Nouveau roman de Christophe Honoré au théâtre de La Colline

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.34.19.jpg

 

DSC06085.JPG 

 

Le nouveau roman pas plus que les hussards (à quand une aussi belle pièce que celle-ci sur la bande à Nimier, mais ce serait encore moins politiquement correct que « Nouveau roman » qui pourtant l'est peu) ne fut une véritable école mais plutôt un habile coup de publicité de l'éditeur Jérôme Lindon, relayé par une presse toujours avide de simplifications. Ce concept a surtout eu la chance de s'incarner dans une célèbre photo réunissant tous les écrivains de ce groupe (Alain Robbe-Grillet, auto proclamé son pape, Claude Simon, Claude Mauriac, Robet Pinget, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute et Claude Ollier. Christophe Honoré y adjoint Marguerite Duras, excellente idée malheureusement abimé par la faiblesse de son interprète, et en retire Beckett devant l'impossibilité de faire incarner « dieu » par un quelconque acteur). Ils sont tous là, sauf Michel Butor, pour qui pourtant devait en être le centre, sous la houlette de leur éditeur, Jérôme Lindon. L'absence du cliché de Butor est volontaire, son égo ne voulant pas partager sa nouvelle gloire, il vient de recevoir un prix littéraire important, avec ses camarades d'écurie. La pièce agréablement pédagogique de Christophe Honoré qui nous raconte l’histoire d’une aventure littéraire allant de la publication de Molloy de Beckett à la mort de Jérôme Lindon,est surtout un bal des égos ou la jalousie est beaucoup plus présente que la fraternité. Si bien que la pièce est le plus souvent une charge réjouissante contre cette principauté des lettres qu'un hommage au nouveau roman, ce qui pourtant d'après les déclarations de Christophe Honoré, était le centre du projet.

 

 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.36.27.jpg

Cette photo culte a fixé pour la postérité les principaux protagonistes du Nouveau Roman. Elle a été prise par un photographe de presse, Mario Dondero, sur commande d'un mensuel culturel italien, à l'automne 1959, devant les Editions de Minuit au 7, rue Bernard-Palissy, à Saint-Germain-des-Prés. De gauche à droite, elle réunit Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Claude Mauriac, Jérôme Lindon, Robert Pinget, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute et Claude Ollier.

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.43.18.jpg

Michel Butor est le grand absent de "la photo du siècle" sur le Nouveau Roman prise par Mario Dondero en 1959. Arrivé en retard, il n'est pas photographié alors même qu'il représente à l'époque le fer de lance de ce mouvement littéraire. Couronné par le prix Renaudot pour La Modification en 1957, il a vendu plus de 100 000 exemplaires. Ici à Paris, le 5 décembre 1964.

 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-11.02.39.jpg

Julien Honoré, qui interprète Claude Mauriac. Christophe Honoré explique que Jérôme Lindon a invité Claude Mauriac, qui n'était pas publié aux Editions de Minuit."C'était malin de la part de Lindon de le faire figurer sur la photo à cause de son rayonnement intellectuel". Pour Claude Mauriac, bien oublié aujourd'hui, plus que de rayonnement intelectuel, Honoré est très gentil avec lui, il faudrait plus justement parler d'entregent critique.


 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.58.18.jpg

 

Claude Mauriac (à droite) a été notamment le secrétaire particulier du général de Gaulle. Ici à Paris, le 29 décembre 1945. Le premier plan n'est pas étranger à mon choix de cette image. Claude Mauriac est interprété par le frère de l'auteur, Julien Honoré que j'aimerais bien voir plus souvent.


