La tristesse ignorait les yeux qui m’ont souri. Paul-Jean Toulet (1867-1920)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Une vieille maison au jour presque tari,Où des pas du dehors chaque poutre frissonne,Dont le cartel chevrote à toute heure qui sonne :C’est ici qu’on aima naguère et qu’on souffrit ;
- Le parc mélancolique engourdi par l’automne¹,Tristement enflammé d’un soleil qui périt ;
- La rose qu’un matin fait naître, et qu’il flétrit ;
- Le clavecin sans voix où votre main s’étonne ;
Tout cela tristement nous parle d’autrefois ; Mais qu’importe : les chants et des fleurs dans les bois
Renaîtront pour orner le printemps de votre âge.
Goûtez-les sans songer au temps qui nous meurtrit, Et puisse sans mentir dire un jour cette page :
La tristesse ignorait les yeux qui m’ont souri.



Paul-Jean Toulet (1867-1920) 

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