Michael Triegel

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Michael Triegel

Né en 1968 à Erfurt (Thuringe), Michael Triegel s'inscrit en 1990 à la HGB dans la classe de peinture du professeur Arno Rink pour perfectionner son art. Il obtient son diplôme en 1995 et décide de poursuivre sa formation dans la classe professionnelle encadrée par le professeur Ulrich Hachulla dont il sort en 1998 avec son Meisterschülerdiplom en poche. Depuis 1996, Michael Triegel expose régulièrement ses peintures aux Etats-Unis, de Bad Frankenhausen à Chicago, belle ascension récompensée par différents prix: lauréat du Deutschen Kunstpreis (1996), lauréat des VR Banken (1996/97), Prix de la DRAGOCO AG (1998), Helen-Abbott-Förderpreis für bildende Kunst (1999). Ses œuvres font maintenant partie de plusieurs collections privées aussi prestigieuses que celles du designer allemand Wolfgang Joop, de l'artiste Yoko Ono ou de Samuel Sachs II, directeur de la collection Frick de New York.

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 Flora 2007

Harmonia Mundi Deckengemaelde fuer die Dommusik Wuerzburg

Verwandlung der Goetter 2010

Ecce Homo, 2008

Le travail pictural de Michael Triegel bénéficie d'une maîtrise technique digne des maîtres anciens associée à un langage formel élégant et éloquent. Ses paysages, souvent exécutés en chemin lors d'un voyage et à l'aquarelle, sont ensuite retravaillés en atelier et témoignent de son grand art. Les allusions allégoriques, mythologiques et christologiques, les attitudes, les compositions et les effets de lumière témoignent d'une connaissance approfondie de l'histoire de l'art - du Moyen Age à la Renaissance, de la peinture caravagesque au surréalisme. Ces caractéristiques de l'art de Triegel peuvent surprendre aujourd'hui, car devenues rares dans un contexte artistique dominé par l'abstraction et des installations conceptuelles. Pour Triegel, ce ne sont là que des métaphores, dont le symbolisme demeure vivant. Ces archétypes permettent à l'artiste de questionner le monde actuel. En effet, une observation détaillée de l'iconographie permet de déceler des anachronismes évidents. Seuls quelques détails révèlent que les tableaux ne sont pas des œuvres anciennes, mais bien des toiles contemporaines: un vêtement moderne (bonnet de fourrure, fermeture éclair), une connaissance scientifique du corps (fœtus), un changement insolite (des objets menaçants se muent en objets pacifiques: couteaux transformés en poissons, flèches en fleurs ; la bougie classique est remplacée par une bougie à chauffe-plat ; à l'homme se substitue un mannequin en bois articulé)... Ces anachronismes sont propices à l'ambiguïté, voire au doute, et chambardent le mythe " ancien ", la pensée " chrétienne ", le passé et le présent, tout en posant des questions existentielles, critiquant certains acquis et s'affichant comme des provocations. Dans ses nombreux autoportraits, Triegel - en adoptant des poses inspirées de tableaux célèbres de l'histoire de l'art - s'interroge aussi sur le rôle de l'artiste en général et son propre destin. 
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Comme celles de ses professeurs, les toiles de Triegel montrent des points communs avec les artistes de la " Neue Sachlichkeit " (nouvelle objectivité), notamment certaines œuvres d'Otto Dix où l'on discerne des thèmes inspirés de tableaux religieux du XVe-XVIe siècles mais modernisés pour prendre en compte l'histoire contemporaine.
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En EsperanceEn Esperance

Self-Portrait With ElisabethSelf-Portrait With Elisabeth

Portrait Of Elisabeth (2011)Portrait Of Elisabeth

Transformation Of The GodsTransformation Of The Gods

Allegory Of Good GovernmentAllegory Of Good Government

Michael Triegel: «Narziss», 1999/2000. Acryl, Öl auf Leinwand (120×75 cm).

 

Portrait Kerstin, 2012, by Michael Triegel 
 
Sous les allures d'un maître de la Renaissance ou d'un peintre romantique, Michael Triegel délivre des messages qui restent volontairement énigmatiques. Le réagencement des parties de son habile puzzle ne donne pas la solution du rébus. La modernité déguisée de ces tableaux vêtus d'un bel habit ancien s'adresse bien au spectateur contemporain. Elle traduit notre actualité comme le vécu des jeunes artistes après la chute du mur. Triegel analyse, tel un psychologue, un monde chamboulé par les soubresauts d'une époque pleine de changements. Ses croyances ébranlées, l'homme reste seul avec ses espoirs et ses angoisses, tentative métaphysique et ontologique de comprendre ce monde confronté inébranlablement aux mêmes joies et souffrances (la mort, la naissance, le bonheur, la trahison, l'amour, la solitude). L'art de Triegel : un monde moderne fait d'archétypes peints à la bella maniera. 
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Alcib 07/09/2013 10:07

Merci de me faire découvrir cette artiste et son oeuvre. J'aime beaucoup ce qu'il fait. Je vais ragrder cela plus attentivement.
D'ailleurs, ce blogue est une excellente école ; sa lecture devrait être recommandée par le ministère de l'Éducation de chaque pays le moindrement développé. Même si tout le monde n'approuverait
pas ce qu'il pourrait y trouver, chacun en retirerait quelque chose, ne serait-ce que la connaissance de ce qui existe autour d'eux.

lesdiagonalesdutemps 07/09/2013 10:39



merci beaucoup pour cet éloge. Mais je ne risque pas d'être recommandé par quiconque sinon vous lecteur donc n'hésitez pas à me faire de la publicité.



Jean-Yves Alt 07/09/2013 08:53

Merci pour cette découverte.