Kenya 1, Nairobi - Nakuru - Naivasha

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Ce n’est pas sans un peu d’anxiété, surtout par crainte d’être déçu par rapport à mes précédents voyages dans ce pays que j’avais tant aimé, presque vingt ans après ma dernière visite que je retrouvais le Kenya pour un troisième safari photo.
Première petite angoisse quels vont être mes compagnons de voyage avec lesquels je vais vivre une promiscuité cahoteuse durant une dizaine de jours? Heureusement bonne pioche, un couple d’exploitants agricoles charentais, également grands voyageurs, ce qui n’est heureusement pas toujours incompatibles, ayant déjà fait un safari en Afrique du sud.
Pendant que les bagages sont chargés, je repère une Land-rover siglée aux couleurs d’un institut américain voué à l’étude des hyènes, animal qui pourtant ne jouit pas généralement d’une grande sympathie des zoologues et des touristes, c’est pourtant une bestiole bien intéressante...
Si la tête d’Obama est très présente, l’ effigie du président local se fait très discrète, ce qui n’était pas le cas lors de ma précédente visite durant laquelle on ne pouvait pas échapper à la bobine du président Moi, alors président en exercice à qui on a donné, de son vivant, son nom à l’aéroport de Mombasa...
Le petit car Toyota au toit ouvrant est vaste pour ses quatre passagers. Notre guide dès cette arrivée matinale met le cap vers le lac Nakuru, lieu de notre premier safari.
Nairobi est toujours une ville sans grand charme, dont les immeubles me paraissent un peu plus hauts et rutilants que dans mon souvenir. 10 % des 33 millions de kenyans vivent dans cette ville. Les embouteillages me permettent de constater la popularité locale d’Obama, à la une de tous les journaux à quelques jours de sa prise de fonction. De nombreuses boutiques arborent l’effigie du futur président américain, principalement sous forme d’un calendrier bien en évidence dans de nombreuses échoppe. Sur un mat une affiche vente les mérites de la bière “Président” dont la boite est illustrée par l’image d’Obama. Notre guide nous informe que le même breuvage, il y a quelques mois, s’appelait encore “Sénateur”, mais que toutefois son prix n’avait pas augmenté avec la prise de grade de son mentor.
Juste après être sorti des faubourgs de la capitale nous voyons nos premières bêtes sauvages, celle-ci ne résident pas que dans les parcs. Les différentes gazelles et autres zèbres peuplent la campagne. Nous croisons également plusieurs familles de phacochères.

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Dès que l’on quitte la ville, tout comme il y a 20 ans c’est l’intense circulation pédestre au bord de la route qui frappe au premier abord. Dans cette quirielle de piétons qui cheminent beaucoup d’enfants, parfois très jeunes qui dans leur uniforme (approximatif) hérité de la tradition anglaise font route vers l’école.
Dès l’entrée du parc nous avons la chance de voir des élands du cap qui pour être la plus grande des antilope du kenya, il peut atteindre 1m 50 au garrot, est néanmoins l’une des plus difficile à apercevoir.

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Puis nous croisons une petite troupe de cobes d’eau. Le lac approche!
On traverse ensuite une colonie de buffles mélangée aux zèbres. Et toujours des gazelles de Thomson. Un beau mâle babouin sur le bord de la piste, à la fois narquois et méditatif, nous regarde passer.

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L’arrivée sur les bords du lac Nakuru, 188 Km2 et qui culmine à 1758 m m’a réservé ma première et peut être plus grande surprise du voyage. Alors que je l’avais quitté en 1991 le tour frangé de rose d’une multitude innombrable de flamands, je n’en voyais que quelques grappes isolées dans une foule de pélicans.

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En 1989 pour mon premier voyage en compagnie de Jean-Claude Farjas, Pierre Ramel, un autre peintre ami, m’avait chargé de faire le plus possible de photos de flamands roses en vol car , grand amoureux, lui aussi de la nature, il voulait peindre un grand tableau dont ces oiseaux seraient l’élément principal; ce qu’il fit; la peinture fut exposée l’automne suivant au Grand-Palais dans le cadre du Salon d’Automne. Je me demande bien ce qu’est devenu cette toile? Si quelqu’un à des lumières à ce sujet qu’il n’hésite pas à me contacter. En 2009, j’aurais été bien en peine d’honorer cette commande!

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Les raisons de la quasi disparition en leur ancien sanctuaire des flamands sont diverses. La première est la sécheresse exceptionnelle (?) que subit le Kenya depuis plusieurs saisons. Le lac est au plus bas. La température est plus élevée d’au moins cinq degrés que lors de mes voyages précédents, faits à la même période. Le résultat est que l’herbe est plus rare et plus brûlée qu’ auparavant, ce qui a une répercussion directe sur la population des animaux sauvages dans les parcs. La deuxième et sans doute la plus importante est l’introduction il y a une vingtaine d’années du tipaya dans le lac un fort bon poisson, on en mangera à plusieurs reprises durant notre périple, qui a la mauvaise idée de se nourrir, comme les flamands, des même crevettes qui donne leur couleur rose à ces grands oiseaux. La présence des tipayas a attiré les pélicans, sympathiques volatiles aussi voraces que gourmets.


