La Ville dont le prince est un enfant : le programme de la création en 1967

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Merci à Bruno de m'avoir indiqué l'existence d'un site qui se donne pour vocation de promouvoir le théâtre d'Henry de Montherlant, belle action en faveur des lettres françaises.

en voici l'adresse: 

https://www.facebook.com/pages/Pour-la-diffusion-du-théâtre-de-Montherlant/174170299292467

Je reproduit leur billet ci-dessous après mon introduction.


J'ai moi même vu la pièce en 1968, lors de la création. J'ai moi aussi gardé précieusement le programme. La distribution était un peu différente que celle qu'indique le programme reproduit ci-dessous. C'est Yves Brainville qui tenait le rôle du supérieur. J'ai pu ainsi mettre ce jour là un visage sur cette voix de bronze qui m'était familière. Car Yves Brainville faisait de nombreux doublage et surtout il tenait le rôle du méchant, le Tonneau, dans "Ca va bouillir" un feuilleton radiophonique qui passait sur Radio Luxembourg et dont enfant j'étais friand. Je me souviens que le malheureux a eu ce soir là un trou de mémoire et à du se reprendre pour terminer une tirade. Ce soir là c'est Philippe Paulino qui tenait le rôle de Serge Souplier.

Sur mon programme, je vois que ce n'est pas Pascal Bressy qui jouait en alternance le rôle de Souplier mais Roland Demongeot.

Lorsque j'ai édité en dvd "La ville dont le prince est un enfant (un double dvd disponible au prix de 25€ à bernar.a@wanadoo.fr) film que Christophe Malavoy à tiré de la pièce mais aussi du roman "Les garçons", j'ai beaucoup travaillé sur l'historique de l'oeuvre. Malheureusement moins que je l'aurais voulu, car la productrice du film, Dominique Antoine m'avait quasiment interdit de mettre des bonus ayant des rapport avec les mise en scène de Jean Meyer et de Boutron, heureusement j'ai un peu (beaucoup) désobeis. Néanmoins je n'ai pas pu rencontrer les protagonistes de la créations parisienne de la pièce. Ce que pourtant je désirais ardemment. 

Je me demande toujours ce que sont devenu les jeunes interprètes du rôle de Souplier. Si vous avez de leurs nouvelles, elles sont les bienvenues. En faisant des recherches, je n'ai rien trouvé concernant Philippe Paulino. Pascal Bressy, qui est né en 1954 lui a joué dans quelques films parfois tout enfant comme dans Gervaise de René Clément en 1955, en 1958, Le petit prof de Carlo Rim avec Darry Cowl, en 1961 "Le rendez-vous" de Jean Delannoy avec Jean-Claude Pascal, Philippe Noiret, Annie Girardot, "Le farceur", "Les petits chats" avec Pierre Dudan, "Le grand sabordage" d'Alain Perisson en 1973. Son dernier film semble être en 1987, Le septième ciel de Jean-Louis Daniel. Et après?

 

Vladimir Cosma / Roland DEMONGEOT TOM SAWYER / LA FÊTE AU PAYS


Quant à Roland Demongeot il a été Tom Sawyer dans une mini série de la télévision française ainsi que dans quelques autres production télévisuelle. Il apparait aussi au cinéma, au coté de Jacques Brel dans "Les risques du métier". Mais plus rien après 1973!

 

Picture for Roland Demongeot

Roland Demongeot

 

 

Les illustrations qui accompagnent cet article sont les scannes d'un exemplaire du programme. Un grand merci à mon correspondant Christian F. qui m'a procuré ces documents inédits!

 

Dessin de couverture réalisé par Edouard Mac Avoy (l'original est une lithographie)

Dessin de couverture réalisé par Edouard Mac Avoy (l'original est une lithographie)

 

 

Couverture du programme

Couverture du programme
 

 

 

Voici le texte de présentation tel qu'il a été imprimé dans le programme du Théâtre Michel, à Paris, en 1967, pour la création de cette pièce dont la première version du texte avait été publiée en 1951 chez Gallimard...

 

 

" LA VILLE dont le prince est un enfant

 

Cette pièce, composée et publiée en 1951 a eu une destinée où tout est singulier. L'auteur pensait que son oeuvre serait accueillie avec réticence. Or, il a pu écrire qu'elle avait été, avec Port-Royal, celle de ses pièces qui avait été accueillie le plus chaleureusement, en particulier par les femmes, alors qu'elle ne comprend pas un rôle féminin, et par les membres du clergé. A cet accueil avait beaucoup contribué un article de Daniel-Rops paru dans L'Aurore.

