Paul Klee, polyphonies à la cité de la musique

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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La belle affiche de l'exposition Paul Klee à la cité de la musique ne tient pas toutes ses promesses. Car s'il y a de nombreuses oeuvres, plus de 150, ce sont surtout des dessins, ce qui est un peu fâcheux pour cet artiste que je tiens surtout pour un merveilleux coloriste. Le lieu de l'exposition oblige, le thème de Paul Klee polyphonie est le rapport que Klee et sa peinture entretint avec la musique. C'est présenté de façon claire et pédagogique. Klee a hésité longtemps entre la musique et la peinture; d'ailleurs dans sa jeunesse, il a gagné sa vie comme violoniste dans un orchestre. A l'entrée on prête gratuitement un audio guide qui permet de suivre la visite accompagné des musiques que Klee a aimées, dans les interprétations qu'il a connues.  

Si cette manifestation met bien en lumière la parenté de l'art de Klee avec celui de son ami Kandinsky mais aussi avec ceux d' Arp et Delaunay, elle vérifie les limites de l'artiste. Il me semble que ce qui a manqué à Klee pour être un aussi grand peintre que Kandinsky, c'est sa relative faiblesse artisanale. Sa peinture manque souvent de fini, alors qu'elle demanderait une exécution parfaite. Il reste néanmoins que Klee ouvrit bien des voies, à la peinture d'un Oscar Gauthier par exemple, en étant une sorte de pont entre l'abstraction lyrique et l'abstraction géométrique.  

                        

 


                                                        Extase de la danse, 1912


 


La Boîte de Pandore, 1920
 
Les marionnettes du Guignol de Klee


Esquisse pour 1920/176

                                                   Sans Titre, Grand Croquis géométrique ( pochoir), 1928

 
                                                   Pyramide, 1930

                                                        Spectre musical, 1940
  

 

 

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Paris, décembre 2011

 

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ismau 21/11/2013 17:29

Je ne connais pas non plus le livre de Boulez, mais par contre un livre particulièrement intéressant de Klee lui-même « Théorie de l'Art Moderne » : il est très bien écrit, très bien
pensé, concret et concis, de plus agréablement peu épais et illustré .
Après l'avoir lu, on peut facilement comprendre et aimer l'austère Mondrian ... ( Ce qui m'amuse c'est que Boulez soit justement pour certains, qui n'y entendent rien, le Mondrian de la musique !
)
De Klee, j'ai aussi lu ses émouvantes « Lettres d'Italie », écrites à 22 ans : des impressions personnelles à propos de tout ce qu'il découvre, et une réflexion sur la création, avec de
nombreuses références à la musique et à la littérature .

Toujours datant des années 10, une autre personnalité artistique à l'étonnant éclectisme,et dont on parle moins souvent : celle de Schönberg . J'aimais sa musique, mais ignorais totalement ses
peintures, jusque récemment .

lesdiagonalesdutemps 21/11/2013 18:32



Je ne savais pas que Schonberg avait peint. Mon ignorance me désole. Je vais aller voir du coté des écrits de Klee mais en ce moment je suis un peu débordé par la pile de livres en attente de
lecture.



xristophe 20/11/2013 19:23

Paul Klee évidemment, c'est quelqu'un ! (même pour moi, le zombi de service décomplexé de l'art moderne). Pour Kandinsky - "je l'adore" tant qu'il est (et nous avec) dans les années 10,
merveilleuses... Juste après, je ne sais pas ce qui lui prend, il a dû avaler sa règle, ou le virus abominable de "grand Mondrian" (comme vous diriez) Connaissez-vous le beau livre de Pierre
Boulez, "Le pays fertile" (Gallimard) sur Paul Klee ? Rigoureux et subtil, subtil et net, et "libre" - comme tout ce que fait Pierre Boulez.

lesdiagonalesdutemps 20/11/2013 23:03



Je ne connais pas le livre de Boulez. Je vais aller y voir. Merci pour cette information.