Poliakoff au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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En matière d'exposition, comme ailleurs, l'audace n'est pas toujours où on le croit. Ainsi cela en est une d'organiser une rétrospective des oeuvres de Poliakoff. Le peintre n'avait pas été exposé dans une grande institution depuis 1970, un an après sa mort. La versatilité du public, du marché de l'art et des institutions fait que la peinture abstraite après avoir été quasiment hégémonique dans les années 50 (je ne parle que de la France) est presque devenue invisible aussi bien dans les grandes expositions que dans les galeries, mis à part chez Applicat-Prazan (et quelques rares autres) qui défend avec courage et efficacité les abstraits de la deuxième Ecole de Paris. Cette galerie, comme la fondation Dina Vierny, sont les grandes préteuse de l'exposition. Je me souviens qu'il y a quelques années j'avais un rendez vous assez régulier avec Poliakoff. Chaque fois que je me rendais au musée Maillol, c'est à dire chaque fois qu'il organisait une exposition, j'habitais non loin de là, je montais au dernier étage du musée, dans une grande pièce au belles boiseries et à l'atmosphère feutrée qui était dévolue aux tableaux de Poliakoff, j'en ai retrouvé quelques un au musée d'Art Moderne, je m'asseyais au milieu de la pièce et entouré des oeuvres de l'artiste, je les contemplais écoutant le silence des tableaux. Le Musée d'Art Moderne est moins propice au recueillement devant les toiles de Poliakoff mais avec son accrochage chronologique elle met en lumière l'évolution du peintre particulièrement dans ses toutes dernières années alors que ses tableaux avaient des airs de famille avec ceux de son ami Capogrossi.

 

 

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La confrontation avec les tableaux de Poliakoff est riche d'enseignement d'abord on s'aperçoit, comme souvent, contrairement à ce que l'on aurait pu croire, que les reproductions ne rendent pas justice à l'art de Poliakoff. On pourrait croire que les frontières des masses de couleurs qui s'imbriquent à la manière d'un puzzle et dessinent la géographie du tableau, ne sont pas rectilignes mais souvent subtilement courbes. Les plaques techtoniques, elle ne sont pas de couleurs unis comme des reproductions en petit format pourrait le laisser croire. En réalité lorsqu'on a le nez sur les toiles on s'aperçoit que chaque pièces du puzzle est en réalité composée de nombreuses couche de couleurs donnant une profondeur à chaque couleur et donc à tout le tableau. Je ne connais, a part Poliakoff que Rothko qui puisse faire se jouxter harmonieusement l'orange et le rouge mais alors que la couleur chez Rothko semble s'évaporer de la toile celle de Poliakoff s'y enfonce.  

 


 

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Je crains que dans la mémoire d'une grande public amateur de peinture Poliakoff passe pour un faiseur d'une peinture un peu facile et que ses tableaux patissent paradoxalement de leur beauté. Lachons le mot honni, ils sont décoratifs. Pourtant leur apparente simplicité cache un grand savoir, peu de peintres savent faire chanter les couleurs aussi bien que lui. Allez écouter à la fois le silence des tableaux de Poliakoff et le chant de leurs couleurs.

 

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Paris,novembre 2013

 

Commenter cet article

xristophe 11/12/2013 22:02

Encore un mot !... (Je ne sais pas comment B.A me tolère...) Le plus étonnant, Ismau, pour moi, c'est votre évocation du "Requiem" de Michel Chion. Je n'osais pas encore vous parler des "musiques
concrètes" (comme dirait Michel Chion, après Schaeffer),ou mieux "acousmatique". Car je pensais vous mettre en fuite - ou me faire injurier. J'allais y venir doucement. Mais c'est vous qui l'aurez
voulu. Ce département-ci précis de la Musique - a englouti ma vie professionnelle (plus de 30 ans). Michel Chion est un grand compositeur dans ce secteur (un des plus grands). Je pourrais en parler
des heures. Je l'ai fait bien souvent, et j'en ai même écrit... C'est aussi un musicologue du genre (livre "définitif" sur Pierre Henry - le dieu du "genre", à égalité avec François Bayle). Il est,
comme écrivain, surtout un spécialiste très original du cinéma (salué partout et par François Truffaut chez Pivot pour son premier livre). Une œuvre supérieure au brillant "Requiem", c'est "La
Tentation de saint Antoine" - son chef d'oeuvre. (Parolier : un certain Flaubert). "Il faut absolument que vous connaissiez ça" (quel teasing relâché...) Pour les liens à faire, comme vous dites,
entre ces gens, je ne pourrais que trop facilement vous aider ! (Déjà, laissez tomber... l'auteur de Nice, son nom m'échappe... Redolfi... l'acousmaticien des piscines) Plutôt Parmegiani, qui vient
de nous quitter...

