Masculin masculin, L'homme nu dans l'art de 1800 à aujourd'hui au Musée d'Orsay

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Si vous voulez vraiment voir le nu masculin dans l'art, inutile de vous rendre à Orsay, pérégrinez sur mon blog et vous rencontrerez presque tous les artistes présents à Orsay et beaucoup d'autres dont vous pourrez voir beaucoup plus d'oeuvres et cela sans piétiner de longues minutes dans une dense file d'attente. L'achat à l'avance du billet d'entrée est indispensable, si vraiment vous ne voulez pas suivre mon conseil et rester bien au chaud à surfer sur mes diagonales. Lors de ma visite, un samedi, une suave voix annonçait à 16 heure 30 que plus aucun billet ne serait vendu ce jour pour l'exposition. Comme quoi quelques fessiers mâles et quelques bites, que l'on pourrait qualifier de micro pénis pour la plupart, même pas en érection, sauf une dans "L'origine de  la guerre en fait l'origine du monde" de Courbet revisité par Orlan et rebaptisé "L'origine de la guerre" (à ce propos, lors d'une péroraison dont il a le secret, Jean-Christophe Bouvet m'a un jour annoncé qu'il avait été le modèle de l'oeuvre en question. Je n'ai pas vérifié la véracité de ses propos) suffisent à déplacer la grande foule...

 

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L'origine de la guerre, Orlan


Je plaisante, bien sûr, car rien ne remplace le face à face avec des originaux. Surtout qu'ils sont ici, certes accrochés au petit bonheur la chance, j'y reviendrais, mais bien éclairés. D'autant que c'est je crois la première fois qu'en France on peut voir des toiles par exemple de Paul Cadmus, deux... Et puis, ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir dans un musée français une sculpture d'Arno Breker. Ce qui a scandalisé, Philippe Dagen, le critique du monde qui ne s'est pourtant pas offusqué de la présence d'oeuvres de David, membre du comité de salut public lors de la révolution française, comité qui a raccourcit quelques ci-devants de manière expéditive. Le brave David était, je le rappelle un chaud partisan de Robespierre avant d'être un grand admirateur et serviteur de ce grand humaniste que fut Napoléon (sur le sujet voir mon billet sur l'admirable bande-dessinée qu'est  Le ciel au dessus du Louvre » d'Yslaire et de Jean-Claude Carrière. En lisant l'album on pourra constater que l'hétérosexualité de David est moins indiscutable que ce que suggère dans le catalogue Guy Cogeval, commissaire de l'exposition. Il s'avance également sur l'orthodoxie sexuelle de Girodet ce qui est pour le moins sujet à débats. On peut voir sur ce peintre mon billet: Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson)... Passons et revenons à nos affriolantes académies.

 


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Girodet

 

Déjà dés que l'on entre dans l'exposition le sous titre de l'exposition pose problème (le titre masculin masculin, lui ne veut rien dire!) en effet cela commence par des tableaux antérieur à 1800, sans qu'on en voit la raison. Ensuite on se rend compte que de nombreuses toiles ne représentent pas des hommes nus, peu habillé pour la plupart, mais pas nu, messieurs les commissaire c'est à poil, allez dans un camp naturiste et vous comprendrez ce que nu veut dire, vous ne serez pas autorisé à garder le moindre petit ruban pour cacher votre minuscule virilité. Encore une exposition affublée d'un titre pour apater le chaland. Mais aussi pour dissimuler le véritable enjeu de l'exposition montrer l'homo-érotisme dans l'art car un titre faisant allusion à l'homosexualité est impossible dans le contexte politique actuel.

 

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 Jacques-Louis David Académie d'homme, dit Patrocle

 

Jean Jules Antoine Lecomte du Noüy: Mort pour la Patrie (Salon de 1892 – Angers)

Jean Jules Antoine Lecomte du Noüy:

  

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ci-dessus les deux Cadmus de l'exposition

Pour retrouver Paul Cadmus sur le blog: Paul Cadmus (1904-1999) 1,  Paul Cadmus 2,  Paul Cadmus 3,  Paul Cadmus et Jared French. PaJaMa

et d'autres peintres américains modernes que l'on peut envisager comme faisant de l'"art gay:  Cody Ferguson,  James Childs,  Mark Beard (Bruce Sargeant 1898-1938),  cover boy par Paul Richmond,  Cornelius McCarthy (2),  Ron GriswoldDeborah Poynton,  Jonathan Reid Sévigny,  Philip Gladstone,  Paul Cadmus (1904-1999) 1,  Paul Cadmus 2,  Paul Cadmus 3,  Brian Kenny,  Matthew Cusick,  Alan Macdonald,  Will McBride,  Gio Black Peter,  SECRET HEROES par BRIAN KENNY,  Harry Bush,  Stanford Kay,  Edward BurraJack Cowan,  André Durand,  Wes Hempel,  Daniel Barkley,  Rick Herold (1941),  Kent Williams,  John Legrand (1916-2005),  Ryan Martin (2),  Patrick Angus (1953-1992) édition augmentée,  Steven Clayton Corry (2012)Steven Clayton Corry (2),  Michael Bergt,  Don Gene Bell (1926-1989),  Don Emerson Wight (1924-1999) ,  Don Emerson Wight (1924-1999) 2Claude Buck 1890-1972Don BachardySaul BolasniBernard PerlinWalter SluempfigWalter Sluempfig (2)Pavel Tchelitchew ou Tchelitchev (réédition complétée) Andrey Avinoff (réédition complétée)Otho Cushing (1871-1942)           

 

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La sculpture d'Arno Breker, à proximité on aperçoit les sportifs (Epaulé jeté à deux bras, 1913) de Jansson et l'Achille de Pierre et Gilles


 

 

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derrière le Breker, un Bourdelle très laid, un monument aux morts de la guerre de 70, faut-!i y voir une allusion, un trait d'humour des organisateurs?

