Libérons la culture de l'éphémère

Publié le par lesdiagonalesdutemps

En feuilletant chez un ami l'Echo des savanes, qui n'est pas une de mes lectures habituelles, je tombe sur une interview d'Eric Naulleau, que je ne connais que par oui-dire, ne regardant pas l'émission où il cachetonne, dormant depuis longtemps lorsque sont diffusé ces pitreries télévisuelles. Je m'aperçois à le lire que je partage entièrement ce qu'il dit dans cette interview: << Je rêve d'une revue critique qui rendrait compte des films et des livres du passé... Cela permettrait de remettre un peu d'ordre et de hiérarchie dans ce règne hégémonique du capitalisme culturel (...) Je milite donc pour l'inactualité culturelle! Abolissons la rentrée littéraire, abolissons tout ce qui se rapporte au calendrier. Libérons la culture de l'éphémère et rendons là à l'éternité!>>.

C'est un peu ce que je tente de faire, o combien modestement sur ce blog. Comme Naulleau, rien ne m'horripile plus que chaque année à cette période de lire et d'entendre tous ces critique dument mandatés aller de leur louanges et dithirambes pour des romans qui ne valent pas tripette et qui, à noel seront déjà oubliés.

Depuis plusieurs années les "Inrockuptiples" font paraitre en supplément de leur numéro de la troisième semaine d'aout dans lequel on trouve les débuts d'une quinzaine de romans de la rentrée qu'ils ont sélectionnés, je me demande bien d'après quels critères. Chaque année je m'astreint à le lire entièrement et chaque année je suis ébahi de l'indigence de ce que j'ai sous les yeux. Je suppose que le but de la publication de ce que je n'ose appeler des bonnes feuilles, est d'inciter les lecteurs à acheter les livres ainsi présentés, pour en connaitre la suite en quelque sorte. En ce qui me concerne j'y vois là une merveilleuse dissuasion qui au bout du compte me fait économiser mes deniers au cas où je me serais laissé encore piéger par un article d'un de ces plumitifs manieur de brosse à reluire ou par une fallatieuse quatrième de couverture et chaque année pour me laver de cette plongée dans la médiocrité millésimée je relis un auteur de ma bibliothèque, cette année c'est Pérec, l'an passé c'était Bouvier.

Dans le petit cahier des Inrock de cette année il n'y a que le début du livre de Murakami qui a titillé ma curiosité... Je vous informe que les éditions Gallimard ont la bonne idée de rééditer les "Poneys sauvages" de Michel Déon. Cela m'étonnerait qu'il y ait un roman de ce calibre dans cette rentrée littéraire 2011, ce n'est pas tous les ans que l'on a "La carte et le territoire"...        

Publié dans métapolitique

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Jean 20/08/2011 12:04


Merci pour votre suggestion. J'étais dans une école privée suisse avec le fils français de Wilfredo Lam Jonas un magnifique métis très déjanté qui fesait des camps de vacances pour jeunes
communistes à Cuba ET qui doit toujours vivre à Paris où je l'ai vu tantôt. J'ai lu et relu Perec à chaque fois avec un incommensurable plaisir, à quand dans la pléiade ? Je suis entrain de relire
le Cycle du Hussard de Giono qui ne me déçoit pas, écriture choisie, fluidité, intensité Et Angelo Pardi est un des plus attachant héros de la littérature française hors de toute médiocrité
bourgeoise qui fut -et qui l'est resté- un modèle pendant mon adolescence. Votre Olivier est très beau et son petit cul rebondi et pulpeux des plus délectable. Merci pour ce blog qui est selon mon
coeur.


Jean 19/08/2011 20:06


Avez-vous lu la correspondance entre Nicolas Bouvier et Thierry Vernet commençant alors que Nicolas a 16ans, qui est un magnifique hommage à l'Amitié avec des lettres vivantes, stylées ; c'est
avant leur voyage qui débouchera sur "L'usage du monde" écrit par Nicolas et illustré par Thierry. Quant à la rentrée littéraire je pique ici ou là, quelques auteurs aimés, quelques valeurs sûres,
quelques coups d'envie... Mais je relis beaucoup de classiques.


lesdiagonalesdutemps 20/08/2011 07:58



merci de votre commentaire


La correspondance entre Nicolas Bouvier et Thierry Vernet est en effet un très beau livre que je lis par petites étapes. Dans ma rubrique citation j'ai mis en exergue une phrase de Bouvier. J'ai
toujours plusieurs livres "sur le feu". Outre cette correspondance, j'ai en cours,en ce moment Pluto (un manga), les romans de Blondin dans leur nouvelle présentation illustrée qui vient d'être
éditée par la Table ronde, Le chat du rabbin (BD, une relecture après avoir vu le film), La vie mode d'emploi de Pérec que j'ai presque terminé et les conspirateurs de Prokosch dont je vous
recommande "Des voix dans la nuit"