Paul Jacoulet

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Vous n'avez plus que quatre jours pour courir voir la superbe petite exposition (on peut tout de même y voir, plus de 70 estampes en couleurs ainsi que des dessins et matrices en bois) dédiée à Paul Jacoulet à la Bibliothèque François Mitterrand. Et en plus c'est gratuit, compter quelques minutes de marche pour la dénicher tout au fond d'un couloir. Il est impossible de faire la moindre photo, vous ne pourrez acheter le petit fascicule qui fait office de catalogue, c'est à ma connaissance le seul ouvrage en français sur Jacoulet (s'il en existe un au Japon et qu'un lecteur soit informé merci de m'informer, car si tout va bien je ne devrais pas trop tarder pour revoir le pays du soleil levant), il vous faudra attendre que la librairie de la bibliothèque rouvre ses portes et ce sera après le 20 septembre, mais croyez moi la visite vaut la peine c'est superbe beaucoup plus que sur un écran d'ordinateur.





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Paul Jacoulet est né à la fin du XIXe siècle ou début du XXe siècle à Paris d’un père de la bonne société du Dauphiné et d’une mère originaire du Pays basque français. Frêle et à la santé chancelante, Paul doit la vie aux soins prodiguées par sa mère Jeanne. Sa date de naissance précise n'est pas connue. Paul Jacoulet est soupçonné de l'avoir modifiée afin de se soustraire à ses obligations militaires et d'échapper ainsi au feu pendant la Première Guerre mondiale. Sa date de naissance probable est 1896 bien que 1904 soit aussi retenue. En fait, Paul Jacoulet pendant la Première Guerre mondiale aurait utilisé la date de naissance de son frère mort-né en 1904 et aurait argué d'une confusion d'état civil entre son frère et lui.

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A l'âge de 4 ans, ses parents s'installent au Japon. Son père enseigne le français dans les écoles de l'aristocratie japonaise. Paul Jacoulet est un enfant de constitution fragile, restant souvent alité. Sa santé vacillante l'accompagnera tout au long de sa vie. Il est scolarisé dans les écoles japonaises et adopte la langue, la culture et le mode de vie japonais. Il s'initie au dessin dès l'âge de 11 ans.

En 1907, son père l’amène à Paris où il rencontre des peintres comme Courbet, Millet, Matisse, Gauguin et Picasso. Il en revient peu après, guère impressionné par la grisaille de la capitale, et ne remettra plus jamais les pieds en France.


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Peu à peu, il peint sur bois des portraits parés de ses sujets favoris, des insectes, des papillons, des coquillages avec un souci du détail très nippon, distillé par des professeurs de dessin japonais, et avec la même minutie et amour que l’entomologiste.

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En 1920, à  l’âge de 49 ans, son père meurt, affecté par les gaz toxiques lors de son passage au front de Verdun. Sa mère décide de rentrer en France. Pour la première fois, Paul Jacoulet se retrouve seul, très affecté par l’absence de sa mère adorée. Même s’il poursuit une carrière avec succès à l’ambassade de France – mondanités et vie sociale exaltante – il souffre de solitude affective. Le tremblement de terre de 1923 qui ravagea la capitale japonaise le fait découvrir une réalité cruelle, faite de désespoir, de bassesse et de méchanceté.

En 1920, il trouve un emploi à l'ambassade de France comme interprète mais fréquemment malade décide de démissionner.

Paul Jacoulet, la french touch de l’estampe japonaise
Pour soulager sa santé, il voyage au sud du Japon et en Micronésie. Ces destinations deviendront des sources d'inspiration pour ses ukiyoe.

L'Ukiyo-e (浮世絵, Ukiyo-e?) (terme japonais signifiant « image du monde flottant ») est un mouvement artistique japonais de l'époque d’Edo (1603-1868) comprenant non seulement une peinture populaire et narrative originale, mais aussi et surtout les estampes japonaises gravées sur bois.

