le collège des amitiés particulières

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Il y a presque un an, Pierre S. avait eu l'immense gentillesse de me faire parvenir le beau reportage sur le collège des "Amitiés particulières" de Roger Peyrefitte. La censure de mon précédent blog, un "emprunt" de l'ordinateur où se trouvait son texte et ses photos rendaient ce magistrale et émouvant travail invisible, le retour de ma machine au bercail rend à nouveau possible son édition qui prend toute son actualité avec la récente parution de la biographie de Roger Peyrefitte écrite par Antoine Delery, livre dans lequel vous trouverez aux pages 15,16 et 17 une description détaillée du collège.

 

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les alentours du collège dans les années 30


Je suis arrivé à Ardouane vers midi, par la route qui vient de Saint-Pons-de-Thomières et s’enfonce dans la vallée. Avant même le village, alors que je croyais encore en être éloigné d’un ou deux kilomètres, j’ai aperçu deux tours carrées qui émergent d’un bouquet d’arbres, et la forme d’un grand bâtiment gris, adossé à la montagne, au-dessus de la route. J’ai su, à la brusque accélération des battements de mon cœur, que c’était le collège. Il m’a fallu quelques minutes pour trouver le chemin qui mène à Saint-Benoît. J’ai d’abord traversé le village, un amas de quelques maisons sans grâce, puis je suis revenu sur la départementale, mais il n’y a là qu’un sentier qui s’engage dans un verger abandonné. J’ai enfin trouvé le chemin, à la chaussée curieusement bétonnée, qui part de l’entrée d’Ardouane, contourne l’église, puis monte droit vers la chapelle du collège.

 

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La chapelle et ses abords dans leur état de 2010

 

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l'intérieur de la chapelle dans les années 30


Je suis descendu de la voiture. L’endroit, à l’écart des maisons, était désert. Un calme soleil de fin d’été déversait paresseusement une lumière un peu dorée. De grands arbres -des platanes- remuaient doucement, tâchant d’ombres claires la façade blanche de la chapelle, dont la courte nef s’avance comme l’étrave d’un navire. Légèrement en retrait, de chaque côté de la chapelle, se déploient les deux ailes de cette vaste bâtisse. Derrière une clôture grillagée, qui empêche l’accès, des arbustes sauvages poussent en liberté. Il me faudrait donc franchir ce grillage. Un panneau « chantier interdit » y est fixé, dérisoire et mystérieuse promesse. Au premier abord, la seule entrée paraît être la porte de la chapelle. Un des battants était ouvert.

 

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allée ouest


J’ai inspecté cette clôture pour découvrir un passage. Il y a, sur la droite, une sorte de portail, derrière lequel file un chemin presque effacé. Là, une partie du treillis métallique a été découpée, puis repliée avec soin, afin de dissimuler cette effraction. En le tordant un peu, j’ai réussi à m’y glisser. J’ai pensé que ce passage si incommode n’avait pas été fait par un adulte, mais par quelque jeune et intrépide explorateur. Peut-être allais-je tomber sur un petit garçon qui aurait fait de cette école abandonnée son royaume ? Puis je me suis souvenu que nous étions le jour de la rentrée des classes et que c’était, de tous les jours de l’année, celui où j’avais le moins de chance de faire ici une telle rencontre.

 

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cour des grands

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cour des grands en 1933


Le bruit de mes pas sur le sol jonché de feuilles sèches troublait à peine le silence. Je n’étais pas sûr de pouvoir atteindre par ce chemin l’intérieur du collège ; j’avais plutôt l’impression qu’il n’en faisait que le tour. A gauche, avec deux étages, s’élève l’aile Estdu quadrilatère que forme l’établissement. En son milieu, inaccessible derrière un lacis de ronces, une porte béante laisse entrevoir un couloir obscur. A droite, le chemin débouche sur une grande esplanade entièrement recouverte de hautes herbes et de broussailles, avec un rideau d’arbres qui la ferme. Sans doute une ancienne cour. Peut-être la cour des grands ? Au fond, de cette esplanade, en s’approchant du village, des constructions basses.« Cette partie de la cour était réservée aux élèves des hautes classes. Là-bas, c’était la ferme du collège, près du torrent dont on entendait l’écho ». A l’extrémité de cette aile, séparé du collège mais relié à lui par une passerelle, un bâtiment d’un étage avec des ouvertures aux jambages de briques rouges. Sous cette passerelle s’enfonce un étroit passage, entre la partie arrière du collège et un haut talus. Au-dessus de ce talus devait se trouver la terrasse. Elle n’est plus, aujourd’hui, que le commencement de la forêt. Je me suis avancé avec précaution dans ce couloir humide et sombre, où traîne, au milieu d’orties, un fouillis d’objets hétéroclites jetés là, comme après un pillage, tuyaux dont on ne peut deviner l’usage, débris de chaises d’école ou encore les vestiges d’une balance d’épicerie et d’une ancienne machine à calculer éventrée, qui montre sa tripaille métallique. Plusieurs des fenêtres qui donnent ici ont été murées, mais deux ou trois restent ouvertes. En me penchant à l’une d’elle, j’ai vu ce qui a dû être les cuisines.