 

C'était une folle gageure de vouloir raconter l'histoire du Nouveau roman, le seul courant important dans le roman français de la deuxième moitié du XX ème siècle par le biais du théâtre. Je ne connais qu'une autre entreprise aussi folle de chronique d'histoire littéraire, celle de narrer la naissance de la modernité dans les lettres japonaises par le truchement du manga, c'est « Au temps de Botchan... Christophe a réussi son pari. Il parvient a passionner le spectateur avec ces histoires d'une avant-garde inventé un éditeur, Jérôme Lindon. Avec beaucoup de témérité il y parvient en tricotant serré trois sources de texte; d'abord des passages entiers des oeuvres des écrivains membres du groupe principalement puisés dans  "Pour un nouveau roman", numéro 45 de la collection de poche Idées », ouvrage qui paraît en 1963 et dans  « L’Ere du soupçon » de Nathalie Sarraute, numéro 42 de la même collection, ensuite des improvisations faites par les comédiens lors de très longues répétitions-créations, véritablement habité pour la plupart par leur personnage et des interventions de personnalités venant d'horizons divers tel qu'Isabelle Huppert, Gilles Leroy, Denis Cooper, Philippe Sollers, Charles Dantzig, Mathieu Lindon... Elles sont retransmises par l'intermédiaire de plusieurs écrans de télévision disséminés sur la scène. Le résultat est que jamais hétérogénéité des sources transparait, c'est le premier tour de force de cette production.

 

 

Robbe-Grillet (Jean Charles- Clichet), Sarraute (Ludivine Sagnier)

Robbe-Grillet (Jean Charles- Clichet), Sarraute (Ludivine Sagnier) © Patrick Roux/Maxppp

 


On se doute bien que les improvisations des comédiens sont nourries par un gros travail de recherche sur le sujet fait par Christophe Honoré et par une intense reflexion sur la place de l'écrivain et plus particulièrement du romancier (ce qu'Honoré est également) dans le monde d'aujourd'hui: «La place de grand écrivain n’est pas confortable, aujourd’hui on en a peur. Angot a voulu l’occuper. Elle avait cette folie-là : Sujet Angot, il fallait oser. Mais elle a souffert de ne pas être assise dans un groupe. Du coup, on l’a pulvérisée (…) Je ne voulais pas faire des personnages de ces écrivains qui ont justement remis en cause le statut du "personnage". Je cherche donc à empêcher les acteurs d’être des personnages. A les faire tenir sur scène sans la robe de chambre de l’écrivain, sans son verre de whisky.».

 

 

La durée de la pièce sur un sujet aussi pointu pourrait faire peur à des spectateurs qui ne seraient pas férus d'histoire littéraire du siècle dernier. Ils aurait tort car l'enjeu de la pièce dépasse de beaucoup l'histoire du groupe de romanciers réunis par Jérôme Lindon aux éditions de Minuit. Y est posé divers problèmes qui ont traversé, traverse et traverseront la vie intellectuel: la forme doit elle primer sur le fond? L'art n'est il pas que la forme indépendamment du fond. L'engagement politique est-il compatible avec la littérature? L'éditeur est-il aussi un peu l'auteur des ouvrages qu'il publie? Peut-on continuer d’écrire aujourd’hui «comme Balzac» ? Et bien d'autres interrogations sur la place de la littérature dans la société... Le naturalisme que fustigeait la bande à Robbe n'est pourtant pas absente de la scène puisque apparait, sur la scène, aussi inopinée que Pinget nu, une vraie soupe aux poireaux (ça sentait très bon jusqu'à mon dixième rang) d'après la recette de Marguerite Duras qui plaide pour ce plat gouteux et léger...

 

 

extrait de la pièce

 

 

A l'énumération des problématiques soulevées ont pourrait croire que l'on va assister à une représentation austère. Il n'en est rien on rit souvent, en particulier au dépend de ces artistes, presque tous aux égos surdimentionnés. Et puis il y a une bel surprise pour s'égayer le regard vers le deuxième tiers de la représentation.

 Malgré la disparité dans la qualité de l'interprétation, tous les acteurs font preuve d'une grande énergie sur la scène.

