Le Louisiana (2), près de Copenhague, l'intérieur

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Si c'est le jardin de sculptures qui fait la célébrité du Louisiania, il serait bien dommage de ne pas pénétrer à l'intérieur, d'autant que plusieurs des dites sculptures sont surtout visibles des coursives vitrées du musée...

 

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Mais la vedette du musée intra muros est sans conteste Giacometti dont l'homme qui marche semble vouloir s'échapper dans le parc, à moins que ce soit pour plonger dans le lac qui lèche les base de la salle dans laquelle il se promène.

 

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Un très beau Bacon, mais y en a t-il d'autres? tient compagnie au célèbre marcheur.

 

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On trouve également des peinture et en particulier celles des artistes locaux célèbre comme Kirkeby (que j'avais toujours imaginé étant américain dans ma grande ignorance), ci-dessus et Asger Jorn, ci-dessous... La collection possèdent également des Mortensen mas ils n'étaient pas visible lors de ma visite. Comme beaucoup de musées la collection excède de beaucoup les possibilités d'accrochage d'autant qu'il y a au Louisiania un grand souci du "confort" des oeuvres. 

 

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Dans une vaste salle une des grandes toile de la série du Grand Canon de David Hockney occupe presque tout le mur du fond... avec à sa droite (sur la photo) le Kirkeby et à sa gauche un paysage de Peter Doig dont on a pu voir, il y a quelques mois une rétrospective au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, et en face de lui un crucifié de cuir... 

 

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Dans une autre salle un Lichtenstein se mirait dans une longue vitrine...

 

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Je connaissais une peinture de Malcolm Morley de facture plus classique que ce travail alliant hyperréalisme et peinture narrative qui je l'espère pour la cité des anges ne sera pas prémonitoire...

 

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Les tableaux à Louisiana respirent. Ils ont de la place. Le parti pris du musée n'est pas la quantité mais la qualité. L'accrochage parvient non seulement à les mettre en valeur, à les faire dialoguer avec la fastueuse nature qui est presque toujours visible lorsque l'on admire une toile, mais aussi à les faire dialoguer entre eux. D'autre comme ce Lam se découvre presque subrepticement en tournant dans un couloir.

 

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Puis dans une salle un des plus beaux Guston qu'il m'ait été de voir, est mis en majesté.

 

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Comme vous pouvez le voir sur mes photos, il n'y a pas à Louisiana que de la peinture et de la sculpture mais aussi des installations et de la photographie comme ce détournement de l'image de la petite sirène par Elmgreen & Dragset dont je venais de voir le jubilatoire traitement qu'ils ont fait subir aux statues de Thorvaldsen (voir à ce sujet le billet que j'ai consacré à cette exposition: Une relecture de Thorvaldsen par Elmgreen & Dragset ).

 

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Ou ce grand tirage du photographe chinois Wang Qingsong, nommé "Dormitory" qui met en scène un dortoir imaginaire mais qui se veut une dénonciation des conditions de vie de nombreux travailleurs chinois (N'ayant pas le recul nécessaire j'ai photographié deux morceaux de cette grande image, regardez bien en détail, les références de toutes sortes y abondent).

 

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Quant à lui, le dessin est représenté par un artiste lithuanien dont je n'avais jamais entendu parler mais qui, dans une oeuvre saisissante, entre l'installation et la bande dessinée, évoque les horreur qu'ont connu ses compatriotes durant la dernière guerre.

 

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Non seulement le Louisiania fait tourner sa collection permanente mais organise aussi des expositions temporaires cet été il y en a trois une sur l'architecture où malheureusement je suis passé un peu vite mais j'ai tout de même examiné et photographié la maquette d' un immeuble qui serait actuellement en construction à New-York (si un visiteur peut me confirmer cette information ce serait bien aimable).

 

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Il y avait surtout une vaste rétrospective des oeuvres sur papier de Josef Albers, un maitre de l'abstraction froide, célèbre notamment pour son art d'accommoder le carré... Mais il ne faudrait pas réduire cet artiste à cette dextérité. Comme toujours ce genre d'oeuvre m'a apporté la sérénité... 

