Néon à la Maison Rouge

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

 

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Heureusement qu'il y a des institutions privées pour programmer des expositions novatrices, comme le fait la Maison Rouge avec "Néon". Le plus surprenant c'est d'ailleurs que ce soit novateur car le néon a été inventé, un peu par hasard au début du XX ème siècle et a été utilisé dans l'art seulement dans les années 40 même s'il a fallut attendre 1960 pour qu'il s'y installe. Depuis il est de plus en plus présent.

L'exposition fait le tour de la question en une présentation à la fois ludique et pédagogique. A l'entrée chaque visiteur reçoit un petit carnet dans lequel chaque oeuvre est commentée et mise en perspective avec l'histoire de ce médium. Les oeuvres ne sont pas présentées par ordre chronologique, beaucoup sont récentes, mais par familles.

Après avoir salué un chat d'Alain Séchas, un familier des lieux et un des seuls artistes avec Bruce Nauman à vraiment utiliser le néon pour dessiner. On commence la visite par une série de pièces qui utilisent l'écriture pour des détournements de son origine, la création d'enseignes publicitaires lumineuses assemblages de dessins et de textes comme la pièce immédiatement ci-dessous due à Jean-Michel Alberola.  

 

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 Dans le patio une oeuvre discrètement féministe de Sylvie Fleury (ci-dessus)

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Art de Maurizio Nannucci 

    

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Le lustre palindrome de Cerith Wyn Evans avec un exemple de la poésie concrète de Ian Hamilton Finlay...

Avec l'utilisation du lettrage et des néons on peut dire que la lumière parle.    

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Sigalit Landau détourne des petits appareils de chauffage...    

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J'ai beaucoup appris avec l'installation de l'artiste américain Jason Rhoades qui en ce qui me concerne fut doublement éclairante puisque les lettres surplombant la table molle sur laquelle est un livre ouvert, désignent en néons de nombreuses couleurs les appellations du sexe féminin (qui comme vous vous en doutez si vous êtes un habitué de ce blog m'est assez étranger) en différentes langues sur des modes argotiques ou poétiques. Ces termes sont également consignés dans le livre mais on ne peut pas le feuilleter, il faut croire le cartel sur parole.

 

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Kendell Geers détourne, ci-dessus, les enseignes en néons, en donnant à son inscription un sens équivoque puisque selon si la première lettre est alumée ou non on lit Terror ou error...

 

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J'ai appelé cette oeuvre de Stephen Antonakos hommage à Malévitch...

 

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Ci-dessus Pierre Bismuth propose une belle relecture de l'abstraction géométrique par le néon.

 

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Une très belle pièce de Maitre Morellet dans laquelle il se joue de la géométrie. Pour Carlos Cruz-Diez ce ne sont pas les néons qui importent mais les espaces colorés qu'ils génèrent. Le visiteur se retrouve ainsi coloré de différentes façons... 

 

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C'est sans doute la galaxie signée Fontana que je ne m'attendais pas à trouver ici. Je ne savais pas que le champion de la toile lacérée avait été un pionnier de l'utilisation du néon en art lorsqu'entre 1940 et 1946, il était installé en Argentine. Il a réalisé des monochromes troués ou fendus derrière lesquels il installait des néon. La lumière arrivant au spectateur par les échancrures de la toile.

 

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Belle pièce de l'américain Dan Flavin, j'aurais aimé en voir plus, lui aussi un pionnier dans l'art du néon. Il se distingue par son utilisation de tube fluorescents industriel, achetés dans le commerce: leurs caractéristiques se trouvent en parfaite adéquation avec l'esthétique minimaliste dont il est un des grands représentants.

Martial Raysse utilise à la fois le néon de manière autonome ou comme ci-dessous l'incluant dans une composition. 

 

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La position, la distance du regardeur par rapport à une oeuvre ont une importance qui est rarement prise en compte. Elles sont essentielles en ce qui concerne celles de Piotr Kowalski qui invitent le spectateur à s'interroger sur la vision objective et les phénomènes d'illusion d'optique selon l'angle d'observation. Ici les flèches d'"identité n°1" semblent changer de position et de couleur selon l'endroit où l'on se place pour regarder l'oeuvre. 

 

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Comme dans la vie, l'érection dans cette pièce de Bruce Nauman est si fugitive que je n'ai pu malgré plusieurs tentative que photographier une bitte molle sans pouvoir la saisir dans un état intéressant...

 

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S'appuyant sur un jeu de miroirs, Ivan Navarro créé l'illusion d'un puit infini.

 

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Ifafa V de Bertrand Lavier cite une oeuvre de Frank Stella dont il fait une relecture remplaçant les plages colorées linéaires par des tubes de néon. L'artiste joue sur la notion d'auteur, l'oeuvre est à la fois un Stella et un Lavier...

 

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"Fumée blanche de Malphettes"

 

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Il faut saluer l'habileté de David Rosenberg, le commissaire de l'exposition qui a su presque toujours faire, en dépit des contraintes du lieu, faire dialoguer les oeuvres entre elles et comme les photographie sont apparemment autorisées, c'est un vrai plaisir de confronter certaines pièces entre elles.

 

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Les éclipse de Laurent Grasso

 

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L'astre en cage, installation poétique de Laurent Pernot

 

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This work should be turned off when i die, en français Cette oeuvre devra être éteinte lorsque je serais mort de Stefan Bruggeman pose plusieurs questions: est ce qu'une oeuvre en néons éteinte est toujours une oeuvre et si on éteint l'oeuvre l'artiste meurt-il?

 

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Fritz Panzer à transformé un néon en un objet fantôme avec du fil de fer. Je ne sais pas pourquoi mais le nom de l'artiste associé à l'oeuvre et à son matériau m'ont été désagréable...

 

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l'injonction de Claude Lévêque

 

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Paris, mars 2012

 

Dans l'oeuvre "Néon 0-90° avec rythmes d'éclairage interférents" de François Morellet, les néons sont programmés pour produire des configurations géométriques différentes, lorsqu'ils sont déclenchés par le spectateur en appuyant sur la pédale. Par ce mécanisme sont intégrés à l'oeuvre les principes de l'aléatoire.

La dernière salle est éprouvante pour les nerfs; d'ailleurs il n'y a pas de gardien, il ne résisterait pas longtemps. On y voit la vidéo sonore (O combien) " Averse" de Delphine Reist dans laquelle les tubes fluorescent d'une salle tombent et se brisent au sol, les uns après les autres, jusqu'à ce que la pièce soit plongée dans l'obscurité...

 

 

Un beau parcours d'une exposition qui en quelques oeuvres bien choisies épuise avec bonheur son sujet.

 

Nota: C'est un abus de langage d'appeler tous les tubes fluorescents néon seuls les rouges sont au néon, les jaune sont à l'hélium, les blanc au dioxyde de carbone, les violet à l'argon, les bleus sont au mélange d'argon et de mercure et pour les autres couleurs les tubes sont recouvert d'un élément coloré de la couleur désirée. 

 

Pour voir d'autres oeuvres de François Morellet sur le blog:  François Morellet au centre Pompidou

 

© Claude Leveque


 

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