Juan Botas (1958-1992)

Publié le par lesdiagonalesdutemps



Juan Suarez Botas, Gijón 1958 - New York 1992, est en France un inconnu célèbre que beaucoup connaissent sans le savoir. Ce n'est pas par son  travail que Juan Botas a gagné une reconnaissance internationale. Pourtant ils ne sont pas nombreux en Europe les graphistes qui ont réussis à percer aux Etats-Unis. Juan Botas fut Illustrateur, graphiste et enfin cinéaste. Il a quitté son Espagne natale en 1977 pour aller étudier aux Etats-Unis à l'Université de Syracuse. Ensuite il a travaillé avec le graphiste Milton Glaser qui a été son véritable maitre. Il a vu ses dessins bientôt publiés dans des magazines comme Time, Newsweek, Fortune, U. S. Nouvelles and World Report, The New York Times et Vogue etc.
Mais sa relative notoriété vient tristement de tout autre chose. Il a l'homme dont la vie a inspiré le film "Philadelphia" de Jonathan Demme. Le réalisateur a rencontré Juan Botas par l'intermédiaire de son épouse Joanne Howard, amie proche de l'illustrateur espagnol. "Philadelphia" est un film qui nous a marqué par sa tonalité sombre et pessimiste, le contraire de ce qu' était Juan Botas. 


Sans titre

Captures

Minotaure 

Jonathan Demme a reçu pour son film l'appui complet de Juan Botas en retour l'illustrateur espagnol, malade du sida, a demandé au cinéaste américain son aide pour son projet de film "Un pied sur la peau de banane, l'autre pied dans la tombe". Le film restera malheureusement inachevé. C'est un  film extrêmement sincère, d'une narration non-linéaire dans lequel un groupe de patients atteints du sida, raconte leur histoire dans le bureau du médecin, il y a bien sûr Botas, lui même, l'homme est amaigri par la propagation du sida. Il se rappelle les vieilles histoires de sa vie. Il fait des blagues. Il rit, il pleurer, il parle d'amour, de sexe, et de mort, et pourtant on voit un homme qui garde l'espoir et montre un relatif optimisme. Dans une séquence d'un humour noir ravageur devant une pile de factures, il dit qu'il va écrire à ses créanciers pour leur dire qu'il n'a ni la santé, ni les moyens de payer et leur demander de lui Permettre de ne pas se sentir responsable pour les dommages que toutes ces factures qui resteront impayées causent à la forêt.


 
 
En marge de son travail d'illustrateur pour les magazine, activité qui le faisait vivre, Juan Botas a jusque dans ses derniers jours pratiqué la peinture de chevalet. Ses dernières toiles sont des oeuvres abstraites.

L'université de Gijon a édité un livre sur l'artiste (ISBN 84-87741-15-0)

D'autres peintures et dessins de Juan Botas à l'adresse ci-dessous:

http://pintura.aut.org/SearchAutor?AutNum=16300

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