Nils Dardel

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Nils von Dardel -

Självporträtt (autoportrait), 1906, huile sur toile

autoportrait

Gossporträtt (portrait de garçon), 1910

Dans les rues de Senlis (1913).

Dans les rues de Senlis (1913).

Koherde (vacher), 1914

Koherde (vacher), 1914

Uppvaktning [Sjömansgosse, Hildesborg]<BR>(jeune marin faisant sa cour), 1918

Uppvaktning [Sjömansgosse, Hildesborg]
(jeune marin faisant sa cour), 1918

David et Goliath, aquarelle, 1916

David et Goliath, aquarelle, 1916

Yngling i svart, flicka i vitt (jeune homme en noir, jeune fille en blanc), 1919, aquarelle

Ynglingen och flickan (jeune homme et jeune fille), 1919, aquarelle

Far (le père)

Far (le père)

Visit hos excentrisk dam (visite chez la dame excentrique), 1921, huile sur toile

Visit hos excentrisk dam (visite chez la dame excentrique), 1921, huile sur toile


Drömmar och fantasier (rêves et imaginations), 1922, aquarelle

Drömmar och fantasier (rêves et imaginations), 1922, aquarelle

Självporträtt (autoportrait), 1923, aquarelle

Självporträtt (autoportrait), 1923, aquarelle

Philippe, 1924, dessin

Philippe, 1924, dessin

Sittande man (étude pour Philippe), 1924, crayon

Ett hjärta i brand (un cœur en flammes), 1930

Ett hjärta i brand (un cœur en flammes), 1930

Wedding trip, 1931

Wedding trip, 1931

Fiskaren (le pêcheur), 1931<BR>Est-ce Nils lui-même ?

Fiskaren (le pêcheur), 1931
Est-ce Nils lui-même ?

Dessin sans titre, 1937

Jeune Mexicain, ~ 1940

Jeune Mexicain, ~ 1940

Mexikansk yngling (jeune Mexicain)

Mexikansk yngling (jeune Mexicain)

blastedheath: Nils Dardel (Swedish, 1888-1943), Konversation, 1918. Watercolour on paper, 49 x 36 cm. With all the usual ambiguity of a Dardel. Apart from the nude man chatting with the women and the other man at his feet by the river, what about the people throwing themselves out of the tall building in the background?

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Nils von Dardel est né à BettnaSödermanland, Suède en 1888 dans une famille d'artiste. Son grand père Fredrick Ludvig von Dardel (1817-1901) était un peintre connu. Il a étudié à l' Académie royale suédoise des Arts à StockholmAprès ses études, il est allé à Paris en 1910 où il se lie avec un groupe de jeunes artistes qui comprenait Sigrid HjerténIsaac Grünewald, Einar Jolin et Leander Engström. Il fréquente également Henri Matisse mais dont l'oeuvre aura relativement peu d'impact sur von Dardel. Au lieu de cela, il est influencé par les œuvres des postimpressionnistes, par les couleurs pures des fauves et des estampes japonaises sur boisIl explora aussi  le cubisme. L'Intérêt de von Dardel pour le post-impressionniste et plus particulierement pour le pointillisme, se traduit dans ses tableaux par des couleurs vives et claires au service d'un style naif dans des toiles narrative. Un exemple typique est de ce type de peinture est funérailles à Senlis de 1913, qu'il peint dans la petite ville médiévale de SenlisDe retour à Paris, il peint dans le même style le marchand d'art allemand Alfred FlechtheimLa figure humaine sera le sujet dominant de von Dardel.

 

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Senlis Funeral

 funérailles à Senlis

 

En 1913, von Dardel se lie d'amitié avec un collègue suédois, Rolf de Maré, qui créerai plus tard les Ballets Suédois, qui effectueront une tournée célèbre à Paris en 1920. Von Dardel n'était pas particulièrement riche, mais il était imaginatif et talentueux, de Maré était enthousiaste et avait de l'argent. Ensemble, ils formeront un duo très fructueux durant les cinq ans  de l'existence de la compagnie de danse.

En 1920,  Dardel produit les décors pour le premier ballet  Midsummer Wake, sur une musique Hugo Alfvén, puis pour le ballet Maison de Fous, pièce pionnière sur une musique de Viking DahlLes peintures de cette période  rappellent souvent les décors des ballets. Elles sont comme des esquisses d'un drame, ou des images fixes d'un film dans lequel le spectateur assume le rôle du scénariste et du metteur en scène Crime passionnel de 1921, est un exemple typique de cette période. Les tableaux font  également écho à la vie trépidante de l'artiste dans les années 20 à Paris.


 

Rolf de Maré, 1916, huile sur toile

Rolf de Maré, 1916, huile sur toile


Il a été marié à Thora Dardel de 1921 à 1932. Le couple eut une fille appelée Ingrid, qui deviendra actrice. Tora Dardel était la fille du baron et mécène Axel Klinckowström. Elle se rend à Paris pour étudier l'art, mais abandonné son projet pour sculpter lorsqu'elle épousa le peintre Nils Dardel en 1921. Suite à son premier roman Flikan som resta ensam, 1923, elle commence une carrière d'écrivain vaste. Dans ses écrits journalistiques, elle a écrit sous le pseudonyme de « Voila » pour les journaux suédois anglais. Elle divorça de Dardel en 1932 et se remaria en 1934, avec Lord Mac Hamilton, dont elle a divorcé en 1944. Son autobiographie Jag, 1941 se concentre sur sa vie  avec Nils Dardel, et elle a écrit aussi une longue autobiographie en 1953. Dans les années 1950 et 1960, elle revient à la littérature de fiction. Elle publie de romans tels que Kungens frilla, 1958 et fils de Kung Eriks, 1960.

