Kenya 4, Amboseli - Tanzanie - Arusha - lac Manyara

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Lever tôt pour un safari presque à l’aube, le meilleur moment pour admirer le Kilimandjaro mais qui malheureusement restera jusqu’à ce qu’on le quitte des yeux dans la brume.
Des petits singes s’ ébattent sur l’herbe devant nos confortables bungalows que dore déjà le soleil. Il est temps de partir.

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Dès la sortie de l’hôtel nous rencontrons gnous et zèbres accompagnés de leurs précieux pique-bœuf.

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Dangereusement un peu à l’écart de la troupe, une mère qui vient de mettre à bas; spectacle toujours attendrissant. Curieusement lorsque les bébés zèbres naissent, ils ont un duvet orange sur leurs lignes noirs...

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En continuant la piste, nous longeons une belle étendue verte mais je m’aperçois que ce que je prenais pour une vaste pelouse d’herbe et en réalité un marais d’où émergent un buffle et un peu plus loin un bel hippopotame.

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Mais tout cela n’est qu’apéritif, car lorsque l’on vient à Amboseli s’est pour voir les éléphants qui font la célébrité du parc. Il y en a environ 1200 qui y résident. La réserve a été mieux protégée que d’autres des braconniers durant les années 70-90. Ce qui a permis de préserver des familles entières de la matriarche jusqu’aux bébés.
Et puis soudain, là bas, derrière des autruches hautaines qui s’agitent, une famille de pachydermes. Une simili piste semble conduire jusqu’à eux. Nous la prenons et nous voici bientôt à pied d’oeuvre pour tirer le portrait de ses imposants animaux. Les pachydermes tolèrent notre présence mais nous ne nous approchons pas trop près par prudence, et surtout pour ne pas troubler le quotidien de la harde. Les éléphants, qui ont la vue basse, ne nous aperçoivent seulement lorsque nous sommes tout à coté d’eux, mais ils ont l’oreille fine et l’odorat très développé, si bien qu’ils  ont peut être décelé notre présence avant même que nous les apercevions.

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Les éléphants vivent en famille dans une organisation sociale complexe, selon un régime matriarcal. La famille est dirigée par des femelles guides. Ce sont elles qui marchent en tête de la troupe dans une stricte discipline hiérarchique. Une fois adulte les mâles sont écartés de la famille. Il ne la rejoigne que pour les saillies. Faut il encore pour le mâle que l’accouplement soit autorisé par la femelle dominante du groupe! Autrement les mâles se regroupent et vivent en troupes informelles.

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Tous les éléphants d’Amboseli sont répertoriés. Ils portent un nom et l’on connaît leur généalogie. Certains sont affublés d’un gros collier possédant un système radio qui émet 24 heures sur 24. On peut ainsi les suivre et étudier leurs déplacements. Dans le “National Geographic” (édition française) de septembre 2008, un long article explique très bien le travail d’étude et de sauvegarde des éléphants réalisé depuis quelques années. Pour poursuivre dans le registre livresque, un livre m’a fait rêver dans mon enfance, c’était “La grande aventure des éléphants” de Georges Blond dans la belle collection toilée et illustrée (cet ouvrage par René Péron) de GP. Si de nombreuses informations sont aujourd’hui obsolètes, il garde encore,  malgré sa désuétude, un grand pouvoir de faire rêver son lecteur. Il est toujours bien serré dans une de mes bibliothèques au coté d’un autre volume de la même série “A la poursuite des gorilles” d’Albert Mahusier. Georges Blond dans ses dernières pages était bien pessimiste sur le devenir de ce magnifique animal. Il stigmatisait le goût du sang du chasseur blanc et craignait que les pouvoirs noirs qui se mettraient bientôt en place seraient pires pour l’éléphant que celui des coloniaux. L’avenir lui a malheureusement donné raison. On estime que le Kenya a perdu la moitié de ses 120 000 éléphants entre 1970 et 1977. Depuis 1989, date de l’interdiction du commerce de l’ivoire, le nombre d’éléphants est en légère progression chaque année.
L’un des rêves de tous les photographes animaliers est de réaliser l’image d’une famille d’éléphants devant le kilimandjaro, malheureusement si les éléphants sont bien là, la montagne reste dans la brume et sa silhouette est à peine visible.

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Juste avant de quitter le parc nous croisons une petite troupe de girafes.

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Il y a 20 ans, à peu près au même endroit, Jean-Claude Claude Farjas avait portraituré leurs mères.

