L'exposition Matisse, Cézanne, Picasso... L'aventure des Stein se déroule au Grand Palais

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Exposition Les Stein Grand Palais

 

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De gauche à droite : Léo, Gertrude, Allan, Theresa Ehrman, Sarah et Michael Stein
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Sarah et Michael Stein par Matisse

 

Vous ne verrez aucune photo prise par moi-même de cette très belle exposition

Le peintre Henri Matisse déjeunant avec les Stein, rue Madame.

qui réunit un ensemble exceptionnel d’oeuvres des différentes collections des Stein, on peut y voir des toiles de : Renoir, Cézanne, Picasso, Matisse, Manguin, Bonnard (la sieste qui est montré ici est un de ses tableaux les plus sensuels et forts) , Vallotton, Laurencin, Gris, Masson, Picabia..., car même durant le vernissage, les gardiens étaient d'une pointilleuse vigilance, c'est d'autant plus dommage que le superbe catalogue est fort lourd et cher, 50 euros et que le choix de cartes à l'achat dans la boutique que vous êtes contraint de traverser pour sortir de, je le répète, cette extraordinaire exposition, est limité et ne propose que des reproductions de tableaux célèbres alors que le principale intérêt de la manifestation est de nous faire découvrir des oeuvres rares comme le portrait d'Allan Stein par Picasso.

sur la photo ci-dessus, prise au 58 rue Madame, à Paris. De gauche à droite : Michael et Sarah Stein, Henri Matisse, Allan Stein et Hans Purrmann.

 

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A ces découvertes s'ajoute la possibilité d'admirer le magnifique garçon conduisant un cheval, chef d'oeuvre de la période rose de Picasso ou un choix exceptionnel d'oeuvres de Matisse comme la femme au chapeau, chef d'oeuvre de la période fauve du peintre ou le moins connu thé au jardin où perce une naiveté rare et reposante chez Matisse. Ce grand tableau représentant Marguerite et le modèle Antoinette Arnoud dans le jardin d’Issy, est présenté au Salon d’automne de 1919. Il constitue le dernier chef d’oeuvre à entrer dans la collection de Sarah et Michael, qui l’acquièrent en août 1925. Ceux-ci l’emportent aux États-Unis en 1935 et Sarah le conserve jusqu’en février 1949. Roger Fry, qui a pu revoir le tableau chez les Stein, y voit “l’une des expressions les plus parfaites du génie de Matisse : les arabesques largement simplifiées, claires sur fond obscur, sombres sur fond clair, s’opposent avec un rare bonheur, tandis que la scène simple et familière se pare d’une ampleur majestueuse sans grandiloquence”

 

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      thé au jardin de Matisse

 

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la femme au chapeau de Matisse


Autre chance, celle de voir des oeuvres de  Pavel Tchelitchev  dont le portrait de Crevel ce qui est rarissime au bord de la Seine. On peut admirer également un superbe Manguin, peintre qui à mon avis n'a pas la place qu'il mérite dans l'histoire de l'art, et qui démontre combien Picasso et Matisse doivent à cet artiste.

 

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Picasso

 

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portrait de Derain par Matisse


L’exposition retrace l’histoire de cette famille à travers huit sections : « The Big Four », « Une modernité classique », « La révélation « fauve » », « Le Salon de la rue Fleurus », « Matisse », « Picasso », « Gertrude Stein, entre aura et narcissisme », « Gertrude Stein, protectrice des arts, années 20-30 ». Certains tableaux ne sont plus revenus en France depuis trois quarts de siècle et parfois plus encore. Trois institutions ont uni leurs forces pendant près de cinq ans : la Réunion des musées nationaux pour la France, le San Francisco Museum of Modern Art et le Metropolitan Museum of Art de New York. Une initiative suffisamment rare pour que Cécile Debray, la commissaire française de l’événement, le souligne : "Aujourd’hui, on ne pourrait plus se lancer dans un tel projet." La faute à la crise sans doute.

 

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Leo Stein Autoportrait (détail)

 

 

Un peu en marge de la manifestation, un espace est dévolu à la villa dans laquelle s’installent Léo Stein et sa femme Sarah en 1928  qu’ils font construire par Le Corbusier, à Garches. Ils y habiteront jusqu’en 1935 alors qu’ils décident de rejoindre les Etats-Unis face à la montée des périls fascistes.

