pour se souvenir d'Une image peut en cacher une autre au Grand Palais

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Le titre un peu cucul et programmatique de l’exposition a au moins le mérite d’informer le visiteur sur ce qu’il va voir: des images que l’on découvre derrière celles évidentes qui nous apparaissent au premier regard. Mais attention voilà une exposition, principalement de peintures et de dessins mais il y a aussi quelques sculptures et installations, qui demande d’avoir l’oeil aux aguets et le cerveau point trop sclérose ni trop embrumé. Mais même en possession de toutes vos facultés, il est probable que vous resterez devant certaines des œuvres exposées sans discerner ce qui se cache derrière les apparences. Je vous conseille alors de vous faire aider par un jeune ami qui aura les méninges moins fossilisés que vous...
Le commissaire de l'exposition, Jean-Hubert Martin explique: << Il y a un filtre entre l'oeil et le cerveau qui est constitué des images emmagasinées par nos acquis culturels et qui donne une réponse immédiate.>>.

Une image peut en cacher une autre, exposition au Grand Palais - lundi 06 avril 2009 - culturebox
Picasso

Deuxième avertissement il faut savoir que nous avons affaire à une exposition trop copieuse qui relève plus du caravansérail et du cabinet de curiosités que d’un choix raisonné et sévère. Il aurait demandé à être resserré. D’autant que le commissaire, de l’exposition, Jean-Hubert Martin qui a le beau programme << d'encourager les voyeurs à devenir voyants>>,  semble avoir un peu perdu son sujet de vue pour des digressions oiseuses. On se passerait bien de ces toiles qui sont plus des croûtes que des chef d’oeuvre et qui ne sont là parce qu’ au troisième plan un rocher à une forme vaguement humaine. Et que viennent faire en cet endroit les œuvres de Jérôme Bosch, forcément superbes, et qui ne dissimulent rien et exhibent au contraire les turpitudes de bestioles presque humaines au premier plan des tableaux. A cette aune du monstrueux, il aurait été plus intéressant d'exposer des toiles de Verlinde, moderne émule du flamand et scandaleusement ignoré par l'institution... Ci-dessous une toile de Verlinde que vous ne verrez pas au Grand-Palais
Autre étrange oubli celui de Erté dans la section des lettres "habillées" une de ses élégantes peintures, comme celle ci-dessous, aurait été en parfait raccord avec les lettres gothiques constituées de figures érotiques que l'on voit ici.
On peut plus parter de grivoiserie que d'érotisme dans la gravure "Le bain des hommes" de Durer dans lequel on voit un bel homme mélancolique, son sexe, comme il se doit caché par sa culotte. Il est négligemment appuyé sur une pompe à eau, le robinet de celle ci devant la culotte de l'homme suggérant le sexe de ce dernier.
L'image “http://www.betonblog.de/wp-content/uploads/2007/10/wasserhahn.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
A propos de grivois c'est sans doute mon mauvais esprit qui m'aura fait ranger dans cette rubrique la belle "installation" de Le Gac dans laquelle une grande et belle photo d'un garçon escaladant un rocher (elle pourrait être signée Manson, mais je suppose qu'elle est de Le Gac lui-même) entourée d'une impressionnante collection de vieille cartes postales françaises récapitulant les sites de rochers étranges et autres pierres levées de nos belles campagne.  
Cela aurait été une belle idées de joindre deux peintres français, Farjas et Poirier, disparus il y a peu d'années. Ils avaient entièrement leur place dans cet accrochage, le premier avec ses tableaux pièges et le second avec ses rébus en trompe l'oeil...
Curieusement j’ai eu lors de ce vernissage rendez-vous avec mon enfance sous la forme d’une image d’Epinal  où dans la silhouette d’une blonde jeune fille se dissimulait une antique carabosse. Je me suis souvenu que de semblables images (un exemple ci-dessous), dont celle-ci, m’étaient données chaque dimanche par la patissière lorsque j’accompagnais ma tante lorsqu’elle achetait le gateau dominical rituel... C’était à la patisserie Liautaud, rue du bac à La Varenne, dans les années cinquante...
Les souvenirs que l’on croyait anodins font ainsi irruption dans un soir parisien, mais peut être qu’examiner ces images de mon enfance pour en découvrir leurs secrets m’ont appris à voir, mon donné ce goût des images qui m’a conduit ici... Léonard de Vinci ne conseillait-il pas: << Pour éveiller les capacités d'invention et d'intelligence il faut regarder les murs barbouillés de taches ou des pierres de différents mélanges. Tu pourras y voir des aspects de divers paysages, de nombreuses batailles, des gestes vif de personnages étranges, des costumes et une infinité de choses...>>.