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Nous quittons le parc pour mettre le cap vers la frontière tanzanienne toute proche. Nous sommes un peu triste car nous allons quitter notre guide et notre petit car pour un autre équipage. Les formalités ne sont pas trop tatillonnes et nous voilà reparti avec un nouveau guide chauffeur, cette fois dans une land cruiser Toyota pour Arusha, lieu de notre déjeuner.
Les premiers kilomètres en Tanzanie nous font découvrir une campagne riante très cultivée. C’est l’oeuvre des mulus, tribu d’agriculteurs qui vivent dans cette contrée. Ils ressemblent aux masais, même bâton et même tissu jeté en travers des épaules mais cette fois d’un bleu tirant sur le violet. Si les masais ne sont qu’éleveurs, louant à des agriculteurs leurs terres, les mulus eux ne vivent que de la culture.
La Tanzanie est grande comme deux fois la France. Si le nord, comme je le constate, est relativement fertile, une grande partie du pays est désertique. Le pays, très hétérogène a d’abord été une colonie allemande avant de devenir un protectorat britannique à partir de 1920, date à laquelle le pays fut amputé du Ruanda et du Burundi confiés à la Belgique.
Tout le long de la route on ne voit qu’hommes et femmes charrier des jerricans d’eau et bien d'autres marchandises, à pied, qui sur l’épaule, qui sur la tête, d’autres tirent des voitures à bras enfétées de bidons alors que d’autres encore préfèrent le vélo installant les jerricans en équilibre instable sur leur machine. L’eau est sans doute le plus grand problème de l’Afrique. Elle y est rare et lorsqu’il y en a, faut il encore l’acheminer.

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Sur le bord de la route, loin d'un parc, des girafes se délectent de feuilles d'acasias.

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Assez vite le pays se désertifie. Nous constatons les dégâts laissé par el nino en 1998. Des ravins ont été creusés par l’eau qui a tout emporté sur son passage. Il y eut de nombreuses victimes.
Nous sommes bientôt dans les faubourgs cossus de la ville et nous passons devant le Tribunal international qui traite du génocide de Ruanda. J’aime toujours mettre des images sur les lieux cités dans la presse ou à la radio. Pour Arusha cela sera dorénavant possible.
Ce nom a pour moi une résonance particulière, car je l’ai entendu prononcé souvent par Gérard Blain, car c’est dans le petit parc d’Arusha, que malheureusement nous ne visiterons pas, qu’eut lieu le tournage du film d’Howard Hawks, Hatari dont Blain était l’une des vedettes aux cotés de John Wayne et d’Hardy Kruger. Hatari fut le sommet de sa carrière d’acteur.

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Nous prenons une longue route droite entre deux rangées de grands arbres, bordée de chaque coté par des plantations de caféiers bien alignés. Nous dépassons un cavalier sur un superbe cheval, ça et là de belles villas, un autre univers.
L’hotel où nous allons déjeuner le Moivaro coffee plantation est au bord de cette route. Le repas est servi dehors à l’ombre d’une paillote dans un superbe parc.
Peu de temps après avoir quitté l’agréable lieu de notre déjeuner la campagne se désertifie de nouveau pour reverdir à l’approche du parc du lac manyara. Il fait 330 km 2 dont 230 pour le seul lac.
Le safari n’est qu’une lente descente en un sous bois où l’on reconnaît baobab, arbres à saucisses, ficus... sur une piste ombragée. La bande son est assurée par les grands calaos, que malheureusement je ne parviens pas à apercevoir, et les petits singes arboricoles. Dès le début de la rampe nous nous trouvons dans une forêt tropicale une troupe de babouins batailleurs nous barre le passage. Ils s’écartent de mauvaise grâce devant la voiture. Ces bandes peuvent être constituées d’une centaine d’individus!

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Plus loin nous nous extasions sur des impalas dans ce décor sylvestre.

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Soudain surgissent de la ramures des éléphants comme ces animaux sont étonnant par leur faculté de s’adapter à des biotope  complètement différents ce matin nous les avions quitté dans un quasi désert et nous les retrouvons en cette fin d’après midi dans une touffue forêt tropicale.

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Les arbres sont maintenant moins serrés. Dans une clairière des girafes broutent des épineux.

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La piste débouche sur le lac ou plus exactement sur l’hippo pool local. Les grosses bêtes se sont réservé une piscine probablement plus profonde que le reste du lac qui est donc toujours alimentée en eau. Nous mettons pied à terre pour nous approcher de l’eau où barbotent les hippopotames mais une barrière nous stoppe trop loin à mon goût d’autant que la troupe est bien placide ce qui n’est pas propice à des photos spectaculaire. En plus il m’ est difficile de photographier ces beaux animaux car je suis attaqué par une multitude de mouches particulièrement vindicatives. Les hippo doivent partager leur piscine avec des oiseaux de toutes sortes. Plus loin la plaine est peuplée de gnous.

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Du lac nous apercevons notre hôtel qui domine toute cette dépression qui marque l’entrée dans la rift valley.
En quittant les hippopotames, pour moi avec regret, nous pouvons observer une famille de calaos terrestres, ou bucorves, à la recherche de leur pitance, petits rongeurs, tortues, lièvres que nous verrons déguerpir, serpents, lézards...

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Puis c’est à nouveau un éléphant qui semble nous regarder passer. Il finit par traverser la piste.

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Sur le chemin du retour nous admirons de majestueux arbres.

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Après quelques inquiétude sur notre lieu de résidence car pour y accéder nous traversons un marché sur une piste épouvantable, l’hôtel ne nous déçois pas et a une belle vue panoramique sur le parc.

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Nous essayons devant le panorama de repérer où nous étions il y a quelques minutes. Je décide ensuite d’imiter les hippopotames en faisant une quinzaine de minutes de longueurs dans la belle piscine de l’hôtel qu’enjambe un petit pont japonisant...
De la chambre nous admirons la nuit qui tombe sur le parc.

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