 

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C'est avec plaisir que j'ai retrouvé l'exposition des oeuvre de David Hockney sur ipad et iphone que j'avais vu il y a quelques mois à la fondation Yves Saint-Laurent auquel j'avais consacré alors un billet qui malheureusement a été écrasé lors de la suppression inopinée de mon précédent site. L'exposition que présente le Louisiana est encore plus riche que celle qui était à paris puisque l'artiste a continué à oeuvrer sur ipad. Dans une vidéo qui est projeté on voit Hockney réaliser sur son ipad le dessin de la sculpture de Calder qui est face au restaurant du musée. Le jour où Hockney y était il pleuvait et il a réalisé son oeuvre à l'intérieur du restaurant d'ou on a une très belle vue que je vous ai montrée dans le précédent billet consacré au Louisiana.

 

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Voilà ce que j'écrivais, il y a quelques semaines en sortant de l'exposition "Fleurs fraiches de David Hockney à la fondation Bergé, sise à Paris.
Hockney me permet de découvrir ce lieu d'exposition à la fois luxueux et modeste en taille, deux grande salles. L'exposition proprement dite n'a en fait lieu que dans la première,  et se divise en trois pôles. C'es un film qui retient tout d'abord notre attention. Il faut visionner à mon avis avant d'en voir plus. Il est projeté sur un grand écran, disposé en hauteur,  juste  en face la porte d'entrée. On y voit Hockney "peindre" avec son doigt une vue de Paris sur un ipad. Cet époustouflant exercice n'est pas sans rappeler dans sa mise en forme le fameux film de Clouzot dans lequel on voyait Picasso à l'oeuvre, dessiner sue verre. Ce clin d'oeil n'est pas innocent quand on connait l'admiration qu'Hockney a toujours porté à Picasso. On ne peux que constater la virtuosité de David Hockney, aujourd'hui, presque un vieux monsieur, mais toujours malicieux et élégant et surtout talentueux.
Toujours dans cette même salle, les oeuvres sont scindées en deux parties selon le support sur lesquelles elles ont été exécutées des iphone ou des ipad.
La deuxième salle est vouée à la projection sur un grand écran des oeuvre qui sont par la force des choses en raison de leurs supports sont des petits formats et qui par ce subterfuge sont visibles en grand. Elles apparaissent sous forme de triptyque. On peut ainsi encore mieux se rendre compte de leur qualité graphique. J'ai réalisé la plupart des images qui illustrent ce billet en photographiant cette projection.
Les iphone sont disposés sur un grand panneau rectangulaire alors qu'une vingtaine d' ipad sont alignés sur un long mur. Chaque appareil plusieurs dessins l'un après l'autre, d'après le dossier de presse 200, je ne les ai pas comptés. Sur deux de ces ipad on voit, grâce à un logiciel, leur dessin se faire puis se défaire.
Je parlais de luxe en commençant mon billet, je voudrais souligner combien le visiteur est bien traité, à la seule restriction près qu'est l'habituelle hélas, interdiction de photographier et l'absence de catalogue (il devrait arriver ultérieurement). Le commissaire de cette réussite est Charlie Scheips. La scénographie minimaliste mais impeccable est conçue par l'architecte new-yorkais Ali Tayar dont l'installation s'inspire en partie du studio de Hockney en Angleterre dans le Yorkshire. Tayar a réinterprété la banquette française néo-classique qui permet aux visiteurs de s’asseoir (très confortablement) pour contempler dans la deuxième salle, les projections des images.
On peut avoir une bonne idée de la géographie et de l'esthétique de l'exposition en  cliquant iciEn outre on y entend David Hockney s'expliquer sur cette nouvelle pratique et surtout dessiner sur un ipad.
Si l'extraordinaire virtuosité d'Hockney n'est bien sur pas une révélation, on en a eu la preuve dés ses premières expositions, je me souviens de la magnificence de grands dessins au crayon exposés jadis à la galerie Claude Bernard, on est tout de même étonné de sa capacité à se renouveler, sans jamais se renier, tant pour les sujets que surtout en ce qui concerne les mises en oeuvre de son travail.
Ce qui est très fort chez Hockney, c'est que chacune de ses expérimentations successives ne fait que mettre plus en évidence les qualité de son art. Dans le cas de ces nouveaux supports que sont l'ipod et l'ipad, ce sont ses couleurs qui chantent plus que jamais, valorisées pas la luminescence des écrans, vitraux moderne! Leur joie fait penser aux meilleures compositions de Dufy. La visite de l'exposition à la fondation Bergé est un grand bol d'optimisme.