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Une image peut en cacher une autre
Comme l’indique le visuel choisi pour la promotion de la manifestation, Jean-Hubert Martin a pris comme pivot de l’exposition l’oeuvre de Dali. Il me semble qu'il aurait été plus judicieux de choisir l'extraordinaire toile, ici présente, "L'enigme sans fin" qui aurait traduit parfaitement les ambitions de cet accrochage, ambitions pas complètement comblées à mon avis... "L'enigme sans fin" cache huit scènes différentes. L' exposition propose les dessins de Dali qui permettent de retrouver, image par image, toutes les strates cachées à l’intérieur du tableau.
Je crois que très justement, dans une interview à France-Culture, Jean-Hubert Martin soupçonnait que notre acuité visuelle se serait émoussée: << A la Renaissance, période où les tableaux étaient cryptés de signes, même un érudit n'était pas confronté à ce flot d'images que nous connaissons aujourd'hui. Et donc il savait regarder un tableau, le fouiller, le pénétrer, l'analyser.>>.
L'énigme sans fin de Dali
Le commissaire de l'exposition a entouré l'oeuvre du maître catalan des pièces venant de toutes les époques et de tous les continents qui incluent la figure humaine, souvent en la distordant, parfois en la dissimulant ou en en proposant des fantasmagories ce qu' illustre  les images des Saisons d’Arcimboldo, le paysage qui va de la Renaissance à Max Ernst, ou l’architecture avec les perspectives impossibles d’Escher(dont la reproduction géante d'un escalier sans fin est placé... dans l'escalier reliant les deux étages de l'exposition).
http://pboursin.club.fr/bonus/escher03.jpg
Si précedemment c'était mon enfance qui était convoquée, cette fois c'est mon adolescence et ma jeunesse qui resurgissent avec le dessinateur suisse tant ses oeuvres étaient omniprésentes dans les boutiques de posters si nombreuses entre 1970 et 1980...
Le choix, si l'on peut dire en raison de leur nombre pléthorique, 250 environ, des oeuvres est tantôt paresseux, tantôt aventureux. Paresseux pour Mantegna, Arcimboldo dont on a pu voir les oeuvres exposées au Grand Palais , récemment à Paris dans les expositions qui leur ont été consacrées pour le premier au Louvres et pour le second au musée du Luxembourg. Aventureux si l'on considère par exemple les magnifiques et surprenantes miniatures mogholes...
moghole
miniature moghole
Arcimboldo
Arcimboldo
Mais comme vous vous en doutez, si vous me lisez depuis quelques temps ce sont surtout les pièces modernes et contemporaines qui ont retenu mon attention. Il faut dire que l’art contemporain, grâce à des techniques et des formes nouvelles d’ambiguïté visuelle, dont les extraordinaires anamorphoses-métamorphoses tridimensionnelles du suisse Markus Raetz, est particulièrement riche en distorsions optiques. Comme cette tôle savamment pliée qui, sous un certain angle est une silhouette d'homme coiffée d'un chapeau et qui lorsque l'on change d'angle pour l'observer, ou qu'on la voit à l'envers dans un miroir, devient un gentil lièvre.
lapin
Markus Raetz, Métamorphose II, 1991
Les bêtes à longues oreilles seraient elles favorables aux illusions d'optiques puisque, à l'entrée de l'exposition nous sommes accueilli par un dessin publiè dans la presse allemande au XIX ème siècle dans lequel on voit à la fois un canard et un lapin dans le même dessin.
canard.
Un des tableaux les plus extraordinaire que l'on peut voir ici est de  Pavel TchelitchevJe reviendrai sur ce peintre dans un autre post dont la vie est un roman Ayant quitté la Russie en 1920 à 22 ans avec l’Armée Blanche, il vécut entre Paris, Berlin et New York; homosexuel militant, il fut l’amant de Charles Henri Ford, et mourut dans ses bras en Juillet 1957 près de Rome.