xristophe 11/12/2013 21:32

Merci de me répondre, Ismau - la grande nouvelle étant qu'on peut écrire "par côté" et copier/coller ! Si je savais faire ça, ma vie serait changée : fini, les humiliantes coquilles et les autres
étourderies qui font rougir, comme les alexandrins ratés, les oublis stratégiques et les inélégances ! car j'avoue que je suis un peu maniaque, ne croyez pas que je "produise" si vite ! (ou du
moins, je corrige bcp après avoir jeté une encre facile et brouillonne). Ensuite, pour la musique "contemporaine", je ne vous sens pas "motivée", il me semble. Tant pis, il y a tant de sortes de
musiques. Moi je suis très preneur en bien des genres, presque tous ! Mais à part çà et là quelques résistances qui d'ailleurs m'excitaient, la musique du XXème siècle (avant tout) m'a été tout de
suite délectable. J'ai dû faire (assez tardivement des efforts pour Mozart! Les romantiques du piano ne me branchaient guère).
Enfant, j'ai chanté ("sous Lorin Maazel") le merveilleux et stupéfiant et scandaleux pour moi "Enfant et les Sortilèges"... en même temps, enchanteur, fabuleux, irritant, incroyable ! Fut-ce le
sésame ? Ravel, Debussy, Fauré (chanté aussi, accompagné par des dames très gentilles au piano)(l'harmonie de Fauré!)... Poulenc, Roussel, et bientôt Stravinsky, le roi des rois (qui est mon number
one absolu aujourd'hui), Bartók et Berg etc... sont devenus mes amis " tutoyés " ! (comme disent ces imbéciles de journalistes) De là, accéder à Messiaen (j'étais très méthodiques) et les autres
vivants (voir mon dernier message) cela se fit tout seul et je m'éloignais de l'époque "classique" où je ne me sentais plus trop chez moi. Boulez est le plus difficile - mais le charisme du
monsieur est tel, était tel... On le hait ou on est amoureux. J'espère que vous l'avez VU diriger ! - en plus que d'entendre le résultat... le voir est (presque) un obstacle à entendre (!),
tellement il est (il était - car c'est fini tout cela maintenant) unique. Je renonce à tenter de décrire en peu de mots... Pierre Boulez, ne mourez pas !
Mais aussi - lisez-le. (Il a fait également un livre (très bien illustré - et bien sûr merveilleux) sur Klee (Le pays fertile - Gallimard)
...Je change de dieu : Barthes est aussi pour moi un grand peintre contemporain ! Il s'y est mis très tard. Le catalogue de son exposition Beaubourg (je crois) (je ne l'ai pas à l'instant sous la
main) expose ses œuvres en progression chronologique vertigineuse. Elles sont datées, il commente ses défauts et les dépasse aussitôt dans l'œuvre suivante. Quel talent coloriste et de composition,
et quelle intelligence (auto)critique... (Pour moi bien meilleur que Twombly - dont je n'aime que ce qu'il en écrit - sauf qu'après, on sait voir Twombly !) (Je me souviens, à la Villa Medicis, des
critiques acerbes de Claude Arnaud contre Twombly) (ce "biographème Arnaud" pour notre ami B.A !)

lesdiagonalesdutemps 11/12/2013 22:42



Je n'ai jamais rien compris à Twombly ni à Rauchenberg. Je vais encore plus aimer Claude Arnaud dont Qu'as tu fait de tes frères est un des plus beaux livres français de ce début du XXI ème
siècle.  



ismau 11/12/2013 17:35

Pour la peinture ... je réponds d'abord à l'accusation d'être  « bien de mon temps » ... qui m'a tout l'air d'être une grave accusation !
Je me suis peut-être mal exprimée, mais aimer les artistes qui innovent beaucoup, ce qui n'est pas facile ,ne veut pas dire rejeter systématiquement ceux qui innovent moins . Innover peut se faire
de manières très variées et parfois très discrètes, relativement au parcours des individus, à leur époque aussi . Il ne s'agit pas bien sûr de chercher l'innovation pour elle-même, ce qui me semble
tout à fait ridicule . J'aime moi aussi particulièrement Le Gac, ou Aillaud qui n'ont rien fait de tapageusement novateur . Nous sommes d'accord pour l'intérêt primordial de « la voie et de la
voix propre de l'artiste », c'est à ce niveau que se situe d'abord l'innovation dont je parlais . En tous cas, mon attitude est tout aussi hédoniste que la vôtre, loin de l' intellectualisme
stérile supposé : c'est justement pour prendre du plaisir devant un maximum d'oeuvres, extrêmement diverses, que je pense nécessaire de ne pas rejeter à priori les plus radicales ( celles qui
innovent beaucoup) en faisant confiance à l'intelligence ou à la sensibilité de ces artistes, qui ont au moins plus d'expérience que ceux qui les dédaignent et les raillent sans cesse ... essayer
de les suivre pour les apprécier . Et ceci ne m'empêche pas d'aimer beaucoup, sur un autre plan, la peinture académique du 19ème qui est tout sauf novatrice ...
Quant à votre pratique photographique de la série, de l'accumulation, elle me parait très justement analysée de votre part . Ce potentiel créatif, celui de la série, est étonnant (en peinture aussi
il m'intéresse particulièrement )... et c'est finalement tout votre blog qui devient une oeuvre par ce processus .