 

La Ville fut demandée par quatorze théâtres parisiens, deux théâtres de province, vingt théâtres étrangers, et de nombreuses troupes d'amateurs, parmi lesquelles plusieurs dirigées par des ecclésiastiques (l'abbé Charavay à Lyon, le P Robinet, jésuite, aumônier de la Centrale catholique belge du spectacle, etc.). La Comédie-Française, après en avoir fait faire une lecture devant le comité, à l'insu de l'auteur, la reçut, bien que le volume portât la mention « II n'est pas dans les intentions présentes de l'auteur que cette pièce soit représentée » cas sans doute unique dans l'histoire de la Comédie-Française.

 

Un billet!

Un billet!

 

 

L'auteur refusa La Ville à tous les théâtres, estimant d'une part que le sujet en était trop délicat pour être porté à la scène, d'autre part qu'il était très difficile de trouver des adolescents capables de la jouer.

Les propositions les plus surprenantes lui avaient été faites. Un régiment d'infanterie français voulait jouer la pièce, et, en Allemagne, un théâtre de marionnettes !...

 

La distribution

La distribution

 

 

Il la refusa aussi à des cinéastes français, mais un groupe animé par la haute aristocratie anglaise lui proposa de confier la réalisation du film, qui serait fait en Angleterre, à un jeune cinéaste français, Alain Vigot, résidant dans ce pays. Celui-ci lui présenta des courts métrages qui le convainquirent assez pour qu'il fût sur le point de donner son agrément, quand Alain Vigot mourut d'une crise cardiaque, à vingt-cinq ans.

 

Cependant un débat s'était institué tant dans la presse parisienne que dans les lectures-débats (toujours sans participation d'adolescents) faites en province et à l'étranger La pièce devait-elle être jouée, et, si oui, dans quelles conditions? On suggérait qu'elle ne fût jouée que devant des membres de l'enseignement, ou que les rôles des enfants (quatorze et seize ans) fussent joués par des adultes, ou que le spectacle fût interdit aux moins de dix-huit ans... De l'ensemble des débats il résulta que cinquante pour cent des spectateurs jugeaient la pièce parfaitement jouable, et cinquante pour cent non.

 

L'interdiction de représentation fut levée pour trois groupements d'amateurs, l'un de Genève, l'autre de Liège, l'autre d'Amsterdam, qui à eux trois donnèrent de La Ville sept représentations. Le succès en fut partout très grand et sans réserves (1953-1955). Les représentations de Liège avaient été données sous le patronage de l'Université (très catholique) de Liège, et celles d'Amsterdam par les étudiants de l'Université d'Amsterdam. Cependant les étudiants de l'Université de Louvain, qui eux aussi voulaient jouer la pièce, se heurtèrent à l'opposition du recteur.

 

En 1953, Jean-Louis Barrault, qui avait été un des premiers à demander la pièce, la redemanda pour inaugurer avec elle le « Petit Marigny ». L'auteur accepta, car il avait déjà remanié son texte, et on passa des auditions. Mais on renonça devant l'impossibilité de trouver un garçon, paraissant l'âge de seize ans, qui pût jouer le rôle de l'aîné des collégiens.

 

En 1955, le nouvel administrateur de la Comédie-Française revint à la charge pour obtenir La Ville. La même année, projet de donner la pièce au Théâtre Saint-Georges, où a été créé Fils de personne. Le metteur en scène sera Jean Meyer qui vient de mettre en scène Port-Royal à la Comédie-Française. On passe des auditions et on ne poursuit pas.

 

En 1957, un enregistrement sur disques est édité par Pathé-Marconi. Donné deux fois à la Radiodiffusion nationale française, il rencontre lui aussi un succès unanime et sans réserves. Il reçoit le Grand Prix de l'Académie du disque Charles Gros.

 

Mais, ici, nouvel incident singulier Le nom d'un des collégiens, dans la première édition, était Sandrier. Un M. Sandrier s'en émut et menaça. Sur le conseil de son éditeur et de son avocat, l'auteur s'inclina et le nom fut changé en celui de Soubrier Protestations, cette fois d'un M. Soubrier L'auteur s'inclina encore. Il n'y eut pas de difficultés pour le volume, où le nom devint Souplier Mais la maison Pathé-Marconi déclara que la modification du nom, sur disques (où il était répété quelque soixante-quinze fois), endommagerait la qualité de l'enregistrement. La vente des disques fut donc arrêtée après leur première édition. Or, l'émission radiophonique était faite à partir des disques, et les émissions radiophoniques durent être interdites non seulement en France, mais dans tous les postes étrangers susceptibles d'en faire une émission en direct ou à partir de l'enregistrement.

