Le jour de ma mort

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Dans une ville, Trieste ou Udine,
le long d'une allée de tilleuls,
quand, au printemps,
les feuilles changent de couleur,
je tomberai mort sous le soleil
qui brûle, blond et haut,
et je fermerai les yeux,
abandonnant le ciel à sa splendeur.

Sous un tilleul tiède de verdure
je tomberai dans le noir de ma mort
qui dispersera les tilleuls et le soleil.
Les jeunes et beaux garçons
courront dans cette lumière
que je viendrai de perdre,
s'échappant des écoles,
avec leurs boucles sur le front.

Je serai encore jeune,
avec une chemise claire
et des cheveux soyeux tombant en pluie
sur l'amère poussière.
Je serai encore chaud,
et un enfant, courant
sur l'asphalte tiède de l'allée,
posera sa main sur mon ventre de cristal.


Publié dans citations

Commenter cet article