 

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Arno Breker, la vie active, 1939

sur Arno Breker on peut aller voir  Pour se souvenir d'Arno Breker


Et là réside un des principaux problèmes de cette exposition: c'est que les nus présentés ne sont guère affriolants. Les organisateurs, visiblement tremblants de trouille qu'un fondamentaliste d'une quelconque superstition les traine en justice pour atteinte à la morale ou même aille jusqu' à détruire une oeuvre, ce qui en plus de ruiner le musée quand on sait le prix des assurance,  l'empêcherait à l'avenir d'obtenir des prêts des autres institution, ont fait preuve d'une autocensure qui va jusqu'au ridicule lorsqu'il présente une photo de Gloeden... représentant un modèle habillé et une image de Pluchow avec deux personnage dont l'adolescence est bien lointaine alors que ce photographe n'a pris pour modèle presque exclusivement que des adolescents....

Puisque j'en suis à la photographie, en raison de la place impartie à l'exposition était-ce une bonne idée d'adjoindre ce médium à la peinture et à la sculpture. On peut légitimement se poser la question surtout que les clichés sont répartis dans toutes les salles. Malgré les inévitables oublis, mais néanmoins regrettable comme celui de Bruce weber, on ne peut que constater l'excellence du choix des photographes et parfois de l'audace dans les images qui les représentent en particulier pour Sir Cecil Beaton (1904-1980) et Raymond Voinquel , avec pour ce dernier, l'image à mon avis la plus érotique de Masculin Masculin.  


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Avedon, photographie de la factory d'Andy Warhol

 

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Cecil Beaton photographie de Johnny Weissmuller

 


<< Il est facile de reconnaitre derrière les authentiques Albino ou Rosario, Saverio et Osvaldo, à la fois les dieux de l'Olympe et jeunes ragazzi di vita (prostitués), champion d'une bisexualité méditerranéenne aujourd'hui oubliée, qui trouva dans la mythologie du mâle fasciste le dernier miroir devant lequel s'admirer à l'infini.>> - Alberto Arbasino - F.M.R., 1984

 

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Pour retrouver le Foro Italico sur le blog:  Le Foro ItalicoHockeyeur au foro italicoLes mosaiques du foro Italico ,  Foro Italico à Rome,  Rome, Foro Italico (2),    Foro Italico d'hier et d'aujourd'hui, Rome 

 

La peur de montrer des adolescents pouvant déclencher la concupiscence de certains visiteurs a conduit les organisateur à éliminer de leur sélection un peintre aussi important sur le thème que Tuke qui pourtant est cité dans le catalogue beaucoup moins prude que l'accrochage. A moins que ce soit une totale ignorance de la peinture anglaise hormis les incontournables que sont Bacon, Hockney et Freud. Ainsi sont absent deux artistes anglais majeurs dans la représentation du masculin dans la peinture du XX ème siècle que sont Duncan Grant et Vaughan. Encore plus incompréhensible l'oubli de Gilbert et George spécialiste du sujet et en outre stars internationales de l'art contemporain. Faut-il voir dans cette absence, comme dans celle de Keith Haring une frilosité, non cette fois d'ordre morale, mais politique...

Si les organisateurs méconnaissent la peinture anglaise dont la représentation du corp masculin a été un des thèmes principaux durant le XX ème siècle, je les invite à voyager sur le présent blog en cliquant sur les intitulés ci dessous:

 

Billets du blog à propos de la peinture anglaise du XX ème siècle qui a souvent regardé du coté des garçons:

 

Ralph Nicholas Chubb ,  Glyn Warren Philpot (1884-1937) , Duncan Grant (1885-1978) , JOHN MINTON,  Les garçons de Lucian Freud,  Lucian Freud 1922 - 2011,  Oliver Frey, alias Zack,  pour se souvenir de Bacon à la Tate Britain en 2008,   Henry Scott Tuke (réédition complétée)Philip Whichelo (1905-1989) Study of a Nude Boy,  Keith Vaughan (1912-1977)Albert Wainwright,  Francis Campbell Boileau Cadell (Ecosse, 1883-1937),  JOHN MINTONPeter Samuelson (1912 - 1996), réédition complétée ,  Christopher ’’Kit’’ Wood,  Edward Burra (1905-1976)David Hockney au musée Guggenheim de BilbaoLes polaroids "joiners" de David Hockney,  David Hockney chez Claude Bernard, il y a si longtemps,  Michael Ayrton (réédition actualisée) , William Bruce Ellis Ranken (1881-1941),  S. J. Peploe, Boy reading, 1920,  Robert Sivell, bathers,  Paul AllamCovan Corrigan,  Sylvia Sleigh (1916-2010)Bernard Fleetwood-Walker (1893 – 1965)Boy par Lucian FreudLucian Freud photographié par David Dawson
   
A ces britanniques il ne me semble pas abusif d'y ajouter les peintres   australiens Ross Watson  George W. Thomas Lambert et  Donald Friend (1915 -1989)  ainsi que les sud-africains Philip Swarbrick et Evan Oberholster  

 

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en bas à droite, une toile de Lucian Freud

 

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à gauche l'autoportrait de Richard Gerstl, 1905, à droite, une toile de Lucian Freud, au centre l'âge d'airain de Rodin

 


 

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L'âge d'airain de Rodin


 

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un beau triptyque de Bacon en arrière plan de  la sculpture de Just Becquet, L'abîme (1901)

 

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Bacon

 

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au premier plan une piscine (bain de soleil, 1966) de David Hockney

 
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Egon Shiele, autoportrait, 1910

 

 

Comme il fallait s'y attendre le style néo classique est bien représenté avec Fabre, Delaunay, François-Joseph Heim, Jean-Baptiste Frédéric Desmarais, Hippolyte Flandrin, Camille-Félix Bellanger, François-Léon Bénouville avec sa colère d'Achille qui fait réagir Charles Dantzig qui trouve que le héro a l'air stupéfait de se voir un si petit zizi, Pierre Narcisse Guérin, Girodet, un seul tableau, ce qui n'est pas beaucoup pour ce grand amoureux du corps masculin et plus original et fort à propos le danois Abildgaard.


