Paul Cadmus 2

Publié le par lesdiagonalesdutemps

En 1937 la notoriété de Cadmus, dont le caractère homoérotique de son œuvre n’est pas étranger, attire plus de 7 000 visiteurs à son exposition à la Midtown gallery à New York.

Dans les années trente et quarante Paul Cadmus n'est pas qu'un peintre. Il est aussi un photographe talentueux qui forme le groupe Pajama. 


 








Outre  Paul Cadmus Pajama est composé de Jared French, ex compagnon de Cadmus et de son épouse Margaret. Le nom du groupe est formé par l'assemblage des deux premières lettres de leur prénom. Ils sont tous trois peintres appartenant au courant du réalisme magique. Leurs photographies sont d'abord des source d'inspiration pour leurs tableaux aussi bien en ce qui concerne les corps que les lieux mais elles sont surtout des oeuvres en elles même des images où les corps et les paysages, souvent des plages, la plupart des photo signées Pajama étaient habituellement prises pendant les vacances au bord de la mer à Fire Island ou dans d'autres stations balnéaires, sont idéalisés et nimbés d'une lumière irréelle. On trouve dans ces photos un grand nombre de nus masculin, ce qui était fort audacieux à l'époque. Elles ont grandement influencé Platt Lynes qui était leur ami et qu les a photographié à son tour. On retrouve dans les photographies de Pajama la même atmosphère magique que dans les tableaux de Cadmus de cette époque. Il a fallu attendre le début des années 90 pour que les photo de Pajama soit connu du public.
Si Cadmus a influencé Platt Lynes les photos de ce dernier furent aussi une révolution dans la façon de voir du peintre. 

Portrait of George Platt Lynes, 1938

 

chagalov: Paul Cadmus with George Tooker and Jared French, 1939 -by George Platt Lynes[ref.: Magic Realism] from MFA

 

Paul Cadmus with George Tooker and Jared French, 1939 -by George Platt Lynes

 


Lorsque le peintre rencontre Platt Lyne, ce dernier est un jeune photographe de mode déjà célèbre. Il est gay et a vécu avec le romancier Glenway Wescott (1901-1987). Il gagne beaucoup d’argent avec ses photos, mais il en dépense beaucoup aussi. à coté de son travail, il photographie des modèles et ses amis nus, c’est ainsi qu’il a photographié Cadmus nu plusieurs fois. Le peintre était fasciné par les nus masculins de Platt Lyne. Ces images ne pouvaient être commercialisées d’aucune façon. L’homophobie était forte alors aux USA. Il n'y avait aucun débouché pour ce genre d'art. Paul Cadmus a connu le photographe par l'intermédiaire de son ami George Tichenor qui travaillait pour Lynes en tant qu'assistant. Platt Lyne deviendra rapidement le photographe officiel du New York City Ballet, co-fondé par Kirstein, le beau-frère de Cadmus. L'influence de Platt Lynes sur Cadmus ne devrait pas être sous-estimée. Lynes était résolu dans son admiration du corps masculin et a conforté Cadmus dans la beauté de celui-ci. Il l’a également marqué dans les poses à faire prendre aux modèles. C’est pendant la période où leur amitié a été la plus forte que Cadmus a fait, par exemple, les dessins de baigneurs.
 







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Tennessee Williams, 1950

L'acte de dessiner le mâle comme un objet d'art était un changement important pour Cadmus ; peut-être pas un changement d'intérêt, mais certainement un changement de la façon de considérer son travail. Le groupe de Lynes/Wheeler/Wescott étaient le groupe social qui alors gravitait autour de Cadmus. Il a fait le portrait de tous, ainsi que des parents de Wescott, et de la mère de Platt Lynes. Ces images sont presque toutes dans des collections privées et les reproductions de ces œuvres n’existent pas. Fire Island près de Long Island, célèbre alors pour ses plages nudistes et ses lieux de drague gay, devint leur destination commune pour les vacances d'été... L’essai de David Leddick, Intimate Companions : A Triography Of George Platte Lynes, Paul Cadmus, Lincoln Kristin (Stonewall edition) revient sur cette période de la vie de Cadmus et de son cercle d’amis.

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À la fin des années 40, Cadmus est très marqué par l'essai d'E.M. Forster dans lequel le romancier exprime sa foi dans des relations personnelles et son concept d'une aristocratie spirituelle « du sensible, du prévenant, unis avec le courageux ». Ses membres doivent être trouvés dans toutes les nations, dans toutes les classes, et appartenir à tous les âges. Il doit ainsi se former une fraternité secrète entre les membres quand ils se réunissent. Ils représentent le véritable état humain, une victoire permanente de la raison et du sensible sur la cruauté et le chaos. C’est à cette période qu’il réalise sa série "les sept péchés capitaux" qui est inspirée par Giotto, Bosh et Breughel. Elle veut unir les terreurs médiévales aux apocalypses modernes que sont Hiroshima et Auschwitz.
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