La lecture d'Artprice

Publié le par lesdiagonalesdutemps

La lecture du rapport annuel d'Artprice sur le marché de l'art contemporain est toujours très instructif. Il le sera encore plus l'an prochain puisque le rapport 2009 sera fait après la "crise" contrairement à celui que j'ai sous les yeux, mais qui est néanmoins riche d'enseignements. La géographie du commerce de l'art d'aujourd'hui et donc de sa production, qu'on le veuille ou non, se modifie progressivement. La grande nouveauté est l'émergence de la Chine qui a pour corollaire le recul de l'occident et en particulier de l'Europe.
Dans le domaine des ventes aux enchères, le seul que l'on peut véritablement quantifier sérieusement, New-YorkNew-YorkNew-YorkNew-York est toujours la première la première place avec un total des ventes s'élevant à 348 m €. Le Royaume uni arrive en deuxième position avec 262 m €. Il est maintenant talonné par la Chine, 259 m €. La France arrive en quatrième position, très loin derrière avec 15 m €, tout près d'elle, Singapoure 13 m €. Les multiples autres places font toutes moins de 10 m €. En regardant ces chiffres on voit combien ce commerce se limite en bien peu d'endroits sur la planète.
Mais l'émergence de la Chine est encore bien plus nette, si l'on s'intéresse aux ventes des artistes chinois. Ces dernière transactions sont loin de se réaliser uniquement en Asie. Les artistes chinois investissent principalement le champ de la peinture contrairement aux jeunes artistes occidentaux qui depuis maintenant de nombreuses années se tournent surtout vers les installation et  d'une manière générale vers ce que j'appellerais l'art conceptuel, à défaut de trouver un terme plus approprié. J'ajouterais que si les artistes chinois pratiquent surtout la peinture, souvent ils y adjoignent un autre médium principalement la photographie, mais aussi occasionnellement la sculpture et des installations. Mais chez eux "le fait main", même si certains se font aider, comme partout, par des assistants, à encore une grande importance.
Cette livraison d'Artprice nous apprend aussi que Sept des dix peintres contemporains (c'est à dire vivants au moment de la vente) les plus chers sont chinois! La peinture sauvé par la Chine c'est un peu l'impression que l'on pourrait avoir , vu de Paris où la peinture nationale est étouffée par "un art officiel" promu par les FRAC, émanation du corps des conservateurs de musée et plus généralement du monde institutionnel de l'art en France.
Cette vue pessimiste de la peinture (sous ce terme que je veux générique j'inclus dessin, gravure et toutes autres expressions graphiques) serait une erreur de perspective qui oublierait la vigueur de la peinture allemande et dans de moindres proportions celle de l'américaine et de l'anglaise notamment.
Autre connaissance que m'apporte cette lecture est que les artistes dont la cote est la plus élevée oeuvrent en trois dimensions. Je n'ose avancer pour ceux-ci le mot de sculpture, tant leur mode d'expression est éloigné de l'image qui se présente à notre esprit lorsque l'on emploie ce mot. D'autre part ces artistes, parallèlement à l'élaboration d'oeuvres originales, dont les prix atteignent des sommets, ont mis au point une véritable industrie des multiples...
Je vous rappelle que tout cela était avant la crise qui ne devrait pas avoir sur le marché de l'art que des conséquences négatives...

Publié dans métapolitique

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