LE CAMESCOPE

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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France, 90 mn, 1999

 

Réalisation, image, montage: Philippe Vallois, son, mixage: Myriam René & Anne Louis, conformation: Daniel Ricard, Michèle Boig, Christiane Kirik

 

avec: Philippe Vallois Marie-Josée Béhar, Agathe Bodin, Jackson Elizando, Catherine d’Halluin, André Llévin, Eric Moncolin, Nicole Rondy

 

Résumé


Un illuminé vend à Philippe Vallois un camescope dernier cri. Heureux de sa nouvelle acquisition, le cinéaste filme ses proches. Ils se mettent à exprimer de drôles d’idées qui contaminent bientôt le filmeur lui même.

Il est bientôt persuadé, qu’à travers cet outil, il peut entrer en contact avec le monde de l’invisible. Il décide de s’adresser à Jean, son bel ami décédé. Eric son ami du moment le prend mal et lui fixe cet ultimatum: <<C’est le camescope ou c’est moi>>. La réponse de Jean ne se fait pas attendre: une succession de galères auxquelles le camescope n’était pas étranger, éprouve l’imprudent cinéaste.

Malgré sa peur, il décide de soigner le mal par le mal. Il se surpasse dans son expérience ”vidéasque”. Il vit une aventure à laquelle le commun des mortels n’a jamais accès; il a un véritable entretien avec Jean, mais il arrête de crainte de devenir fou. Philippe Vallois apprend que des camescopes identiques auraient été introduits clandestinement sur le marché. Pour éviter des drames, il juge d’utilité publique de faire circuler une cassette, preuve de son aventure. C’est celle que nous regardons.

 

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L’avis critique


Cette auto-fiction expérimentale, pleine d’humour constitue la réflexion d’un cinéaste pour qui la caméra est le sésame d’un au-delà des apparences.

Philippe Vallois, qui joue son propre rôle, achète à un curieux personnage un camescope numérique. Le vendeur lui a laissé le mirobolant appareil après s’être longuement enquis des intentions et de la biographie de son acheteur. Émerveillé par son nouveau joujou, le cinéaste commence un journal, un peu à la Morder, un peu à la Alain Cavalier et beaucoup à la Remi Lange, la technique en plus, façon Les yeux brouillés, car comme dans ce film, le filmage du quotidien brise l’histoire d’amour qu’il vit avec son nouvel ami Eric, au look de C.R.S avantageux, tout du moins si l’on considère encore à ce moment du film, celui-ci comme un exercice de cinéma-vérité autobiographique. Bien vite le doute nous assaille sur la naïveté du propos quand le cinéaste croit percevoir des images et des bruits par l’intermédiaire de son camescope que lui même ne perçoit pas sans le truchement de son appareil. Le camescope serait-il magique et n’ouvrirait-il pas un passage vers le monde parallèle des morts? Nous nous apercevons que nous sommes en fait dans une auto fiction surtout lorsque Philippe Vallois cherche à entrer en contact avec son ami Jean, décédé du sida il y a quelques années, dont on a découvert l’image radieuse par l’intermédiaire d’un film projeté dans le film. Camescopepasse alors du farfelu humoristique à l’émotion. Mais bientôt celle-ci est dynamitée par l’enquête de notre réalisateur auprès de techniciens amis pour savoir si un camescope numérique peut enregistrer l’au delà ! Le film bifurque à nouveau, cette fois vers un burlesque épatant, un peu à la manière d’un Luc Moullet ou d’un Iosseliani. Car une des principales qualités de Camescopeest d’être drôle, à la fois drôlerie de situation et drôlerie dans les dialogues d’un -nonsense- très inhabituel dans le cinéma français.

 

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Philippe Vallois définit bien à la fois sa démarche et le cheminement de pensée de son spectateur: <<Raconter une fiction en se servant de véritables événements qui surviennent durant le tournage. Pénétrer très profondément dans l’intimité de personnages en laissant parler leur naturel au maximum. Laisser planer le doute quand à l’authenticité des situations, et provoquer une sorte de vertige chez le spectateur qui a du mal à faire la part de la fiction et de la réalité. Les personnages jouent ils leur vie? ou interprètent-ils un rôle? Le spectateur apprécie-t-il des jeux d’acteur? ou devient-il un voyeur qui juge des êtres humains? Autant de questions et de réflexions sur le véritable pouvoir du camescope.>>

Le film de Philippe Vallois c’est le bel enfant que le dogme aurait fait à la comédie italienne des années 60-70.

 

Publié dans cinéma gay

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