Les Trois Sœurs d'Anton Tchekhov à la Comédie française, mise en scène André Françon

Publié le par lesdiagonalesdutemps

En raison d'une censure aussi inique qu'inopinée mon précédant blog a subitement disparu de la toile, victime du politiquement correct et de l'hypocrisie bigote, sans me prévenir. Pour cette raison certains billets dans leur forme initiale ont disparu à tout jamais en particulier ceux liés à des évènements ponctuels. Trouvant dommage qu'il n'y est plus de trace des expositions que j'ai visitées naguère, je me propose de réintroduire dans ce blog les photos que j'ai prises de ces évènements  ou des articles que j'ai écris ces derniers sont republiés dans leur état initial.

 


 

  

On devrait toujours voir une pièce indépendamment de ce que l'on a vu par ailleurs. Mais cette virginité du regard est bien difficile lorsque l'on est un spectateur chenu et que l'on s'est talé les fesses mainte fois sur les fauteuils pelucheux des théâtres parisiens. Cela était d'autant plus difficile que la précédente pièce de Tchekhov que j'avais vu était la Cerisaie à la Colline mise en scène par le même Françon. Cette dernière bénéficiait d'une distribution sans reproche et a vu l'émouvante dernière interprétation de Jean-Paul Roussillon peu de temps avant son décès. A voir Les trois soeurs après la Cerisaie on s'aperçoit que la première, tout du moins pour le dernier acte, est un peu le brouillon de la seconde. Tout cela pour dire que si le plaisir est au rendez-vous, il est tout de même moins fort que lors de l'inoubliable Cerisaie à la Colline l'an passé. Alain Françon est toujours le metteur en scène scrupuleux que l'on connait. Comme pour la Cerisaie, il a cherché à être fidèle à l'esprit de la mise en scène de Stanislavski lors de la création de la pièce en 1901. Le décor et les costumes sont très fidèles à ceux de cette première représentation.

Les personnages comme toujours chez Tchekhov, s'ils n'évoluent pas vraiment au cours de la pièce nous donnent à voir différentes facettes de leur personnalité ce qui demande ne large palette de jeu aux acteurs. La troupe actuelle de la Comédie Française montre qu'elle est à la hauteur de cette partition difficile. Paradoxalement, si comme le titre le suggère la pièce donne les beaux rôles aux femmes, ce sont des hommes que j'ai le plus remarqués en particulier bien sûr Michel Vuillermoz à la fois truculent et émouvant et d'une façon plus inattendue Gilles David en cocu au masque de ravi qui parvient à donner beaucoup d'épaisseur à son personnage. En revanche si Elsa Lepoivre en Macha est irréprochable, Florence Viala et Georgia Scalliet, les deux autres soeurs sont un peu transparentes. Ce qui n'est pas le cas de Coraly Zahonero en intrigante bornée parangon de la petite bourgeoisie opposée à l'élégance d'âme aristocratique des soeurs Prozorov. C'est avec beaucoup de plaisir que l'on retrouve dans le rôle de la vieille nourrice, Hélène Surgère, entre autres la merveilleuse grand-mère de Ma vraie vie à Rouen.

Une belle soirée de théâtre que l'on doit certes à Tchekhov mais aussi à l'intégrité d'Alain Françon.

 

On peut télécharger ci-dessous la retransmission de la pièce par France-Culture

Captation en public de la mise en scène d’Alain Françon pour la Comédie-Française. Réalisation de Blandine Masson.

 

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