 

 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-11.16.27.jpg

Mélodie Richard qui prête son visage à Catherine Robbe-Grillet. Selon Christophe Honoré : "Je l'ai choisie car elle est aérienne et Catherine Robbe-Grillet ne l'est pas.". Elle est surtout à mon avis transparente.


Une de mes plaisanteries favorites en ce qui concerne les castings de théâtre et de cinéma en constatant de plus en plus le fossé entre le physique de l'acteur et celui qu'on imagine au personnage qu'il interprète, est de dire que bientôt on verra Depardieu jouer Jeanne d'Arc avec « nouveau roman » nous n'en sommes pas loin puisque Christophe Honoré à choisi des femmes pour interpréter des hommes puisque c'est Annie Mercier qui joue Jérôme Lindon et Brigitte Catillon qui représente Michel Butor. Le justificatif de cette coquetterie, qui me semble être plus un coup de pub qu'un impératif théâtral, est de se libérer du joug de la ressemblance lorsque l'on met en scène un personnage historique. Je ne suis pas convaincu par cette pirouette. Cet artifice oblige le spectateur a accepter d'oublier les images qu'il a du personnage, ce qui n'est pas trop ardu en ce qui concerne Butor, Ollier ou Pinget dont la physionomie n'a guère été propagée mais c'est beaucoup plus difficile pour Marguerite Duras dont on a pas oublié ni le visage ni la voix. Ceci dit on oublie vite cette fantaisie lorsque l'actrice impose son personnage comme c'est le cas avec Annie Mercier prodigieuse en Jérôme Lindon, néanmoins avec sa voix de rogomme, elle aurait été une Duras parfaite, idem pour Brigitte Catillon qui ressuscite la hauteur de Michel Butor et qui est tout aussi impressionnante lorsque pour une scène elle devient Delphine Seyrig.

 

 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.45.28.jpg

Brigitte Catillon, qui prête ses traits à Michel Butor. Pour Christophe Honoré :"Butor est un personnage solitaire, dont j'avais l'image qu'il renvoie aujourd'hui : un grand-père avec une salopette. Mais à l'époque, il était le plus jeune de la bande, et le plus célèbre. J'ai donc voulu lui donner un côté glamour." Ainsi, la salopette est devenue une robe sexy que Michel Butor n'a pas jugé bon de venir voir à Avignon, où il était présent lors de la création de la pièce.


Néanmoins c'est judicieux d'avoir choisi une belle jeune femme pour jouer Marguerite Duras (idem pour le choix de Ludivine Sagnier pour interpréter Nathalie Sarraute) qui était bien belle dans sa jeunesse et encore lorsque le nouveau roman éclot, bien loin de l'image de la pythie mitterrandienne décatie que la télévision a imposée malheureusement dans nos mémoires.

 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.55.19.jpg

Ludivine Sagnier


S'il est difficile de trouver une ressemblance dans les traits de Ludivine Sagnier avec ceux de Nathalie Sarraute qu'elle interprète, son talent d'actrice fait qu'on oubli vite le visage de l'écrivain et on ne tarde pas à être certain que l'auteur d'enfance avait la beauté de Ludivine Sagnier. On s'aperçoit bien vite que le souci n'est pas dans le sexe ou l'âge de l'acteur mais de son abattage face au personnage qu'il est censé être et si cela fonctionne très bien, par degré d'excellence avec Brigitte Catillon/Michel Butor, Jean-Charles Clichet/Robbe-Grillet, Annie Mercier/Jérôme Lindon, Ludivine Sagnier/Nathalie Sarraute, Benjamin Wangermée/ Claude Ollier et dans des rôles moins étoffés Mathurin Voltz/ Robert Pinget, Julien Honoré/Claude Mauriac, c'est beaucoup moins le cas pour Anais Demoustier/Marguerite Duras et Mélodie Richard/Catherine Robe-Grillet qui n'ont pas les épaules pour donner vie aux monstres qu'elles devraient incarner quant à Sébastien Pouderoux il est tout simplement mauvais et son exécution d'une page de « La route des Flandre » (qui curieusement m'a évoqué le Céline de "Casse-pipe") avec des gestes de patineur de vitesse sur glace est pénible. En revanche le numéro de Benjamin Wangermée passant de Claude Ollier à Françoise Sagan est époustouflant. Le face à face Marguerite Duras-Françoise Sagan est un des grands moments de la pièce. A noter que l'irruption de Françoise Sagan qu'Honoré a voulu faire figurer dans sa pièce en raison de sa célébrité dans les années 60, est avec la guerre d'Algérie au travers du livre « La question » l'un des deux hors champ, du microcosme des éditions de minuit, de la pièce.