http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/files/tchelitchev_phenomene_detail.jpg

Ci-dessus, à titre d'exemple voici un tableau de Pavel Tchelitchev  qui me parait plus représentatif de sa manière que celui que l'on peut admirer au Grand Palais et qui est ci-dessous. Il est habituellement au MOMA.
                                                                                                                            Pavel Tchelitchew. Hide-and-Seek. 1940-42
   
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A mon sens à elle seule l'extraodinaire installation (voir ci-dessus) de Tim Noble et Sue Webster 
British Wildlife [Vie sauvage anglaise]. Vaut le déplacement. Elle a en outre une histoire peu banale. La première exposition personnelle de Tim Noble et Sue Webster, organisée à Londres en 1996, s'intitulait « British Rubbish » (« Ordure anglaise »). La mise en scène de leur autoportrait à travers des matériaux de récupération - projetant une ombre portée - devint alors leur signature. Lorsqu'en 2000, à la mort de son père, Tim Noble hérite de sa collection d'animaux empaillés. Tim Noble et Sue Webster décident de lui rendre hommage avec British Wildlife, L'ouvre se présente comme un buisson constituée d'animaux sauvages de la faune anglaise : quarante-six oiseaux, quarante mammifères, deux poissons, pie, mésanges, blaireau, deux renards, un cygne et la corneille favorite  de Tim Noble lorsqu'il était enfant. L'ombre du couple représente deux silhouettes en souffrance. J'ai même eu l'impression fugitive d'y voir deux garçons, comme deux Saint-Sébastien suppliciés dos à dos... L'œuvre fut initialement acquise par le Solomon R. Guggenheim Museum de New York, mais, après trois ans de conflit avec la douane américaine, qui refusait d'autoriser l'importation d'animaux empaillés, les artistes l'ont reprise!

dali

En résumé une exposition née d'une brillante idée mais qui est, à la fois mal fichue, en raison principalement du choix contestable des oeuvres exposées (pour cette raison quelques uns des tableaux qui illustrent cet article, mais que je trouve appropriés au thème, ne sont malheureusement pas visible au Grand-Palais), rigolote, riche de découvertes et stimulante pour l'esprit.

Nota: Si les images ambigues vous passionnent allez voir ce siteA ma grande surprise ce billet a été l'un de ceux qui a généré le plus de commentaires lors de sa première parution...
 

Familles je vous hais !

Je vais aller voir ça... mais je crains encore une affluence exagérée... ça sent quand-même un peu l'expo racoleuse où on emmène les gosses regarder des belles images bizarres... cette tendance à faire des expos "pour toute la famille" qui remplissent les caisses, tendance venue me semble-t-il des anglo-saxons (la Tate Modern est autant une garderie qu'un musée) m'est quelque peu antipathique...
Posté par mathieu, 10 avril 2009 à 16:03

réponse à Mathieu

Non non je ne vous ai pas snobé en effet j'essaye de me relire mais je suis un peu dépassé par le temps que demande ce blog... Rassurez vous je ne comprend pas toujours tous les commentaires fait ici, et pourtant j'aimerais en avoir plus, pur masochisme sans doute...
Une fois encore je ne peux pas vous renseigner ayant vu cette exposition le soir du vernissage qui était très calme. L'exposition n'est pas du tout pour les enfants contrairement à celle de Calder au centre Pompidou qui me semble idéale pour eux... et aussi pour les adultes.
Nous n'avons pas du fréquenter la Tate Modern au même moment car je n'ai jamais eu ce sentiment et surtout pas lors de la mémorable exposition Gilbert et George, mais je ne la visite guère qu'une fois par an... La Tate Britain ne me donne pas non plus cette impression. C'est beaucoup plus vrai au Metropolitan de New-York...

