Inception

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

Ceux qui pense que Philip K. Dick est un génie littéraire doivent se précipiter pour voir Inception, dernier opus de Christopher Nolan de retour de « batmanie » qui comme ces autres films tourne autour de la mémoire, mais malheureusement on est loin de la clarté de « Memento ». Comme vous l'avez sans doute déjà compris je ne suis pas un sectateur de Dick ni des autres empileurs de mondes virtuels. Les ouvrages du romancier américain ont toujours généré un profond ennui. Je ferais exception pour « Le maitre du haut château » uchronie basée sur une amusante idée, les japonais ont vaincu les américains lors de la dernière guerre et occupent les Etats-Unis. Ils se sont entiché des antiquités indiennes et les collectionnent, même si Dick ne fait pas grand chose de ce point de départ. Je suis conscient d'ébouriffer nombre de lecteurs ( à propos contrairement à l'ancienne adresse du blog, je n'ai aucune idée du nombre de mes lecteurs occasionnels ou fidèles) car Dick est un de ces écrivains dont il est interdit de médire, une des nouvelles vaches sacrées de notre époque. Curieusement alors que je serais bien en peine de tracer le portrait robot du lecteur type d'autres écrivains, tous les amateurs de Dick que j'ai rencontrés, et j'en ai croisés beaucoup, se ressemblaient. Jeune cadre dynamique, mais un peu décalé n'ayant pas fait de grandes études littéraires mais plutôt techniques, le genre bien intégré ayant fait taire ses velléités de révoltes, le bobo urbain type en somme... Si j'ai fait une aussi longue digression sur Philip K Dick c'est que je ne parviens pas à me persuader qu'Inception n'est pas tiré de ses extrapolation fumeuses qui en général donnent de bien meilleurs films que les romans ou nouvelles dont ils sont issus, Minority report de Spielberg en est un bon exemple.

Le héros (Di Caprio) est au service d'un conglomérat industriel dirigé par un japonais (Wanatabe très bien en japonais de service comme Marion Cotillard en française type). Il doit implanté par l'intermédiaire de rêves manipulés et manipulateurs dans le cerveau du jeune héritier du conglomérat concurrent l'idée qu'il doit démanteler l'empire industriel qui vient de lui échoir. Tout cela donne moult poursuites et explosions de Tokyo à Mombassa et de Paris à New-York, ce qui aurait pu me distraire de l'intrigue dont je me suis rapidement contre-fichu, connaissant les dites ville mais on en voit à peu près rien. J'ai juste reconnu entre deux mitraillage la Tour Eiffel et la tour Mori!

Reste quelques prouesses technique pour éviter l'assoupissement, (cela dure 2h18mn tout de même, en plus on voit souvent les personnages tombés dans les bras d'une traitresse Morphée!) comme le trucage « zero gravity », certes déjà vu il y a des lustres dans par exemple « La mouche » ou « 2001 odyssée de l'espace ». Les acteur pour paraître affranchi de la gravité terrestre évoluent dans des décors construient sur un énorme cardan qui peut effectuer des rotations à 180° grâce à des moteurs hydrauliques. Le spectateur a ainsi l'impression que les acteurs courent du sol au plafond, alors qu'en réalité c'est le décor qui tourne.

On ne peut qu'être admiratif des dits acteurs qui réussissent à animer avec conviction leur personnage marionnette. On reconnaît Tom Béranger, bien décati mais toujours aussi bon, Michel Caine qui m'a donné l'impression d'avoir quitté à l'instant le gilet rayé du majordome que Nolan lui a fait endossé dans son Batman mais c'est surtout Cillian Murphy en héritier qui m'a distrait de ce pensum; il est toujours aussi craquant en jeune homme de bonne famille un peu fané. Quant à Di Caprio il interprète le même personnage qu'il animait dans « Shutter Island » de Scorcese, un homme border line, dévasté par la mort de sa femme.

Comme nous sommes encore en plein post modernisme le fumet dickien n'a pas suffit au scénariste, Nolan lui même, qui a ajouté à sa mixture nombreuses réminiscences cinéphiliques; dans mon demi coma j'ai au passage discerné les influences ou empreints à « Citizen Kane », « L'étrange histoire de Benjamin Burton » , « La jetée », « Ocean's twelve » et sans doute quelques autres que ma perspicacité anesthésiée n 'a pas reconnu.

Commenter cet article