LE MOT ET LA BOMBE d’Hanif Kureishi

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 


 

Pour ceux qui l’aurait oublié Hanif Kureishi est entre autres le scénariste de My Beautifl laundrette que réalisa Stephen Frears. Le mot et la bombe est un recueil de textes et d’articles de réflexion sur l’impossible mixité raciale. L’auteur est bien placé pour en parler étant issu lui même d’un père pakistanais et d’une mère anglaise. On devrait porter une grande attention à ce livre. Dans Black album en 1995 ne décrivait-il pas ungroupe de jeunes musulmans nés à Londres, anglais et pourtant dévorés par la haine de l’Occident.

Voici quelques lignes extraites de Le mot et la bombe (Christian Bourgois éditeur) le nouveau livre salubre d’Hanif Kureishi:

<< Contes, rêves, poèmes, dessins, tout cela nous permet de nous percevoir comme étranger à nous mêmes, et d’examiner notre mode de vie... James Baldwin, Richard Wright, Ralph Ellison qui suivaient les mutations profondes et permanentes subies par la société anglaise, mutations qui parties de l’empire étaient rentrées, en quelque sorte au bercail... La haine du corps et la terreur engendrée par la sexualité, caractéristiques d’une majorité de confessions, peuvent pousser les croyants à masquer leur corps par pudeur, mais aussi à se considérer comme des bombes humaines. Une critique objective représente le seul moyen de tempérer cet héritage incontournable composé de rancœur, de haine et d’antagonismes... Plus une chose semble étrange, plus il est probable qu’elle nous est proche. Les musulmans radicaux de Grande Bretagne, décidés à attaquer et à détruire la société qui les accueille, représentent, dans leur violence, une pulsion originaire de l’intérieur et non de l’extérieur. L’Orient a beau afficher trop de valeurs, des valeurs excessivement contraignantes, l’occident à mes yeux en manque cruellement... L’islam a imposé une identité et un sentiment de solidarité à une communauté assaillie de toute part. Son versant radical est devenu synonyme de rébellion, de pureté, d’intégrité. Et le piège s’est refermé... La communauté musulmane a subi de nouvelles contraintes s’est barricadé, isolée des sources potentielles de créativité, dissidence critique, sexualité. Le despotisme asphyxiant de nature fasciste pour tout observateur extérieur rejetait ce libéralisme même dont la communauté avait besoin afin de s’épanouir au sein du monde. 

 

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