 

Par la faute d'une seule personne, un auteur dramatique perdait et de façon définitive le bénéfice d'un enregistrement remarquable et de sa radiodiffusion. Ce dernier cas, lui aussi unique, mériterait l'attention tant des auteurs que des juristes.

 

L'auteur et le metteur en scène

L'auteur et le metteur en scène

 

 

En 1966, l'auteur jugea que les temps, en quinze ans, avaient suffisamment changé pour que la pièce pût être représentée, surtout dans un texte remanié de nouveau, où il aurait supprimé certaines phrases qui le gênaient, si elles ne gênaient pas une grande partie du public, et fait de notables additions. Cette version a été soumise à un ecclésiastique qui occupe un rang distingué dans la hiérarchie.

 

L'auteur

L'auteur

 

 

C'est elle qui sera créée en décembre 1967 au Théâtre Michel, mise en scène par Jean Meyer.

Les représentations de la pièce restent interdites à l'étranger, l'auteur tenant à ce que la seule interprétation et la seule mise en scène soient celles du Théâtre Michel. Ce « texte de 1967 », que l'auteur considère aujourd'hui comme la seule version valable de sa pièce, est publié en même temps en édition courante par les Editions Gallimard.

 

La Ville a eu trois éditions de luxe illustrée de photos par Marcelle d'Heilly (Pion, édit. 1952) de lithos par Edouard Mac'Avoy (Société de bibliophiles « Hippocrate et ses amis» , 1961) une troisième édition, de grand luxe, en paraît au moment de la création de la pièce, avec gravures en couleurs de Raymond Carrance, chez l'éditeur d'art Dominique Viglino (Bourg-la-Reine).

 

Le tirage de La Ville dont le Prince est un Enfant en langue française s'élève à 125.000 exemplaires dans la seule édition courante (sans qu'il y ait eu d'édition bon marché), ce qui est sans doute assez rare pour une pièce de théâtre qui n'a eu en tout que sept représentations données par des amateurs. Simultanément paraît dans « Le Livre de Poche » le premier ouvrage d'Henry de Montherlant, La Relève du matin, consacré aux collèges catholiques, et dont il a écrit qu'il était comme un fond sonore de La Ville, ou plutôt que les deux oeuvres se complètent, « s'étagent ». "

 

 

Les comédiens (montage de Gérard F. avec les photos du programme)

Les comédiens (montage de Gérard F. avec les photos du programme)

 

 

 

Couverture de l'édition originale (1951)

Couverture de l'édition originale (1951)

Didier Haudepin et Philippe Paulino dans La Ville dont le prince est un enfant, d'Henry de Montherlant, à sa création en 1967.

Didier Haudepin et Philippe Paulino dans La Ville dont le prince est un enfant, à la création en 1967

 

pour retrouver Henry de Montherlant sur le blog: Demain il fera jour d'Henry de Montherlant au Théâtre de l'Oeuvre dans une mise en scène de Michel Fau,  Lorsque Egermeier photographiait l'intimité de Roger Peyrefitte et d'Henry de Montherlant,  Le "chevalier" de la correspondance Montherlant - Peyrefitte: Henry HoussayePeyrefitte et EgermeierLa Ville dont le prince est un enfant : le programme de la création en 1967 .

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Gérard Lampon 20/12/2013 09:30

Je répondais à votre commentaire qui parlait de La Cravache. Quant au fait que vous ne soyez plus éditeur de DVD, je l'ignorais, et j'espère que vous reviendrez vite sur le marché.

Pour La Ville, j'ai beaucoup aimé votre DVD, notamment grâce aux nombreux bonus dont vous l'avez enrichi. Mais, en ce qui concerne le film proprement dit, je déplore que Malavoy ait trahi
Montherlant en choisissant pour jouer Souplier un acteur de 12 ans alors que dans la pièce il a 14 ans. Montherlant, pour les représentations de sa pièce, tenait beaucoup à ce que les Souplier
successifs aient toujours l'âge du rôle.

lesdiagonalesdutemps 20/12/2013 12:59



merci pour les compliments mais il est hors de question que je redevienne éditeur. Le dvd se meurt...


En ce qui concerne l'âge c'est assez discutable,il ne faut pas oublier que le film de Malavoy s'inspire aussi du roman "Les garçons". En outre un garçon de 12 ans d'aujourd'hui (physiquement) est
très proche d'un garçon de 14 ans du début du XX ème siècle.