 

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Au bout de ce passage, on émerge à nouveau en pleine lumière. Un terrain libre s’étend devant l’aile Ouestdu collège et descend en pente douce jusqu’à un muret qui l’entoure. Au fond s’étagent des arbres et des buissons que plus personne ne vient discipliner. Je me suis arrêté, le regard attiré par cette masse confuse et mouvante. Sans un instant d’hésitation, j’ai su que là, cachée dans la pénombre, se trouve encore la grotte, la grotte de Saint-Claude. Pourquoi cette assurance, à moi donnée, et qui ne suis jamais venu ici qu’en songe ? Etrange impression que ces souvenirs qui ne sont pas les miens.

 

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la grotte en 1933


Sur les murs sans couleurs les pluies des automnes ont laissé des traînées noires. Une seule porte, symétrique de celle que j’avais aperçue béante dans l’aile Est, mais cette fois solidement condamnée par trois épaisses planches clouées en son travers. J’ai continué à longer le bâtiment, jusque devant la chapelle. J’étais maintenant de l’autre côtéde la clôture. Ici une autre cour, moins vaste que la cour des grands, ombragée d’un platane. La cour des petits– cela on le sait, on peut la nommer, sans le moindre doute, parce qu’il en existe une ancienne photographie. Tout au fond, un modeste préau. De l’autre côté, en face de la chapelle et sous un vieil arbre qui le protège, un appentis dont les portes disparues laissent voir des toilettes. On devine encore, à l’empreinte qu’ils ont laissée sur le mur, l’emplacement des réservoirs des chasses d’eau. Ce détail trivial, et qui est la vie, m’a touché. Sur la façade une inscription à demi effacée, surmontée d’une flèche tournée vers l’aile Ouest,indique : « Direction ».

 

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la cour intérieure en 1933

J’avais maintenant une idée assez précise de la disposition du collège. Devant, comme une vaste porte symbolique, la chapelle, puis, dans chacune des ailes latérales, une entrée – le côté des petits et le côté des grands-, et, au fond, un grand bâtiment qui achève de former une sorte de cloître. Et le jardin à l’intérieur.

La façade de la chapelle est simple, rassurante comme un visage familier. Je suis entré.Des plâtras recouvrent entièrement le sol ; presque tout le plafond -une imitation de voûte en ogives- est tombé, laissant voir la charpente ; par la toiture en partie arrachée, passent de grands morceaux de ciel. Il y a une courte nef, un transept et un petit chœur à cinq pans. La rosace a conservé ses vitraux. Leurs couleurs pures brillent dans le soleil.De chaque côté du chœur s’enfonce une porte. Elles doivent donner sur la cour intérieure. Alors, j’ai revu Georges assister, de la fenêtre de l’infirmerie, à la rentrée. « Voilà, en face, les deux portes de la chapelle, surmontées d’une croix à festons (...) Sur la droite, arrivait la file des petits, et celle des grands sur la gauche. Les uns et les autres pénétraient dans la chapelle par une porte différente ».C’était donc là. Là qu’Alexandre, portant l’agneau, est un jour apparu à Georges. « C’était un enfant d’une extraordinaire beauté, âgé de quelque treize ans. Ses cheveux blonds couronnaient ses traits réguliers de la fantaisie de leurs boucles. Un sourire errait sur son visage, d’un éclat miraculeux ». L’enfant qui a donné vie à Alexandre assistait-il à l’office dans la partie droite ou dans la partie gauche du transept ? Ou peut-être dans la nef, le transept étant occupé par les tribunes où l’on servait la messe aux pères ? L’autel a été enlevé, il n’y a plus de banc, ni rien qui puisse rappeler la beauté des célébrations qui ont eu lieu ici. Au milieu de ces décombres, comment se représenter les enfants ? Et pourtant, comme le sourire d’Alexandre, leur souvenir erre encore ici, presque imperceptible. C’est donc là. Là, dans cette chapelle abandonnée, qu’est la source de ce qui a illuminé ma vie et mes quatorze ans. De ce lieu a émané une lumière dont un rayon est venu toucher mon front et m’éveiller, un jour de mars 1974. Ici est né ce livre admirable, ici a battu le cœur de garçons qui sont mes véritables frères.

 

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fenêtre du réfectoire

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réfectoire en 1933

Je suis sorti de la chapelle et ai franchi une porte entre-ouverte, à gauche du bâtiment. Au milieu des gravats, des meubles disloqués, des armoires électriques arrachées, des livres gonflés d’humidité, j’ai traversé trois pièces, à la recherche d’un accès vers le cœur du collège. Je n’en ai pas trouvé. J’ai craint de devoir rester au seuil, pèlerin illégitime et furtif dont l’accès au sanctuaire serait refusé, pour quelle faute, pour quelle disgrâce ? Je ne me voyais pas forcer une porte ou une fenêtre.