Pour la musique, avant de m'adresser à Xristophe, je précise que j'approuve sans réserve  la bande son du blog , pour moi je l'étendrai juste "un peu" ... à la musique baroque, mes
premières amours passionnées ( Bach et toute la musique vocale de cette période ) ... puis à la musique pop rock (ex Zappa, pour faire le lien avec Boulez)
Boulez, malheureusement, c'est un comble je sais, mais je ne le connais pas du tout, ou uniquement comme chef . J'ai entendu Dusapin ( encore lui ... une interview à la radio) dire grand bien de
lui, un maître dont il regrettait quand même l'intolérance et l'incompréhension concernant le jazz . Mais, ce que vous dites à son sujet, me donne bien sûr envie de le découvrir, de le lire et de
l'écouter ... Quant à Ligeti, ou Dutilleux je les ai entendus sans doute, du temps où j'écoutais Fmusique, mais n'en ai aucune idée précise, sinon qu'ils comptent .
Messian et Xenakis sont ceux que je connais le moins mal : disques et concert à la Maison de la Radio pour Messian, disques et concert mémorable à Albi pour Xenakis ( en 83 ou 84; en sa présence,
j'avais beaucoup aimé )
Et puis, j'ai eu encore d'autres contacts émouvants, mais trop ponctuels ou parcellaires : il me manque toujours une compréhension et une vision d'ensemble . Entre le " Requiem " de
Michel Chion que j'écoutais très souvent avec délices, et " Jungle " de Redolfi suivi encore d'un mémorable concert (avec Lonsdale en récitant ...), je ne sais pas faire le lien . Je me
doute aussi qu'il est dommage, comme en arts plastiques, de ne pas connaître d'abord les musiciens les plus importants, et les courants historiques . Pourtant, j'étais bien placée, à Metz à la fin
des années 80, pour suivre les rencontres internationales de musique contemporaine, ce que j'ai fait pendant deux ou trois ans . Mais je n'en ai presque aucun souvenir, sinon peut-être de John Cage
.
Donc, un grand merci pour toutes ces références, forcément bien choisies pour guider la curiosité, à condition qu'elle se réveille un peu !
Et la pratique du piano ... non, je ne savais pas qu'elle était importante pour Barthes : Schumann* étant pour lui ( d'après ce que je viens de trouver à propos d'un livre de Noudelmann) ce que
Chopin était à Gide ( ça c'est moi qui l'ajoute) ... mais il faut au moins déchiffrer assez facilement pour avoir ce plaisir . Ce n'est malheureusement pas mon cas . Autrefois, je travaillais
beaucoup pour arriver à jouer les morceaux qui me plaisaient de Bach ou Satie . Je n'en ai plus le temps ou le courage ou la motivation . La peinture est plus satisfaisante, moins exigeante, même
si cette apparente facilité est un piège : la moindre trace peut parfois mener à l'euphorie de l'acte créateur ... tant mieux !

Enfin, une petite remarque pratique pour terminer ... ce commentaire si long ... je l'écris effectivement " par côté " sur un fichier texte qu'il suffit ensuite de copier/coller . Cela
permet surtout de s'interrompre et d'y revenir . Mais il m'arrive aussi d'écrire directement, et j'ai eu une fois, pour m'être trop attardée sans doute, à reproduire un code avant de poster : tout
s'est bien passé ... aussi mystérieux qu'une bouteille à la mer, mais plus efficace .

* Et je viens aussi de retrouver, je ne m'en souvenais pas, dans le livre de Philippe Mezescaze " De l'eau glacée contre les miroirs " titre d'ailleurs suggéré par Barthes ... au
chapitre qui le concerne, et qui décrit son appartement : " Un piano droit, sur lequel était posé une partition de Schumann et sa méthode d'interprétation par Alfred Cortot,occupait le pan de mur,
après le couloir, dans la pièce principale. Un dessin coloré de Roland, que j'avais d'abord pris pour un Twombly, était posé sur le manteau de la cheminée, ... " 
(Schumann, je ne le connais pas bien , c'est Schubert que j'aime : particulièrement " Le Voyage d'hiver " et toute sa musique vocale )

lesdiagonalesdutemps 11/12/2013 19:31



Je ne vois aucun désaccord artistique entre nous pour la peinture. En effet aimer des artistes novateurs n'implique pas le rejet des autres. Mais on ne sais jamais d'ailleurs qui innove vraiment.
Je trouve Le Gac très novateur s'il le parait moins aujourd'hui c'est que d'autres ont pri la même voie comme Beard par exemple.