Posté par B A, 11 avril 2009 à 17:29

réponse à bernard A.

Ah bon, vous non plus vous ne comprenez pas toujours tout ? :)
La dernière fois que j'ai visité la Tate Modern, c'était il y a 2 ans. Le rez de chausée était occupé par une expo dont l'attraction principale était une sorte de long toboggan fermé et transparent qui partait de l'étage supérieur. il y a avait des dizaines de gosses qui étaient là pour ça. Un pur cauchemar. Maintenant j'avoue que je suis un peu obsédé par l'infantilisation des masses et le pouvoir des mémères qui me semble débouler du monde anglo-saxon car le puritanisme vient bien de là. J'ai vu les bars que j'aimais se remplir après les pubs londoniens de mémères, de papas soumis et de poussettes en se vidant des fumeurs. Que mon horreur pour la mémérisation, l'hygiénisation et l'infantilisation du monde moderne ait quelque peu amplifié et déformé ma façon de percevoir la Tate... allez, je veux bien l'admettre ;)

Posté par mathieu, 15 avril 2009 à 23:42

re réponse à Mathieu

La mèmèrisation est un fait incontestable, d'où l'intérèt du "soleil vert" mais le puritanisme ambiant est aussi le fruit des hordes sauvageonnes chères à BéGODO qui traitent de putes les jeunes filles qui osent porter des robes et refusent les slips de bains dans les piscines par pudeur! (rien que du vu...).
Je me souviens en effet du toboggan de la Tate modern mais lorsque j'y suis allé il n'y avait pas de gamins, juste des adultes circonspects devant la glissade assez vertigineuse qui était proposée. J'avoue avoir été trop timoré pour m'y risquer ce que je regrette un peu. L'art dans tout cela... tient encore un truc que je n'ai pas compris...

Posté par B A, 16 avril 2009 à 13:43

Note sur Escher et impressions d'expo

C'est vrai que c'est un peu lassant toutes ces peintures à rochers-visages. Ceci dit, si on zappe ces croûtes, et si on passe aussi sur l'ordonnance peu logique des salles, ça reste une belle expo (pas très "familiale" d'ailleurs au vu du contenu parfois cru de certaines oeuvres). Niveau affluence, on est loin, bien loin du succès de "Picasso et ses maîtres" (où il fallait réserver son billet 1 bon mois à l'avance) : aucune queue un mercredi soir.

Petite remarque : j'ai peur de ne pas vous avoir bien lu, mais Escher est néerlandais et non suisse (pays où il n'a vécu que 2 ans) ; un beau musée lui est consacré à La Haye, ça mérite le détour.

Posté par Fred, 30 avril 2009 à 02:09

réponse à Fred

Merci pour ce juste rectificatif. Je ne connais pas le musée Escher ni La Haye d'ailleurs et je vais essayer sans tarder de faire le détour.
Posté par B A 30 avril 2009 à 07:32

nunuche

L'expo la plus nunuche de ces dernières décennies. Elle est à la peinture ce que les mots croisés sont à la littérature. Elle place le Grand Palais dans l'axe de Dysney world Paris. Plus personne ne voit les œuvres et chacun s'imagine que la peinture n'est qu'une astuce. Pourtant il y a de belles œuvres (de Cock; Metsys; Degas; Gauguin, Lacombe, Bonnard…) et chacun s'arrête à ce qu'on leur pointe du doigt sur des cartels imbéciles : l'anecdotique, les contrepèteries dérisoires, les calembours de potache, l'accessoire… C'est placer l'art au niveau des revues de gare. Le commissaire de l'exposition, Jean-Hubert Martin, c'est le commissaire du "chercher l'erreur". Il a déjà sévit autour des surréalistes, magnifiques auteurs d'un mouvement littéraire exceptionnel mais aux antipodes de la peinture à l'instar d'un Dali dont plus personne ne parlera dans 50 ans. Heureusement, même avec beaucoup d'entrainement, aucun commissaire ne pourra être aussi nul que Martin. On est tranquille pour le XXI° siècle...
Posté par miss punchabord, 23 mai 2009 à 00:50