 

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La colère d'Achille, François Léon Bénouville

 

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Hippolyte Flandrin

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von Gloeden, en hommage à Flandrin  


 

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 N.A. Abildgaard Pholoctète
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Jules-Elie Delaunay David triomphant
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François-Joseph Heim Thésée vainqueur du Minotaure

 

«Abel», de Camille-Félix Bellanger, datant de 1874-75, oeuvre exposée à «Masculin/Masculin. L'homme nu», au Musée d'Orsay.

Camille Felix Bellanger ''Abel''


Il n'y a pas grand chose à dire du choix des sculpture tant celui-ci qui n'est pas plus mauvais qu'un autre qui aurait pu être entièrement différent et pas meilleur pour cela. Il suffit pour s'en assurer en sortant de l'exposition d'admirer le spectacle des statues d'éphèbes du XIX ème siècle qui s'offre à nos yeux. On peut tout de même s'étonner de l'absence de Canova.     


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au premier plan la sculpture d' Henri Greber ''Coup de grisou'', en fond derrière notamment un joli garçon, "Etude pour la mort d'Abel" de Wiley    

 

 

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Mercure inventant le caducée, 1848de Jean Antoine Marie Idrac avec au fond le triptyque Ganymède de Pierre et Gilles        

 

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Mercure inventant le caducée, 1848de Jean Antoine Marie Idrac    

 

 

Masculin / Masculin

Roland furieux de Jehan Duseigneur, 1867, derrière: L'ange déchu de Cabanel, 1847

 

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Roland furieux de Jehan Duseigneur, 1867, derrière: L'ange déchu de Cabanel, 1847

 

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Antonin Mercié, David, 1872 et à l'arrière plan Les tireurs à l'arc de Georges Desvallières, 1895

 

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au premier plan la sculpture de Just Becquet, L'abîme (1901), derrière Ixion précipité dans les enfers de Jules Elie Delaunay

 

En ce qui me concerne le seul artiste que j'ai découvert, et une des seuls audaces de l'exposition est Kehinde Wiley, un jeune artiste afro-américain qui peint des afro-américains. La présence de ce talentueux jeune peintre fait naitre en moi une interrogation: pourquoi si peu d'artistes vivant, de mémoire, je ne dénombre dans cette catégorie que Wiley, Pierre et Gille, Orlan, David Lachapelle et peut être un ou deux autres qui aurait échappé à mon attention. C'est tout de même très peu et ce n'est pas leur manquer de respect qu'à part Wiley, il ne peuvent pas concourir dans la catégorie des jeunes artiste... Je trouve que des peintres comme Hernan Bas et Norbert Bisky aurait eu toute leur place dans cette exposition.

L'heureuse présence de Wiley met encore plus en évidence l'absence d'autres peintres contemporains américains alors que d'une part la représentation de l'humain est revenu au centre de la pratique de la plupart des peintres américains et que d'autre part la thématique gay est de plus en plus répendue, ce qui donne des tableaux souvent allant du convenu au pire kitsch mais qui peut aussi aboutir à une peinture pleine d'énergie et novatrice comme celle de Gio Black Peter alors que d'autre font des embardée du coté du surréalisme.

 

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Kehinde Wiley, Ecce homo, 2009
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Immédiatement ci-dessous, ce qui est peut être la seule oeuvre vraiment dérangeante de l'exposition, ce qui montre bien la frilosité du commissaire. Il s'agit de la sculpture de Ron Mueck représentant nu, et à echelle réduite, son père mort.


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la sculpture de Ron Mueck devant le Bouguereau, bel

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Bouguereau, l'égalité devant la mort ( 1848)

 

Il aurait été inimaginable d'envisager une exposition sur le nu masculin sans qu'il y ait des représentations de Saint Sébastien. - << Avant la Renaissance, il n'y avait eu que l'invention de saint Sébastien pour que l'on ait le droit de représenter des hommes nus. Un corps d'homme souffrant. La flèche justifiait la peau. Saint Sébastien est devenu pour longtemps le symbole des gays, il n'était pas facile de l'être. (Que nos seules représentations nus aient été celles d'un martyr percé d'une flèche, était aussi une forme d'humour.) - Charles Dantzig - . On y trouve même celui de Guido Reni, pourtant peint avant 1800.. Est ce parce que c'est en découvrant cette toile que le narrateur de Confession d'un masque, le roman de Mishima a sa première éjaculation?