Pour la musique n'étant pas compétant je n'ajouterais rien, je crois que c'est plus pour Xristophe... Je vous dirais simplement que j'ai beaucoup écouté Zappa il y a trente de celà, si je ne
l'écoute plus c'est que cette écoute était trop lièe avec une personne (que l'on voit d'ailleurs à plusieurs reprises sur le blog.



xristophe 08/12/2013 14:07

Dusapin a raison quand il conseille de simplement plonger avec passion. Mais... ne commencez pas par... sa musique ! (on peut même la laisser de côté longtemps) Xenakis est bien plus "abordable"
(ses premières œuvres : Metastasis, etc : quel torrent) Mais (je me mets à vous "conseiller", pardon...) : connaissez-vous Messiaen (Turangalîla-Symphonie ; Et expecto...); Ligeti (Requiem :
souvenez-vous de la fin musicale de "2001 l'Odyssée de l'Espace"); Dutilleux (Métaboles)... Boulez est plus difficile, j'ai pas mal fait d'efforts vers lui : autour de 20 ans, je me suis mis à me
délecter de son raffinement, furtif-violent, contrapunctique-harmonique-mélodique-timbrique, avec "Soleil des eaux"... A vous !

xristophe 08/12/2013 13:52

...Son œuvre écrit, aussi: le seul "musicologue" contemporain je dirai pour aller trop vite ; limpidité, complexité, culture immense, perfection rationnelle bien sûr et "lisibilité" parfaite, mais
aussi les méandres de son "maniaque" (un peu) raffinement intellectuel - qui ne sont pas sans faire penser à Proust (dont il est bien sûr grand lecteur).

xristophe 08/12/2013 13:46

... Lisez ce que Barthes écrit si impérialement, si modestement, sur la pratique "amateur" du piano... (Je vous dirai quel texte, si nécessaire)
Boulez : avec cette réputation, notamment cette histoire de "modernité officielle", c'est bien sûr la rançon de sa gloire ; et plus exactement le fait de son "pouvoir", quasi "totalitaire" sur la
musique contemporaine (que de jaloux, vous imaginez, cela fait) ; aggravé il est vrai par son grand caractère (napoléonien) et un peu "entier", un peu intolérant ! (Mais il est devenu bien plus
gentil et apaisé, depuis 15 ans). Mais son œuvre comme chef d'orchestre, son œuvre comme compositeur n'ont vraiment rien à voir avec une "modernité officielle", croyez-le.

xristophe 08/12/2013 13:31

... Je suis affecté que vous n'ayez "plus le temps" - pour faire de la peinture, etc - La pratique personnelle si précieuse, en effet. "Qu'il vienne" (revienne) "le temps où l'on s'éprenne" chante
Arthur R. - et aussi ce temps là, où l'on s'éprenne un peu de soi - comme il le faut sans narcissisme et travaillant. Je vous souhaite ce retour de ce temps ! il le faut...

xristophe 08/12/2013 13:21

Pour Ismau, 2ème essai... Il me semble que vous "précisez" très bien vos idées quand vous les exprimez - avec en plus une probité qui frappe. Tout "exercice" est payant : continuez...

xristophe 07/12/2013 19:50

Merci de vouloir assister mes impérities à répétition technologiques mais, hélas... déjà je ne suis pas ici sur mac (j'en ai bien un, mais pas internété)... et puis... Le rêve, ce serait écrire
"par côté" puis envoyer... mais je ne sais même pas le faire avec des mails, alors... et je crois que c'est impossible sur un blog... Je vais essayer la bouteille à la mer...

xristophe 07/12/2013 15:11

Pour Ismau : je viens de perdre un texte déjà long pour vous (et très gentil, comme vous le méritez) par une maladresse digitale sur clavier dont je suis coutumier ; voilà pourquoi je fais des
tranches... Je vais me PENDRE puis, je recommencerai mais là, pfff... (Pire que l'art moderne, la technique moderne...)

lesdiagonalesdutemps 07/12/2013 16:17



Il est pourtant me semble-t-il très simple de poster un commentaire et je ne vois pas comment on peut en perdre un car on peut toujours revenir en arrière avec la racourci clavier pomme-z cela
pour les mac. Peut être qu'il y a un problème avec les autres ordinateurs dans ce cas soyez gentil de me le signaler car n'étant entouré que de mac, je ne peux en avoir connaissance.