A propos de Liautaud

Bonjour
Varennois depuis plus de 30 ans, j'ai habité avenue du Bac près de la pâtisserie Liautaud, laquelle dans les années 78/80 était nettement en baisse de qualité, c'était l'époque ou j'avais vu une expo photo de vous, dans le Marais,rue du roi de Sicile et je me souvient d'une photo marquée "bords de Marne à La Varenne" c'est à la suite de cela que j'ai appris que vous étiez St Maurien et habitiez, à l'époque... rue....de la Pucelle....????

Posté par Jean Pierre, 24 mai 2009 à 12:48

réponse à miss punchabord

Je voudrais insister pour dire que je ne suis absolument pas d'accord avec vous, Jean-Hubert Martin a eu le mérite de proposer une exposition autour d'une idéd originale, ce qui n'est pas si fréquent que cela dans les musées français. Son choix d'oeuvre est certes discutable mais fait preuve aussi de beaucoup d'audaces Et si Dali m'a semblé longtemps être en effet un peintre surévalué. C'est aujourd'hui l'inverse et écrire que l'on n'en parlera plus dans cinquante ans me parait être une prévision très peu probable...
Posté par B A, 27 mai 2009 à 13:15

Dans les nuages

Vous avez raison Bernard, il faut être audacieux mais je ne trouve pas très original d’imaginer à quoi peuvent ressembler les nuages qui passent au dessus de nos têtes. Ou alors j’ai dix ans, ou dix ans d’âge mental. Et quel rapport avec la Peinture ?
Quand à « Avida dollars » (anagramme de « Salvador Dali » par André Breton), imaginez qu’il n’ait jamais peint, il ne manquerait rien, mais absolument rien à l’histoire de la peinture. Peut-être laisserait-il un vide à celle de la psychiatrie, à celle du show business mais pas aux arts plastiques. Sa virtuosité (car c’est un virtuose, je le concède) n’a jamais servi que la société du spectacle. Connaissez-vous William Bouguereau ou Jean-Léon Gérôme, les papes de la peinture française à la charnière des XIX° et XX° siècle ? Les plus célèbres, ceux dont les tableaux battaient des prix records, qui cumulaient les présidences, les médailles, les honneurs… qu’en reste t-il aujourd’hui ? Méfiez-vous Bernard, des célébrités qui servent davantage leur ego que l’art où ils excellent.
A quoi sert l’exposition de Jean-Hubert Martin ? Dites-moi Bernard. Les visiteurs passent leur temps à essayer de « trouver le premier ». Apprendre à regarder, c’est apprendre à aimer, ce n’est pas apprendre à briller.

Posté par miss punchabord, 30 mai 2009 à 12:52

réponse à punchabord

Je vais être égoiste cette exposition m'a permis de voir un tableau important de Pavel Tchelitchev que je ne connaissais que par des reproductions, donc merci à Jean-Hubert Martin. Je vous rappelle que mon post comporte des réserves sur cette exposition. 
Je n'ai pas beaucoup d'estime pour Breton, (dont je connaissais le surnom, pas immérité dont il affubla Dali) ni en tant qu'artiste ni en tant qu'homme (lui même était loin d'être désintéressé). Mais je suis d'accord cependant avec vous sur le fait d'une absence de la peinture de Dali ne ferait pas un vide important dans l'histoire de la peinture. Mais cela est vrai pour la quasi totalité des peintres (et autres artistes). Ce n'est pas vrai en revanche pour Picasso, Kandinsky (dont l'exposition au centre Pompidou est extraordinaire) et Bacon par exemple mais ils sont bien rares dans ce cas là. Il n'empêche que l'on peut prendre intérèt et plaisir à voir des toiles de peintres moins immenses. Vous me parlez de Bouguereau et bien par exemple lors de la rétrospective Bouguereau au Petit Palais en 1984 dont j'ai encore le catalogue, j'ai pris du plaisir (c'etait parfois au second degrè j'adore compter les pieds dans les tableaux de ce bougre il les peignait tellement bien que ses modèles sont presque toujours pieds nus) à visiter cette exposition. Il faut autant se méfier des engouements d'une époque comme de ses rejets par exemple celui dont est victime la peinture en France au profit de l'art conceptuel (ce qui ne veut pas dire non plus que ce dernier soit toujours sans intérèt)....