 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.34.49.jpg


Autre grand moment mais plus pour les yeux que pour l'esprit est celui où par l'intermédiaire de Catherine Robbe-Grillet on apprend que Robert Pinget était homosexuel. La question est posée de l'influence de sa sexualité sur son oeuvre. Pour symboliser le mécontentement de l'écrivain devant cette révélation L'acteur l'incarnant, le dos au public se déshabille complètement. On peut ainsi admirer la plastique impeccable de Mathurin Voltz. Je ne suis pas sûr que dramatiquement cette séquence était indispensable mais elle m'a fait ravi. Il est permis à un metteur en scène de ce faire plaisir lorsqu'il fait autant plaisir à son public.

 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.33.06.jpg

 

DSC06088.JPG

avec mes petites mains j'ai voulu immortaliser l'apparition de la magnifique anatomie de Mathurin Votz, ce n'est pas très réussi mais c'est pour le souvenir et c'était hier après midi.


La mise en scène est un constant mélange des genres parfois incongrus mais qui bouscule constamment le public l'empêchant de s'installer dans le confort de la vision d'une pièce à thèse et puis le nouveau roman n'était il pas lui aussi un mélange des genres car finalement tous ces auteurs avaient bien peu de choses en commun sinon leur éditeur, qui n'est pas montré que sous un angle favorable. Honoré déconstruit la statue d'un Lindon désintéressé préoccupé que de hautes littérature. Les hommes et les femmes des éditions de Minuit d'alors mais aussi des générations suivante, je pense à Koltes, Duvert et aujourd'hui Mauvignier avait et ont en commun leur refus de formes convenues, leur désir de produire ce qui n’existe pas encore. Il est ommage qu'Honoré, émule de Jacques Demy ne soit pas allé au bout de son parti pris de traiter sa fresque littéraire à la manière d’une comédie musicale délicieusement 1950-60, il nous donne que trois échantillons de ce que cela aurait pu être. J'ai particulièrement apprécié Ludivine Sagnier chantant d'une voix qui pourrait-être un hommage à la Bardot de ce temps là : «Je t’aurais bien invité/ A venir prendre le thé/ Dommage que tu sois mort.>>. Je me suis cru revenu dans "Les chansons d'amour".

 

DSC06086.JPG


Mais la scénographie n'est pas toujours aussi heureuse. Elle se déploie dans une scène à l'ouverture bien trop grande pour « Nouveau roman » que meuble un décor laid et lourd (censé reproduire une salle d'université à la fois solennelle et kitsch, avec des marches d'escalier?), scindé en différents petits espaces, dont la signification des éléments n'est pas évidente. Pourquoi cette copie d'un tribunal, ces différents niveau de l'immense plateau, ce bureau bocal au fond qui semble sorti d'un vieil atelier de réparation automobile, sans doute pour figurer l'antre de Jérôme Lindon... Heureusement le rythme vif de la représentation fait que l'oeil ne s'attarde pas sur ces choses.

