Il est mort en fixant son Téléviseur

Publié le par lesdiagonalesdutemps

Il est mort en fixant son Téléviseur
la boule de cristal du présent,
il regardait le Rien et en voyait le cœur,
il cherchait le Cœur mais il ne voyait rien.

Qui chancelant brava la puanteur obscure
s'aperçut qu'elle émanait de l'Indemne,
non pas du Mort, mais du Mourant Ecran,
non pas du Corps, mais du Téléviseur allumé.

Charogne dévorée par les parasites,
l’Écran grésille et brille par instants
sans plus de programmes ni d'albaparietti.

Sa vie larvaire s'évanouit imperceptiblement
(goal, quiz, clip, news, spot, film, blob, flash, scoop, E.T.),
auréolée de néant, effet de neige.

 

Valerio Magrelli Poesie (1980-1992) e altre poesie, ed Einaudi

La traduction de ce poème, de même que celle de L'Inconnu d'Aldo Palazzeschi  a été faite par Emmanuel F. dont le blog Fine Stagione (http://finestagione.blogspot.com) que vous pouvez retrouver directement dans ma liste des blogs à visiter. Fine Stagione est un bonheur chaque jour renouvelé pour les amoureux de l'Italie et surtout de la littérature italienne.

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