 

Guido Reni (1575–1642), Italy, Saint Sebastian, about 1617–21, oil on canvas. Gift of James Tannock Mackelvie, 1882.

saint Sébastien, Guido Reni

<< nul hasard si la peinture et la sculpture refont de l'homme leur pivot à la renaissance, après la très longue parenthèse chrétienne: source explicite de la pensée rationnelle, le corps viril redevient l'origine de toutes formation artistique. Il dit le besoin des créateurs de se rattacher à la grande histoire hellène, d'imiter en quelque sorte l'inimitable. Pilier de l'enseignement académique, il confirme l'éternelle vigueur des principes antiques, l'éclatante actualité de ses canons.>> - Claude Arnaud
 

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 Angel Zarraga ''Le martyre de Saint Sébastien''
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On ne voit guère à Orsay que la nudité de l'homme blanc, on peut soupçonner le Saint Sébastien du mexicain Zarraga d'être métisse mais on ne voit dans tout l'accrochage que Wiley  pour représenter l'altérité à l'occident et encore il est afro américain. Le catalogue contient une photo du japonais Shinoyama montrant Mishima jouant le martyre de saint Sébastien mais on ne la retrouve pas dans l'exposition.


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Paul Cézanne ''Baigneurs''
 La version ci-dessus du tableau de Cézanne sur les "Baigneurs" n'est pas celle qui est présente à l'expo.

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Pablo Picasso '' Les adolescents''
 


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au premier plan un tableau de Munch, au centre les baigneurs de Cezanne au fond Pierre Bazille ''Pécheur à l'épervier'

 

Une des bonnes idées des organisateurs est d'avoir montré à coté d'icônes de la culture gay, comme les tableaux de Girodet et de Broc et des travaux d'artistes estampillés gays tels Cadmus ou Pierre et Gilles que les plus grands artistes se sont aussi confronté à la représentation de la nudité masculine. On voit donc des incursions dans ce domaine de Picasso, Munch, Cezanne...


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Jean Delville ''L'Ecole de Platon''  

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Jean Delville ''L'Ecole de Platon''  (détail)

 


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Henri Camille Danger ''Fléau''

 

Je profite de ce billet pour dénoncer un péché recurrent de nos institutions muséales et en particulier du Centre Pompidou (les remarques qui vont suivre sont également valables pour l'actuelle exposition Braque qui ce déroule actuellement dans ce musée) et du musée d'Orsay, celui de nourrir leurs expositions thématiques d'oeuvres qu'elles hébergent tout au long de l'année et que l'on peut voir habituellement sans la chalandise rameutée par le bruissement médiatique que provoque chaque exposition. Autre variante de cette facilité, celle d'aller chercher des oeuvres à quelques pâtés de maisons du lieu d'exposition. Question semble-t-il de faire changer d'air aux tableaux. Ainsi quel besoin y avait-il de déplacer plusieurs oeuvres de Gustave Moreau, que l'on peut admirer toute l'année à quelques encablures d'Orsay, dans le beau musée qui est dévolu à cet artiste. Un tableau de Moreau aurait suffit pour signaler son intérêt quant à la représentation de la nudité masculine. Néanmoins on ne va pas bouder son plaisir de voir enfin bien éclairé cette "Ecole de Platon", la plus belle collection de follasses comestibles que la peinture puisse proposer (si vous connaissez chers lecteurs mieux ou pire, s'il vous plait ne me laissez pas dans l'ignorance.). En revanche on aurait pu se passer de cet autre curiosité picturale qu'est "Fléau" d'Henri Camille Danger. La tableau a été récemment acheté par le musée d'Orsay, espérons que le musée ne l'ait pas payé cher...

 

 

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Gustave Moreau ''Jason et Médée''

 

News: Von Wien nach Paris: Nackte Männer im Musée d'Orsay

David et Jonathan de Pierre et Gilles à coté d'un Gustave Moreau

 

L'incohérence de l'accrochage n'est que le résultat du manque de courage pour affirmer ce que voulait être l'exposition qui aurait du s'intituler "désirs d'homme", sans la pusillanimité de l'organisation. On voit bien que c'est vers une mise en évidence de l'homo-érotisme que tend toute cette manifestation. Un peu plus de courage vis à vis des contingences du temps aurait rendu son message plus clair et surtout plus cohérent.


 

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Pierre et Gilles, Mercure

 

Le catalogue est beaucoup plus audacieux que l'exposition elle même, ce qui n'est pas bien difficile. On y trouve comme on peut s'y attendre les reproductions , très bien imprimées de la quasi totalité des oeuvres exposées plus quelques une un peu plus "salées" que celles présentées sur les cimaises, mais surtout un choix de textes très stimulants. Charles Dantzig, qui en profite curieusement pour faire sa sortie du placard, signe un papier où il recherche le corps masculin dans la littérature de celle de la grèce antique à celles d'aujourd'hui, sans véritablement la trouver. Le commissaire de l'exposition dans son article le surmâle, laisse entrevoir ce qu'aurait pu être "Masculin masculin" s'il avait été plus libre...
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Pierre et Gilles, Ganymède, triptyque, 2001, Collection François Pinault


Toujours dans cet indispensable catalogue on trouve une interview de Pierre et Gilles (qu'il n'est pas interdit de trouver sur représenté dans l'exposition, même si on les aime bien. Il aurait été judicieux de prendre comme contrainte, un artiste, une oeuvre) par Cogeval. Pierre dit quelque chose de très juste: << Il y a de plus en plus de représentations masculines partout. En même temps, les gens sont peut-être redevenus plus pudibonds, mais en tout cas, ils acceptent de voir des hommes nus... C'est une drôle d'époque: on accepte plus et, à la fois, on a jamais eu autant peur de la nudité. Dans les années 1970, la nudité était une libération, une évolution tandis qu'aujourd'hui, les jeunes s'en méfient, notamment à cause d'internet. Quand on est dans le domaine de l'art c'est différent, et cela l'a toujours été, mais le rapport à la nudité a changé par comparaison avec notre jeunesse. Les jeunes de maintenant s'interrogent d'avantage, alors que tout est disponible sur la toile en une fraction de seconde, quant à la protection de leur intimité...>>.