 

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Lentement, je suis remonté vers l’arrière du bâtiment, là où j’avais aperçu quelques fenêtres non murées. Encore fallait-il qu’elles donnent sur des pièces communiquant avec l’intérieur du collège. Une des fenêtres était ouverte ; au-dessous, l’armature d’une chaise d’école sans son bois. Quelqu’un était déjà entré par là. Je me suis hissé sur le rebord. De l’autre côté, un squelette de chaise identique permettait de redescendre sans devoir sauter. J’étais dans une salle toute en longueur, presque vide, avec de hautes fenêtres. Derrière les vitres, immobile et inquiétant, foisonne un monstrueux jardin. Par des carreaux brisés, des lierres laissent déborder leurs lianes comme à un balcon. J’ai franchi une porte, dans le mur du fond, et me suis retrouvé au pied d’un vieil escalier, étrangement affaissé du côté du mur, comme si, seule, sa rampe de métal le maintenait encore. J’ai vu, revenu du fond de ma mémoire, le visage d’un garçon qui descend. Il sort de chez le supérieur. « Georges se sentit défaillir en descendant l’escalier. Il se tenait à la rampe ». Je n’ai pas osé monter.

J’ai exploré le bâtiment. Dans l’aile gauche – l’aile Ouest-, des salles de classe se succèdent - dont l’une a gardé son tableau. Un long couloir les dessert. Par endroits la peinture écaillée en laisse voir une autre, puis une autre encore, plus ancienne, d’un jaune un peu cireux, et qui semble être la couche la plus profonde. C’est comme si l’on pouvait toucher, sur ces murs, le monde aboli que l’on est venu chercher, et qui est là, à portée de la main. Vers le milieu de cette aile, une sorte de vestibule, qui la traverse de part en part, relie la cour intérieure à l’extérieur et aboutit derrière la porte que j’avais vue condamnée tantôt. « Pendant une récréation, sous prétexte d’aller au piano, il se glissa vers la cour des petits. Il s’arrêta à l’extrémité du couloir qui débouchait sur cette cour. Il attendit un moment, espérant qu’il apercevrait Alexandre et qu’il pourrait l’appeler. Mais l’enfant ne se montra pas, et Georges n’osa s’aventurer plus loin ».Cette porte est maintenant fermée pour toujours et aucun garçon, arrêté sur son seuil, ne cherchera plus jamais à apercevoir son ami. Sur la droite du vestibule, s’ouvrent quelques pièces qui semblent, dans une période plus récente, avoir été des bureaux. Des dossiers sont répandus sur le sol, bulletins de notes, livres de classe, lettres, brochures diverses. Ce désastre justifiait l’inscription « Direction » que j’avais lue du côté de la chapelle.

J’ai ramassé une grande feuille. C’est une réclame pour le collège. Elle est adressée aux « parents occupés par les exigences professionnelles, aux Français vivant à l’étranger, aux étrangers désirants placer leurs enfants en France ». On y apprend que « L’Institution privée Saint-Benoît d’Ardouane, établissement privé secondaire à vocation internationale »propose « dans un cadre de nature idéal entre Montpellier, Béziers et Toulouse, au pied des Monts de l’Espinouse, à 330 m d’altitude, un internat de plein air pour garçons et filles, de la 10èmeà la 3ème ». Ce prospectus semble dater des années soixante-dix. J’étais surpris de cette appellation désuète pour les petites classes, 10ème, 9ème, 8ème, que, bien qu’ayant été à l’école primaire à la fin des années soixante, je n’ai pas connue. Un fragment des années 20 et 30, intact et émouvant, inexplicablement transporté dans un autre temps. Le collège, dans son isolement, qui lui permettait de ne recevoir que des internes, a donc tenté de survivre en accueillant des enfants étrangers ou de parents vivants à l’étranger, et en s’ouvrant aux filles... J’ai recueilli, au hasard, le bulletin mensuel d’un élève (novembre et décembre, mais je ne sais de quelle année). Il se prénommait Franck et était en CM2. A la rubrique observations on peut lire : «  les étourderies de Franck lui font perdre beaucoup de points en mathématiques et en éveil. Il faut améliorer ces résultats ! ».Qu’est devenu ce garçon étourdi ? Quand était-il ici ? A quoi ressemblait-il ? Devant ces papiers inutiles et souillés, on a l’impression que la vie s’est d’ici soudain retirée, que l’établissement a dû fermer brutalement, vers le milieu des années soixante-dix, frappé peut-être par quelque arrêt de ses créanciers, par une faillite longtemps retenue. Et avant, sans doute, une lente agonie, des classes clairsemées, des professeurs désemparés. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de chercher la seule chose qui m’eût vraiment intéressé : une photographie d’élève, comme on en joint dans les dossiers scolaires, afin de mettre un visage sur toutes ces ombres qui n’en ont plus.