 

Capture-d-ecran-2012-11-26-a-10.41.11.jpg


En préambule de la pièce Christophe Honoré dans un texte joué avec beaucoup de verve par son frère, dont c'est la meilleure scène, a voulu présenter dans quel contexte il a été amené à travailler sur le sujet tout commence par la découverte par hasard, en 5e, d'Hiroshima, mon amour,de Duras. «C’était le petit folio avec la grande bouche et le nuage, se souvient-il. Je ne comprenais pas ce que je lisais, mais ce n’était pas essentiel, ça me fascinait. J’arrivais à citer le texte dans tous mes devoirs. Racontez vos vacances, et moi je recopiais :"Tu me tues. Tu me fais du bien"…». L'humilité de cette démarche contraste avec l'orgueil et la vanité que déploieront les avatars des grands écrivains durant toute la pièce.

Enfin je voudrais insister pour dire qu'iln'y a nul besoin, pour les spectateurs, d'avoir des références (même si celles-ci ne feront qu'augmenter le plaisir). Rien que cela, c'est déjà une forme d'exploit, tant l'histoire est dense et complexe, sur les plans littéraire et humain.

Les amoureux de la littérature ne peuvent qu'être conquis devant cette pièce dans laquelle on apprend en s'amusant. Et puis le grand mérite de la pièce c'est qu'elle donne envie de lire et de relire les auteurs qu'elle évoque.

 

 


Capture-d-ecran-2012-11-26-a-11.12.01.jpg

Jean-Charles Clichet dans le rôle d'Alain Robbe-Grillet (ici avec Mélodie Richard dans le rôle de Catherine Robbe-Grillet). Christophe Honoré l'a choisi parce qu'il avait déjà travaillé avec lui, au théâtre dans Angelo tyran de Padou et au cinéma dans Les bien aimé, comme avec la plupart des autres comédiens : "Il est très inventif. Je me suis dit qu'il ferait un très bon meneur de troupe."

 


Brûler tout ce qui les a précédé ou presque

Brûler tout ce qui les a précédé ou presque © Patrick Roux/Maxppp


 

Nota:

1- nouveau roman se joue à la Colline à Paris jusqu'au 9 décembre, puis à Toulon au Théâtre de la Liberté du 10 au 12 janvier 2013 et à Perpignan au Théâtre de l'Archipel les 17 et 18 janvier 2013. Espérons pour ceux qui n'auront pas la chance de voir ce spectacle une captation sur DVD.

 

2- Quelques questions posées à Christophe Honoré à propos de son spectacle. Il explique clairement les lignes de force de sa pièce.

 

 

3- Dans le film ci-dessous on comprend bien comment la pièce s'est élaborée...

 

 

    

 

Ludivine Sagnier (Sarraute), Anaïs Demoustier (Duras)

Ludivine Sagnier (Sarraute), Anaïs Demoustier (Duras) © Patrick Roux/Maxppp


 

Pour retrouver Christophe Honoré sur le blog:  Nouveau roman de Christophe Honoré au théâtre de La CollineNon ma fille tu n’iras pas danser, un film de Christophe Honoré, Tout contre Léo, un film de Christophe HonoréLes Bien-Aimés, un film de Christophe HonoréLa belle personne, un film de Christophe HonoréLES CHANSONS D'AMOUR, un film de Christophe Honoré  

Commenter cet article

ismau 14/01/2016 15:55

Je croyais avoir lu que vous faisiez grand cas de ''L'emploi du temps'' de Michel Butor ( et l'avais même exhumé de ma bibliothèque pour le lire bientôt, à cause de votre avis ! )
Pour le couple ''croquignolet Robbe Grillet'' c'est bien ça, c'est ce qu'elle racontait à la radio, et il y en a aussi quelques aperçus dans ''Ce qu'aimer veut dire'' de Mathieu Lindon . Mais je viens de découvrir qu'elle avait publié assez récemment deux livres autobiographiques, qui parlent de son couple, et aussi des gens du Nouveau Roman . Sur la couverture de son '' Jeune Mariée'', elle est bien jolie ...
http://www.franceculture.fr/oeuvre-la-jeune-mari%C3%A9e-journal-1957-1962-de-catherine-robbe-grillet.html