 

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Gertrud Stein et Alice B. Toklas, rue de Fleurus

 

 

Henri Matisse, Garçon au filet à papillons (Allan Stein) 1907. 

  

La muséographie est soignée de nombreuses photos (dont quelques unes de Cecil Beaton), mais on en aurait aimer encore plus, montrent les intérieurs de la famille Stein, en particulier celui du célèbre appartement de la rue de Fleurus où les tableaux étaient accrochés sur les murs à touche touche. On y voit aussi Gertrude, accompagnée de sa compagne de toute une vie, Alice B. Toklas.

 

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Je ferais néanmoins une critique à cette exposition qu'il faut absolument voir, l'aspect biographique de la fratrie Stein n'est pas assez développé notamment la situation de Gertrude Stein durant la dernière guerre, juive américaine, elle n'a jamais été inquiettée durant la deuxième guerre mondiale, protégée qu'elle était par Bernard fay pour en savoir plus il faut lire le précieux livre d'Antoine Compagnon, Le cas Bernard Fay  .Pour en savoir plus sur cette extraordinaire famille, il faut faire l'acquisition du somptueux catalogue qui outre la reproduction des oeuvres exposées contient un véritable album de photos de la famille Stein, voir les images des murs de leurs résidences où les chef-d'oeuvre, dans les grandes années étaient à touche touche. Dans ce gros et beau volume on y lit surtout le roman des Stein et on découvre combien Gertrude a tiré la couverture de la postérité à elle, éclipsant son frère Léo, grand tourmenté et peut être le plus intéressant de la famille. Il est passionnant d'y lire des jugements, ceux de Léo dont les considérations sur l'art sont d'une stupéfiante intelligence, sur des peintres que leurs notoriétés actuelles amènent à porter aux pinacles, en chatrant l'esprit critique que l'on pourrait avoir sur eux. Qui aujourd'hui oserait, écrire, même dans une correspondance privée que Renoir et Manet ont un intellect limité, ce qui pourtant me parait très juste. 

 

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Renoir

 

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Matisse Nu Bleu: Souvenir de Biskra

 

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Le fameux portrait de Gertrude Stein par Picasso que l'on aperçoit dans le dernier Woody Allen


Henri Matisse, Femme en Kimono, v. 1906

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Scène de bal (Bal à l’opéra)

 

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Pablo Picasso
Autoportrait, 1906

 

 

 

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Ci-dessous magnifique portrait du jeune Allan Stein, le neveu de Gertrude, je n'ai pas été le seul à me pâmer devant ce beau jeune homme, outre le tenancier de l'excellent blog la mémoire qui flanche auquel j'empreinte cette image, le garçon a inspiré un roman des plus gay, paru en 1999, intitulé prosaiquement Allan Stein écrit par Matthew StadlerLe roman a remporté le Prix littéraire Lambda réservé aux fictions gays! Au début du roman, le protagoniste perd son poste d'enseignant en raison de la fausse accusation d'avoir séduit un de ses étudiant. Ce qui lui donne l'idée de le séduire, ce qu'il fait puis quitte les Etats-Unis pour la France. Là, il prend le nom d'un ami, «Herbert», et prétend être un conservateur  à la recherche des dessins préparatoire perdus de Picasso pour le portrait d'Allan Stein. Il utilise sa nouvelle identité pour séduire le fils de ses hôtes, Stéphane un garçon de 15 ans. Le héros enlève littéralement le garçon, les deux amants partent ensemble pour le sud de la France. Mais Stéphane retourne chez ses parents quand il découvre que le narrateur a menti sur son nom. C'est seulement à ce moment que le lecteur découvre le vrai nom du narrateur: Matthew... Pour expliquer pourquoi il avait pris le nom d'Allan Stein pour titre Stadler a déclaré: «Allan a été un gamin entouré par des adultes puissants, et mon travail a toujours été axée sur les enfants qui vivent au milieu de d'adultes forts." Que font les traducteurs! Voilà un livre que l'on attend en français et qui pourrait avec le beau tableau de Picasso, bénéficier d'une jaquette exceptionnelle.  


Portrait aux cheveux bouclés, pull marin (Allan Stein)
Allan Stein vu par Matisse
Ci-dessous une antique émission de France-Culture sur Gertrude Stein
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