Le titre, "Fleurs fraiches" rend bien l'idée de cadeau qu'est cette exposition dans la grisaille de l'automne. Il est néanmoins réducteur, car il faut remarquer qu'au delà des bouquets, cactus et autres natures mortes qui ne sont jamais plus vivantes que sous... son doigt, thèmes déjà explorés par l'artiste, le plus nouveau chez Hockney, chez qui, il y a toujours du nouveau et pas seulement par le médium utilisé, sont d'abord l'angle de vue des paysages, en légère plongée d'une fenêtre, comme chez Marquet et surtout par leur choix, comme ces vues de toits de banlieue avec grue...
Comme je ne pourrait pas mieux dire la raison pour lequel cette exposition m'a stimulé intellectuellement, je reproduis tel quel un extrait de l'article que Philippe Dagen a consacré à Fleurs fraiches dans Le Monde: 
"...L'un des plaisirs du jeu tient aux anachronismes et aux hybridations stylistiques que David Hockney cultive avec délectation. Sur son écran dernier modèle, il dessine du bout des doigts, comme un peintre de la préhistoire dans sa grotte, et dans un style et des couleurs qui étaient celles du postimpressionnisme et du fauvisme au début du XXe siècle. Les époques se mélangent et l'artiste prend plaisir à réussir ses cocktails de références savantes."
Ce qui est toujours passionnant chez cette artiste, c'est la constante remise en question de son travail et la grande intelligence de sa réflexion sur celui-ci. Dans la petite brochure qui est disponible dans l'exposition, on lit combien chaque nouvelle aventure artistique lui fait approfondir le questionnement sur son art et combien celui-ci est varié. Sur la diffusion de sa production:  "Lorsque j’ai commencé à dessiner sur iPhone, j’ai tout de suite compris que c’était un nouveau médium mais qu’il constituait aussi une manière complètement inédite de diffuser des images ... si elles sont imprimées sur papier, elles perdent leur luminosité et une grande partie de leur intérêt... Pour l’heure, je me contente de donner les dessins en les envoyant par mail. Comme beaucoup de gens, je n’ai pas encore trouvé le moyen de me les faire payer. Mais comme ils donnent beaucoup de plaisir à mes amis, quelle importance ?"
J'ai lu quelque part que David Hockney était un artiste post moderne, rien ne me parait plus faux. Hockney réinvente sans cesse son art par ses pratiques, les format, nous avons affaire ici à des miniatures, alors que la précédente exposition du peintre que j'ai vu au Centre Pompidou était remarquable entre autres par ses grands formats, mais aussi par les sujets qu'il aborde tout en assumant toute l'histoire de l'art. 
La légende veut de la genèse de cette manifestation que David Hockney ait découvert l’application Brushes sur son iPhone il y a un peu plus de deux ans, et qu’il ait envoyé régulièrement des "fleurs fraîches" sous forme de dessin à ses amis par cet intermédiaire. Parmi eux, Pierre Bergé, ce dernier est  tellement enthousiaste qu’il persuade David Hockney, lors d’un déjeuner à Paris, d’organiser la première exposition d’œuvres numériques de l’artiste. 
Hockney s’est engagé à envoyer régulièrement des "fleurs fraîches" à la Fondation Pierre Bergé – YSL. Pour renouveler en temps réel les œuvres exposées. 
La visite sur le site de l'artiste, c'est ici, nous offre une extraordinaire visite virtuelle.
Je voudrais terminer l'évocation de cette belle exposition par un extrait du texte de David Hockney du fascicule donné avec le billet, les habitués du blog ne seront pas surpris:
"J'ai toujours prôné la pratique du dessin. Apprendre à dessiner, c'est apprendre à regarder, et apprendre à regarder ne fait de mal à personne!"  

 

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Louisiana

WWW.louisiana.dk

Gl. Strandvej 13

Humleboek (35 km au nord de Copenhague)

 

pour y aller le plus simple est de prendre le train à la gare centrale de Copenhague (c'est la même ligne qui dessert l'aéroport mais dans le sens inverse). La durée du trajet dans des wagons confortables est de 35 mn, il y a des trains toute la journée espacés d'environ 20 mn. Il faut descendre à la station Humlebaek. Ensuite 10 mn de marche dans cette banlieue balnéaire cossue et campagnarde de Copenhague. Il suffit de suivre les pancartes. Le musée ouvre à 11heure et il faut bien la journée pour bien en profiter.  

 

 

Autre billet du blog consacré au Louisiana

Le Louisiana, près de Copenhague, le jardin de sculptures 

 

Autres billets du coté de Copenhague

Le musée Thorvaldsen à Copenhague

Une relecture de Thorvaldsen par Elmgreen & Dragset


 

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