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L'Ukiyo-e apparait, en 1665, dans Les contes du monde flottant. C' est un art populaire, d’abord méprisé par les tenants de l’ancien régime où l’influence des clans aristocratiques régnait, influence qui passa au profit de celle, nationalement incontestée, du shogunat Tokugawa. Les estampes nées de cette période de paix et de prospérité étaient bon marché, et leurs sujets issus du quotidien, et mêlés d’ironie. En quelque sorte c’en était fait du Japon hiératique. Mais le raffinement et la simplicité restèrent ses traits éternels.


 

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En même temps que le Japon s’ouvrait à son corps défendant sous la menace des quatre « navires noirs » — cette dénomination vernaculaire provient de la couleur de leur coque et de la fumée crachée par leur machinerie à vapeur encore jamais aperçue d’œil nippon —, vaisseaux lourdement armés du commodore Matthew Perry, les estampes un peu méprisées sur place apparaissaient en occident comme papier d’emballage, pour connaître un succès soudain et durable dont la moindre des distinctions ne fut pas d’avoir profondément inspiré la façon des impressionnistes.


 

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Edmond de Goncourt, qui fut l’un des premiers amateurs de cet art en Europe, eut cette définition de l’ukiyo-e saluée pour son exactitude par l’interprète japonais (il se nommait Hayashi) de l’exposition universelle de 1878 à Paris : « École du monde vivant ou de la vie telle qu’elle se passe sous nos yeux. »


 

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En 1931, commence sa carrière d'artiste d'ukiyoe.

Il voyage fréquemment dans les îles du Pacifique nord, alors sous la férule de l’Empire du soleil levant, les Mariannes, les Carolines (actuellement l’Etat fédéré de Micronésie), sur les îles de Guam, Saipan, Tinian et jusqu’aux Fidji.


 


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Mais, comme son contemporain Gauguin, il peint plus les élucubrations de son imagination que la réalité.

Dans les îles, Paul, désabusé et talentueux, découvre la beauté, le charme et les couleurs des languides îles tant décrites. Mais il observe également la paresse, la corruption et la violence de l’armée impériale, les ravages de l’alcool et les misères de l’acculturation forcée.

 

Et comme Gauguin, il peint des paysages exotiques peu conformes à la réalité micronésienne: des portraits de guerriers musclés et tatoués ou des hommes graciles un peu efféminés, des femmes aux visages diaphanes et parées de jupes à plumes ou faites en feuilles de pandanus. 

 

Il n’invente rien, mais il exagère. Il ne ment pas, il en rajoute.

 

Il veut oublier la médiocrité de la vie quotidienne, ses bassesses et ses cruautés, en tentant de recréer, à travers des portraits réalisés en partie dans les îles du Sud, une réalité parfaite. Celle de son imagination.

 


 

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Le résultat est remarquable. C’est fragile, subtil, gracieux, tendrement magique, merveilleusement envoûtant. Il parvient à engendrer un univers coloré, paisible, léger et ensorcelant ; un univers qui correspond aux aspirations du commun du mortel, de vous et de moi, adorateurs ou amoureux  d’îles exotiques, humides et lointaines.

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Paul Jacoulet peint ces îles comme on voudrait qu’elles fussent, comme on voudrait qu’elles soient. Intemporelles, diaphanes, floues, paisibles, sensuelles.

 

Chacune de ses œuvres obéit au même processus de création : au départ, l’artiste peint une aquarelle qui sert de modèle aux œuvres qui sont gravées sur bois. Celles-ci font ensuite l’objet d’un tirage limité, en général à cinquante exemplaires.  Pour cette tâche, Paul Jacoulet s’entoure des meilleurs maîtres-imprimeurs et maîtres-graveurs de l’époque. Reconnu de son vivant au Japon, l’artiste est exposé dans plusieurs grands magasins et galeries, notamment à Tokyo, mais aussi dans des villes telles que Kobe, Yokohama au Japon, ou Séoul en Corée du Sud. Avec ses collaborateurs, il va produire, en un peu moins de trente ans, 

il produisit très exactement cent soixante-six estampes au format oban (format le plus fréquent de l’ukiyo-e, 37 cm × 25 cm, avec le chuban, 25 cm × 19 cm). Il a aussi réalisé plus de 3000 aquarelles er dessins. 