J’ai pénétré dans la cour intérieure. Cette cour qui « prétendait sans doute ressembler à un jardin, avec des arbres, des allées, une pelouse tondue de frais et un bassin de rocaille, au centre duquel se dressait une statue de Jésus enfant ».Le jardin a continué de pousser sur le corps mort du collège. Et de cette vie douteuse est née une forêt qu’on croirait pleine de sortilèges. Je me suis avancé, vaguement inquiet, dans une ancienne allée ; on distingue à peine les bâtiments, masqués par les branches. A peu près au milieu de la cour, on devine l’emplacement circulaire du bassin, encore entouré d’une légère clôture de fer qui se perd dans les broussailles. C’est là que devait se dresser la statue de Jésus enfant. Dominant tous les autres arbres, un immense cyprès, certainement plus que centenaire. Il se néglige un peu, hérissé et pelucheux, parce que plus personne ne le regarde. Ce cyprès, on le voit, déjà grand, sur les très anciennes photographies. « Les arbres les plus remarquables étaient des lilas et des cyprès ».J’ai suivi les murs de la cour, pour atteindre l’autre aile, l’aile Est, celle qui abritait la division des grands. Par une porte dont le vitrage brisé étoilait le sol, je suis entré dans une salle assez vaste. A droite on aperçoit les cuisines. C’est pourquoi j’ai d’abord pensé que je me trouvais dans le réfectoire. Cette salle communique avec un vestibule semblable à celui que j’avais vu dans l’aile des petits. J’étais arrivé derrière la porte que j’avais vu béer en commençant le tour du collège, et qui permet d’accéder à la cour des grands. Appuyé à cette partie du bâtiment, en saillie vers l’extérieur, un escalier moderne, fonctionnel et sonore. Son sol de petits carreaux granités gris et beige avoue le goût des années 50. Il remplace la petite tour que l’on voit sur une vieille photographie du collège. Je suis monté jusqu’au premier étage. Un palier ouvre sur deux profondes salles, l’une à gauche et l’autre à droite ; au milieu de l’une d’elles, rongée par la rouille, abandonnée là comme un repère, l’armature métallique d’un lit. Je suis resté un moment immobile, à écouter de toutes mes forces, essayant de saisir quelque chose qui est encore faiblement vivant dans les coins d’ombre de ces dortoirs, peut-être le murmure des rêves accumulés de tous les enfants qui ont vécu ici. Je sentais qu’il me faudrait me mouvoir très doucement pour ne pas que cette fragile présence s’évanouisse. C’était donc là, exactement là. Oui, ici plus qu’ailleurs, me semblait errer mystérieusement, un peu triste de cette désolation, l’âme d’un petit garçon. Dans lequel de ces dortoirs a-t-il dormi ? « Son lit était l’avant-dernier – et celui de Rouvère le dernier – au fond à droite, contre la muraille, près des casiers ».Dans chaque dortoir, près du mur donnant sur le palier, une porte ouverte sur une rangée de lavabos. « Quelques élèves, tels que Rouvère, à qui la rentrée n’ôtait rien de leur sang-froid, mirent un peu de vie dans le dortoir en allant se laver les dents aux lavabos ». J’ai cherché la chambre du surveillant, qui « était contigüe, et (dont) l’entrée donnait dans un vaste dégagement ouvert sur le dortoir ».Peut-être cette pièce, assez petite, entre les deux dortoirs, et qui donne sur la cour enclose ? Sans doute « la fenêtre intérieure, pratiquée au-dessus des lavabos, et qui tenait les dormeurs sous sa garde »a-t-elle été supprimée il y a longtemps. Dans une odeur âpre de moquette cuite au soleil et de poussière, je me suis avancé jusqu’à une des fenêtres du dortoir de droite, prudemment, car on sent dessous un plancher incertain. J’ai regardé dehors, une ombre sur mon épaule. Suspendu au-dessus du jardin qui remplit maintenant la cour à ras bord, j’ai vu les deux tours massives et le chœur de la chapelle qu’elles enserrent. De l’autre côté, la division des petits. Et la montagne au-dessus, où les arbres ont de nouveau étendu leur empire. Puis je suis retourné vers l’escalier. Il y avait quelque chose d’irrémédiable dans ce départ, qui me serrait le cœur. En venant jusqu’ici quelque chose avait été accomplie. J’étais allé au plus profond de moi-même, là où tout s’est noué.

 

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dortoir


En repassant par la grande pièce de l’aile du fond, par laquelle j’avais pénétré dans le collège, j’ai pensé que cela avait dû être une salle d’étude. « En redescendant de chez le supérieur, Georges passa par la cour intérieure au lieu de suivre les couloirs. Il s’approcha de l’étude des petits, dont les fenêtres faisaient une tâche claire dans la nuit. La buée du poêle couvrait les vitres, mais laissait distinguer au moins les visages les plus rapprochés. On pouvait voir sans être vu. A côté de la deuxième fenêtre, le frère de Maurice écrivait. Comme il se tenait bien ! On eût dit qu’il posait devant un peintre ; et, en même temps, il était tout naturel. (…) Doucement, il se tourna vers la fenêtre. Ses yeux se fixèrent, sans le savoir, sur ceux de Georges ». Depuis, j’ai su qu’il s’agissait du réfectoire. Tout était bien en ordre. J’aurais pu monter à l’étage, par le vieil escalier que j’avais aperçu, entrer dans l’infirmerie, me pencher à la fenêtre et dire, avec Georges : « Accoudé à la fenêtre ouverte, il regardait la cour intérieure. Voici, à gauche, l’entrée de la salle des fêtes et celle de l’étude, avec les classes derrière et le dortoir en haut. A droite, le côté des petits (…) Au-dessous de l’infirmerie, s’étendait le réfectoire, d’où l’on débouchait sur le grand escalier qui menait chez le supérieur ». Tout était sous mes yeux, en pleine lumière, et non pas enseveli sous le temps. Il n’est pas même besoin de chercher longtemps ; l’usure, le délaissement, le méthodique pillage exercé ici, comme la peinture écaillée sur les murs, laissent à nouveau apparaître, extraordinairement proche, le collège de jadis. Que ce livre si juste, si merveilleusement vrai et dont je n’avais jamais douté, soit ainsi confirmé, que les dortoirs, les études, le réfectoire, les cours et le jardin, et jusqu’aux lavabos, soient bien là, réels et tangibles, exactement à la place que leur assignait le récit, me faisait monter les larmes aux yeux. Il me semblait que quelques lignes des Amitiés particulièressuffiraient à réveiller ces murs ; qu’à cette invocation une cloche allait tinter, des portes s’ouvrir, les pas des élèves s’approcher. Les cours bruisseraient à nouveau de leurs cris et de leur voix, des enfants au visage angélique, ou simplement au visage de garçons, se dirigeraient vers la chapelle et leurs chants entremêlés, si purs et si troubles à la fois, monteraient une dernière fois vers le ciel. Lorsqu’un jour quelqu’un s’intéressera à l’auteur de ce livre admirable, saura-t-il combien cette histoire est tirée de sa vie et de son sang ?

