Je me souviens de Paul Crauchet et de Bernard Dhéran

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Avez vous remarqué que parfois, peut être souvent, vous avez des difficultés à « revoir » les visages d'êtres aimés qui ont disparu de votre vie, alors que pour des acteurs, que pourtant vous n'avez pas croisés sur un écran depuis des années et parfois des décennies, il suffit d'évoquer leur nom pour que leur visage apparaisse immédiatement à votre esprit. Les images de cinéma s'imprimeraient-elles mieux dans les cerveaux, et le mien en particulier, que celles de notre propre vie? J'ai pu encore constater cette particularité en apprenant coup sur coup la disparition de deux comédiens qui furent très présents dans ma jeunesse cinéphile, théâtrale et télévisuelle, non qu'ils furent des vedettes mais de ces grands seconds rôles qui faisaient tout le sel des films français d'alors et surtout des dramatiques de la télévision. Je veux parler de Paul Crauchet dont j'ai appris la disparition, avec retard, en lisant mon indispensable « Positif ». Je me souviens particulièrement de lui dans l'Armée des ombres de Melville. J'avais été étonné et content de le revoir dans « Les herbes folles » de Resnais. Quant à celle de Bernard Dhéran c'est ma lecture attentive du carnet du Monde qui me l'a apprise. Pour moi Bernard Dhéran restera à jamais le petit marquis comploteur, l'oeil émoustillé, et un peu veule, mais toujours d'une élégance exquise qu'il a tant de fois interprété sur la scène de la Comédie Française et à la télévision. Il était presque aussi cauteleux que Jean Topard auquel il avait succédé dans le rôle de Porcellio dans le Malatesta de Montherlant.    

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ismau 05/02/2013 15:10

Ce sont deux acteurs dont je connaissais fort bien les visages, mais ignorais les noms ...
Je viens tout juste de voir Paul Crauchet, excellent dans un petit rôle dans "Les aventuriers" de Robert Enrico, d'ailleurs un film surprenant ( plus subtil que je ne m'y attendais ) . Je vois
qu'il a aussi joué aux côtés de Delon, dans "La piscine".
Je me souviens d'avoir aussi beaucoup aimé Bernard Dehran, effectivement merveilleusement cauteleux et sournois dans "Ridicule" .

lesdiagonalesdutemps 05/02/2013 15:22



Quel beau film que Ridicule, un regard juste sur la noblesse de la fin de l'ancien régime.