ismau 07/12/2013 03:05

Je vous remercie de ne pas être trop fâché de mes propos réactifs, et de m'avoir si bien répondu... Le problème maintenant, pour "répliquer", c'est d'être capable de manier les mots avec autant de
rapidité et d'habileté que vous ... Je m'enlise parfois avec lourdeur par manque d'habitude de l'écrit . Et je passe beaucoup trop de temps à essayer de m'exprimer avec justesse dans mes
commentaires : un exercice un peu vain, mais parfois amusant ou intéressant, quand j'ai l'impression de progresser, d'écrire plus facilement, de découvrir ou de préciser des connaissances ...
Mais, pour revenir à notre sujet des arts plastiques, l'ennui, c'est que maintenant je n'ai plus le temps de peindre, de dessiner, de photographier, de mettre en volume ... ; de faire moi-même
l'artiste contemporain, ce qui est pourtant le plus passionnant ... D'ailleurs, l'autre lieu commun, encore plus prétentieux, que j'avais failli ajouter dans ma grande tirade concernait justement
cette pratique personnelle, ma pratique personnelle . Même modeste, cette pratique renseigne mieux que tous les textes théoriques, et aide à apprécier les oeuvres avec plus de curiosité ; c'est
pourquoi, sans être du tout une grande "connaisseuse" (vous vous moquez évidemment en employant ce terme) je préfère découvrir des artistes qui innovent ou ont innové, faire confiance à l'histoire
de l'art pour les grands noms et les grandes étapes, souvent plus intéressante que les noms pour les "idées" ; enfin essayer éventuellement de découvrir les artistes qui auraient été oubliés .
La musique, elle comptait autrefois plus pour moi que le visuel : écoute et pratique . C'est pourquoi la comparaison entre les deux domaines me questionne toujours . Comme on dénigre Picasso,
Mondrian, ou Kosuth ... je me souviens d'avoir très souvent entendu dénigrer Boulez : inaudible et parfaitement ennuyeux ! Son nom même devenu synonyme de modernité officielle insupportable ...
Et puis je me souviens de conversations passionnantes avec Pascal Dusapin qui suivait le cours de Xénakis dans notre fac d'arts plastiques, et qui était désireux de faire ce lien . Je lui demandais
comment aborder la musique contemporaine qui me paraissait très difficile, et il m'avait dit que c'était au contraire très facile, comme en arts plastiques, il suffisait de s'investir et de
s'immerger ... mais je n'ai pas vraiment réussi, ni d'ailleurs vraiment essayé ... ce que je regrette parfois, me contentant avec complaisance de la musique du passé que j'aime et comprends .

lesdiagonalesdutemps 07/12/2013 07:57



Tout d'abord je ne vous parlerais pas de musique car si j'en écoute souvent (piano fin XIX début XX, Fauré, Debussy, Ravel, Satie...), jazz (Bill Evans, Chett Baker...), chanson française
(Brassens, Alex Beaupin, les frères Jacques, Félix Leclerc ah oui il est canadien...) voilà la bande son du blog, je n'ai rien à en dire.


Mais à propos de peinture, je suis en désaccord complet avec vous qui êtes avec vos propos bien dans l'air du temps. Il ne me chaut guère qu'un artiste ait innové ou non. Je vois une oeuvre et en
bon hédoniste que je suis j'éprouve du plaisir devant elle ou non. Ce plaisir peut revêtir des formes multiples, je n'ai pas le même devant (pour reprendre des noms qui ont récemment nourris la
conversation ou auxquels j'ai consacré un billet) un tableau de Mondrian, de Stanley Spencer, de Picasso ou face à un dessin érotique de Cocteau. Je ne les met pas non plus sur le même plan
pourtant lorsque chacun est au mur d'un musée ils sont au sens premier sur le même plan. Ce qui m'intéresse c'est la voix et la voie propre d'un artiste peu m'importe s'il a été le premier à la
prendre cette voie. Je vais prendre un exemple concret: Tout en reconnaissant l'importance de Cézanne, j'ai en général peu de plaisir devant ses oeuvres (sauf celles admirées il y a quelques
jours à la Courtault Gallery) mais beaucoup plus devant les toiles fauves d'un Derain mais qui n'aurait pas existé sans Cézanne... La plupart du temps on ne sait pas qui est l'innovateur quel
sculpteur romain par exemple a décidé de rompre avec l'idéal grec pour se lancer dans un portrait naturaliste.


L'artiste lorsqu'il est au travail n'a généralement pas conscience qu'il innove. Il fait se qu'il sent, ce qu'il peut dans un contexte donné et un jour un quidam décrètera, probablement à tort,
car qui peu embrasser la création universelle, que c'est nouveau.