 

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le réfectoire de l'extérieur


Je suis ressorti par la même fenêtre que celle par laquelle j’étais entré. Dans le passage à l’arrière du collège, contre le talus, sont adossés deux petits bâtiments dont je ne comprenais pas l’usage ; un escalier de ciment, qui les sépare, permet de grimper ce talus, et l’on débouche sur la terrasse. La forêt est redescendue jusqu’ici. Un chemin disparaît vers la gauche. On est encore dans l’enceinte du collège. J’ai alors eu la certitude que ce chemin je l’avais toujours connu. C’est de ma propre mémoire, marquée à jamais par ce lieu où je n’ai jamais vécu qu’en rêve, qu’il sortait. Au bout était la serre, « la serre qui est au-dessus de la terrasse, au-dessus de la grotte du grand Saint-Claude », comme si j’allais voir arriver, en haut de cet escalier, heureux et léger, Alexandre allant retrouver Georges. « Soudain, Georges, le cœur battant, entendit un pas dans cette direction. Et l’enfant apparut, aérien, gracieux, comme s’il s’était posé par enchantement sur le bord de la terrasse ».J’ai renoncé à aller plus avant. Qu’aurais-je trouvé que quelques murs noircis, ensevelis sous les ronces ? Garder intacte cette vision, elle-seule ne pas la corrompre, me parut un juste équilibre. Et si, à ce moment, un petit garçon était apparu dans ce bois commençant, j’aurais cru, sans l’ombre d’un doute, qu’il était le messager céleste. Mais le miracle ne s’est pas produit.

 

Pierre S. le 16 septembre 2010

 

Pour retrouver Roger Peyrefitte sur le blog

 

Roger Peyrefitte photographié par Egermeier Paul Belmondo illustrant Roger Peyrefitte Retour sur Roger Peyrefitte le sulfureux Roger Peyrefitte, le sulfureux par Antoine Deléry le collège des amitiés particulières 2 le collège des amitiés particulières 

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Vladislav 23/02/2016 19:12

Je reviens sur cette page car j'avais (mon ami avec moi) promis de donner des informations sur Georges GUERET. L'accouchement a été difficile car il a fallu près de 2 ans pour que cela arrive. Cela a été finalement fait le 30 octobre 2015 sur ce blog. Pour les personnes que cela intérèssent, je tenais à donner le lien ici pour que les amateurs des amitiés particulières arrivés par hasard sur cette page puisse en prendre connaissance. Voici le lien : lhttp://www.lesdiagonalesdutemps.com/2015/10/a-la-recherche-d-alexandre.html
Bonne lecture

Leynaud 20/04/2015 11:58

Pour ceux qui s'intéressent au collège d'Ardouane, je recommande
http://cpa34.midiblogs.com/archive/2008/10/16/riols-l-ecole-saint-benoit-d-ardouane.html avec des témoignages émouvants d'anciens élèves et/ou de leurs descendants

lesdiagonalesdutemps 20/04/2015 12:03

Merci beaucoup pour ce lien

ismau 26/11/2013 18:13

Et pourtant ce film eut de belles répercussions humaines et littéraires .
A commencer par Peyrefitte lui-même «  Notre amour » avec le jeune figurant Alain-Philippe de Malagnac puis « L'enfant de coeur » (c'est pour Xristophe aussi !)
Toujours cette troublante mise en abyme ou jeux de miroirs : le vécu / le livre / le film /le vécu/ le livre

lesdiagonalesdutemps 26/11/2013 19:08



Notre amour est un bien beau livre qui nous parle parce qu'il est ancré dans le présent (le présent de l'époque, la fin des années 60. Mais pour Peyrefitte cette rencontre fut une catastrophe qui
l'a ruinée. J'ai rencontré Malagnac plusieurs fois certes il était pas mal et s'il s'était glissé dans mon lit je ne serais pas allé me réfugier dans la baignoire mais il n'avait pas inventé le
sceau à charbon ni la manivelle, c'était un gigolo, pas plus, son drame c'est qu'il a cru qu'il était autre chose.



