Jacques Duron

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Un des commentateurs de ce blog, demandait qui est Jacques Duron. Pour lui répondre j'en ai tracé un rapide portrait, évoqué quelques souvenirs le concernant, et puis la mémoire à cheminé, et surtout afficher la possibilité de télécharger son plus beau film, le très naturaliste et émouvant "Une histoire sans importance".

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Jacques Duron
 est né en 1954 à Montpon-Ménestérol en Dordogne. Il est diplômé de l'Institut des hautes études cinématographiques en 1980. Il fut pensionnaire de la section artistique de la Casa Velázquez à Madrid de 1991 à 1993. Il a reçu la Bourse Louis Lumière-Villa Médicis hors les murs en 1996. Résident à l'Abbaye de la Prée dans l' Indre, à l'invitation de l'association "Pour que l'esprit vive", il y achève actuellement l'écriture d'un scénario de long métrage, "La Peur du gendarme". Il est l'auteur de trois courts métrages de fiction. Le premier, "Une histoire sans importance  Tourné à Gannat dans l’Allier, (1980) dépeint l'amitié amoureuse entre deux lycéens de 16 et 17 ans, Claude et Philippe. Une amitié qui se transforme en attirance physique, puis en amour... du moins pour Philippe, car, Claude, n'y voit qu'un jeu. Il se tourne vers les filles au grand desespoir de Philippe. Claude finit par lui céder en échange d'argent... Cette histoire se déroule dans une petite ville de la province française. Ce film fut le film de sortie de l'IDHEC (aujourd'hui devenu FEMIS) de Jacques Duron. Ci dessous dans l'encadré on peut lire quelques souvenirs du cinéaste à propos du tournage de ce court métrage.


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Le deuxième, "Le Voyage à Deauville" (1983), est une poignante non-rencontre à Saint Germain des prés entre Philippe (Emmanuel Béquart), jeune homme assez aisé et Frédéric (Patrick Aurignac), petit loub qui tapine mais ne se veut pas homo. Le premier emmène le second pour une virée à Deauville. Le rôle de l'ado tapineur est tenu par Patrick Aurignac qui ensuite réalisera un très beau long métrage, largement autobiographique, dans lequel il jouait aussi un second rôle, tout comme Daniel Russo, qui était déjà très bien. C'était "Mémoire d'un jeune con". Patrick Aurignac s'est suicidé en 1997 peu de temps après la sortie de son film...



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Après Jacques Duron C'est 
Dominique Besnehard qui découvre Patrick Aurignac.... à la prison de Bois d'Arcy où il purgeait une peine, à l'occasion d'une représentation théâtrale en milieu carcéral. L'agent l'avait aidé à sa libération et l'avait notamment fait tourner avec Claire DeversJosée Dayanet Catherine Breillat mais surtout avecDiane Kurys dans A la folie où il jouait le rôle principal aux côtés de Béatrice Dalle et d'Anne Parillaud.
Quant à Emmanuel Béquart je l'ai rencontré et j'ai fait quelques séances de poses photographiques avec ce beau et charmant garçon qui m'avait amusé par son originalité. Une des anecdotes qu'il m'a racontées s'est inscrit dans ma mémoire. Il me raconta comment, pauvre et se nourrissant n'importe comment il avait attrapé le scorbut, maladie dont souffraient les navigteurs d'antan en carence de nourriture fraîche, en plein Paris en ce début des années 80... C'est une des photos de ces séance dont je me suis servi pour le collage qui illustre la deuxième version de la jaquette de la VHS (voir ci-dessous). Malheureusement je n'ai pas retrouvé les autres..

Il a été aussi sur des tournages l'assistant d''Alfredo Arias, Jean-Claude Brisseau, Francesca Comencini, Richard Dembo, Peter del Monte, Michel Soutter et Jean-Charles Tacchella...
Jacques Duron a tourné aussi un autre court métrage "el modelo" (1992) lorsqu'il était en résidence à la casa Velazquez et un documentaire, "Souvenirs de Madrid" en 2008 dont Télérama a dit: " 
un film en forme d’inventaire. Tout à la fois documentaire, enquête au temps présent et petit essai d’anthropologie sociale".

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J'ai eu un grand choc lorsque j'ai découvert "Une histoire sans importance" au cinéma. Ce moyen métrage est sorti en salle avec un autre film d'une même durée dont je ne me souviens plus du tout... Peu de temps après j'ai eu l'occasion de rencontrer Jacques Duron. J'en ai le souvenir d'un homme timide mais affable. Lorsque j'ai décidé de créer un label vidéo, Platypus, les deux premiers moyens métrages que j'ai édités furent ceux de Duron. Je les fis suivre par ceux de Collard, c'étaient de beaux débuts...

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Etait ce avant ou après son séjour à la casa Vélazquez où il a tourné  El Modelo (1992), je ne me souviens plus mais ayant lu l'extraordinaire roman de Chambers " La danse du coucou" (éditions du Seuil, collection poche virgule) je lui fis lire persuadé qu'il était l'adaptateur rêvé de ce livre. Quelques jours après enthousiasmé par ce qu'il venait de lire, il fit les démarches pour acheter les droits du roman et il réussit à les obtenir. Assez rapidement il rédigea un scénario (que je n'ai jamais lu) qu'il déposa à l'avance sur recette qui malheureusement ne lui fut pas accordée et Il n'y eut jamais de Danse du coucou sur un écran. Je n'en suis pas encore consolé...

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http://www.imdb.com/title/tt0240150/
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Jacques Duron vu par Michel Perez

 

Aucune hésitation, c'est vingt sur vingt. Non seulement parce que Jacques Duron sait raconter une histoire, mais aussi parce qu'il sait à merveille utiliser le peu de moyens mis à sa disposition, parce qu'il a le sens de l'ellipse, parce qu'il a le sens du détail qui dit tout, du mot qui vaut mieux qu'un long, affrontement verbal, parce qu'il est à la fois pudique et audacieux, parce que son histoire, malgré ( ou plus précisément à cause de) sa modestie est riche de prolongements, d'arrière-plans.
L'histoire en question est celle d'une relation homosexuelle entre deux lycéens mais Jacques Duron a immédiatement compris qu'il fallait fuir la description si facile de la différence et montrer au contraire le semblable. Son film est une histoire d'amour triste où l'amant n'est pas payé de retour non pas parce que l'aimé s'oppose à l'horreur d'une relation contre-nature, il y consent volontiers quand il en a le caprice ou si on lui propose de l'argent, mais tout simplement parce que le sentiment amoureux n'est pas une malédiction qui frappe également les êtres humains, certains en sont victimes, d'autres non.
Ce récit d'un désespoir d?amour s'enrichit de notations très brèves mais nombreuses et d'une grande justesse de ton (les parents, le milieu rural où se déroule l'intrigue).
On l'écoute avec un pincement au cœur et le regret de ne plus avoir l'âge de son héros pour souffrir du même mal.

Michel Perez (Le matin de Paris)

Merci à Bruno pour l'envoi de cet article.

 













Publié dans cinéma gay

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bruno 21/09/2014 08:57

je l'ai vu 30 fois un histoire d'amour dont on ne se lasse pas