J'ai la mémoire qui flanche je ne me souviens plus très bien...

Publié le par lesdiagonalesdutemps

écrit le MARDI 4 JANVIER 2011

La vie c'est long, parfois, souvent bien trop court, mais je ne fus pas de ceux là, et comme elle dure, elle me parait être une drôle d'histoire. A l'aube d'un nouveau millésime on se souvient, pourquoi de ces jours là plutôt que d'autres, je n'en sais rien, de personnes célèbres ou pas, que l'on a connu ou pas, mais qui vous manquent. 
Plusieurs années après son échec aux élections présidentielles américaines, j'ai connu Barry Goldwater qui passait pour le parangon des réactionnaires américains, en regard de ses gouts et de l'homme qu'il était, il doit toujours en rire là, où il est... 

Barry Goldwater

Je n'ai jamais ni rencontré, ni même vu, "en vrai" Peter Seller et Blake Edward, mais comme on dit dans "Les chaises" de Ionesco, on a ri, on a ri, mais on a ri... 
Et puis on se remémore tous les lieux que très probablement on ne reverra plus comme la pointe de la Gaspésie admirée en 1981.

The Art of Travel #36

Je me souviens ce soir aussi, peut être parce que j'ai trop bu, d'être allé écouter Bernard Dimey dire ses poèmes dans un cabaret dont je ne me souviens plus le nom, puis l'avoir retrouvé en compagnie du chanteur Jean-Claude Annoux qui avait bien du talent, il avait chanté la bourrique avant ou après Dimey, je ne sais plus, pourquoi a-t-il si vite disparu? pour vider quelques carafons...
La toile est formidable voici les paroles de la bourrique, une grande chanson que l'on entend plus...

Il avait eu la croix
Et même la bannière
Contre une jambe de bois
Ramassée en Turquie
Ce n'est pas par bravoure
Qu'il avait fait la guerre
Seulement parce que son père
L'avait faite avant lui

Il jouait les barbes bleues
Surtout par vantardise
Bien qu'il fut Don Quichotte
Et quelquefois Scapin
Il rudoyait les gens
Mais leur donnait sa ch'mise
Et s'arrangeait toujours
Pour qu'on n'en sache rien

Jamais ne fréquentait
Ni vêpres, ni confesse
Il contournait l'église
Ignorant le curé
Mais c'est lui qui payait
Pour que son vin de messe
Soit toujours d'un bon cru
De première qualité

Jamais ne se passaient
De marchés ou de foires
Sans qu'il n'y promenât
Son vieux chapeau jauni
Même qu'il en profitait
Pour chercher des histoires
À tous ceux qui avaient
Les mêmes idées que lui

On le voyait partout
Traînant un peu la patte
Il présidait les noces
Suivait les enterrements
Il se disait de gauche
Mais il votait à droite
Il critiquait les noirs
Et engueulait les blancs

Il avait l'œil mauvais
Le mégot irritable
Quand il parlait des crises
Et du gouvernement
Il bougonnait tout bas
Puis tapait sur la table
Pour que Justine apporte
Un cruchon de vin blanc

Il était de ce bois
Dont on n'fait plus les pipes
Il était de ces types
Que l'on prétend de bois
Têtu parce que Breton
On l'app'lait "la bourrique"
J'étais sûrement le seul
À l'appeler "Papa"
J'étais sûrement le seul
À l'appeler "Papa".
  



 La bourriqueJean-Claude Annoux 

Je me suis un peu égaré, je voulais vous parler de Dimey et c'est Annoux qui arrive et voilà Deguelt qui chante si bien Syracuse de... Dimey

Commenter cet article