Posté par B A, 30 mai 2009 à 20:09
L'exposition est certes brouillonne, mais il n'est pas certain que ce ne soit pas en raison même de ce défaut qu'elle réveille les neurones. A chacun de savoir s'abstraire de la vision restrictive qu'induit le fil directeur de l'image cachée (les petites affiches du début soulignent d'ailleurs que les cercles indiquent les lieux litigieux dans les tableaux sans en épuiser le sens), et de prendre le temps de regarder les tableaux pour eux-même, en s'arrêtant à la composition. Le mélange d'œuvres véritables et d'images en tous genres n'est véritablement regrettable que si l'on ravale celles-là au rang de celles-ci, au lieu d'utiliser le regard aiguisé sur des images simples pour faire surgir d'autres dimensions d'œuvres trop bien connues.
Posté par mimylasouris, 01 juin 2009 à 10:04

Réponse à Mimylasouris

Merci pour cette pertinente réflexion sur le regard
Posté par Bd Al, 02 juin 2009 à 07:48

allez sur ce site

Je vous recommande chaudement le site de mimylasouris qui grignote avec beaucoup d'intelligence l'actualité culturelle avec des billets incisifs et remarquablement informés
Posté par B A, 02 juin 2009 à 07:54

information

Bonjour,
je suis "tombé" sur votre blog en faisant des recherches sur Pavel Tchelitchew, et plus particulièrement sur son oeuvre "Hide and Seek". J'ai particulièrement appréciée cette oeuvre lors de ma visite au Grand Palais, et je voulais savoir si vous pensez possible de se procurer une affiche, poster de ce tableau ? J'ai visité le site du MoMA mais n'ai pas trouvé le moyen de leur écrire un courriel... Donc, pouvez vous me dire s'il vous semble possible d'avoir ce type d'affiche, si oui, auprès de qui? A défaut, auriez vous un site, une adresse du MoMA, pour adresser ma requête?
Merci de votre aide, merci pour votre blog.

Posté par Fred, 21 juin 2009 à 21:06

Réponse à Fred

Comme je crois l'avoir mentionné dans mon post le tableau n'est plus exposé actuellement au MOMA et reste dans les réserves donc malheureusement aucune chance d'avoir poster, affiche ou même carte postale actuellement. Il reste à espérer que la mode change, car dans les musées comme ailleurs il y a des phénomènes de mode, et que Pavel Tchelitchew retrouve la faveur des critiques. Merci pour votre visite
Posté par B A, 22 juin 2009 à 07:32

Lettres habillées

Bonjour,


J'ai bcp aimé le dessin que vous présentez concernant Erté: "les lettres habillées".
Hélas après recherche sur le net je ne trouve rien concernant cet artiste.
Pouvez- me donner d'autres "pistes" afin de visualiser d'autres lettres?
Merci.

Posté par mjojo, 04 novembre 2009 à 22:52

Réponse à mjojo

Tout d'abord merci de mettre un commentaire sur un billet déjà ancien... il n'y a rarement de péremption à mes articles...
Je me souviens qu'il y a, à peu près 25 ans, FR3 avait consacré une émition d'une heure à cet artiste qui est décédé fort vieux et avait un curiex aspect androgyne. A la même époque dans les galerie de Los Angeles, celles plus pour le grand public que pour les grands collectioneurs d'art contemporain, on pouvait voir de nombreuses sculptures d'une quarantaine de centimétres, colorées et vernies, dérivées de ces lettres habillées d'Erté. C'était à la limite du kitch. Depuis l'oeuvre d'Erté a disparu des vitrines des galeries. C'est aussi un des mérites de cette exposition d'avoir ramené Erté à la surface de notre mémoire.

Posté par B A, 05 novembre 2009 à 08:23

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