 

 

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Sa personnalité demeure ambiguë. Fin, intelligent et méticuleux dans son art, il s’avère mystérieux dans ses comportements privés et surtout, fichtrement menteur à ses heures.

 

Ainsi, a-t-il probablement menti sur sa date de naissance pour éviter d’aller sur les fronts de la Première Guerre mondiale.


 

 

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Pendant la Seconde Guerre mondiale, il reste au Japon et déménage à Karuizawa dans la préfecture de Nagano. En tant que français il  est placé en détention surveillée dans sa maison. Son travail artistique s'arrête, la clientèle étrangère ayant quitté le Japon et les matériaux se faisant rares. Il se consacre donc à la culture de fruits et de légumes pour assurer sa subsistance. Sa santé ne s’améliore pas. On le voit souvent en train de cultiver son potager et des fruits, un crayon à la main, en train d’observer des papillons. Il est toutefois un des rares étrangers à être autorisé à voyager à Saipan et à Okinawa.

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A la fin de la guerre, il enseigne au Tokyo Army College. Il entre en contact avec des hauts gradés américains qui ramèneront certaines de ses estampes et contribueront à sa notoriété aux États-Unis.

Paul Jacoulet sélectionne les meilleures ustensiles et les meilleurs graveurs.

Influencé par le Shin-Hanga, il édite lui-même ses estampes.


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La quasi-totalité de ces estampes sont des portraits mettant en scène des gens ordinaires du Japon, de Chine, de Corée ou des Iles du sud. Ces estampes du XXe siècle entre images du monde flottant et modernité sont d'une grande finesse.

Dans ces premières œuvres, l'influence de Paul Gauguin est notable et renforcée par le cadre des estampes, les iles du Pacifique.


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Paul Jacoulet était homosexuel. Et même une folle flamboyante. Après la seconde guerre mondiale, il s'habille en kimono et se maquille le visage excessivement à la manière kabuki. Cette flamboyance lui vaudra d'ailleurs l'interdiction de l'entrée sur le territoire des Etats-Unis à la fin de sa vie. Sa sexualité se lit dans son oeuvre. Il peint des sujets délicats, fragiles, sensuels, dans un univers paisible diaphane et coloré. Ses personnages masculins aux traits fins sont efféminés, souvent maquillés, avec des corps androgynes.

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Jacoulet est considéré comme l'un des rares artistes occidentaux à avoir maîtrisé l'art de la gravure sur bois suffisamment pour être reconnu au Japon.
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Il meurt en 1960, des suites d’un diabète mal soigné.
Il n’aura jamais connu la célébrité de son vivant en France. Il a fallu attendre 50 ans après sa mort pour qu’une exposition rende hommage à son œuvre dans notre pays.

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Paul Jacoulet, The Love Letter, 1955

Self-Portrait+(1942).jpgAutoportrait, 1942




Un+Homme+de+Yap,+Ouest+Carolines+1936.jpUn Homme de Yap, Ouest Carolines, 1936




The+Young+Chief+Saragan+Tomil.jpgLe jeune chef Saragan et son esclave Tomil, Yap




The+Unknown+Genius.+Korea.jpgLe génie inconnu, Corée




Mon+Ami+Francesco+Ogarto,+Marianes,+SaipMon Ami Francesco Ogarto, Mariannes, Saipan




