Le musée Thorvaldsen à Copenhague

Publié le par lesdiagonalesdutemps

5893515491_d50b8fe7e1_z.jpg

 

DSC00679.jpg

autoportrait de Thorvaldsen

 

Je ne sais pas si c'est Thorvaldsen qui donna le goût aux danois de la sculpture ou si c'est parce qu'il avait déjà se goût que cet extraordinaire artiste a pu s'épanouir dans ce pays où tout amateur de sculpture du XIX éme siècle doit impérativement se rendre. En trois musées, le Thorvaldsen, le Carlsberg et le Louisiania il pourra voir un panorama presque exhaustif de la sculpture, de néo classique Thorvaldsen à Richard Serra en passant par Dubois Carpeaux, Rodin, Arp, Miro, Moore et quelques autres ne manque à l'appel guère que la sculpture cubiste et Brancusi...

 

DSC00627.JPG


Aucune sculpture de Thorvaldsen n'est visible en France, une indéniable lacune pour le musée d'Orsay. La gloire de l'art danois est, en partie pour cette raison, bien mal connue en France. Voici donc une rapide biographie de cet étonnant artiste dont l'homo-érotisme de nombreuses de ses oeuvre me semble évident.

 

DSC00628-copie-1.jpg

 

DSC00629.jpg

 

Thorvaldsen est né à Copenhague dans une famille danoise / islandaise d'un milieu modeste son père était un sculpteur sur bois. Il faisait des sculptures décoratives pour les grands navires et a grandement influencé Thorvaldsen dans son choix de devenir sculpteur. 

 

DSC00630.JPG

 

fotofotos-0194.jpg

 

DSC00631.JPG


Le garçon entre à l'âge de 11 ans à l'Académie royale des beaux-arts, où il remporte tous les prix. La nuit, il aidait son père dans son travail de sculpture sur bois. Parmi ses professeurs se trouvaient Nicolai Abildgaard et Johannes Wiedewelt , qui sont ses influences probables dans son orientation vers néo-classissisme.

 

DSC00632.jpg

 

DSC00633.JPG


Bénéficiaire d'une bourse royale, il se rend en 1797 à Rome. Il a vécu sur la Via Sistina en face de la Place d'Espagne. Il avait son atelier dans les écuries du Palazzo Barberini . A son arrivée Il a été pris sous l'aile de Georg Zoega, un danois Archéologue et numismate qui vivaient à Rome. Zoega a veillé à ce que le jeune Thorvaldsen acquiert une bonne connaissance de l' arts antique. Chez son protecteur il rencontre Anna Maria c. Uhden, né Magnani. Elle avait travaillé dans la maison de Zoega comme servante et avait épousé un archéologue allemand. Elle devient la maîtresse de Thorvaldsen, en 1803 elle a quitte son mari pour le jeune sculpteur. En 1813, elle  donne naissance à une fille, Elisa Thorvaldsen.

 

DSC00634.jpg

 

DSC00635.JPG


Sa première œuvre d'importante est une statue de Jason qui lui vaut les éloges d'Antonio Canova. Cette oeuvre est emblématique de son style qui idéalise la figure masculine. Pour son Jason il s'est inspiré du sculpteur grec Polyclète.  En 1803, le riche collectionneur britannique Thomas Hope lui commande une version en marbre du Jason : c'est le début du succès. Il réalise également les bustes des deux fils du mécène. Thorvaldsen ne quittera pas l'Italie pendant 16 ans.

 

DSC00637.jpg

 

DSC00640.jpg


En 1819, il effectue une visite au Danemark où il reçoit commande d'une série colossale du Christ et les douze apôtres, pour la cathédrale de Copenhague qui avait été détruite lors du bombardement britannique de 1807. Ce Christ sera la représentation typique du xixe siècle. Elle sera parmi les statues les plus copiées. On peut voir dans le musée les modèles en plâtre du groupe (immédiatement ci-dessous).

 

DSC00682.JPG


Il revient définitivement au Danemark en 1838, où il est reçu en un héros national. 

 

DSC00641.jpg

 

DSC00642.jpg


Thorvaldsen meurt subitement en 1844. Son testament comprend un legs important pour l'édification d'un musée à Copenhague, destiné à recevoir sa collection personnelle ainsi que les modèles de ses œuvres. Son corps repose dans la cour de ce musée, sous un parterre de roses, conformément à ses vœux. À Rome, il avait remarqué le sculpteur irlandais John Hogan et fit à son égard cette remarque flatteuse : « Le meilleur sculpteur après moi que je laisse à Rome ».

 

DSC00643.jpg

 

DSC00644.jpg


En son temps, il était considéré comme le successeur de Canova , mais son adhésion stricte aux normes classiques a tendance à l'éloigner de la sensibilité moderne. Parmi ses plus célèbres œuvres est une statue de Jason l'Argonaute, son Christ , et le monument du tombeau du pape Pie VII , seul travail réalisé par un non-Italien à se trouver à Saint Pierre de Rome , les statues de Nicolas Copernic et de Józef Poniatowski sont à Varsovie , et celle de Maximilien Ier est à Munich . On peut voir les modèles de plusieurs de ces grandes réalisation dans une des salles du rez de chaussée du musée.

 

DSC00712.JPG

 

A Lucerne on peut voir Monument du Lion (1819) . Ce monument commémore le sacrifice de plus de six cents Gardes Suisses qui sont morts en défendant les Tuileries pendant la Révolution française . Le monument représente un lion mourant couché en travers des symboles brisés de la monarchie française.