Ma seule pratique est la photographie dont vous voyez maint exemples sur ce blog. Je n'ai jamais eu le sentiment de faire oeuvre d'art. Je me suis déjà expliqué sur cette pratique convulsive.


Mais tout au moins pour le pan ancien de ces images, celle d'avant le numérique qui de mon point de vue à tout changé, force de constater que par les sujets, par le traitement et l'accumulation
(je ne sais plus qui a dit que l'on était artiste surtout par la répétition de l'acte de création), je m'aperçois que je suis, sinon singulier, malheureusement rare. Mais c'est un tout autre
sujet que l'heure matinale ne rend pas propice au développement. 



xristophe 06/12/2013 18:53

Pour votre grande tirade, très "générale" et irritée, à laquelle je passe maintenant (le premier texte), elle se risque tant sur des lieux communs (perception/connaissance, regard naïf et éduqué...
leur dialectique...) que je ne vais pas y descendre à chaud, irritable moi-même comme je suis. Disons que je comprends a priori, que si passionnée et si connaisseuse en "arts plastiques" modernes
(est-ce comme cela qu'on dit, "arts plastiques" ?), mes propos de faux béotien rugueux vous énervent. J'imagine mon agacement si je vous parlais moi de ma spécialité, dont je ne dis jamais un mot
(et qui est la "musique contemporaine") et que vous me répondissiez sur le ton que j'emploie. Et que je qualifiais auto moqueusement de - un mot-mode - "décomplexé" ("Moi le zombie décomplexé de la
peinture moderne" - je me cite).
Je ne devrais peut-être pas parler des génies officiels des arts plastiques comme ça...
Mais - on ne peut tout connaître et tout aimer, se renseigner sur tout avec humilité avant que de parler (!) à mon avis, lorsque ça se présente : surtout auprès des "spécialistes", comme vous
dites, qui sont de tant de bords et s'entretuent... Je choisis les miens.
Je ne crois pas trop aux "escrocs" - je n'accuse jamais en ces termes : hélas, on sait que les artistes sont volontiers "sincères" (pour prendre encore un mot - creux - que je n'emploie pas).
J'aimerais mieux, parfois, un bon "escroc" intelligent... (Je ne déteste pas les pasticheurs, ou les "faussaires"). Donc, peu d' "escrocs" à mon avis - mais pour ce qui est des "idiots"... je
n'irai pas si vite que vous dans la "confiance" (comme vous dites qq part). Côté artistes et aussi côté "spécialistes". J'ai pas mal fréquenté les deux - dans le domaine de la musique, pendant
trente ans... On se fait une idée... En écoutant, en parlant et... polémiquant.
C'est à vous, chère Ismau... Je n'ai que trop encore de choses à dire. Merci de consentir à me parler... Répliquez, comme dit Finkielkraut.

xristophe 06/12/2013 18:05

Minimaliste, conceptuel... j'ai confondu. C'est vrai, "conceptuel" : c'est pire...
Ne dîtes pas que Kossuth n'est pas "dogmatique". Lui (ou un autre - à vérifier) je me souviens m'être promis de lui écrire avant qu'il meure pour lui démonter avec rage l'insanité de la définition
"autoritaire" (et quasiment démente, méritant la fessée) qu'il donne non seulement de "l'art" conceptuel mais de sa "supériorité" ! Mais - j'ai tellement de choses à faire moins vaines... Et il
faudrait que je retrouve mes notes, prise en lisant une thèse là-dessus (!) Si je retrouve, nous pourrons alors en discuter tous les deux - sur pièce!

ismau 05/12/2013 22:25

Bien sûr ! C'est la chaise de Kosuth qui est de l'art conceptuel ! (je me permettais de répondre à Xristophe, qui "osait" se moquer de cette fameuse -pas fumeuse- chaise, et osait la ranger à tort
dans l'art minimaliste alors qu'elle est bel et bien conceptuelle ... )

ismau 05/12/2013 19:14

Mais oui, sa démarche est justement très concrète ! On peut habiter une oeuvre d'art, et même s'asseoir dessus ( la fameuse chaise de Rietvelt )
Le groupe De Stijl (celui de Mondrian) en Hollande, comme le Bauhaus en Allemagne, ou Le Corbusier qui est aussi peintre ... vont bouleverser l'art en retravaillant le lien avec les arts appliqués,
et c'est vraiment passionnant ...pour l'oeil et pour l'esprit !
Pour apprécier Mondrian, comme pour apprécier tous les artistes,on ne peut se contenter d'un regard naïf . Il n'y a bien sûr pas d'opposition entre le sensible et la connaissance : l'un se nourrit
toujours de l'autre .
Pourquoi d'ailleurs considérer que ces artistes retenus par l'histoire de l'art seraient forcément des escrocs ?
Pourquoi ne pas faire confiance, au moins avant de bien se renseigner, au jugement des spécialistes ? Seraient-ils tous idiots ?
Les "spécialistes", en l'occurrence : d'abord Mondrian qui a étudié la peinture et l'a pratiquée toute sa vie avec la dimension de recherche et de réflexion indispensable (voir l'évolution
intéressante de son oeuvre)
Ensuite les autres artistes, ses successeurs, qui ont reconnu ce qu'ils lui devaient . Enfin les critiques et historiens d'art, pas tous abrutis ...
La chaise de Kosuth , l'art conceptuel, nullement dogmatique ou stupide, a donc aussi son importance dans l'histoire de l'art .