lesdiagonalesdutemps 14/01/2016 16:49

Vous devez faire confusion à propos de "L'emploi du temps". Je ne me vois pas vous conseiller cette lecture mais ce n'est pas pour cela qu'il ne faut pas le lire. Coté Nouveau roman je vous conseillerais plutôt la route des Flandres ou les pièces de Nathalie Sarraute (mais est-ce pour ces dernières du nouveau roman?). Tout comme Bruno vous semblez avoir une bibliothèque borgèsienne sans fin espérons qu'elle ne soit pas maléfique comme celle où l'on se perd dans les romans de Zafon

ismau 12/01/2016 19:59

Après votre réédition récente concernant ''Les chansons d'amour '' d'Honoré je relis avec grand intérêt cette analyse critique, riche et précise . Même pour qui - comme moi - n'a pas vu la pièce , votre billet donne le plaisir de se remémorer un pan de l'histoire littéraire française, et quelques uns de ces écrivains du Nouveau Roman ...
Par hasard juste quelques mois avant votre billet, une dernière lecture m'avait fait découvrir Pinget avec un de ses anciens romans, que j'ai beaucoup aimé : ''Graal Flibuste'' . Je m'y étais précisément posé la question de l'influence de sa sexualité sur son écriture, m'amusant à en repérer quelques traces ténues .Voilà qui rejoint un propos et moment particulier de la pièce !
Mais ma toute première lecture d'un de ces écrivains, alors que j'étais fort jeune, est bien plus étonnante . Il s'agissait d'un livre érotique SM d'un certain Jean de Berg : ''l'Image'' - pas grand chose à voir dans mon souvenir avec les théories du Nouveau Roman ... Surprise ! j'ai appris récemment à la radio que ce Jean de Berg était en fait Catherine Robbe Grillet ( confirmé maintenant par son wikipédia )

lesdiagonalesdutemps 12/01/2016 22:37

Je n'ai pas lu de "Nouveau roman" à l'exception de "La route des Flandres" depuis au moins quarante ans. Les derniers livres de Robbe Grillet , livres plus ou moins autobiographique que j'aime bien n'appartiennent pas à mon avis au nouveau roman. Ecole que je trouvais très néfaste à la littérature française dans ma jeunesse. J'ai même appartenu à un journal, Matulu, très opposé à cette école. Je suis un peu plus modéré à ce sujet qu'hier tout en ayant pas en gros changé d'avis. Je voyais dans les année 70 la cause de l'assèchement du roman français (qui ne s'est guère humidifié depuis) alors qu'en réalité ce n'en était qu'une conséquence.
Je n'ai pas lu Graal Flibuste dont vous me parlez.
Dans la pièce d'Honoré, un grand souvenir de théâtre, il est question au passage du couple croquignolet des Robbe Grillet. Madame étant une dominatrice S.M. alors que monsieur aurait été impuissant...
Je regrette beaucoup que cette pièce n'ait pas été captée mais cela aurait demandé beaucoup de moyens en raison du grand nombre de personnages en scène et en action en même temps et de la large ouverture du plateau. Il aurait fallu un minimum de 5 caméras.

B. Kahn 01/12/2012 19:14

C'est une pièce ennuyeuse si l'on a pas de références littéraires. Le spectateur moyen est complètement largué. C'est du théâtre pour microcosme intello. Pour pimenter le tout, la petite dose de
rappel sur les "méchants" allemands se rajoute à la sauce. Les plus courageux partent avant la fin.

lesdiagonalesdutemps 01/12/2012 19:26



je crois que la moyenne a beaucoup baissé alors. Il me semblait qu'un spectateur moyennement cultivé n'aurait aucun mal à suivre cette pièce qui soulève des problématiques comme le rapport de la
vie privée avec l'oeuvre ou encore la fabrication d'un mythe culturel autant de questions qui ne sont pas propre au nouveau roman. A propos de la dernière guerre c'est très soft car on aurait pu
rappeler les sympathies vichystes de Robbe-Grillet et la situation très ambigue de Duras...