 

DSC00645.JPG

 

DSC00646.JPG


Thorvaldsen a une influence mondiale sur la sculpture jusqu'en Espagne comme le montre l'oeuvre de Damian Campeny (1771-1855). En voyant ses sculptures équestres on ne peut que constater que son héritage est perduré jusqu'à Arno Breker.

 

DSC00647.jpg

 

DSC00648.JPG

 

Le peintre Vilhelm Eckersberg (1783-1853) a fait un portrait de Thorvaldsen qui se trouve au Musée de Copenhague, cette œuvre a une grande importance dans l'histoire de la peinture danoise. Horace Vernet fit également un portrait de lui et il passa commande de sujets orientalistes à William Wyld (1806-1889 le jeune protégé de Vernet, lors du 1er séjour en Italie de celui-ci en 1834.

 

DSC00650.jpg

 

DSC00652.jpg


A sa mort Il légua une grande partie de sa fortune pour la construction et la dotation d'un musée à Copenhague, Il a laissé des instructions précise pour le remplir avec toute sa collection d'œuvres d'art et ses modèles pour toutes ses sculptures. Thorvaldsen est enterré dans la cour de ce musée, sous un lit de roses, selon son souhait.

 

DSC00683.JPG


 Le musée offre un panorama complet de l'art de Thorvaldsen ses grandes statues à l'antique, ses hauts et bas reliefs, ses portraits et les modèles de ses statues monumentales mais l'autre intérêt de ce musée est sa muséographie. Chaque grande sculpture de marbre se détachent sur un fond coloré dans des tons à l'antique.

 

DSC00661.jpg

 

DSC00663.jpg

 

DSC00667.jpg

 

DSC00685-copie-1.jpg

 

On peut voir une version en bronze de la statue en marbre de son Hercule à quelques mètres du musée.

 

DSC00716.jpg

 

Si Thorvaldsen prend souvent son inspiration dans la mythologie et la littérature grecque, il peut comme pour ce berger et son chien choisir des sujets plus triviaux même s'ils sont traités à l'antique.

 

DSC00617

 

DSC00672.jpg

 

DSC00674.jpg

 

Les récits bibliques sont aussi une des sources de son inspiration.

 

DSC00686.JPG

 

DSC00687.JPG


 

DSC00690.jpg

 

Le clou du musée est certainement le groupe montrant Ganymène abreuvant Zeus qui avait pris l'apparence d'un aigle pour l'enlever. Mais la victime dans la représentation de Thorvaldsen ne semble pas en vouloir à celui qui l'a enlevé.

 

DSC00654.JPG

 

DSC00655.JPG

 

DSC00656.jpg

 

DSC00660.JPG

 

Moins célèbre que ses grands marbres, ce sont peut être dans ses bas et hauts reliefs que la virtuosité de Thorvaldsen est la plus évidente.

 

DSC00664.JPG

 

DSC00665.JPG

 

DSC00669-2.JPG

 

Bertel Thorvaldsen, Chiron and Achilles, Executed after death from original plaster model 1888-1890, Thorwaldsen Museum, Copenhagen Despite his dual nature, half horse, half man, the centaur Chiron was a profoundly sympathetic - indeed actually learned - creature. The god of medicine Aesculapius had derived his knowledge from Chiron, and the hero Achilles had been taught to play the lyre by him. In this relief, Chiron is teaching Achilles to throw a spear. (Source.) 

 

Il ne faut pas oublier de lever la tête pour admirer les copies de décors romains.

 

DSC00639.JPG

 

DSC00651.jpg

 

DSC00707.JPG

 

Le bâtiment du musée est en lui même intéressant. C'est un pastiche réussi d'architecture antique mélangeant influences grecques, romaines et égyptiennes.

 

DSC00676.jpg

 

Outre les sculpture du maitre le musée expose également, au premier étage, la collection de peintures de l'artiste, essentiellement  due à ses amis danois. Ce qui vaut de belles surprises aux visiteurs.

 

DSC00696.JPG

tableau de Franz Catel

 

DSC00697.JPG

détail

 

DSC00698.jpg

détail

 

DSC00701_2.JPG

 

DSC00704.jpg

Socrate et Alcibiade de Vilhelm Eckersberg

 

A cet étage on trouve parmi les toiles quelques oeuvres de Thorvaldsen.

 

DSC00695.jpg

 

DSC00705.jpg

 

Au premier les galeries qui entourent la cour intérieure proposent de belles perspectives des modèles dont on a vu nombre d'originaux au rez de chaussée.

 

DSC00706.JPG

 

DSC00709.JPG

 

L'extérieur du musée est décoré de peintures montrant les différentes phases nécessaires à la réalisation d'une statue.

 

DSC00715-copie-1

 

DSC00719

Copenhague, juillet 2011

 

Autre billet du coté de Copenhague

Une relecture de Thorvaldsen par Elmgreen & Dragset

 

photo3788625763_fbddf2141d_z.jpg

 "Scène de plage" (le baron Stampe et ses deux fils), photo Renaud Camus

 

 

Commenter cet article

annapurna 31/07/2016 15:47

Il est honteux pour la France qu'aucun responsable n'ait jamais organisé une exposition ponctuelle des œuvres de Thorvaldsen.

lesdiagonalesdutemps 31/07/2016 15:57

Je suis assez de votre avis mais la liste est longue des artistes non français qui sont ignoré ici, même si depuis une dizaine d'années on constate un léger changement, voir le récente exposition au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris consacré à Paula Modersohn-Becker ou il y a quelques temps à Nusbaum au musée de la culture juive de Paris. Ce sont deux exemples encourageant.