lesdiagonalesdutemps 05/12/2013 22:03



Je ne dirais pas que Mondrian c'est de l'art conceptuel c'est un art très concret et même appliqué voir comme vous e dites si bien les créations du groupe Stijl (dont je ne me souvenais du nom
dans ma précedante réponse).



xristophe 05/12/2013 14:49

"Mallet-Stevens c'est du Mondrian" : en effet vous avez raison cela ressemble... Mais surtout, c'est un tour de passe-passe, avouez (cette proposition)! Passer de la peinture à la sculpture c'est
déjà une "solide" métamorphose: une "dimension" de plus, ça change les choses. Et s'il s'agit d'un "pénétrable", comme une maison! pénétrable-habitable... cela change tout. (Allez donc habiter un
Mondrian...) Je ne détesterais presque pas d'habiter l'Hôtel Martel, trouvé sur internet (je m'instruis au galop...) Je le trouve en tout cas pimpant à regarder, et classe... (Une rue
Mallet-Stevens dans le XVIème... moi qui ai travaillé trente ans à la Maison de la Radio...) Si les "carreaux" sont des fenêtres - disposées à la Mondrian - c'est déjà bcp plus intéressant... Dans
cet Abstrait dont on parlait, la "concrétude", alors (si nécessaire), elle est partout : c'est le volumétrique et tout ce qui s'ensuit: la profondeur, le matériau, l'existence des détails... la
résistance de tout ce qui, fonctionnel, doit "tenir le coup" dans le réel. (Et enfin le réel est l'invité de cet espace solide - à commencer par la lumière etc) Combien peut bien coûter un
Mondrian: trop cher à tous les coups... Je vois une Villa Poiret, dans les Yvelines, à vendre: je vais peut-être l'acheter... Et avec la Villa Noailles, dont vous parlez (elle est bien mal
photographiée: allez-y vite!)on revient à Cocteau, je ne puis que craquer... Je vois qu'il y tourna son film "Le sang d'un poète". On ne peut pas tourner un film dans un Mondrian.
(Je ne veux pas, à toute force, "avoir raison" ! il se peut après tout que sans un Mondrian, Mallet-S n'aurait pu exister...)

lesdiagonalesdutemps 05/12/2013 16:38



Mais Mondrian a "fait " de l'architecture et ses émules hollandais encore plus (l'école dr Rotterdam, ce que montrait très bien l'exposition au centre Pompidou , il y a deux ou trois ans, il doit
y avoir des traces sur le blog, malheureusement de nombreux bâtiments relevant de ce style ont été détruits durant la seconde guerre mondiale.


L'ilpasse Mallet Stevens a beaucoup de charme. Claude Pieplu y a habité jusqu'à sa mort et a beaucoup oeuvré pour son classement. Je vous signale que non loin de là, il y a un petit musée Le
Corbusier où il y a assez souvent des expositions. Il faudrait que je fasse un billet la dessus aussi... 



de Crescenzo 04/12/2013 19:57

devant tant de merveilles , je reste muet mais pas d'admiration , pour moi l'Art c'est autre chose !

xristophe 04/12/2013 19:16

(Pour Ismau) : Les "démarches décisives" alors que l'œuvre en soi, l'œuvre concrète est "décevante" (comme vous le dites pour Mondrian) - sont des "raisons", des arguments plutôt, qui pour moi ont
cessé tout à fait de faire mouche. Cela me rappelle par trop "l'ancien temps" (= le pire de l'époque post soixante-huitarde - journalistique et tranquillement décérébrante) (En politique on
défendait encore la Chine et l'Urss - en sachant ce qu'il en était et puis pour ne pas désespérer Billancourt)(Mais je déroge à une règle mienne : plus de parallèles mécaniques avec "le politique"
- ça rappelle trop, justement, l'ancien temps !) Mais voyez les Minimalistes - avec leur chaise, leur photo de la chaise et leur définition... Quelle "Démarche" n'est-ce pas... quelle audace
théorique... Et quelle bêtise... Et comme c'est passionnant...

