I LOVE YOU PHILLIP MORRIS

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Fiche technique :

Avec Jim Carrey, Ewan McGregor, Leslie Mann, Rodrigo Santoro, David Jensen, Jessica Heap, Marc Macaulay, Antoni Corone, Griff Furst et Morgana Shaw. Réalisation et scénario : Glenn Ficarra et John Requa, d'après le livre de Steve McVicker. Image : Xavier Perez Grobet. Son : Paul Urmson et Mark weber. Montage : Thomas J. Nordberg.

USA, 2010, Durée : 96 mn. 

 

 

 


Résumé :

L’histoire vraie d’un ex-flic, ex-mari, ex-arnaqueur aux assurances, ex-prisonnier modèle et éternel amant du codétenu Phillip Morris. Steven Russell est prêt à tout pour ne jamais être séparé de l’homme de sa vie. Ce qui implique notamment de ne pas moisir en prison. Jusqu’où peut-on aller par amour ? Très loin si l’on en croit l’histoire incroyable de Steven Russell, un génie de l’évasion rattrapé par son romantisme.


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L’avis critique

Steven Russell, un flic lambda de Géorgie, marié à une bigote et père d'une gamine qu'il adore, a un grave accident de voiture. Le choc lui fait prendre conscience de la fausseté de sa vie et il décide d'être vraiment lui-même. C'est à dire de vivre son homosexualité au grand jour. Il démissionne de son travail de policier et quitte sa femme. On le retrouve dans la séquence suivante en tata cossue et dépensière, dans un palace de Floride, doté d'un petit ami (Rodrigo Santoro) et de deux chihuahuas. Il énonce ensuite cette sentence on ne peut plus vraie : « Être gay coûte cher. » Il est donc devenu un escroc de haut vol pour payer son fastueux train de vie. Mais la dolce vita se termine derrière les barreaux. Il a bientôt le coup de foudre pour un autre prisonnier, Phillip Morris ( Ewan McGregor), qui devient l'amour de sa vie. Steven ne tarde pas à s'évader et réussit rapidement à faire sortir de prison l'élu de son cœur. Le couple mène grand train grâce aux différentes arnaques de Steven, qui est parvenu à se faire embaucher comme directeur financier d'une grande firme. Mais une nouvelle fois les malversations de Steven sont découvertes. Retour à la case prison. Suivent plusieurs épisodes où notre héros connait des hauts et des bas, surtout des bas mais toujours amoureux de Phillip Morris, qui a lui décidé de prendre ses distances avec son soupirant. La comédie devient de plus en plus sombre pour se muer en un mélodrame lacrymal.


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I Love you Phillip Morris nous propose trois films en un seul. C'est d'abord une comédie dont le modèle serait celles des frères Farelli ; un film de prison, façon Oz light et enfin un mélodrame qui regarderait du coté de Brokeback Mountain. Dès le générique de début, on nous annonce que l'histoire qui va nous être racontée est vraie. Et c'est peut-être la plus grosse erreur des cinéastes car pas un seul instant nous pouvons croire à ce que nous voyons. On aurait sans doute été mieux intentionné pour le film sans cette annonce qui le condamne dès les premières scènes. On l'aurait accepté alors comme une des nombreuses comédies gays farfelues et bâclées qui, généralement, sortent directement en vidéo et l'on aurait attribué son incongrue sortie en salle en raison de son casting. À propos, le fait que les protagonistes de cette laborieuse pochade soient gays n'a que peu d'importance. Ils seraient hétéros que cela ne changerait rien à l'affaire.


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Comment croire qu'un petit flic du sud se transforme instantanément en un flamboyant escroc ? Le scénario se garde bien d'ailleurs de nous l'expliquer et ce n'est malheureusement pas le seul raccourci pris par le duo qui met le spectateur devant le fait accompli de nombreuses invraisemblances. D'autre part, comment admettre que toutes les personnes que rencontre Steven tombent sous le charme de son discours alors que nous ne voyons qu'un camelot de troisième zone débitant des fadaises d'un air fat ? La première règle pour un escroc est de ne pas paraître ce qu'il est, mais avec Steven Russell, le plus naïf des spectateurs aura décelé d'emblée le faisan. À partir de là, il est difficile de s'intéresser à la pantomime qui se déroule sur l'écran.


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À mesure que se déroule le film, on pense de plus en plus à Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg, mais Glenn Ficarra et John Requa n'arrivent pas au doigt de pied de ce dernier et la comparaison de Jim Carrey avec Di Caprio est accablante pour le premier. Car ce qui plombe I Love you Phillip Morris, ce n'est pas que son scénario peu crédible, c'est aussi son interprétation. Jim Carrey joue comme au temps du muet où l'art de l'acteur se résumait souvent à de pénibles roulements de quinquets. Durant les 1h36 du film, Jim Carrey nous sert toujours le même numéro aux grimaces convenues. Dans les scènes de mélodrame, gêné, on se distrait en essayant de se souvenir depuis combien de temps on n’a pas vu un aussi mauvais acteur au cinéma. Jim Carrey, vieilli, émacié, m'a fait penser aux vieux comiques des tournées miteuses qui font un sort à chaque mot. J'ai toujours pensé que les stigmates de l'âge ne vont pas aux comiques. Le pitre doit être dans la fleur de l'âge, sinon ses grimaces sont plus pitoyables que drôles. Ewan McGregor ne relève pas le niveau. Il est inexistant en godiche molle et n'a rien pour inspirer l'amour, ce qui rend encore plus improbable toute cette histoire.


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Si le filmage est correct, au standard des productions commerciales américaines, le montage est d'une grande mollesse ce qui est d'autant plus étonnant pour un film fait de petites scènes mises bout à bout.

Au final, on en veut à cette médiocre équipe d'avoir gâché ce roman d'un tricheur qui n'aurait que l'amour pour se raccrocher à la vie.

Publié dans cinéma gay

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