Lovers+of+Tarang.+Yap,+West+Carolines.jpAmoureux de Tarang, Yap




Les+Enfants+Aux+Yeux+Jaunes,+1940.jpgLes Enfants Aux Yeux Jaunes, 1940




Les+Deux+Adversaires+Droite.+Coree.jpgLes Deux Adversaires (Droite). Coree




Les+Deux+Adversaires+Gauche.+Coree.jpgLes Deux Adversaires (Gauche). Coree




Le+Reveil.+Saipan,+Marianes,+1937.jpgLe Reveil. Saipan, Mariannes, 1937




Le+nautilus,+Yap.jpgLe nautilus, Yap




le+chant+des+vagues,+1930.jpgle chant des vagues, 1930




gar%C3%A7on+au+b%C3%A9tel.jpgLe garçon au bétel




Coucher+De+Soleil+a+Menado.+Celebes+1938Coucher De Soleil a Menado. Celebes, 1938




Basilio,+Jeune+Garcon+de+Saipan,+1934.jpBasilio, Jeune Garcon de Saipan, 1934
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BnF François-Mitterrand
Galerie des donateurs
Quai François-Mauriac
75013 Paris 
Commentaires lors de la première parution du billet


mutikmarkus a dit…

Cher monsieur A

Comme beaucoup de jeunes de ma génération, j'adore les mangas et je suis du coup fasciné par tout ce qui concerne le Japon. Je n'ai pas beaucoup de culture artistique (en fait presque pas du tout, sauf un peu en littérature) mais j'ai adoré découvrir cet artiste d'origine française qui a connu un destin si étonnant au Japon ! Ses oeuvres sont vraiment d'une finesse incroyable, ses traits tout comme ses couleurs. Ca pourrait paraître figé mais au contraire je trouve ça vibrant de vie, d'émotions et de sensualité. Une subtilité qui me touche beaucoup en tout cas.

Merci de m'avoir fait connaître Paul Jacoulet qui me change quand même pas mal des mangas :-). En plus, de savoir qu'il a été gay, je ne sais pas trop pourquoi mais je me sens moi-même encore plus fier de l'être aussi ^_^.

Markus

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bernard alapetite a dit…

réponse à Markus
Comme vous je suis un grand lecteur de mangas, surtout des seinens, je suis d'ailleurs un grand lecteur tout court, aimant les livres et passant d'un roman à un essais d'un recueil de poésie à une bande-dessinée franco-belge et d'un journal intime à un manga (je suis loin de chroniquer toutes mes lectures par faute de temps; il faut s'en garder pour lire; si on aime le manga il faut lire Bakuman. Je suis très heureux de vous avoir fait découvrir Paul Jacoulet qui est beaucoup plus connu au Japon et en Corée qu'en France. Le musée de l'estampe à Tokyo possède de ses oeuvres mais elles sont rarement exposées. J'ai et je consacrerai encore des billets au Japon où j'ai pris de nombreuses photos. Il suffit de cliquer sur ce mot dans "Libellés" à la fin du billet.

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mutikmarkus a dit…

Merci pour votre réponse et ces précisions :-). Je vous envie de pouvoir lire autant. J'aimerais bien moi aussi mais le lycée, les études, tout ça quoi, ça mange un temps pas croyable et des fois je me dis que je perds au change en fait.
Je lis tout type de manga et donc des seinen aussi. J'ai commencé Bakuman et évidemment j'aime beaucoup ! Je suis nul en dessin mais je me verrais bien dans le rôle de Takagi, avec toutes ces histoires qui me passent par la tête tout le temps :-) ! Bon, y a quand même le duo de Death Note aux commandes de Bakuman, c'est du haut vol quoi, et puis de toute façon Obata est un de mes mangaka préférés (l'évolution de son dessin dans les 23 tomes d'Hikaru no go, c'est géant !).
Quand même, je suis impressionné que vous lisiez plein de manga, en plus de tous ces autres livres bien sûr. Faudrait que vous convainquiez mes parents que ça fait aussi parti de la culture ;-).

