Les deux jouvenceaux semblaient être d'inséparables camarades

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Des adolescents tous deux. L'un – un peu fort, la peau lisse, des boucles noires. Des yeux bruns, langoureux, frangés de longs cils, le regard insinuant, un regard gai et quêteur. L'autre était maigre, et son corps un peu jaune. Figure régulière, impitoyable, en vérité ! Chez l'autre, du reste, chez le beau jeune homme, si charmante et si douce qu'elle fût, elle n'exprimait pas non plus la pitié. (…) Les deux jouvenceaux semblaient être d'inséparables camarades. Chacun d'eux s'appuyait sur l'épaule de l'autre. La main douce du premier pendait comme une grappe sur la clavicule sèche de l'autre. (…) la main effilée du second, aux doigts longs et fins, reposait sinueuse, tel un serpent, sur la gorge efféminée du premier. 


Ivan Tourgueniev 

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