PETIT BILAN ET CLASSEMENT SUBJECTIF DE L'ANNÉE CINÉMATOGRAPHIQUE 2011

Publié le par lesdiagonalesdutemps


Comme je l'écrivais déjà l'année dernière lors du même exercice (qui a disparu dans le naufrage de mon précédent blog), le cinéma se déprend de moi ou plutôt je me déprend du cinéma. Les raisons en sont multiple, la première est sans doute que je vieillis et que la curiosité pour les images qui bougent est moins forte qu'auparavant. Il me faut donc plus d'envies pour me faire bouger, pourtant je vois toujours plus d'expositions et je lis de plus en plus! Alors serait-ce que les films seraient moins bons ces dernières années que jadis, ce n'est pas sûr car je trouve que les dix premiers de mon classement, qui se trouve ci-dessous sont particulièrement excellent et que j'ai du en écarter certains come le chat du rabbin que j'avais beaucoup aimé. Il n'y a donc peut être pas la quantité dans l'excellence mais celle-ci me parait plus haute que jamais.

Si pour moi La piel que habito s'est imposé facilement comme le meilleur film de l'année c'est que son scénario comme ceux des derniers films d'Almodovar sont construits comme des puzzles; et, paradoxalement, un de mes grands plaisirs devant un film d'Almodovar est de voir le puzzle s'assembler petit à petit, pour offrir à la fin un ingénieux dessin. "Tout sur ma mère", autre grand film, le deuxième sur ma liste dans l'ordre de ma préférence quant à la filmographie du réalisateur, est élaboré ainsi de même que "La mauvaise éducation" également formidable pour sa construction. Pour ce dernier opus en date, il faut saluer la beauté des images, les plans vus " du plafond" sont superbes de même que celui de l'écran tableau dans la chambre du médecin. L'immense talent d'Almodovar est d'avoir su apprendre (ce n'est pas si fréquent et pas seulement chez les cinéastes) à se servir de l'outil caméra. Pour cela il n'y a qu'à comparer son dernier film avec son premier. Il a su aussi très bien s'entourer. Je suis toujours admiratif de la qualité et du choix des décors de ses films tant extérieur, il y a un gros travail de repérage derrière cela, qu'intérieur. Mais une des origines du bonheur que l'on a d'être d'être devant un film d'Almodovar  c'est la culture du bonhomme (qu'il ne nous assène jamais c'est sans doute pour cela que c'est, me semble-t-il, rarement souligné). Les tableaux que l'on aperçoit dans ces films sont toujours très intéressants (j'aimerais en connaitre les auteurs parfois je les reconnais, un petit plaisir supplémentaire, un peu cuistre). C'est un fin connaisseur de l'art contemporain sous multiples forme ici Louise Bourgeois que pourtant j'apprécie peu, hier Pina Bausch. Et puis il s'ingénie presque toujours à glisser dans sa narration une séquence chantée "en live". Il faudrait encore parler du film dans le film (ailleurs,trop souvent un poncif) qu'il manie avec beaucoup d'habileté et bien sur de l'amour du cinéma et de son pays, des femmes et des hommes et sans doute de bien d'autres choses. C'est tout ce très riche arrière monde culturel qu'il réussit a infuser dans son oeuvre et surtout qu'il parvient à faire passer presque en contrebande au spectateur, qui fait tout le prix du cinéma d'Almodovar. 

 

1- La piel que habito / Almodovar

2- Les Biens Aimés / Christophe Honoré

3- Hugo Cabret / Martin Scorcese

4- Habemus papam / Nino Moretti

5- Minuit à Paris / Woody Allen

6- Super 8  /J. J. Abrams

7- Colorful / Keiichi Hara

8- Arrietty / Hiromasa Yonebayashi

9- Le discours d'un roi /

10 L'aigle de la neuvième légion  / Kevin Mcdonald

 

Nota: en cliquant sur les titres en gras et en couleur vous accéderez au billet que j'ai consacré au film.

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