Hugo Cabret de Martin Scorsese

Publié le par lesdiagonalesdutemps

 

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Le jeune Hugo Cabret (Asa Butterfeld, il jouait le rôle principal dans Le garçon en pyjama rayé (The Boy in the Striped Pajamas) ), douze treize ans, a perdu son père, un génial horloger. Il a été recueilli par son oncle, un ivrogne qui ne tarde pas à disparaitre, mais qui lui a préalablement appris à remonter les nombreuses horloges de la gare dans laquelle Hugo habite secrètement. Tout ce qui reste de son père est un mystérieux automate que le père d'Hugo tentait de réparer. Le garçon a pris la relève. Pour  refaire fonctionner le robot, le garçon a besoin d'outils et de petites pièces mécaniques qu'ils volent au vieux tenancier d'une échoppe de jouets qui est située dans la gare. Le vieillard finit par attraper son voleur. Le commerçant est rongé par un lourd secret mais il a recueilli sa jeune nièce qui éclaire ses dernières années... L'histoire peut véritablement commencer...

Scorcese a adapté le beau livre pour enfant de Brian Selznick. Il a pu s'appuyer sur ses magnifiques dessins.

 

 

La grande qualité du film pour moi, tient dans le scénario qui parvient parfaitement à mêler la fiction et l'Histoire; à tel point que l'une devient indiscernable de l'autre. Il est très ingénieux avec cette formidable idée de faire vivre le jeune Hugo dans la gare même, dans une antre secrète, ce qui devrait beaucoup parler aux enfants. L'écriture du scénario d'Hugo Cabret offre, comme un autre grand film de cette année, La piel que habito, une passionnante profondeur de lecture; celle-ci pouvant se faire à plusieurs niveaux, ce qui devrait lui permettre une large audience à ce dernier opus de scorcese qui a réussit à me réconcilier. Les thèmes developpés dans Hugo Cabret sont multiples, en premier lieu, comme dans toutes les grandes oeuvres, le sujet principal en est le temps, mais aussi la versatilité de la gloire, le refus du passé (le film a, je trouve de nombreux accents freudiens)... Mais les références sont multiples outre celles cinématographiques évidentes, belle idée que de revisiter les débuts du cinéma Méliès bien sûr, mais aussi Griffith, Louise Brooks, Buster Keaton et Harold Lloyd) à travers les yeux des enfants. elles sont pourtant à mon avis supplantées par les apports et clins d'oeil d'oeuvres littéraires, Victor Hugo d'abord (on peut imaginer que le prénom du héros a pour origine le nom du célèbre barbu) et bien sûr Dickens. J'y ajouterais un zeste de Borges et une touche de Zafon et sans doute une palanquée d'autres que mon inculture n'a pas permis de repérer. La qualité des décors et la grande profondeur de champ de l'image donne beaucoup de plaisir au spectateur attentif, comme la découverte de cette belle publicité pour le magazine "Vu", ce qui permet en outre de dater subtilement le récit; datation que Scocese a eu la bonne idée de ne pas faire frontalement ce qui me libère de ma recherche maniaque des anachronismes. A ce propos je trouve l'univers temporel du film très cohérent (dans le livre, de Selznick dont le film est tiré, c'est précisément 1931). Ce foisonnement des détails promet un bonheur renouvelé lorsque l'on pourra faire des arrêts sur image lorsque le blue ray sortira. Si l'on n'échappe pas au Paris rêvé et fantasmé made in USA, Scorcese y met moins de sucrerie que par exemple Woody Allen. La bonne idée est de n'avoir pas pris une gare parisienne en particulier mais d'avoir fait un mélange de toutes.

 


Il faut tout de même prévenir que le début du film est éprouvant pour la rétine. Scorcese en guise d'exposition fait un plan séquence virtuose mais assez vain qui semble montrer d'emblée au spectateur ce qu'il sait faire, mais qu'il se rassure on ne doutait pas de sa maestria technique pas plus de l'ampleur de son budget. Heureusement après cette prouesse, le réalisateur va trouver le coeur de chaque spectateur.

 


Si Hugo Cabret est indéniablement un mélo, des personnages secondaire comme la dame mure et son toutou agressif insuffle des touches d'humour cocasse qui sont autant de respiration dans le trépidant récit.

Les acteurs, et en particulier les enfants, sont excellents. Même l'épouvantable Baron Cohen parvient à être attachant dans sont rôle d'"ogre". Je précise que j'ai bien évidemment vu le film en Version Originale, ce qu'il faut faire systématiquement surtout lorsque des enfants ont un rôle important dans un film d'autant que les jeunes acteurs français (quand ce ne sont pas des femmes!) doublant sont en général très mauvais (il y a des raisons systémiques à cela, ce que j'ai déjà exposées préalablement dans d'autres billets). Je n'ai pas vu le film en 3D, en sortant du film je ne vois guère ce que cela peut lui apporter sinon peut être dans la scène de découverte du cinéma, le train arrivant dans la gare de La Ciotat, par Mélies. Je comprend néanmoins bien pourquoi Scorcese a voulu utiliser ce procédé, ce qui est une sorte d'hommage au novateur qu'était Mélies.

Hugo Cabret est un mélo intelligent dans lequel les larmes rendent heureux.

 



 






















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David 08/01/2012 18:53

Bonjour,

Si tu as aimé le film je te conseille fortement d'aller le voir en 3D. C'est juste magnifique, rien à voir avec les précédentes tentatives. La scène d'intro que tu critiques est fabuleuse en
relief.

lesdiagonalesdutemps 09/01/2012 07:49



merci pour votre avis, si j'ai aimé le film, je ne pense pas que je retournerai voir Hugo Cabret en raison de manque de temps. Si j'ai vu Hugo Cabret en 2D, ce n'est pas par choix, bien que les
lunettes pèsent sur mon petit nez qui doit déjà en supporter toute la journée une paire, mais simplement une question d'horaires de séances. En revanche je tergiverse pas en ce qui concerne la
V.O., je vais toujours voir les film en V.O. et jamais en V.F. à l'exception des dessins animés américains (pour les japonais je les vois si posible en V.O.).