Hokusai au musée Guimet

Publié le par lesdiagonalesdutemps


Amis du dessins, lecteurs de mangas, passionnés de culture japonaise vous n’avez plus que jusqu’au 4 août pour courir au musée  pour pouvoir admirer sa collection d’estampes, de dessins et de gravures du grand Hokusai dont certaines images, très célèbres, comme “la vague” ou ses vues de mont Fuji dissimulent pour le plus grand nombre une œuvre très variée. Avec cette exposition, presque exclusivement composée de la collection du musée Guimet, à laquelle il serait tout de même un peu exagéré d’y apposer le nom de rétrospective, on peut parler de découverte, en particulier de l’influence que le peintre a exercé dans le monde, dès son vivant jusqu’à aujourd’hui. Son œuvre a été connu en France à partir du milieu du XIX ème siècle grâce à de nombreux esthète subjugué par la force et l’élégance de ses composition. Edmond de Goncourt qui collectionnait ses estampes lui consacra un livre.



Les visiteurs férus de films fantastique japonais ne seront pas dépaysés, tant les images de fantômes d’Hokusai semblent sorties des cartons d’un génial décorateur de cinéma; pas plus que ne seront égaré les amateurs de mangas. Certains croquis du maître, je pense par exemple à ce duel avec de longues perches de bambou entre deux samouraïs, pourraient des pages arrachées d’un merveilleux shonen. Il n’est pas difficile non plus de remarquer l’influence qu’a eu Hokusai sur les impressionnistes, en particulier Monet, qui lui aussi collectionnait les œuvres du japonais.



Ce qi est le plus impressionnant c’est le nombre de style et de sujet embrassés par l’artiste, fait amusant l’artiste, au cours de sa longue carrière, changeait de nom, à chaque fois qu’il adoptait un nouveau style. Il fut tour à tour portraitiste d’acteurs, illustrateur des quartiers de plaisir, “le monde flottant”, que l’on se souvienne de la belle exposition sur le sujet qui se déroula, il y a quelques mois au Grand Palais, paysagiste, peintre d’érotiques dans lesquels les organes génitaux sont sur dimensionnés, croqueur virtuose de scènes de rue et bien d’autres choses encore avec toujours la même justesse et finesse d’exécution. Ma préférence va à ses poèmes graphiques ou un papillon dialogue avec une pivoine...


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A part un bel et immense paravent, les pièces exposées, un peu plus d’une centaine, sont de taille modeste, pour cette raison, si vous le pouvez, je vous déconseille de visiter cette exposition un week-end car non seulement il vous faudra patienter assez longtemps pour y entrer, mais ensuite vous attendrez à chaque œuvre avant de pouvoir l’admirer. La visite nécessite un minimum de deux heures pour pouvoir goûter chaque œuvre. S’il y a une exposition où le catalogue mérite l’achat c’est bien celle là car ainsi à tête reposée dans la quiétude de votre bibliothèque vous découvrirez moult détails qui vous auront échappé lors de la découverte de l’image.

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Grand paravent décoré par Hokusaihokusai3
Hokusai et son élève vus par François Place.
Les librairies des musées sont celles aujourd’hui où l’on peut découvrir bien des livres qui vous auraient échappé autrement ainsi un petit volume intitulé “Le vieux fou de dessin” du à l’écrivain- illustrateur François Place aux éditions Folio junior. Si à l’origine il est destiné à la jeunesse, à partir de neuf ans, ne vous privé de ce plaisir sous prétexte que vous êtes chenu. L’auteur nous fait partager l’intimité d’Hokusai, à la fin de sa vie en suivant l’apprentissage du déluré Tojiro, neuf ans, chez le maître, ainsi nous découvrons l’homme caché derrière le grand artiste.
Comme vous le voyez la visite d’Hokusai est de celles que l’on aime prolonger.

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