Pour ne pas oublier Gérard Blain et son cinématographe

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 
Il est rare qu'en parcourant la toile mes yeux se mouillent d'émotion.  Ce sont souvent, heureusement,  des larmes de rire  qui brouillent mon regard, même si parfois je ris devant certains billets pour ne pas pleurer devant leur bêtise. Ce sont deux magnifiques articles sur l'oeuvre de Gérard Blain qui m'ont touché à ce point. L'un est du dr Orlof l'autre est signé Ludovic Maubreuil  (cinématique). Je subodore que ces deux là ne sont pas de la même église, mais je suis sûr qu'ils appartiennent de la toute petite chapelle des gens de talent.
Je n'est pas grand chose à y ajouter, seulement un souvenir, une image, celle de Gérard Blain m'apportant chez moi, un dimanche après midi, les bobines d'"un enfant dans la foule". Il les transportait dans un grand sac à provisions de toile cirée noire, un cabas de ménagère qui pendait au bout de son bras. Lorsqu'après le whisky rituel je le raccompagnait à la porte de mon appartement, il me dit Bernard fait bien attention à mon sac, j'y tiens beaucoup...
Sa visite me valut une recrudescence d'estime de la part du couple de concierges qui filtrait mes visites dans cet immeuble calme et bourgeois situé dans une petite rue du sixième arrondissement. Ils se trouve qu'ils étaient cinéphiles... Mon étoile pâlie, peu de temps après, lorsque Adolfo Arietta vint me voir pour que nous discutions de l'éventuelle édition de son film "Les Intrigues de Sylvia Couski" , ce qui malheureusement ne se fit pas. Mais pour qu'il accède à mon repaire, je dus le libérer de mes gardiens qui ne lui avaient pas permis de monter dans les étages. Il faut dire que le monsieur était en faux tailleur Chanel blanc, des chaussures à talon de la même couleur et il avait eu l'élégante idée de peindre les montures noires de ses lunettes avec du blanc à chaussure pour qu'elles fussent assorties à sa tenue...

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