Gérard Lampon 20/12/2013 00:39

non, désolé. Nous comptons sur vous pour l'éditer en DVD.

lesdiagonalesdutemps 20/12/2013 07:06



je ne comprend pas bien votre message. D'abord cela fait plusieurs années que je ne suis plus éditeur et ensuite j'ai déjà édité La ville.



Gérard Lampon 16/12/2013 01:43

Philippe Paulino est sur Facebook : https://www.facebook.com/philippe.paulino.10
Parmi ses 15 "amis", il y a... Didier Haudepin.

C'est un psychiatre établi à Lyon. Il a aussi publié deux romans :
http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2012/10/romans-francais/aux-jambes-dagnes-de-philippe-paulino

Gil de Lesparda (Souplier durant la saison 1970-71) a joué notamment dans "What a flash", le célèbre film expérimental de Jean-Marc Barjol
http://php88.free.fr/bdff/image_film.php?ID=8717
et dans "La Cravache" de Pierre Kalfon

lesdiagonalesdutemps 06/02/2015 10:32

Merci pour ce rectificatif.

Nuyten Paolo 05/02/2015 23:30

Gil de Lesparda n'a jamais joué Souplier, il a repris le rôle de Giles Raab, le lycéen, collègue de Sevrais.

lesdiagonalesdutemps 16/12/2013 07:08



Merci de ses informations


au sujet de "La cravache" film que j'ai vu à sa sortie; sauriez vous où peut on le voir



xristophe 06/12/2013 17:36

Votre offre me fait très plaisir et votre humble commentateur va donc vous contacter... Et je vous reparlerai de l'œuvre ayant rafraîchi mes impressions. C'est vrai, j'avais oublié Michel Aumont -
acteur que j'aime bcp... (J'ai du mal à l'imaginer en "Supérieur" très sévère... !)

Bruno 06/12/2013 00:24

Yves Brainville en ecclésiastique, peut être dans "La Ville..."ici :
http://php88.free.fr/bdff/film/1999/0065/02c.jpg

lesdiagonalesdutemps 06/12/2013 07:23



c'est en effet dans "La ville", merci pour le document.



openbrief 05/12/2013 22:10

avec les amitiés particulières, ce fut deux oeuvres révélatrice de ma vraie personnalité

xristophe 05/12/2013 22:10

Quelle histoire, Sandrier et Souplier ! Montherlant pour une fois pas inspiré... "Vous voulez finir dans un cendrier ?" plaisante Woody Allen pour Diane Keaton, qui traîne sous un orage à Central
Park. (Les cendres heureusement de Montherlant, elles, sont à Rome!) "Souplier", ce si joli nom, s'impose pourtant pour un "serpenteau fluide" (H. de M.): il aurait pu le trouver tout de suite...
Fin 67, j'ai été au théâtre Michel deux fois : la deuxième fois hélas c'était Pascal Bressy qui jouait Souplier : à tous points de vue bcp moins bien que le serpenteau Paulinot. Jean Deschamps
(Comédie Française ? TNP ?) était superbe. Mais l'intensité, surtout, de Paul Guers était phénoménale. J'achèterais bien vos DVD mais juste pour les miettes sauvées de la version Michel. (Je n'ai
guère aimé cette version télé) Je ne félicite pas la Productrice Madame X Z.

Miguel Angel Katalinic Ramírez 05/11/2014 21:59

Il y a un DVD de cette oeuvre ? Où, je suis du Chili ... Je voudrais l'avoir ...

lesdiagonalesdutemps 06/12/2013 07:20



Il ne faut pas resté bloqué sur ses souvenirs. Certes Paul Guers était exceptionnel, voilà un acteur qui n'a pas eu la carrière que son talent méritait mais Malavoy ne démérite pas et Michel
Aumont est remarquable comme d'habitude quant à Nael Marandin je le trouve meilleur que Didier Haudepin. Au contraire il faut féciliter Dominique Antoine (que j'ai interviewé sur le dvd que
j'aurais plaisir à offrir à mon grand commentateur, s'il le désire, il suffit de me contacter au bernar.a@wanadoo.fr). Mais c'est un abusif de comparer le film avec la pièce d'abord ce n'est pas
le même médium et aussi du fait que Malavoy a eu la bonne idée d'y ajouter des morceaux des garçons pour l'aérer sinon autant faire une captation. La mise en scène de Boutron en 1994 était très
bien et peu différente de celle de Jean Meyer et cette fois Marandin dans le rôle de Souplier faisait presque oublier ses prédécesseurs.