thisblueboy: Georges-Paul Leroux (Freench, 1877-1957), The Bathers in Tiber, Rome
George Paul Leroux, les baigneurs du Tibre, 1909


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Pierre Bazille ''Pécheur à l'épervier''
 

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Alexandre Falguière ''Lutteurs''


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L'atlas de Karl Sterrer à coté de la statue de Bourdelle    

 

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<< De la part de Deineka, peintre des gymnastes, des stakhanovistes de l'effort physique, de l'Homme Nouveau" des années 30, en bref une telle mise en scène de la camaraderie sous les douches et du pouvoir d'attraction des corps, dans une composition extraordinairement construite, ne se conçoit que par l'existence d'une sous culture gay étouffée.>> Guy Cogeval     

 

Pour résumer, une exposition a voir car elle permet d'admirer des oeuvres d'artistes comme Paul Cadmus ou Deineka jusque là jamais montrées en France, mais qui met en évidence que l'art, comme la société est otage d'un quarteron de curés et de rabbins sans oublié une foule de plus en plus obèse de fatmas et une escouade de bas bleus...

   

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Alfred Courme    

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xristophe 22/01/2014 19:38

Vite ! Espérant ne pas dépasser la dose décente en paroles trop "perso" - en réponse à la vôtre aimable et très intéressante, voici encore des compléments (!), qui pourraient corriger des
imperfections de clarté dans ce qui, flou, mal exprimé de par moi, pourrait prendre des airs de réflexion commune !

1/"Les gens". En parlant du public et de la gêne occasionnée, je ne pensais pas aux nuisances bruiteuses dans les musées - elles le sont oui, gênantes, au concert ou au cinéma ! Mais aux musées
c'est... le réel intérêt que "les gens", parfois, peuvent présenter, visuellement etc (!) qui parasite : rivalité, si l'on peut dire, du vivant avec l'art, perturbant la fragile concentration.
(Vous intégrez vous-même, presque rituellement, dans vos photos, ces fugitives présences quasi métonymiques pour "parler Barthes" - et d'ailleurs mal, et disons plutôt ces contiguïtés, en plus
parfois charmantes...)

2/Et je voulais dire en passant, que la musique "acousmatique", quasi dépourvue d'interprètes (un seul), souffre au contraire de se trouver dans une grande salle, toute seule face à un public
abondant (parfois), malgré l'expédient très artificiel de jeux dérisoires de "lumières" : car la musique en situation de concert a besoin, elle, de monde, d'interprètes "vivants".


3/Le Louvre et les restaurations. Il me semble qu'il y a peu, j'ai vu un Delacroix (La Liberté guidant...) honteusement crasseux et noir de "suie", et qui ne savait le pauvre où se mettre. (Ce
n'est pas mon Delacroix préféré). Maintenant, les restaurations peuvent êtres ratées, bien sûr - ou montrer que "le roi est nu" sans son suaire de crasse ? - ou révéler tout autre chose, qui fait
que l'on regrette une ancienne illusion - parfois titrée, glosée ! (La Ronde de Nuit ?).

Les "craquelures" aussi, très souvent, ont du charme - comme les pétillements des vieux disques de jazz, ou des premiers essais de la musique concrète... Cette fois-ci, c'est la vraie "patine" - du
temps.

4/Image/Réel - ce thème. Barthes en effet ("Il y a du Barthes là-dessous" : vous êtes très perspicace) m'a fourni, sinon l'alibi comme vous dites "théorique" (je ne l'ai pas à l'esprit en tout cas)
mais la contribution de sa sensibilité contagieuse, d'autant plus qu'accordée à la mienne, de toute éternité : parce que c'était lui, parce que c'était moi ! Mais à coup sûr la renforçant.

5/D'accord pour la peinture en vraie grandeur, surtout pour la peinture moderne et "matiériste" ("concrétiste" dirai-je encore). Et pour la sculpture. C'est vrai qu'un Soulages en reproduction, et
même sur votre blog, est un peu caricatural. Vous m'avez déjà expliqué cela très bien. Et même dans le cas de peintures "classiques" (je ne suis pas "systématique" dans mes avis) (plus jamais ça
!). Et par exemple : la méticulosité si délicate de Canaletto : révélation à part entière aux musées de (j'ai oublié les noms)...

Enfin - vous vous "appliquez" déjà il me semble très très bien, pour vos photos, qui sont bien sûr tout à fait exemplaires comme Images ès musées du Réel des peintures - avec ou sans contiguïtés !

lesdiagonalesdutemps 22/01/2014 21:32



J'ajouterais qu'il arrive que l'on soit seul dans une salle de musée cela m'est arrivée assez souvent même dans des grands musée comme celui du Vatican dans la partie réservée aux antiquités
romaines, à l'étage des vases antiques (où il y a des scènes assez chaudes mais il faut les trouver) au musée des antiquité d'Athène...


