pour se souvenir d'Arcimboldo au musée du Luxembourg

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Arcimboldo  (1526-1593) est de ces peintres que l’on croit connaître parce on a jeté de nombreuse fois un œil sur quelques une  des nombreuses reproductions que nous avons croisées et, si l’on est un habitué des musées,  vu un ou deux  de ses originaux. On se sera peut être même esclaffé devant un de ces portraits fait d’objets, de fruits, de feuilles, chacun de ces éléments minutieusement peints qui forme un tout étonnant et nous serons passer à autre chose... L’exposition du musée du Luxembourg  sera donc une découverte pour beaucoup. Celle d’un homme dont l’étendu du talent est aujourd’hui méconnu. Arcimboldo peu ou prou tenait le rôle à la cours des Habsbourg que Léonard de Vinci tint auprès de françois I er. D’ ailleurs on peut penser qu’ Arcimboldo se voyait (et peut être se rêvait) comme le nouveau Léonard. Il était à la fois un portraitiste de cour, les portraits des jeunes princesses d’Autriche sont remarquables, un grand ordonnateur des fastes royaux, On voit un très intéressant album réalisé par l’artiste pour montrer au monarque et lui donner ainsi une idée des réjouissances futures, un inventeur il a mis au point une méthode pour apprendre la musique à partir des couleurs et surtout le peintre extravagant de ces portraits pièges par quoi il a été redécouvert par les surréalistes au début du XXème siècle après avoir été oublié trois siècles. Cet oubli après le célébrité considérable qu’Arcimboldo a connu de son vivant rend l’attribution de ses peintures non extravagantes difficile. Ces fameux portraits sont les seuls que l’on peut lui attribuer avec certitude. La scrutation attentive de ses tableaux est indispensable et plein d’enseignements; on découvre d’abord, si l’on ne considère pas le tout de ces portrait mais si l’on se focalise sur les éléments qui les constituent par exemple un formidable peintre animalier. Le tableau intitulé “l’eau” composé de poissons et de coquillages juxtaposés est me semble t - il le plus remarquable. Il ne s’agit pas non plus d’un collage de figures qui aurait un rendu plat, l’artiste réussit à donner du volume à l’ensemble. Mais Ce qui est le plus extraordinaire c’est arcimboldo parvient a une ressemblance avec son modèle car la plupart de ces représentation ne sont pas des portraits générique d’êtres fictifs. Il parvient dans ses images bizarres et facétieuses a donner une expression et une idée du caractère de son modèle, comme tous les grands portraitistes. 
Encore plus curieux sont les tableaux pouvant se lire dans un sens et dans un autre comme cette toile qui nous montre une jatte remplie de différents légumes mais qui si on la retourne devient le portrait d’un “jardinier”, habilement présentée, un miroir nous permettant de découvrir ces deux tableaux en un seul.
L’exposition nous suggère avec délicatesse en nous montrant la galerie de portrait, due à un peintre anonyme contemporain d’Arcimboldo, de la famille de l’homme velu qu’à cette époque, la place du monstre, de l’extraordinaire au sens premier du terme, ce que l’on ne rencontre pas dans le quotidien, n’était pas la même qu’aujourd’hui. Il ne faut pas oublier que les tableaux que nous voyons sont contemporain de l’immense vogue chez les grands et les gens fortunés d’alors des cabinets de curiosités où se côtoyait dans un effarant bric-à-brac le précieux, le bizarre, l’hideux et le merveilleux, l’exotique et le trivial, mais toujours le rare de ce temps. Toujours dans un louable esprit pédagogique l’exposition nous montre que la zoomorphie n’est pas une invention de Arcimboldo, pas plus que celle de représenter des visages avec des objets et choses variées. A ne pas rater la surprenante assiette, dont la reproduction n’est malheureusement pas en vente à la boutique du musée, une vraie bourde commerciale, attribuée à Francesco Urbini  qui a pris au pied de la lettre l’expression tête de noeuds en faisant un portrait composé que de phallus. La carte reproduite ci-dessous est elle en vente à la librairie du musée. ne cherchez plus le support de vos prochains veux, vous venez de le trouver!.

 

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Cet accrochage est aussi un exercice de perception plus que jamais il faut voir les toiles à différentes distances loin pour appréhender le tout, près pour goûter l’excellence de l’exécution des détails.
Amis de l’étrange et du bizarre l’exposition de ce peintre de cour dont la fonction officielle n’a fait que titiller son extravagance est un régal pour les yeux et l’esprit.

 

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Blabla  et matoo  ont également rendu visite à cette exposition et leurs sagaces regards sont comme d’habitude revigorants.

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