ismau 25/11/2013 16:37

Ce témoignage m'émerveille ... plus qu'une résurrection d'émotions anciennes, qui furent aussi les miennes ; les miennes uniquement par la lecture, forcément hélas ...
Le miracle le plus troublant dans le témoignage de Xristophe, est d'avoir eu la chance de donner vie réellement à ce qui n'était que de la fiction .
Pour moi, c'est le livre que j'ai lu d'abord, très jeune vers 10-11 ans, à l'âge où je m'ennuyais beaucoup avec les Jules Verne que me conseillait mon père . Heureusement, il a eu la bonne idée de
me proposer aussi Les Amitiés Particulières ( dans l'édition de Vigneau que j'ai eu le plaisir de mieux connaître très récemment dans votre blog )
Ce roman m'a bouleversée : c'était ma première expérience amoureuse romanesque, très bien écrite et décrite . Je ne savais comment concrétiser ces émotions . C'est très idiot, mais tout ce que j'ai
trouvé c'était de regarder mon calendrier . J'avais remarqué que les fêtes de Georges et d'Alexandre se succédaient, et qu'ils étaient donc l'un contre l'autre, juste pour moi, seule à l'avoir
remarqué . En fait, je viens de vérifier, c'est encore mieux, suivant le calendrier romain ou orthodoxe le 21 avril St Alexandre, puis le 22 St Georges, et à nouveau le 23 St Alexandre .
Après, il y a eu Jean-Christophe de Romain Rolland, et Une Vie de Maupassant, expériences très fortes aussi . Mais je garde pour Les Amitiés une reconnaissance particulière, et d'ailleurs préfère
ne pas le relire de peur d'une déception .
Le film, je l'ai vu plus tard, en tous cas en 75 aux fameux Dossiers de l'écran, et bien-sûr c'était désagréable, comme toujours quand on voit l'adaptation d'un livre particulièrement cher .

lesdiagonalesdutemps 25/11/2013 17:56



Le cinéma n'est pas fait pour adapter les roman une nouvelle à la rigueur. J'ai lu dans un cours sur le scénario que 100 pages écrites correspondaient à environ 90 minutes de film (c'est bien sûr
une moyenne) ceci explique cela.



xristophe 25/11/2013 15:30

Il va donc falloir la refaire... (Après tout il suffit de remonter le temps) (Le mode d'emploi est dans l'équation bien connue E = Mc2) Il existe peut-être une version "d'amateur"... Il faudrait
une enquête serrée... (En ce temps-là il était moins facile qu'aujourd'hui de "filmer")

xristophe 25/11/2013 14:53

Pour Vladislav / commentaire 5 :

(C'est vous que je décore, commentaire 4, du titre ronflant de "Découvreur d'une nouvelle Troie" ! - et non comme il l'a cru notre hôte si généreux qui lui est "Hyper Baroudeur de la Beauté" -
comme je le lui ai déjà dit deux ou trois fois): je vous demanderais bien de quels "dires de Peyrefitte" vous parlez au sujet d'Alexandre/Georges - s'il existe autre chose que ce qui se trouve dans
le Livre... Il m'a toujours semblé qu'il était totalement muet (pudique ?) sur le garçon véritable inoubliable de sa jeunesse...

xristophe 25/11/2013 14:28

Allons allons... Pour Bouquet au théâtre je ne le connais pas. Au cinéma je l'aime dans TOUT (ce que j'ai vu). Il réussit même à me restituer Mitterrand dans l'émouvant "Promeneur du Champ de
Mars"... Pour Haudepin Didier nous sommes d'accord : si je comprends bien votre texte vous l'avez donc aimé même dans les "Amitiés"... C'est déjà ça et c'est bcp (revoyez-le...) vu que pour moi il
n'est pas seulement "bon acteur" mais une sorte de miracle incarné et capté. Si vous retrouvez à L'Ina (ou j'ai travaillé des années) trace même d'un morceau de "La Ville" - de grâce
faîte-le-nous-le savoir !!!

lesdiagonalesdutemps 25/11/2013 14:53



Ehbien je ne suis plus en contact avec l'INA mais un de ses responsables a essayé de me vendre la captation de "La ville" mise en scène de Meyer sans pouvoir m'n montrer une seule image. Une
belle tentative d'escroquerie. Pour ma part contrairement à certaines rumeurs je ne pense pas que la pièce aie-t été captée.



xristophe 24/11/2013 23:08

Merci à vous pour l'absence d'ironie - mais je sens bien qu'elle n'est pas loin : je vibre trop encore quand j'évoque cette histoire (la mienne...) pour (l')écrire bien ! (J'avais le sentiment de
galvauder en racontant si mal et tremblais d'être interrompu "par la technique) Mais ça n'est PAS un mauvais film ; il n'est pas fade ; revoyez-le, les Dossier de l'Ecran c'est trop ancien et vous
avez changé (!!!) Pensez seulement aux acteurs : Michel Bouquet ("sulfureux" comme on imagine), Louis Seigner, entre tourmenté et bonace; un ou deux autres. Et Didier Haudepin le petit prince d'un
jour est une sorte de bourgeon crevant l'écran de sa fraîcheur et de son hypersensibilité intelligente : il est... génial. (Mot hélas galvaudé...) Il ne le reste pas longtemps : dans "La Ville" où
j'étais ému de le revoir (ai vu deux fois la pièce - en hiver 67, je crois ?) il est très bien mais il n'a plus "la grâce", il est un peu guindé. "La Ville" est du théâtre, et ne peut pas se
comparer au cinéma. Et le texte est... de Montherlant. J'ai adoré cette version intense avec Paul Guers, hors norme). Quand je pense que rien quasiment n'en est resté...