 

 

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Tora von Dardel 

 

 

Malheureusement je ne lis pas le suédois, mais cette histoire de mariage m'intrigue. Lorsque l'on voit la production de Nils Dardel, sans médire, on peut penser que l'hétérosexualité du peintre n'est pas une évidence. Surtout par exemple en voyant un portrait d'Hébertot, futur grand directeur de théatre et collectioneur de jeunes gens... Dans les articles très prude que l'on peut lire sur lui, on ne peut pas dire que l'on s'étende sur la bisexualité de cette célébrité suédoise. On admet tout juste qu'il fut l'amant de son mentor Rolf de Maré... D'autre part dans tout ce que je lis sur lui, il y a un grand blanc entre la fin des années 20 jusqu'à sa mort à New-York (si un lecteur peut compléter mon information il est le bien venu.).


 

Portrait de Jacques Hébertot, 1914

Portrait de Jacques Hébertot, 1914


Entre les années 1930 et la fin de sa vie, Nils Dardel se lie avec Edita Morris, une Suédoise dont il fera plusieurs portraits. La plupart de ses peintures à partir de 1930 sont des portraits de gens qu'il a rencontré lors de ses nombreux voyages. Von Dardel a mené une vie trépidante, parfois autodestructrice et itinérante.

Au moment du déclenchement de la seconde guerre mondiale, le Liljevalchs konsthall à Stockholm a monté une rétrospective de son œuvre. A partir de cet évènement Nils von Dardel connait une grande célébrité dans son pays.  Bien qu'il ait eu une réputation sans cesse grandissante en France, Dardel n'a pas obtenu la reconnaissance internationale jusqu'à cette grande rétrospective de son travail à Stockholm en 1939. Il meurt à New York en 1943 d'une crise cardiaque.

Une série de timbres a été publiée en Suède pour marquer le centenaire de Dardel en 1988.

 

Vattenfallet (la chute d’eau), 1921, toile sur panneau

chute d'eau, 1921

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Les œuvres de Nils Dardel sont exposées dans divers musées à Stockholm, Göteborg, Malmö, Oslo et Hambourg. Son tableau le plus célèbre, "Le dandy mourant", a été vendu aux enchères en 1984 pour la somme de 3,4 millions de couronnes suédoises, à l'époque le prix le plus élevé jamais payé pour une œuvre d'un peintre suédois. Record battu en octobre 2012 où le tableau "Chute d'eau" vient d'être vendu pour 25 millions de couronnes (2,9 millions d'euros). 

 

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Le dandy agonisant, de Nils Dardel (1918)



J'ai découvert Nils Dardel par l'intermédiaire de son tableau qui semble le plus célèbre, le dandy agonisant lors de ma visite au Moderna Museet de Stockholm. Sur un guide de Stockholm je lis que Dardel peignit ce tableau la veille de son mariage et matérialise ainsi la fin de sa jeunesse... Ce tableau est avec l'Ecole de Platon (voir Masculin masculin, L'homme nu dans l'art de 1800 à aujourd'hui au Musée d'Orsay) le plus camp que je connaisse. Lorsque je l'ai découvert, il m'a immédiatement évoqué les si nombreux jeunes morts du SIDA. Dans un blog j'ai lu que pour un autre visiteurle jeune agonisant lui faisait penser à Dorian Gray. Mais ce dandy-ci semble aimé, comme en témoigne le soutien dont il est l'objet dans ses derniers instants...Dorian, lui, meurt seul. Le jeune homme est peut-être aimé mais, alors que tout le monde s'occupe de lui, le dandy agonisant n'est encore une fois, intéressé que par lui-même, se contemplant un dernier moment, alors qu'il n'a même plus la force de soulever son miroir...Etrange paradoxe.

Edouard Levé devait connaitre ce tableau, dans une photo de sa série "Le quotidien" de 2003 les personnages de la scène photographiée qui peut être interprétée comme une agonie sont disposés comme sur le tableau. Tout y est : la mort au centre, les personnages autour, tournés vers le défunt, tous debouts ou accroupis, tous avec un vêtement d'une couleur différente, le visage affligé mais sans larmes, le fond sombre... Le rapprochement est évident, l'idée est là, seuls quelques détails ont changé, comme si le dandy agonisant de Dardel avait été actualisé, reprenant vie pour re-mourir, en quelques sortes... Rappelons aussi que Edouard Levé s'est suicidé en octobre 2007...autre jeune mort. 

 

 

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Le dandy agonisant (première version)

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Nils von Dardel - The Return to the Playgrounds of Youth [1924] by Gandalf's Gallery

1924

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Nils Dardel, "Parisergata" (Parisian Street)

rue parisienne 1915

Nils Dardel, DANDYN

Nils Dardel, Den sönderslagna statyn II (The broken statue II)

1917

Nils Dardel, MOTIV FRÅN KONSTNÄRENS ATELJÉ, NYBROVIKEN

1918

Nils Dardel, ISADORA DUNCAN AND CLIVE BELL

Isadora Duncan et Clive Bell

Nils Dardel, Porträtt föreställande Jean Börlin

Nils Dardel, The shy little young girl

Nils Dardel, The dying dandy


Dandy med svärd By Nils Dardel
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