Pompéi, un film de Paul W. S. Anderson

Publié le par lesdiagonalesdutemps

[Critique] POMPÉI

 

 


Si vous êtes sourcilleux d'exactitudes historiques et amoureux des acteurs qui jouent tout en nuance je ne vous conseillerais pas le film d'Anderson; mais si en revanche les fantaisies historiques vous amusent, même si nous sommes ici plus dans le film catastrophe que le péplum, et que vous êtes nostalgique des péplums genre Ulysse contre les martiens (ne cherchez pas dans votre vidéothèque ou votre bibliothèque de cinéphile j'ai inventé ce titre mais je suis sûr que les amateurs me comprennent) ne vous privez de ce plaisir un peu honteux (mais vous n'êtes pas obligé d'avouer à votre entourage que vous fréquentez des mauvais lieux). En plus vous ferez une bonne affaire pour le prix d'un billet vous verrez plusieurs films dans l'ordre Spartacus, pas le film de Kubrick mais la série australienne que le scénariste de Pompéi a un peu trop regardé (on peut aller voir mon billet sur cette série:  Spartacus: Blood and sand (saison 1) réédition complétée. Durant toute la première partie on a l'impression de voir une séquelle de cette série, malheureusement l'érotisme en moins. Puis le volcan fume et nous sommes dans « Les derniers jours de Pompéi » en beaucoup moins romantique. Le noeud de l'histoire, dénouée si je puis dire par l'éruption du Vésuve, est que le très méchant sénateur poursuit de ses assiduité une belle jeune femme, Flavia (Emily Browning)fille d'un des patriciens les plus important de la ville. Celui-ci est prêt à tout pour la mettre dans son lit. Mais par bonheur elle est aimée par un beau gladiateur, Milo le celte Milo joué par Kit Harington (vu dans le trône de fer), l'acteur manque un peu de charisme et de muscle pour le rôle. Les parents de Milo ont été massacrés jadis par l'affreux sénateur. Le celte n'a qu'une obsession se venger du vilain romain qui en plus convoite son aimée. Il sera aidé dans son entreprise par un autre gladiateur, Atticus (Adewale Akinnuoye-Agbajevu dans Oz et Lost, le meilleur acteur de cette curieuse distribution) très fort et très gentil donc noir. L'affreux sénateur est joué à la truelle par Jack Bauer, alias Kiefer Sutherland tout en rictus et regards torves. Comme vous le constatez les subtilités scénaristiques ne sont pas de mise. En bonus vous aurez droit à une poursuite en char à situer cinématographiquement entre « Bullit » et « Ben-hur » et un tsunami avec un vaisseau sur la crête de la monstrueuse vague poursuivant la foule éperdue dans une rue de la ville. Enfin coté pyrotechnie vous devriez pas être déçu non plus et vous aurez une bonne représentation de ce qu'a pu être le bombardement de Dresde ou de Tokyo par des bombes incendiaires en 1945, ce qui n'a bien sûr aucun rapport avec ce qui s'est passé en réalité à Pompéi car si ce que nous voyons sur l'écran avait réellement eu lieu il n'y aurait plus rien à voir au pied du Vésuve.

Le scénario du film vous rappellera si vous êtes doué pour les transpositions « Le titatic » de James Cameron et la première scène, le massacre des habitants du village celte le « Gladiator de Ridley Scott.Si vous êtes vraiment pervers vous vous souviendrez peut être aussi de Conan le barbare dans lequel un enfant abandonné devenait gladiateur. Ils se sont mis à quatre pour concocter le scénario qui ne semble être au final qu'un patchwork de films et de séries...

Tout dans le film d'Anderson n'est tout de même pas qu'élucubrations, si la ville n'est pas judicieusement placée par rapport au Vésuve, elle est beaucoup plus près du volcan que dans la réalité, la reconstitution de la ville dans ses détails monuments et rues me paraît assez juste (je l'ai arpentée il n'y a pas si longtemps) en revanche sa géographie générale est assez fantaisiste ou disons qu'on lui a adjoint Herculanum. La topographie de la villa romaine est bien reconstituée dans celle des X, le modèle en étant probablement la villa des mystère tant par sa situation par rapport à la ville que par la répartition des pièces.

Grâce aux effets spéciaux et au colossal budget alloué pour le film on ne s'ennuie pas mais on espère que pas trop de lycéen iront voir ce film dèjà qu'ils sont persuadés qu'Hitler a été flingué dans un cinéma parisien par un commando de juifs américain grâce à Tarantino, cette fois à cause d'Anderson ils auront une curieuse image de la fin de Pompéi...

 

 

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