lesdiagonalesdutemps 04/12/2013 21:46



Mais l'architecture de Mallet Steven c'est Mondrian! Allez voir la villa Noaille à Hyères et vous serez conquis. Jadis j'en ai fait des images je vais en mettre sur le blog.



ismau 03/12/2013 23:30

« L'audace n'est pas toujours où on le croit » ... je suis d'accord ! Vous avez heureusement l'audace de nous présenter cette exposition, d'autant que Poliakov me semble finalement assez
austère... plus austère que décoratif malgré ses joyeuses couleurs .
En plus de l'abstraction totale de sa peinture, il y a une brutalité dans les matières et un choc des couleurs qui n'est peut-être pas si facile . Ce n'est bien sûr pas une critique, au contraire !
C'est même ce qui me plait dans sa peinture . La seule chose que je critiquerais chez lui, c'est le systématisme : celui d'abord des formats et des tailles ( mais c'est ce qui se faisait à
l'époque), le systématisme ensuite de ses formes . C'est particulièrement visible dans vos vues d'ensemble de l'exposition . Seule la composition murale, que je découvre avec grand intérêt, déroge
un peu à cette règle . Et aussi, certaines toiles de la fin que je ne connaissais pas .
Mondrian ou Rothko sont tout autant systématiques en apparence, mais c'est justifié par une recherche des limites de la création et de la perception, qui me semble aller beaucoup plus loin .
Les idées très novatrices du groupe de « l'art concret », pour Mondrian, correspondant justement aux mots qu 'emploie Xristophe pour sauver l'abstrait, il y a aussi tout un travail
sur le rythme ... Autrement, je suis d'accord pour trouver Mondrian assez décevant quand on le voit dans un musée, c'est sa démarche qui est décisive .
Dans le cas de Rothko au contraire, il faut en effet le voir pour l'apprécier . Devant ses toiles qui sont très grandes, la couleur a une présence magique qui mérite comme vous le dites la
contemplation . J'avais d'ailleurs vu dans ces mêmes espaces du musée d'art moderne une mémorable exposition qui lui était consacré : magnifique...là, pas besoin de se déplacer jusqu'au MoMa , mais
j'espère bien y aller moi aussi un jour !

lesdiagonalesdutemps 04/12/2013 06:44



J'ai également vu cette exposition au musée d'Art Moderne ou était-ce à Pompidou, si je me souviens bien des toiles j'ai souvent beaucoup de mal à me rappeler où les ai-je vu! Mais pour être sûr
de voir des Rothko en nombre il faut malheureusement aller à New-York même s'il y a un ou deux dans de nombreux musées.


A visiter l'exposition on a justement pas l'impression d'un systématisme. Mes photos ne sont pas un reportage sur l'exposition qui est très copieuse mais les photos étant interdites j'ai fait ce
que j'ai pu, même si je commence à savoir déjouer la vigilance des cerbères des musées, c'est particulièrement difficile au MAMVP ainsi qu'aux expositions du Louvre. En revanche je suis d'accord
sur les format comme vous le dites justement c'était le format de l'époque comme aujourd'hui c'est le format gigantesque (je reviendrai la-dessus dans un prochain billet) Pour le mur de tableaux,
composition tardive ainsi que ses dernières toiles qui font beaucoup penser à Capogrossi, ce sont pour moi aussi des révélations car je ne les connaissais pas. 



xristophe 02/12/2013 19:49

Ah! le MoMA... un rêve... Peut-être que j'irai un jour, enfin riche et célèbre - fût-ce par le Titanic... ?

lesdiagonalesdutemps 02/12/2013 20:03



Le Moma c'est bien mais le Met (dans Central park pour moi mon musée préféré) et le Whitney c'est encore mieux.



xristophe 02/12/2013 18:34

Joli papier vôtre sur Poliakoff : on voit tout de suite - et rien que sur ces "reproductions" - que P. n'est pas un peintre si "abstrait". On devine assez bien, déjà, ce concret subtil découvert en
approchant son nez - dont vous parlez. Et j'entends déjà le silence. Reste à aller sur place, pour confirmation. (Et une peinture "décorative" n'est pas abstraite puisqu'elle est... fonctionnelle :
c'est bcp mieux; ça n'est pas comme les carreaux de cuisine crispés de prétention de Mondrian - dont personne ne voudrait dans sa cuisine.) Par contre je n'ai jamais senti grand chose devant les
poudres de (son nom m'échappe : vous le citez)

lesdiagonalesdutemps 02/12/2013 18:56



Rothko, là encore il est indispensable d'être face au tableau, disons à un mètre et là on entre dans ces nuages colorés avec l'impression d'être absorbé par la peinture. Peut être que c'est ainsi
que je disparaitrai, un jour au MOMA...