pour se souvenir de Guy Peellaert au musée Maillol en 2009

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

L'accrochage, j'hésite a appeler cela une exposition, de la série " Rock dream" de Peellaert confirme que le musée Maillol est un lieu impossible pour montrer de la peinture, passe encore pour la grande salle du rez de chaussée où pour l'instant s'ébrouent les toiles incongrues de George Condo , mais les pièces du deuxième étage où est relégué le malheureux Peellaert, ressemblent à celles d' un appartement petit bourgeois de l'entre deux guerres qu'un huissier aurait débarassé de ses meubles oubliant les tableaux sur les murs.

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Encore ne nous plaignons pas trop, l'infortuné a echappé aux pires salles avec moulures et cimaises couleur chocolat avarié. Peellaert a hérité de salles tendues d'une couleur bleu France sur laquelle au moins les oeuvres se détachent bien. L'éclairage comme toujours au musée Maillol est approximatif et les cartouches expliquatifs tout à fait rares.

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Mais si je me rend régulièrement au musée Maillol malgré les conditions calamiteures d'exposition c'est que le choix des artistes exposés est toujours pertinent et comble les innombrables manques des lieux officiels dans lesquel on montre de la peinture qui s'éloignent rarement des chemins balisés par le souci de rentabilité et le conformisme des conservateurs .

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Il faut donc néanmoins se rendre rue de Grenelle ne serait ce que pour saluer la louable initiative d'exposer Peellaert . On peut regretter qu'il ait fallu attendre que l'artiste meurt, à la fin de l'année dernière, même si cette exposition avait été programmé de son vivant, pour voir de ses originaux à Paris. Il ne faut jamais oublier que ces oeuvres n'ont pas été faites pour être accrochées sur des cimaises, comme d'autres oeuvres de Peellaert qu'il aurait été peut être plus judicieux d'exposer, mais pour être imprimées. Mais cette exposition qui ne concerne que les planches originales de l'album "Rock dreams" ne présente qu'une facette de cet artiste multiple qui a été peintre, illustrateur, muraliste, auteur de bandes dessinées (Les aventures de Jodelle (1966), Pravda la survireuse (1967) ... et dont certaines images, par exemple celles des pochettes de disque qu'il a réalisées pour de nombreux artistes ( Les Rolling Stone, David Bowie, Etienne Daho, Willy DeVille...) ou celle des affiches de film (Taxi Drivers, Paris Texas, Les ailes du désir...) sont dans toutes les mémoires sans que beaucoup en connaissent le nom de leur auteur.

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L'exposition réunit donc trente planches originales de l'album "Rock dream" qui a connu à sa parution un succès considérable dans toute l'Europe et encore plus aux Etats Unis. Chaque oeuvre traite d'un artiste ou d'un groupe dont certains sont déjà totalement oubliés aujourd'hui et ne seront sauvés du néant guère que par l'oeuvre que leur a consacrée Peellaert. Ces tableaux me rappellent ce que me disait Edouard Mac Avoy devant le portrait de Mauriac qu'il avait peint: <<>>.

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Pellaeert associe plusieurs techniques pour réaliser ces planches sur lesquelles il a travaillé durant trois ans: aérographe, projection de photographies, encre calque pastels... Il réussit à gommer toute présence du geste de la main, livrant une image presque photographique qui joue avec l'effet du réel et où les frontières entre les différentes techniques sont insiscernables.
Les images de Peellaert sont plus des images rêvées du monde du rock et de l'Amérique que des images réelles. Les figures évoquées, Janis Joplin, Bob Dylan ou Tina Turner sont mis en scène dans une fiction née de l'imaginaire de Peellaert; comme celle dans laquelle Ray Charles conduit une voiture, masquant sa cécité par l'écran noir de ses lunettes. Dans une autre planche apparait Jerry Lee Lewis sur une affiche derrière la jeune mineure en tenue de mariée qui faillit lui coûter sa carrière.
Rock Dream nous donne à voir l'imaginaire du rock'n'roll américain rêvé par un grand graphiste européen.

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site officiel de Guy Peellaert ici

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