lesdiagonalesdutemps 25/11/2013 07:39



Comme vous, je déplore (et je ne suis pas le seul) que la version de La ville de 1967 n'est pas été captée quoique certains (jusqu'à l'INA) m'aient affirmé le contraire sans m'en apporter la
moindre preuve. Sur scène comme à l'écran lorsque j'ai vu la pièce, également en 1967, Haudepin était parfait. Je trouve même que c'est le seul bon acteur du film. Louis Seigner est trop patelin
et me parait un peu une erreur de casting idem de Bouquet qui manque de charisme pour le rôle. Contrairement à la doxa théatrale je ne trouve pas que ce soit un grand acteur. Seul Chabrol (avec
peut être Boisset dans un Condé) l'a rendu convainquant en particulier dans "La femme infidèle" un sommet chabrolien. Au théâtre à chaque fois que j'ai vu Bouquet il s'était entouré d'acteurs
plus que médiocres sans doute pour briller à peu de frais.



xristophe 24/11/2013 19:51

Epilogue. Un an plus tard un jeune garçon qui avait quitté la chorale enfant et qui y revenait - qui me collait des wet dream à répétition et qui ne m'avait jamais remarqué - vint vers moi un jour
de voyage en train vers l'Allemagne (toujours pour y chanter), me demandant cordialement ce qui s'était passé pendant l'absence qui lui avait permis de devenir ce bel adolescent que je trouvais
entreprenant et déluré. "Les Amitiés particulières ! Oh c'est intéressant, cela, raconte !" Il ne me quitta pas de ce voyage et, arrivés, logés ensemble ne cessait de vouloir me photographier,
risquait des "Qu'est-ce que tu es beau ! Mais qu'est-ce que tu es beau !" sans ambages et qui me laissaient pantois (Bien que cela fût vrai ! - mais lui, donc !) Ce fut ma première aventure, oh
délices et merveilles où es-tu Ludovic, aujourd'hui... Et voilà où mènent les mauvaises lectures...

lesdiagonalesdutemps 24/11/2013 22:08



Un bien beau souvenir, comme quoi les mauvais films peuvent faire naitre de belles histoires.


Merci pour ce témoignage (un merci sans aucune ironie)



xristophe 24/11/2013 19:30

Je termine - crains toujours l'interruption technique, d'où ce morcellement, ça n'est pas pour frimer!

Je vis le film à la rentrée, je ne fus pas déçu - bien loin d'être "majeur" nous passâmes néanmoins, il y avait dans mon groupe quelques copains chanteurs à l'air viril, barbus). J'avais été navré
qu'il n'eût pas à Venise le Lion ! Je me souviens des polémiques (avec Mauriac etc.) Je sais bien que Jean Delannoy n'est pas un cinéaste de la "nouvelle vague" mais ce film est pour moi très
étonnant dans son œuvre "si l'on y pense" - et, bien sûr, le meilleur qu'il ait fait... (ça n'est qu'un point de vue)
J'ai lu le livre après, dans l'envoûtement amoureux généralisant que j'ai dit. Je fus un peu frustré je crois par sa froideur - mais sans me l'avouer. Je l'ai relu depuis, je l'ai apprécié
davantage - mais c'est le film, que j'aime. (De même, je préfère le "Mort à Venise" de Visconti au tourmenté et beau pourtant livre de Man)

lesdiagonalesdutemps 24/11/2013 22:06



Je respecte votre nostalgie mais je n'ai jamais trouvé le film Les amitiés particulière ni émoustillant ni passionnant. Je ne l'ai vu qu'à la télévision le soir du fameux débat avec Bory et
consort mais avant j'avais vu sur scène "La ville dont le prince est un enfant" un abime entre les deux. Le film m'a paru très fade.



xristophe 24/11/2013 19:10

Fasciné je tombai "raide amoureux" d'un coup - et comme Georges devant l'épiphanie sans préavis de l'enfant à l'agneau dit dans un souffle :" Qui est ce gosse ?..." je partis en vacances avec ces
images dans le cœur...

xristophe 24/11/2013 19:01

La magie fut l'apparition de la séquence dite "de la serre" (toute silencieuse - l'image semblait d'un rêve, vision paradisiaque et fantomatique en apesanteur)où Didier Haudepin grimpe tout en haut
du praticable en planches pour se tenir aussi loin que possible de son ami... (Ou bien était-ce celle "dans le foin", short léger minuscule pour le petit, les deux garçons alanguis allongés l'un
contre l'autre - bonheur... Je ne vis pas le commencement de la "bagarre" qui "dégénère" juste avant l'arrivée tragique du père Lauzun...)