Merci encore. J'aime vraiment votre blog vous savez.

Markus

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b a a dit…

nouvelle réponse à Markus
Certes on ne peut pas passer son temps à lire et je ne pense pas que cela serait souhaitable et la vie est un peu une course contre le temps. Je n'ai jamais compris les gens qui s'ennuient. Comment est-ce possible?
Fustiger le manga me parait aussi bête que de le porter aux nues. C'est un mode d'expression et comme dans tous les modes d'expression le médiocre domine de beaucoup le meilleur mais on peut remplacer manga par musique, roman, peinture, danse... et cela sera tout aussi valable.
En outre le terme manga recouvre des choses si différentes qu'il me parait impossible de les aimer ou de les rejeter toutes même dans le seinen il y a peu de rapport entre MW de Tezuka et par exemple Les années douces de Taniguchi.
Je suis comme vous, je pense qu'Obata est un des meilleurs mangakas actuels. Je regrette seulement par exemple que Death note s'étire un peu trop et que la fin d'Hikaru no go n'en soit pas vraiment une. Il y a un bon art book d'Obata. Pour m'a part je me serais bien vu en Sai...

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Guil a dit…

J'approuve en tout point ce que vous dites. Les formes d'expression se valent toutes à égalité, il n'y en a pas qui soient plus "nobles" que d'autres: on ne peut juger une oeuvre que pour ce qu'elle est entièrement, pas pour son genre, son type ou la technique utilisée. Il y a des mangas nuls et sans intérêt comme il y a dans le mangas de véritables oeuvres d'arts. Comme vous j'apprécie beaucoup Obata et je conseille Bakuman qui commence sur les chapeaux de roues - hormis cette histoire d'amour romantique où il ne faut surtout pas voir l'être aimé, qui m'agace autant que m'avait agacé celle décrite dans "La porte étroite" de Gide, c'est du même tonneau. Je cite ce dernier en regard du manga surtout pour les parents de mutikmarkus, ça va peut-être les aider ;-)

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b al a dit…

réponse à Gull
C'est rigolo et en même temps fort juste votre rapprochement de Bakuman et de La porte étroite, je n'y aurais jamais pensé.
Il faut vous dire que les codes amoureux japonais sont très différents des codes occidentaux, il n'y a qu'à voir leurs préservatif, comment dire le japonais est à la fois romantique, déculpabilisé et coincé; en conséquence les relations entre le joli dessinateur et sa petite amie ne sont pas si extravagantes que cela en regard des us et coutumes japonaise; à propos de ces dernières un merveilleux petit livre tant par la forme que le fond vient de paraitre, Japon 365 us et coutumes de David Michaud aux édition du chêne.
Pour en revenir au manga, en ce qui me concerne le chef d'oeuvre difficilement dépassable de ce mode d'expression est Au temps de Botchan de Natsuo Sekikawa et Jiro Taniguchi, il le sera peut être par Zipang de Kaiji Kawaguchi mangaka que je place très haut. 
Pour en revenir

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Guil a dit…

N'empêche qu'on a parfois envie de leur donner des baffes, comme au personnage de Gide :-)

Merci pour ces conseils, je les chercherais à la FNAC!

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mutikmarkus a dit…

Re-bonjour (je rentre de mon habituel week-end en montagne et ça me fait plaisir de repasser par ici).

