La conjuration de Baal de Christophe Simon et Michel Lafon

Publié le par lesdiagonalesdutemps



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Alix et Enak sont en villégiature à Pompéi, reçus par l'édile de la ville, lorsque une nuit un un homme est poignardé à mort à la porte de la villa. L'infortuné a juste le temps de prévenir le garçon que César est en danger et de prononcer le sinistre mot de Baal. Nos héros rejoignent Rome pour constater que des sectateurs de Moloch y font régner la terreur et qu'ils sont à la solde du grand Pompée.

Le scénariste de cette aventure, située entièrement en Italie, elle commence et se termine à Pompéi, Michel Lafon, l'a située immédiatement après celle du « Dieu sauvage, la neuvième dessinée par Jacques Martin. Pour cela Lafon ressuscite la secte des molochistes que l'on avait cru éradiquée depuis « Le tombeau étrusque ». Ce retour s'il fait que le lecteur fidèle des aventures d'Alix se retrouve immédiatement en pays connu, manque d'originalité, même si cette fois les adorateurs du dieu dévoreur d'enfants sont aussi des affidés de Pompée, ce qui est une pure invention historique, Pompée n'ayant à ma connaissance aucune accointance avec des adorateurs de Baal.

 

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Bientôt Enak est enlevé par les conjurés et après une exposition bavarde de la situation politique à Rome, la suite de l'album se résume presque à la tentative d'Alix pour sauver son ami.

C'est un peu mince comme ressort scénaristique et le moins que l'on puisse dire c'est que cela ne renouvelle pas la saga d'Alix et Enak. D'après la postface que donne Michel Lafon à l'album le renouvellement n'était pas son but, il a voulu clore la geste des cinq premiers albums des aventures d'Alix, Alix l'intrépide, Le sphinx d'or, L'ile maudite, La tiare d'Oribal et la griffe noire que le scénariste considère comme une seule et même histoire qui forme le socle sur lequel se développera toute la geste alixienne, tout en se réclamant, avec la résurgence des molochistes, du Tombeau étrusque. Si on ne peut être que d'accord avec cette analyse on ne voit pas bien ce qu'apporte « La conjuration de Baal » malgré le talent de Christophe Simon à ce piédestal. On a parfois à la lecture de ce trentième opus alixéen, d'être devant une compilation des passages obligés des aventures du jeune gaulois romanisé, rien ne manque l'insaisissable Arbaces, Enak en appât, le félon que l'habitué du jeune gaulois aura vite démasqué, les jeux politiques compliqués de César, l'avidité de pouvoir du grand Pompée...

 

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J'approuve pleinement Michel Lafon lorsqu'il écrit: << Il faut donner à toutes nouvelles aventure d'Alix et d'Enak la chance de remonter à ces sources inspirées et de partager un peu de leur puissance mythique.>> mais plus qu'un approfondissement des thèmes de Jacques Martin, on a un peu l'impression d'être dans cette conjuration de Baal face à un trop sage hommage.

Le dessin de Christophe Simon est presque sans reproche. On peut juste lui reprocher un encrage parfois un peu lourd qui enlève un peu du dynamisme naturel que possède son crayonné. Plus à l'aise dans les anatomies que dans les décors Simon privilégie les gros plans de ses héros. La mise en couleur, très soignée, est dominée par les bruns et les rouges sombres. Elle est pensée par doubles pages qui offrent ainsi de beaux camaïeux au lecteur.

La conjuration de Baal est un trop classique démarquage des premiers albums de Jacques Martin que Christophe Simon magnifie par son dessin bien maitrisé. 

 

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argoul 10/11/2011 11:09


Belle note qui confirme l'après-Martin : dessins inégaux (ici TB) et scénarios indigents. je ne vais pas l'ajouter à ma collection...


lesdiagonalesdutemps 10/11/2011 15:06



Je n'ai pas écrit que le scénario était indigent, ce qui n'est pas le cas mais seulement voulu dire qu'il était un démarquage trop fidèle de ceux de Martin. Certains scénarios des derniers Alix
sont fort bons