Le chat qui venait du ciel d'Hiraide Takashi

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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A la fin des années 1980, le livre a été publié au Japon en 2001, un couple modeste, vivant de travaux littéraires, aux abords de la quarantaine, loue, dans la banlieue de Tokyo, un petit pavillon situé dans une vaste propriété. Bientôt, Chibi, le jeune chat d'un de leurs voisins leur rend des visites régulières. Il s'attache à lui. Mais lorsque les vieux propriétaires de la maison de maitre décident de vendre leur bien, le couple d'écrivains que cela va être une déchirure de quitter cette thébaïde et surtout de se séparer de Chibi.

Le quatrième de couverture de ce mince volume paru aux éditions Picquier, dans leur collection de poche, annonce que voici un roman touché par la grâce. Pour une fois un quatrième de couverture dit la vérité. A travers l'histoire d'amour entre Chibi et ce couple apaisé c'est tout un art de vie, osons dire zen qui nous est suggéré. Par le biais de cette relation entre un animal et des humain nous découvrons un art de vivre à la japonaise bien éloigné de celui d'un occidental mais aussi de beaucoup de celui aux rythmes frénétiques de nombreux habitants de l'archipel. Hiraide Takashi nous fait percevoir, avec légèreté la communion qu'entretiennent certains japonais avec la nature. Il y a de très belle page sur la relation de l'auteur avec... une libellule.  A travers cette simple histoire d'amour pour un chat, le roman nous parle aussi du temps et de la mort; du rapport que les japonais entretiennent avec ces entités mystérieuses.

Le récit, il me paraît abusif de nommer roman cet ouvrage comme le fait l'éditeur, tant il est ouvertement auto biographique, est écrit à la première personne. Au commencement le lecteur est un peu surpris par l'exactitude et le détachement des descriptions, puis de page en page l'émotion monte et l'émotion le submergera...

Il n'y a que Kurosawa dans son film Madadayo qui est aussi bien parlé du chagrin que peut connaître un humain lorsqu'un chat est arrivé au terme de sa neuvième vie...

Outre la poésie qui se dégage du « Chat qui venait du ciel », ce récit m'a touché car il raconte et avec quel talent, une histoire qui m'est arrivée et concerne certainement beaucoup de possesseurs ( ce mot est bien mal choisi) de chats. En effet, comme le couple japonais du livre, ce n'est pas vraiment moi qui est choisi mes chats mais bien plutôt les chats qui nous ont choisi et qui surtout, ont élu la maison et son jardin.

Ce court roman enchantera tous les amis des chats et de la civilisation japonaise. Il me paraît en outre un discret hommage au grand Soseki.

 

Le chat qui venait du ciel est le premier livre de l'année que j'ai lu dehors, au jardin, assis au soleil, sur le vieux banc sur lequel la première coccinelle de 2011 s'est posée. Elle était d'un rouge profond avec cinq petites taches noires, sous moi mon vieux chat dormait, de temps en temps, entre deux paragraphes, j'ai regardé, inquiet, par les interstices des lattes du banc, sa forte respiration. Durant les dernières pages ma lecture a été accompagnée par les croassements d'un gros corbeau, perché sur la maison d'en face...

Nota: une autre critique très intéressante de ce livre par Argoul à cette adresse: http://argoul.com/2011/01/02/takashi-hiraide-le-chat-qui-venait-du-ciel/ 

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