Je suis tout à fait d'accord avec vous à propos des mangas médiocres. J'ai même l'impression d'avoir besoin de plus en plus de temps dans ma librairie préférée pour trouver parmi les nouveautés du moment quelque chose qui me paraisse seulement "potable" ! Même quand le dessin est pas mal, franchement, il y a trop d'histoires sans intérêt ou pleines de trucs dont on finit par avoir marre. Même Obata (content que vous l'aimiez ^^) a fait "Blue Dragon" qui m'a vraiment déçu (d'un autre côté, ok, il n'écrit jamais les scénarios), même si ces personnages de garçons sont souvent assez craquants ^^.
J'avoue que Death Note m'a également un peu lassé sur la fin (le récit ne se relève jamais vraiment de la disparition de L de toute façon - enfin, c'est mon avis). Pour la fin d'Hikaru en revanche, j'étais à la fois très frustré d'abord et puis finalement convaincu parce que justement cette fin qui n'en est pas une mais le début d'autre chose, ça évite de "dire adieu" à Hikaru, ce qui m'aurait vraiment brisé le coeur ^^. Quant à Sai, je ne rêverai pas de l'être mais d'avoir à ma disposition un tel ami et un tel maître ! Le volume entier de la détresse d'Hikaru lors de la disparition de Sai, j'en ai pleuré en espérant jusqu'au bout leurs retrouvailles !

Je ne connais pas "La porte étroite" de Gide mais je crois que je comprends la comparaison. Bon ok je les trouve un peu agaçants aussi les tourtereaux mais en même temps c'est tellement "cute" ^^. J'imagine que je suis abominablement romantique puisque j'avais déjà adoré "I's" de Katsura (Ishitaka, je t'aime !) :). Il y a quelque chose de presque pervers (mais délicieux) de différer sans cesse ainsi, vous ne trouvez pas ?

Enfin, pour ce qui est de Tanigushi, j'ai tout lu à la bibliothèque et franchement, à côté de Quartier Lointain qui reste mon préféré, j'ai été bluffé et à chaque fois. C'est tellement juste et touchant. "Au temps de Botchan", j'avoue que j'ai eu du mal parce que c'est un contexte où je ne connais presque rien, mais il y avait, je m'en souviens, un côté envoûtant dans ces figures d'écrivains, parfois tellement solitaires.

Markus

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b a a dit…

réponse à Markus

C'est amusant ce que vous écrivez et ce que cela suppose des rapports entre un lecteur et un personnage, cet attachement que l'on éprouve pour lui. Ce phénomène d'empathie est multiplié je crois lorsque l'on suit une histoire au rythme des parution des manga. On vit plusieurs mois et même plusieurs années en sa compagnie sporadique. De ce fait lorsque la série se termine on ressent comme un vide, l"autre " est parti pour ne plus jamais revenir.
Je ne connais pas I's et pas grand chose de Katsura sinon qu'il dessine des jolis fille, ce mangaka est en couverture ce mois ci d'animeland.
différé différé encore faut-il en avoir le temps...
Sans conteste Quartier lointain est le chef d'oeuvre de Tanigushi, Le journal de mon père qui est comme un essais de quartier lointain n'est pas mal non plus et surtout donne à voir un Japon avant son boum économique, avant 1964.
Quant au temps de Botchan ce qui est extraordinaire c'est qu'il fait revivre toute cette ouverture au monde, vue par les intellectuels de l'ère Meji. C'est un peu comme deux artistes très talentueux nous faisaient revivre l'aventure intellectuelle de la NRF en bande dessinée

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Les enfants aux yeux jaunes, Paul Jacoulet :

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The Two Adversaries (Left) Korea, Jacoulet. :
(combat de coqs)

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The Two Adversaries (Right) Korea, Jacoulet :
(combat de coqs)

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Lovers of Tarang. Yap, West Carolines, Jacoulet :

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Le Chant des Vagues. Ponape, Est Carolines, Jacoulet :

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Basillo, Jeune Garçon de Saipan, Tenant de Coquillages, Marianes, Jacoulet :

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Mon Ami Francesco Ogarto, Marianes, Saipan, Jacoulet. :

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La Chenille Verte, Coree, Jacoulet :

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Le Repas des Mendiants, Seoul, Coree, Jacoulet :

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Amoureux a Tarang, détail :
(le fruit offert est une mangue)

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