Kenya 3, Masai Mara - Nairobi - Amboseli

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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C’est avec regret que ce matin, nous quittons notre havre de paix et de luxe de Masai Mara car nous savons que toute une journée de maltraitance routière nous attend. Dès notre départ pour cette première demie étape qui doit nous emmener déjeuner à Nairobi, je vérifie que l’état du réseau routier kenyan ne s’est pas amélioré, bien au contraire depuis 20 ans. Mais sans doute que si j’avais retardé mon voyage d’un an, mon opinion aurait été tout autre, car nous dépassons d’énormes travaux de réfection et même de construction de routes. Sur l’un des chantiers, j’ai la surprise de voir flotter le drapeau de l’Union Européenne. Notre guide nous apprend que ces travaux sont financés par l’Europe, ici c’est la France qui est responsable du chantier, sur un tronçon suivant c’est cette fois l’Italie. Plus loin c’est une firme chinoise qui refait la route...
Toutes les deux heures nous faisons une petite halte pour soulager nos vessies et nous dégourdir les jambes. A l’une d’elles je croise ce beau guerrier de bois.

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Entre bosses et cahots je ne perd pas une miette du spectacle de ce quotidien africain que nous propose la route. Imphotographiable en raison des trépidations incessantes. Durant toute la traversée du pays Masai qui ne se termine qu’un peu au sud de Nairobi, nous ne faisons que croiser que des troupeaux, de vaches masais, parfois d’ ânes, mais le plus souvent de chèvres. Ils sont presque toujours gardés par des enfant qui le plus souvent n’ont pas plus de 6 ou 7 ans.
J’aperçois souvent l’image, qui est pour moi, la plus symbolique du Kenya, deux longues silhouettes drapées de rouge cheminant dans la savane. Elle apparaît fugitivement, bientôt dévorée par la route pour mieux resurgir, presque identique quelques kilomètres plus loin. Mais parfois comme ci-dessous, les masais ne dédaignent plus l'automobile.

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La halte de midi est la bien venue pour nos reins en compote. Sand doute pour nous consoler de cette aride journée nous nous arrêtons dans l’un des restaurant les plus courus de la capitale kenyane, “Le carnivore”. Un des rares endroits du pays où l’on peut manger de la viande d’animaux sauvages (en réalité très probablement semi-sauvages). La viande est a volonté et l’on peut s’en empiffrer jusqu’à satiété. Nous avons donc pu apprécier la viande de phacochère, de chèvre, d’autruche et plus banalement de porc et de mouton. Et j’ai surtout pour la première fois de ma vie goûter la chair de crocodile qui ressemble... à de la cuisse de grenouille!

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Nous repartons sérieusement lestés, nous devrions moins tressauter sur les cahots de la route, avec le parc d’Amboseli pour but.
Mes compagnons de voyages sont tout excités à la pensée de voir le mont Kilimandjaro et surtout la couronne de neige qui le coiffe. Ils commencent, presque dès que nous avons quitté les faubourgs de Nairobi, à scruter l’horizon pour apercevoir la montagne mythique. Mais c’est moi qui la découvrira le premier. Je dois dire que je suis un peu surpris de la fascination que provoque le Kilimandjaro dans notre petite troupe. Je ne la partage guère, peut être parce que contrairement aux autres j’ai déjà pu l’admirer et que je la vois tous les jours car un des beaux portraits qu’en a fait Jean-Claude Farjas, orne mon salon.

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Mais Jean-Claude Farjas ne fut pas le seul par être inspiré par cette montagne magique, comme le démontre les deux tableaux ci-dessous de David Shepherd extrait de son album, “An Artist in Africa publié à Londres en 1969 par Collins edition.

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Mais ma préférence va aux vues subtilement mises en scène de Simon Combes comme ces éléphants dans la poussière au pied du Kilimandjaro, image tiré du merveilleux livre qu’est “Art sauvage, peintures du Kenya de Simon Combes, éditions Glénat (1989).

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La route est comme je l’ai déjà écrit, propice à la fois à l’observation mais aussi à des questions qui découlent de cette observation. J’en pose à notre guide en essayant qu’elles ne soient pas directement politiques ou gênante pour notre sympathique guide. Les multitudes d’enfants que nous croisons, presque toujours sur le chemin de l’école me font me renseigner sur la condition de cette jeunesse. J’apprend ainsi que, depuis quelques années l’école est obligatoire dans le pays et que ces écoles sont à la fois publiques et privées. Ces foules cheminantes confortent mon idée que le problème principal de l’Afrique (et du reste du monde) est la prolifération de l’animal humain. Sur le continent noir la démographie galopante est un phénomène récent. Lorsque les blancs colonise l’Afrique à partir du milieu du XIX ème siècle c’est une terre très peu peuplée et ce n’est seulement qu’après la décolonisation, dans la seconde moitié du XX ème siècle que la population augmentera de façon déraisonnable. Je suis persuadé que le salut de l’humanité et encore plus celui de l’Afrique passe par une diminution drastique de la population. Solution qui pourrait paraître utopique mais n’oublions pas qu’avec sa politique de l’enfant unique, la Chine a réussi a stopper l’augmentation de sa population avec comme corollaire la suppression des famines endémiques qui ravageaient ce pays encore au XX ème siècle. Mais pour cela il faut un état fort, chose difficilement imaginable en Afrique composée de pays artificiellement créés par les colonisateurs.
Par ailleurs notre guide m’apprend qu’au Kenya la polygamie est tout à fait légale et qu’en outre les différentes autorités ecclésiastiques sont très laxiste et que l’on peut être sans inconvénient à la fois catholique et polygame. Il me semble qu’il y a là un beau champs d’action pour les instances internationales qui pourrait faire pression sur les états pour mettre la polygamie hors la loi. Ce serait un commencement d’action pour combattre la surpopulation.
Après de nombreux kilomètres et un nombre infini de secousses, je crois identifier dans cette masse qui dépasse des nuages l’image de la montagne qui semble magique pour mes compagnons. Malgré leurs doutes l’avenir me donnera raison. Leur déception est grande car il ne reste plus qu’une langue de neige, du turban blanc qui  coiffait le kilimandjaro, la dernière fois que je l’ai vu, il y a 20 ans. Néanmoins il domine toujours le continent de ses 5895m et contrairement à ce que pense beaucoup, il n’est pas situé au Kenya mais en Tanzanie.
Nous arrivons enfin à la porte du parc d’Amboseli. C’est un des parcs les plus célèbre du Kenya bien qu’il ne  s’étende sur seulement 392 km2 mais il est au coeur d’une vaste région protégée de 3000 km2. Presque 1/3 de sa surface est occupé par le bassin d’un lac constitué par les coulées de lave du Kilimandjaro. Chaque année le lac se rempli d’eau au mois d’avril mais depuis quinze ans c’est de moins en moins vrais. Tout est beaucoup plus sec que lors de ma dernière visite.
Nous ne sommes pas au bout de nos peines car l’ hôtel, l’Oltukai lodge Amboseli se trouve au centre du parc. Mais nous sommes comblé lorsque nous y arrivons tout d’abord impressionné par les belles décorations en bois sculpté qui parent la réception et totalement conquis lorsque nous découvrons nos vastes chambres qui donnent sur la savane avec au loin le Kilimandjaro qui se profile.

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Il n’est pas encore trop tard pour piquer une tête dans la belle piscine. Ce que je fais
En allant dîner, tout en humant le bon air de la savane nous saluons un gnou qui musarde sous la lune, plus loin une réunion d’éléphants; au retour on aperçoit à quelques mètres de la chambre, protégée par un grillage, des éléphants en train de paître.

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