Nagisa Oshima: Eros et Thanatos

Publié le par lesdiagonalesdutemps


"Sada erra autour de Tokyo pendant quatre jours la prise en main de la part de Kichi avait coupé de son corps. Ceux qui ont arrêté ont été surpris par le regard sur son visage rayonnant de bonheur. Le cas a choqué l'ensemble du Japon et de la compassion personnes ont fait d'elle une femme étrangement populaire. Ces événements se sont produits en 1936. " 


Censuré dans son propre pays jusqu'en 2001 "Empire des sens (Ai no corrida), réalisateur japonais Nagisa Oshima, reste l'un des films les plus controversés de tous les temps.Une représentation graphique du désir sexuel insatiable. film Oshima, fixé en 1936 et basé sur une histoire vraie, montre un homme et une femme (Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji), consommée par une passion autodestructrice, au milieu d'une époque marquée par de plus en plus l'impérialisme et davantage de contrôle gouvernemental. Traversé par certains de porno dans une tentative de diminuer leur valeur, plus un morceau courageux de la critique politique. "Le Royaume des Sens" est une étape courageuse brise-tabou. 



Pour comprendre l'oeuvre d'Oshima on doit commencer à partir de la connaissance de ce qu'elle signifiait, pour une génération qui a connu et souffert de l'humiliation nationale après l'armistice de la Seconde Guerre mondiale. Ce contexte l'a incité à se battre pour l'affirmation de soi et par ce biais d'établir un esprit d'opposition à la soumission du Japon. Le nouveau cinéma japonais d'après guerre, a été marqué aussi par le désir de transgression, cette fois en opposition avec le caporalisme qui régnait dans le Japon militariste des années trente. Dans le cas d'Oshima s'ajoute à ce lourd contexte son obsession pour le sexe et la violence qu'il voyait comme une forme de protestation et une affirmation de la liberté. Ce qu'il traduisait par ces mots: "La notion d'obscénité est testé Lorsque nous osons regarder quelque chose que nous désirons voir mais qu'il nous est interdit de regarder. Lorsque nous sentons que tout a été révélé, la notion d'obscénité disparaît."  



Dans "L'empire des sens" nous assistons, fasciné et inquiet, du récit sans aucune inhibition de la passion effrénée entre ses protagonistes, une femme de chambre quelque peu prostituée, Sada Abe (Eiko Matsuda) et son maître (Tatsuya Fuji) Kichi. Une promenade entre les impulsions générées à la fois par Eros (l'amour) et Thanatos (la mort) qui dépasse toutes les limites d'une relation sexuelle "normale", pour entrer dans un monde étrange de soumission et étrangers à toute règle morale. À chaque nouvelle situation érotique nous sentons que nous nous approchons de la chute finale. 
"L'Empire de la Passion" (1978) qui suivra qui est une sorte de suite apaisée de "L'empire des sens" fut un film moins controversé que ce dernier et valut au cinéaste la Palme d'Or au Festival de Cannes. 


En 1983 "Merry Christmas Mr. Lawrence." est un film extraordinaire à plus d'un titre ne serait ce que parce qu'il est une co-production anglo-japonaise, ce qui n'est pas banal en regard du thème du film, les relation sado masochiste entre le directeur d'un camps de prisonnier et l'un de ses détenus. Ces deux premiers rôles étaient joués par deux stars internationales mais qui n'appartenaient pas au monde du cinéma mais de la musique Ryuichi Sakamoto et David Bowie. La distribution était complété par un humoriste japonais très populaire dans son pays par ses émissions à la télévision japonaise, Takeshi Kitano, qui par ce film fut révélé au public international qui depuis est devenu la star que l'on connait à la fois comme acteur et metteur en scène. 




Le film est basé sur le roman "La Graine et le semeur" de l'écrivain hollandais Laurence Van Der Post. La musique est composée par Sakamoto. Outre le thème central, il raconte la relation complexe qui existe entre les deux officiers britanniques, le lieutenant-colonel John Lawrence (Tom Conti), tout à fait extraordinaire et trop souvent oublié lorsque l'on parle du film. John Lawrence maîtrise la langue japonaise, il est le médiateur naturel et une sorte de guérillero, récemment capturé, le major Jack Celliers (David Bowie). Les rapports sont aussi difficiles dans ce camp de prisonniers japonais entre les gardes et leur commandant, le méticuleux capitaine Yonoi (Ryuichi Sakamoto). Ce dernier va bientôt développer une obsession irrésistible, frustrés et homoérotiques envers le blond commandant Celliers, que le sergent Hara (Takeshi Kitano) tentent de briser, par tous les moyens. L'instinct de survie devient un champ de bataille où nous assistons à l'affrontement entre deux philosophies de la vie. 


La décennie suivante voit la sortie de "Max, Mon Amour" avec un casting entièrement européen, film dont j'ai eu la chance d'assister le tournage de la scène qui se déroule au zoo de Vincennes. Oshima est victime en 1996 d'un accident vasculaire cérébral qui le contraint drastiquement à réduire son travail. Il fait son retour à la mise en scène en 1999 avec Tabou (Gohatto), le récit de la vie dans une école de formation des samouraïs au cours de la Bakumatsu (la dernière période  du shogunat) au milieu du XIXe siècle. Le scénario se base sur les nouvelles "Maegamino Sozaburo" et "Sanjogawara Ranjin" de "Shinsengumi Keppuroku" de Ryotaro Shiba. Le film met l'accent sur l'homosexualité dans la tradition Shudo. Dans l'environnement partiellement clos de cette école de samourais dans lequel l'apparition de Kano Sozaburo un jeune homme beau et féminin (joué par Ryuhei Matsuda) libère les tensions qui vont conduire au drame. 




La violence et le sexe dans le film sont emblématiques de l'oeuvre d'Oshima. Tabou termine d'une manière exemplaire la carrière du réalisateur.

Information +: 

http://www.sensesofcinema.com/2004/great-directors/oshima/ 
http://www.criterion.com/explore/83-nagisa-oshima

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