J'espère que l'on ne dépensera pas un centime pour nettoyer la lberté conduisant le peuple quand je pense qu'on avait presque réussi à le fourguer au chinois... non sans humour.



ismau 22/01/2014 17:10

Tout d'abord je viens de réécouter la Dispute, avec laquelle je vous avais trouvé beaucoup trop sévère :
http://www.franceculture.fr/emission-la-dispute-masculinmasculin-l-homme-nu-dans-l-art-de-1800-a-nos-jours-georges-braque-2013-1
Elle me semble en effet sur ce sujet particulièrement intéressante, et il faut vraiment l'écouter pour « revoir » cette exposition . A la radio évidemment, aucune matérialité visuelle,
même plus celle de la reproduction ! C'est pourtant parfois paradoxalement tout aussi efficace, pour l'imaginaire comme pour la réflexion .
Le début est à 38mn : avant c'est l'expo Braque , puis à 31mn Arielle Dombasle nous donne son avis sur l'expo d'Orsay : savoureux ! d'autant qu'elle nous dit quelques mots personnels de ses amis
Pierre et Gilles ... ce n'est pas long, et ensuite on passe au vif du sujet, avec des avis d'ailleurs tout à fait similaires à ceux de votre billet ( ce qui est aussi très bien c'est que la fameuse
ou fumeuse " Agaçante ", plutôt marrante à mon avis, n'est pas là ! )
Mais je ne suis pas d'accord avec Xristophe, évidemment, pour dénigrer Pierre et Gilles . Leur Ganymède restera toujours plus séduisant que celui de Rubens, pourtant beau morceau de peinture ! et
même si j'ai trouvé leurs tableaux trop nombreux ... j'aurais préféré par exemple moi aussi, justement parce que c'est extrêmement différent, et sans doute plus fort , la présence d'au moins un
Gilbert et Georges .
Le jeu de Pierre et Gilles avec le kitsch , n'est pas seulement celui de cartes postales surannées, mais celui de l'art et de ses références . Et il n'est pas que superficiel, il est aussi d'une
grande habileté . C'est justement en voyant l'oeuvre dans sa matérialité qu'on peut en juger . Moi qui n'en avais jamais vu qu'en reproduction, j'en ai été très frappée . D'abord, on devine et
apprécie un travail de peinture : ce ne sont plus des photos comme on le croyait en reproduction, mais des « tableaux » . Ensuite, il y a cette présence essentielle et volumineuse du
cadre très «  grande peinture académique » , démesurée par rapport à l'oeuvre . Et finalement, tout l'intérêt, chez eux, va naître il me semble, de ce décalage : entre la reproduction (
puisque travail au second degré) et la création d'une oeuvre contemporaine bien réelle ... entre le mièvre et le merveilleux, avec une délicieuse note d'ironie .
Voilà donc un exemple, parmi tant d'autres, qui justifie une visite, et un regard en direct , sans intermédiaire. Sinon on confond tout : l'image avec l'objet, la peinture d'illustration avec la
Peinture, la photo avec la reproduction et avec le tableau authentique . Tout est à même taille, tout est de même matière et de couleur approximative . Pour moi aussi donc " rien ne vaut de
voir les originaux ", bien sûr .
Mais ce n'est vraiment pas une évidence pour certains, dont je faisais d'ailleurs partie . Tant qu'on ne l'a pas éprouvé, à force d'apprentissage sur le terrain, ce plaisir du regard qui donne un
sens, est incompréhensible . C'était mon cas pendant longtemps : je préférais moi aussi les reproductions (et de loin les enregistrements aux concerts ), les reproductions qu'on s'approprie en les
affichant chez soi, ou en les "lisant"  accompagnées d'un texte .
Quant à être gêné par les autres, j'ai une anecdote qui paraît inventée, mais Non !
Il y avait peu de monde à Orsay quand j'ai visité l'exposition, c'était tranquille et agréable ... juste deux pipelettes d'un certain âge qui ne s'intéressaient pas du tout aux hommes nus dans
l'art ! Leur seul plaisir était de discuter sans cesse de leurs petites histoires, sans jamais aucun rapport avec ce qu'elles ne regardaient pas, parlant bien fort, en avançant d'une oeuvre à
l'autre . J'avais fini par prendre volontairement de la distance . Mais je les retrouve plus loin, assises sur un siège au milieu d'une salle . Et j'entends, surprise ! " Michel-Ange "
... cependant, la suite de la conversation, toujours aussi bruyante, m'a bien déçue, et révélé surtout un manque d'intérêt imperturbable pour l'objet supposé de leur visite : " Michel-Ange ", il ne
s'agissait pas de l'artiste, pourtant idéal pour le Sujet, mais de péripéties dans une station de métro !
Finalement, on peut aussi éprouver plaisir ou amusement, à écouter et observer parfois les autres visiteurs ...

lesdiagonalesdutemps 22/01/2014 21:22



Comme je suis d'accord avec vous je ne sais pas quoi dire sinon que les premiers Pierre et Gilles, imaginez vous que j'ai vu leur première exposition dans une petite galerie du coté de la
Samaritaine, n'avaientpas de grands cadres mais des cadres de rien du tout. Quel dommage que vous ayez raté leur grande rétrospective à Paris il y a quelques années.


Et puis cher Xhristophe il y a parfois dans les belles créatures dans les exposition qu'il est bien agréable de photographier en compagnie d'oeuvres...