xristophe 24/11/2013 18:46

Ma "saga" des - comme disent les journalistes - z'Amitiés Particulières ne doit que peu au livre, finalement... Je vous sais agacé par cet engouement si durable et que vous estimez immérité : d'où
que je me permette ces "précisions biographiques" trop personnelles d'un cas privé, qui ne vaut que ce qu'il vaut mais qui fut intense et vrai ! C'est par le film de Jean Delannoy, 1964, que "tout
a commencé" ; précisément par la musique du film (de Jean Prodromidès) que la chorale de garçons où, depuis mes neuf ans à peine j'éprouvais "en chantant" peines de cœurs et les élans du corps, se
vit sollicitée. Nous reçûmes les deux grands messieurs. L'enregistrement se passa un jour d'été, de soleil à la Schola Cantorum - la grande Lili Laskine, truculente vielle dame était à la harpe;
étaient projetés pendant l'exécution des morceaux des "rushes", sur une toile floche et blanche que nous n'avions pas le loisir (suivant le chef des yeux) de regarder. Il se fit une pause où le
puritain directeur (avec qui plus tard j'eus des démêlés) demanda aux garçons chastes et purs d'aller jouer dans les jardins (y résonnait, je me souviens les "Jardins sous la pluie" de Claude
Achille...) Mais, moi, un demi "grand", il ne fut pas question, rebelle que je sortisse par des ordres si bêtes et crânement restais. (La suite au prochain numéro)

lesdiagonalesdutemps 24/11/2013 22:01



Donc si j'ai bien compris on vous entend dans "Les amitiés particulières" voilà qui va réhausser grandement le lustre de mon blog.



Vladislav 24/11/2013 11:44

Personnellement je n'ai pas lu les amitiés particulières, ce n'est pas un livre de ma génération. Un ami m'en a parlé, j'ai par la suite regardé le film tiré de ce roman. Mon ami a voulu faire
des
recherches concernant George GUERET, donné comme le vrai Alexandre du livre par Roger Peyrefitte, je l'ai aidé, et nous avons retrouvé sa trace. Malheureusement ces recherches viennent un peu
tard,
celui qui aurait, sans doute, pu le mieux nous raconter son histoire, c'est à dire son frère Maurice, est mort en 1981. Dommage, et curieux que personne avant nous ait essayé de retrouver George
et
ceux qui l'ont connu afin de vérifier les dires de Peyrefitte. Il nous reste encore des recherches à faire, nous discutons pour savoir si nous donnons déjà des informations, lesquelles et sous
quelle forme, où si nous attendons d'en connaitre plus pour le faire, même si cela risque de prendre encore des mois voire plus.

xristophe 23/11/2013 23:39

Si la voix d'un lecteur de ce blog peut compter, à déclencher votre précieux consentement, à nous raconter ces merveilles, d'un conte de fée de ma trop tendre enfance... - alors j'ajoute vite ma
voix haletante : eh, quoi, Alexandre a donc existé, est vraiment mort, s'appelait Georges comme le Georges "double" de Roger, et vous connaissez son histoire, et pourriez nous la raconter ? Il y a
dans mon cœur une petite niche funèbre et fraîche qui semble n'avoir pas vieilli et se réveille douloureusement après cinquante années à l'évocation chaque fois des "Amitiés" - pour moi
immarcescible souvenir intensément inaugural... Allez-y, précieux découvreur de cette nouvelle Troie...

lesdiagonalesdutemps 24/11/2013 09:21



Cela dépend que des renseignements que peut m'apporter un de mes lecteurs que j'encourage en la chose...


Je suis tout de même surpris de l'écho qu'a encore "Les amitiés particulières" dans la mémoire de beaucoup. Pourtant cela n'empêche pas que les livres de Peyrefitte, comme ceux de beaucoup soient
introuvables en librairie ni que sa biographie n'est connue qu'un succès modeste. En ce qui me concerne "Les amitiés particulières ont compté mais pas tant que ça et m'ont moins marqué que
beaucoup de livres que j'ai lus adolescent. J'étais alors un très grand lecteur, beaucoup plus qu'aujourd'hui. Je crois que cela tient à ce que ces amitiés se déroule dans un monde qui avait
alors déjà disparu et qui était totalement étranger à celui où je vivais.



Vladislav 23/11/2013 19:41

"Cela me dirait tout à fait mais je ne comprend pas bien votre commentaire. Me proposez vous de me fournir ces informations qui seraient bien sûr les bien venues. "

Je voulais être sur de votre intérêt pour cela avant de vous faire parvenir ces infos. Sinon je les auraient gardées de par vers moi. Reste à savoir de quel façon le faire.

lesdiagonalesdutemps 23/11/2013 21:21



Il suffit de me les envoyer par l'intermédiaire de mon adressz e-mail qui est:


bernar.a@wanadoo.fr


merci d'avance



Vladislav 23/11/2013 16:35

Ca vous dirait d'en connaitre un peu plus sur Georges GUERET celui qui a inspiré Alexandre dans les Amitiés Particulières ? Et mettre fin à des contre vérités qui courent depuis plus de 50 ans
?
Savoir où et quand il est né, à quelle époque il est réellement mort et où il est réellement enterré (sa tombe existe toujours), et quelques autres petites infos en attendant de les compléter
peut-être un jour par d'autres recherches ?

lesdiagonalesdutemps 23/11/2013 18:19



Cela me dirait tout à fait mais je ne comprend pas bien votre commentaire. Me proposez vous de me fournir ces informations qui seraient bien sûr les bien venues.



janphi63 21/06/2011 16:57


ayant lu cet article et amateur de littérature je passais dans ce coin de France et j'ai bravé les interdits pour prendre quelques photos que je vous laisse découvrir.

http://www.flickr.com/photos/janphi63/sets/72157626529152551/


FLAVIE 29/10/2015 09:55

OUI TROP BEAU JE NAI PAS EU LE TEMP DE TOUT LIRE DESOLER