Paul Klee à la Tate Modern de Londres

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 dddddddddddd-0913.jpg

 

 

Peu d'expositions m'ont révélé à ce point un artiste comme celle-ci, non que je ne connaisse pas Klee, d'autant que j'avais visité la belle exposition que lui avait consacrée en 2011, la Cité de la Musique, manifestation, qui, comme il se doit, était centrée sur la musique (on peut aller voir mon billet sur cette exposition:  Paul Klee, polyphonies à la cité de la musique ); Klee était un mélomane. Mais à la Tate Modern l'exposition, qui durera jusqu'au 9 mars, est d'une toute autre ampleur, bien que les organisateurs aient choisi de privilégier les oeuvres abstraites dans la vaste production de l'artiste. Les 130 tableaux sont présentés par ordre chronologique. Le cœur de l’exposition met particulièrement l’accent sur la décennie durant laquelle Paul Klee enseigna et travailla au Bauhaus. Les toiles abstraites qu’il produisit alors, telle la composition rythmique Feu dans la nuit(1929) lui valurent une renommée internationale à la fin des années 1920.

D'une façon un peu arbitraire la visite commence par des oeuvres datant de 1912, bien sûr Klee n'a pas attendu d'avoir 31 ans pour peindre mais avant cette date ses oeuvres sont figuratives et peuvent être rangées dans la mouvance symboliste. Le peintre a tâté de bien des techniques et traversé bien des écoles. On le voit tantôt tendre vers l'abstraction géométrique, puis flirter avec le pointilliste alors que d'autres sont proches d'un surréalisme à la Max Ernst ou de l'art brut. Paradoxalement ce sont les dernières toiles, peintes en exil, alors que Klee se sait condamner qui sont les plus joyeuses.

C'est en voyant rassembler cette grande quantité d'oeuvres, presque toutes de petits formats, sur des supports divers, toile, papier, carton, que j'ai mesuré l'inventivité d'un artiste qui ne se répétait jamais. Comme Picasso, Klee cherchait constamment et... trouvait, puis passait à autre chose. On est encore plus stupéfait lorsque l'on découvre les dates auxquelles ces peintures sont sorties de l'imagination de l'artiste et l'on s'aperçoit alors qu'un grand nombre de peintres ont une dette envers Klee. On repère, avant l'heure, de nombreux « Miro » presque autant de « Max Ernst » quelques « Dubuffet » et même plus inattendu deux ou trois « Escher » « un Poliakoff » et beaucoup d'autre tableaux qui évoque tant de peintres qu'il serait fastidieux de les citer.

Une exposition qui vaut largement à elle seule, le voyage jusqu'à Londres.  

 

 

Paul Klee, Jeu Assyrien, 1923,

 

 

 

 

 

Paul Klee, Pastorale (Rythmes), 1927, 20 (K10), tempera sur toile sur bois, 69.3x52.4cm, MoMA, NY

 

Paul Klee, Steps, 1929, 94 (S4), huile sur toile, 52x43cm, Moderna Museet Stockholm

 

Paul Klee, Danseuse, 1932, 271 (X11), huile sur toile, 66x55.9cm, coll. privée

 

 

Paul Klee, Fleurs du crépuscule, 1940, 42 (X2), peinture à la cire sur deux toiles de jute superposées, 35x80cm, Kunstmuseum Berne

une des dernières toiles peintes par l'artiste

Commenter cet article

ismau 21/11/2013 17:21

J'ai aussi révisé positivement mon jugement sur Max Ernst, après avoir vu il y a quelques mois l'exposition qui lui était consacrée à l'Albertina de Vienne . La présentation de l'ensemble des
oeuvres d'un artiste, ou au moins d'une période, semble indispensable pour l'apprécier vraiment .
J'aime Klee, mais sans doute ne le connais que superficiellement, n'ayant jamais vu d'exposition monographique le concernant .
Merci pour votre billet qui m'incite à revoir, comme vous, mon jugement .
La peinture de Klee me paraît toujours très plaisante et délicate, originale avec beaucoup de personnalité, mais manquant peut-être justement de la force qui en ferait un précurseur ... ce que vous
démentez ici .
Malheureusement je ne pense pas pouvoir aller à Londres . Mais j'aurai une deuxième chance avec le Centre Paul Klee de Berne, dont on m'a dit beaucoup de bien, avec en plus une magnifique
architecture de Renzo Piano .

lesdiagonalesdutemps 21/11/2013 18:44



Je ne connais pas le musée de Berne encore une destination à prévoir. A propos de Berne attendez que l'expo de la Tate se termine car il est probable qu'ils ont fourni des oeuvres pour
l'exposition de Londres. Mais je dois dire que je suis plus attiré ves l'ouest que vers l'est. Je voudrais revoir aussi le musée de Lauzane...


Je crois que le problème de Klee en ce qui concerne sa visibllité c'est qu'il n'a peint que des oeuvres d'une surface relativement modeste mais sa peinture est beaucoup plus intéressante que Max
Ernst qui fait figure de suiveur lorsque l'on connait Klee dont il est d'ailleurs facile de voir des tableaux puisqu'il y en a dans beaucoup de grands musées. Je vous encourage néanmoins à aller
à Londres surtout avant noel c'est le bon moment. Dans deux ans la Tate modern aura une nouvelle aile. La constructio est déjà bien avancée.