xristophe 21/01/2014 22:18

Vous êtes gentil de regretter pour moi mon faux bond en chair et en os à cette expo "controversée" (comme disent les journalistes) ; mais je vais rarement voir de la peinture "en vraie grandeur" -
et en expo - et fus heureux de découvrir, grâce à ce blog, Cadmus, qui en effet (comme vous ne le dîtes pas) est tellement plus intéressant que Jules-et-Gilles... Je vais vous faire l'aveu d'une
perversion de plus (non par narcissisme exhibitionniste mais afin de - moins vain ! - enrichir éventuellement un répertoire nosologique - utile à tous): j'ai toujours préféré les "reproductions" de
tableaux aux tableaux eux-mêmes ! L' "image", en fait, de la peinture, à la peinture elle-même. Y verra-t-on l'effet d'un fétichisme invétéré ? En tout cas, consciemment, moi j'y vois de bien
claires raisons : en général pimpantes, "modernes" - les "images" débarrassent la peinture (au moins l'ancienne) de ses craquelures et autres défauts physiques - qui sont "du temps l'irréparable
outrage", surtout que, si souvent, on ne cherche même pas (et par exemple au Louvre, même...), semble-t-il à les réparer ! - et on les livre malhonnêtement avec leur crasse à nos yeux désolés comme
si c'était là une patine sui generis, précieuse et respectable ; quelle déception souvent devant "l'original" (si cher, en plus !!!)(je ne plaisante qu'à peine), à côté de l'admiration générée par
une carte postale d'un euro... (C'est pire que Marcel découvrant un bouton sur le nez de la vraie duchesse de Guermantes...)Et puis il y a de très belles et grandes reproductions... pas chères...
(Je n'ai jamais compris non plus les enchères fabuleuses, le prix fou des "originaux" exorbitants : là est le vrai fétichisme je crois ? - au moins, c'en est un autre...) Je reviens aux facsimile.
La peinture, sur écran, est particulièrement valorisée : blogs, émission Palette, avec ces merveilleux détails...) etc.
Une autre raison mienne de ne pas courir les musées est que dans un musée, je suis distrait sans cesse par le public ("les gens"...) qui fait une concurrence très forte à la peinture. Pouvoir,
prégnance injuste, du spectacle "vivant" ! (J'ai bien souffert, souvent, de ça aux concerts pourtant parfois bariolés (de lumières) de nos concerts de musiques acousmatiques.)
Enfin last but not least comme aveu scandaleux - archi-commun ou tératologique - je préfère très souvent me contenter de la... boutique ! (surtout si, en retard, il ne me reste pas assez de temps
pour "visiter") pour, me ruinant, me régaler plus tard tranquillement à la maison et pour l'éternité de mon exposition ratée !

lesdiagonalesdutemps 22/01/2014 07:35



Très amusant et éclairant commentaire pour ... votre psy


En ce qui concerne la répugnance "des gens" au concert, au musée sans oublier le théâtre repaire de cathareux et au cinéma réunion de hamster (le pop corn) c'est une question de concentration
pour l'améliorer une seule solution: le golf et en plus vous prendrez l'air et si vous êtes aussi mauvais que moi c'est très économique, la journée pour un parcours...


Il doit y avoir longtemps que vous nêtes plus allé au Louvre car il y a longtemps qu'il n'y a plus de boutons sur le nez des duchesses mais au contraire des restaurations qui vous font briller la
toile de la renaissance comme si elle venait de sortir de l'atelier avec de pimpantes couleurs qui parfois rendent utile les lunettes de soleil comme vous devez le sentir je ne suis pas
complètement enthousiaste de toutes les restaurations.


Pour masculin masculin, cemme le catalogue est très supérieur à l'expo vu votre théorie sur la reprodution (il doit y avoir du Barthes la-dessous) vous serez comblé.


Contrairement à vous je proclame haut et fort que rien ne vaut de voir les originaux ne serait-ce que justement pour reprendre votre terme parce qu'on les regarde en vraie grandeur indispensable
pour la sculpture car il faut tourner autour. Alors je vous concède des exceptions pour les toiles placées dans des lieux où elles sont mal éclairés par exemple. Et puis la reproduction
bouleverse complètement l'échelle des valeurs car il y a des peintres qui passent très mal à la reproduction en raison de leur technique en particulier Leroy ou Soulage par exemple, en fait
toutes les oeuvres où la matière est prépondérante par exemple dans les reproduction de Van gogh la touche (magique) disparait presque. Pour d'autres peintre comme Rothko la taille de la toile et
la proximité du regardeur avec celle-ci est primordiale. La reproduction bénéficie aux peintres qui sont des dessinateurs (Picasso, Delvaux, Cadmus, Bridget, Buffet, Matisse, je prend à dessein
des artistes très différent) que des matiéristes.


Vous parlez des détails mais chacun valorise un détail particulier sur certaines toiles (les grandes machines de la Renaissance ou du XIX ème) et celle qu'on vous propose dans les livres n'est
pas la votre.


Mais bien sûr c'est bien utile d'avoir au chaud des reproductions de tableaux. J'ensuis bien d'accord sinon je ne me ruinerais pas en catalogues puis ensuite en bibliothèque et je ne prendrais
pas autant de photos pour lesquelles avec vos remarques je devrais m'appliquer plus.   


 



xristophe 21/01/2014 16:36

Je ne la trouve pour ma part pas si mal, cette expo - si, humblement, et avec "tolérance" (chacun son tour...), on veut bien admettre qu'elle s'adresse au... grand nombre. C'est un baromètre
agréable (j'ai biffé "thermomètre") et optimiste de l'évolution... des "mœurs", de l'opinion... Ne l'ai par ailleurs vue qu'à travers vos photos, et glissant sur vos commentaires un peu râleurs...)
Evidemment il reste, lourds à digérer, les Pierre-et-Gilles, ces deux gros ballons roses de l'homosexualité d'avant-hier (d'avant-guerre, d'avant Thiers...) ; évidemment, ils n'ont pas manqué de
faire de "mon" Ganymède (non, non, ça n'est pas Zeus qui parle...)un monsieur muscle au petit pied - dans leur mou habituel "pour chats" de floconneuses cartes postales de Noël des années cinquante
- moins le charme ! Enfin... chacun ses goûts - même si je suis gentil d'encore parler de "goût" pour ces deux ostrogots... J'aime relativement mieux (quand même !) celui du frangin de Balthus,
titi en culotte courte... et surtout l'ineffable éphèbe à peine pubère (mais tout de même légalement) du grand Sebastian del Piombo, que l'on ne voit jamais, sinon en couverture du "Rapt de
Ganymède" : merci Dominique Fernandez. (Maintenant seulement, je vais lire le message d'Ismau...)

