures féminines hébétées et de sortes de matous guettant de monstrueux mulots. S’il y a un pan angoissant dans cette œuvre, il y a aussi tout un pan qui la rattache au merveilleux. Mais la grande  différences avec les peintres précité  est que Perez répudie l'élément le plus caractéristique de la peinture, la couleur.  Apurement pour représenter   l'essentiel.

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