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On retrouvera une bonne partie des flamands plus en avant dans le voyages. Ils ont migré en nombre en Tanzanie.
La petite déconvenue de l’absence des flamands a largement été compensé par la présence de rhinocéros blancs qui ont été introduits depuis une dizaine d’années. Ils ont été importés d’Afrique du sud. Durant notre visite dans le parc de Nakuru, j’en compterais sept, alors que je n’en avais vu qu’un, et encore que de nuit, lors du safari de 1991. Les rhinocéros blancs semblent faire bon ménage avec ces autres colosses que sont les buffles.

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Le rhinocéros blanc est un peu moins menacé d’ extinction que son cousin le rhinocéros noir. Il est plus gros que ce dernier. Contrairement à ce que l’on pourrait penser ce n’est pas leur couleur qui permet de les distinguer. Tous deux sont gris! Si les rhinocéros peuvent présenter des robes différentes ce n’est que parce que la boue dans laquelle ils se vautrent n’ont pas toujours la même couleur. Ladjectif blanc, white en anglais est du à une déformation phonétique de la part des britanniques du mot hollandais wijd qui signifie large. En effet lorsqu’ils débarquèrent en Afrique du sud les boers remarquèrent que le rhinocéros qu’ils découvraient avait une lèvre supérieure plus large et un museau  plus carré que les rhinocéros rencontrés plus au nord. Mais les anglais comprirent white! Et ainsi le rhino devint blanc!

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En outre le rhinocéros blanc possède une bosse sur la nuque et une corne plus longue que le noir. Ils sont plus copieux que leurs cousins. Ils peuvent mesurer jusqu'à 3m 80 pour une hauteur de 2m au garrot. Leur poids moyen est de 3 tonnes mais certains pèsent jusqu’à 5 tonnes! Heureusement il est plus placide que son cousin, ainsi nous avons pu nous promener à pieds non loin de lui, ce qui n’est pas conseillé avec le rhinocéros noir qui dans un même cas aurait très certainement chargé. C'est ce qui est arrivé à notre petit car en 1989, lors de mon premier voyage. J'ai pris la photo ci-dessous lorsque un magnifique rhinocéros noir n'était plus qu'à quelque centimètres du véhicule où je me trouvais. J'ai bien peur que ce superbe animal ait bien mal fini.

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Dernière image du Parc de Nakuru, un groupe de buffles à l’ombre d’un acacias.

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Nous faisons demi-tour direction le lac Naivasha dont le niveau, qui comme les autres lacs de la Rift valley, baisse en des proportions inquiétantes. Contrairement au lac Nakuru, c’est un lac d’eau douce. Il n’y réside ni flamands roses ni pélicans...
Découverte de l’hotel, le Naivasha Sopa Resorts qui s’avèrera une bien bonne adresse, de magnifiques bungalow dispersés dans un superbe parc. Du balcon de la chambre je vois trois girafes gambader sur la pelouse de l’hotel. Celle-ci va descend en pente douce jusqu’au lac que l’on ne peut voir, la vue étant barrée par de nombreux acacias.

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Après un bon déjeuner où je découvre la chair au goût subtil du tipaya, nous embarquons dans une pirogue à moteur pour découvrir la faune du lac Naivasha qui couvre 170 km2, en premier lieu les hippopotames qu’à mon goût nous n’ approchons pas d’assez près.

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Après cette visite un peu frustrante, nous débarquons dans une grande île du lac, Crescend Island. Dans cette île, comme dans le parc du lodge, on peut y admirer une très belle variété d’acacias au tronc jaune. On l’appel yellow fever car, à l’époque des premiers colon, il était considérer comme le vecteur de cette terrible maladie, dont la vaccination est obligatoire pour pénétrer en Tanzanie. Cette légende est probablement né du fait que sous son ombrage les blancs faisaient la sieste au bord de l’eau qui attirait les moustiques qui sont les véritables vecteur de la fièvre jaune.

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Dans notre promenade sur l’ile où nous apercevons quelques belles villas, un jeune blanc pêche sur un ponton, nous côtoyons buffles, gazelles, cobes, girafes...

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Retour à l’hotel pour le cocktail vespéral avant un bon dîner. Je suis épuisé par cette première journée riche d’images, après une nuit sans sommeil dans l’avion. Comment peut on dormir dans un avion! Pourtant j’avais trois places pour moi et j’ai passé une partie du vol couché.
Je décide d’aller me coucher tôt. Un préposé à la sécurité nous accompagne jusqu’à notre pavillon et là à 15 mètres de l’entrée de notre chambre sa torche électrique éclaire un hippo en train de brouter placidement...

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