pour se souvenir d'Art Paris 2008

Publié le par lesdiagonalesdutemps


IMG_2284

Art Paris est né en 1999 en opposition à la Fiac. C’était un peu le salon des refusés des galeries. Y figurait alors un bon nombre de celles que l’organisation de la FIAC avaient écartées. On y voyait surtout de la peinture.  Au début d’ailleurs Art Paris se déroulait en même temps que la FIAC, en Automne. Aujourd’hui Art Paris a déplacé ses dates au printemps. Et malheureusement nous y avons gagné une deuxième FIAC d’autant que plusieurs galeries exposent aux deux. Non que je n’aime pas la FIAC, mais il serait intéressant que les deux manifestations soient nettement différentes permettant ainsi d’attirer un autre public et des collectionneurs qui ne fréquentent pas habituellement Paris.
En haut des marches menant à la grande nef, le visiteur est accueilli par une colossale statue de Jan Fabre, “A la recherche d’Utopia” qui m’a fait irrésistiblement penser à la série délicieusement régressive qu’est “Dinotopia”.

IMG_2292
Le résultat cette année est un peu terne d’abord parce que peu de galeries ont fait le courageux pari de présenter qu’un seul artiste. Malheureusement celles qui ont fait cette démarche se sont fourvoyées à commencer par la galerie Claude Bernard dont je tairais par charité le nom du peintre qu’elle expose, et aussi en souvenir des beaux moments que j’ai passé jadis dans cette galerie. La quête spirituelle de Yoshiko aux Yeux fertiles m’a surtout paru mièvre.
Par rapport à la FIAC, il y a encore à Art Paris un peu plus de peintures et un peu moins de vidéo, beaucoup moins de galeries américaines et anglaises et plus de galeries françaises de province. Cette année aura été l’arrivée des chinois, pas seulement par l’intermédiaire des galeries leur pays, ils sont largement accueillis dans plusieurs galeries française. On assiste aussi à la confirmation de l’émergence des artistes russes. Les turlupins moscovites qui dynamitaient l’hiver dernier la maison rouge ont migré à la galerie Orel Art.
J’ai été particulièrement séduit par le travail de Huang Yan exposé par la galerieAlbert Benamou , qui touche à la peinture, à la photographie et au body art réussissant à réunir très habilement et esthétiquement les trois.

Image_31

IMG_2286


Cette même galerie sous l’étendard pièce unique exhibe des colosses vociférants en bronze rouge.

IMG_2288
Actualité oblige, au détour des cimaises, beaucoup de Keith Haring et de petits Alechinsky chez Lelong, de superbes multiples pour presque toutes les bourses, de 500€ à 1000€.
L’exposition La figuration narrative ouvrant au Grand Palais le 16 avril, comme il se doit cette école est sur représentée cette année d’abord par une exposition Monory chez Sonia Zannettacci , intitulée roman-noir bien dans sa manière qui en plusieurs grandes toiles de son bleu-violet nous transporte dans le monde des films noirs américains du début des années cinquante.

IMG_2293
Beaucoup moins convaincante est l’accrochage des petits formats d’ Erro dont peut néanmoins voir une toile savoureusement uchronique.

IMG_2296
C’est toujours avec un plaisir renouvelé que je me rend à la galerie Arnoux, aussi bien chaque année à Art Paris, qu’à leur adresse germanopratine. Comme à leur habitude il présentait une belle sélection de l’abstraction chaude de l’école de Paris en particulier de magnifiques Oscar Gauthier (ci-dessous).

IMG_2301

Comme toutes les foires, Art Paris permet des confrontations aussi curieuses que cocasses comme cette rencontre entre une belle œuvre de AES+F et ce Combas de belle facture.

IMG_2295
Une telle manifestation permet aussi de prendre des nouvelles de vieilles connaissances, comme cette année Velickovic et Klassen qui ont un peu changé leur manière. Ce qui profite plus a Velickovic qu’à Klassen... Velickovic propose de grandes toiles inquiétantes sur lesquelles volent de sinistres corbeaux.

IMG_2297

IMG_2298
Klassen quand à lui semble avoir définitivement laché les gros plans sur les compteurs et autres extincteurs pour se laisser aller à une influence cinématographique, un peu comme Monory. Il ajoute à ses toiles néons et loupiotes sans que ces coquetteries les améliorent grandement.

IMG_2291

IMG_2290
La photographie est bien représentée mais les exposants a ne pas vouloir mettre en valeur qu'un seul photographe à la fois s' obligent à des juxtapositions absurdes où les images se détruisent entre elles. La galerie Dina Vierny a la judicieuse idée de se consacrer qu'à Frank Horvat, délectable...

Image_61
l'élégance et l'humour d'Horvat

Il arrive qu'au détour d'une allée on tombe sur une performance technique comme ce peintre qui , sur une toile vierge seulement avec de petits amas de peinture semblant sortir directement du tube donne l'impression au spectateur du tableau de surplomber une foule en marche.

IMG_2294
Mais le grand espoir dans un supermarché de l'art, pour un ignare dans mon genre est de faire une découverte (que par ailleurs tout le monde connait, mais c'est ainsi que l'on devient moins bête). Cette année je fus comblé par celle de Georges Noel et ses abstractions minimaliste élégante avec leur travail précis dans l'épaisseur de la matière.

Image_81
ci-dessus deux tableaux de Georges Noel réalisés à 32 ans d'intervalle en 1961 et 1993.

Art Paris donne enfin l’occasion de réviser son petit viatique de l’art moderne. Cette année il y a de très belles toiles de Matta, de Sam Francis et un exceptionnel Masson, “Les pies”, très peu Massonien.

Image_4
Image_5
ci dessus deux superbes Sam Francis malheureusement trahis par la reproduction.

Image_11
Les pies, Masson

Sans oublier quelques curiosités qui amusent toujours la population un peu plus mélangée qu’à la Fiac qui rode dans les allées . Comme cette version chinoise du radeau ne la méduse (malheureusement quasi inphotographiable) ou cette "Marianne" adepte du bondage, bien pourvue qui donnerait un peu de gaité à nos mairies ou encore parfait pour votre gazon ce centaure couleur malabar...

IMG_2285

IMG_2289


IMG_2300

Commenter cet article