lesdiagonalesdutemps 21/01/2014 18:21



Mais c'est très bien Pierre et Gilles (presque toujours je n'aime pas leurs footballeurs, mais je n'aime pas ce sport où d'ailleurs il n'y a plus de blancs...) Pierre et Gilles que j'ai vus
travailler dans leur studio puisque je leur avais commandé la photo de Selim Kechiouche qui orne Mon dvd Vie et mort de Pier Paolo Pasolini. Il n'est pas faux qu'il y a un coté carte postale
floconeuse des années 50, mais c'est ce qui d'un postmodernisme -kitsh merveilleux. Et leur Ganymède me ferait bien jouer les Zeus.


Il est bien dommage pour vous de rater masculin/masculin car en dépit de ses graves lacunes elle permettait de voir des artistes comme Cadmus que l'on ne voit jamais en France.



ismau 19/01/2014 23:32

J'ai écouté votre conseil, et vu cette exposition in extremis la semaine dernière, profitant d'une prolongation due effectivement à l'affluence des visiteurs .
les photos de l'exposition de Vienne avait déjà éveillé ma curiosité, avec en particulier devant l'entrée du musée, le jeune homme nu géant en tranches d' Ilse Haider, « Mister Big » .
Malheureusement, puisque je devais aller à Vienne à ce moment là, l'exposition venait juste de s'achever . J'aurais bien aimé comparer avec l'exposition parisienne .
En fait, j'hésitais pour Orsay ... après avoir entendu beaucoup de critiques négatives ; dont celles de La Dispute qui notait comme vous l'ambiguïté du sujet, la gêne des organisateurs avec une
certaine censure, une impression de confusion ou de désordre entre la photo et les autres oeuvres, confusion aussi dans l'organisation générale et le parcours . D'autres critiques plutôt positives
ne donnaient pas envie d'y aller non plus, mettant en avant pour nous attirer l'argument stupide du sensationnel . Stupide, puisque effectivement comme vous le rappelez, les collections permanentes
présentent tout autant de nudités masculines .
Finalement, je me demandais aussi si vous-même n'alliez pas renoncer à une telle exposition de « vulgarisation » , de ce que vous connaissez si bien par ailleurs .
Votre billet fort ironique m'a prouvé que je ne me trompais qu'à moitié . Et heureusement qu'à moitié, puisque vous avez aussi réussi à nous donner un panorama extrêmement fidèle et précis, en même
temps qu'une analyse personnelle très intéressante de cette exposition . C'est après l'avoir visitée et avoir relu votre billet, que j'ai pu mesurer la grande qualité de votre compte rendu .
Finalement j'ai été agréablement surprise par ma visite . Le plaisir d'abord de se trouver devant la matérialité d'oeuvres qu 'on connaît bien ( dont beaucoup grâce à votre blog ) mais
seulement en reproduction . D'autant que la reproduction est parfois trompeuse, comme pour Pierre et Gilles qu'on reproduit sans cadre alors que le cadre fait partie de l'oeuvre . Et puis plusieurs
découvertes, la plus étonnante étant peut-être pour moi celle de Kehinde Wiley et de son Etude pour la mort d'Abel, d'une facture aussi virtuose que mystérieuse : un collage entre le fond façon
papier peint, et le corps ?
Même pour les photos, voir un vrai tirage est quand même satisfaisant : en effet très beau Voinquel, et aussi Platt Lynes que je ne connaissais pas ( retrouvé ensuite sur votre blog )

lesdiagonalesdutemps 20/01/2014 08:09



Tout d'abord merci pour les compliment.


En ce qui concerne la Dispute en général lorsqu'ils déconseille une exposition il faut y aller. En art plastique il représente le ridicule achevé de l'intellectualisme impuissant de gauche. En
particulier la péronnelle à l'accent du midi qui pollue l'antenne de France-Culture depuis des année, le type même de précieuse ridicule d'aujourd'hui.


Comme vous la révélation de cette exposition est Wiley mais les deux toiles exposées sont assez peu représentative de son travail. Il fallait bien sûr voir cette exposition qui donne l'occasion
de voir des toiles en réel est non en reproduction comme celles de Cadmus qui n'avaient jamais été montrées en France. C'est l'intérêt principal de ces grandes machine de voir des toiles que l'on
ne verra certainement jamais plus soit qu'elles sont dans des collections particulière soit qu'elles sont dans des réserves, c'est le cas pour le Withney de New York dont l'espace est le plus
souvent mangé par des expositions particulières si bien que l'on ne voit presque jamais la collection permanente, soit encore qu'elles sont dans des petits musées pas facile d'accès en
particulier ceux des universités américaines. 



janphi 23/10/2013 18:58

bel article..
je comptais lors d'un déplacement y aller mais je vais continuer a regarder votre blog.
il n'y a même pas une peinture de Lois De Dinechin qui n'aurait pas dépareillé dans cette expo. merci

lesdiagonalesdutemps 23/10/2013 22:40



Il faut aller voir cette exposition ne serait-ce que pour voir l'Ecole de Platon enfin éclairé et enfin en France Paul Cadmus et Deineka et la superbe photo de Voinquel. Attention il y a d'autres
artistes qui sont dans cette exposition et dont je n'ai pas parlé.