Hey! Part II, à la Halle Saint Pierre

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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La revue Hey! réitère l'expérience de son exposition de l'année dernière à la Halle Saint Pierre. Cette deuxième exposition ressemble à la première tout en étant un peu moins riche tout en restant tout aussi morbide.

 

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Hey II est comme Hey I une exposition d'art brut, c'est à dire un art issu d'artiste n'ayant pas été "contaminé" ni par les institution ni par le marché de l'art (dans le sens large du terme). Une fois que l'on a dit cela, on peut être surpris que la vedette de cette manifestation soit Giger (voir les trois photos immédiatement ci-dessus) qui ne correspond pas du tout à la définition de l'art brut. Comme lors de l'exposition Hey I, le rez de chaussée est une sorte de grand cabinet de curiosité macabre baigné dans une inquiétante obscurité alors que l'ambiance à l'étage est beaucoup plus claire, ce qui ne veut pas dire que les pièces exposées soient moins dérangeante.

 

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Ce joli tapis, idéal à glisser sous votre table basse du salon est l'oeuvre de Renato Garza Cervera. Il nous vient du Mexique et figure une peau écorché d'un détenu d'une prison mexicaine, peut être en référence à l'écorchage des prisonniers, pratiqué jadis par les aztèques. Dans le macabre on peut voir non loin de cette pièce des photo de Witkin que j'ai toujours trouvées, pour ma part, irregardables. 

 

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Ma grande découverte lors de cette promenade morbide furent les dessins de  Serajat, un dessinateur belgequi sévit dans les année 60, obsédé de délires sadiques, on y voit des starlettes aux formes voluptueuses subissant des perversions  avec un sourire et une radieuse lassitude de stars blasées de tout . Sa seule expo déclencha un véritable scandale et fut démontée au bout de 24 heures. Il mourut dans la misère dans son galetas.

 

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Masami Teraoka, une sorte de Clovis Trouille japonais

 

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Autre Clou de l'exposition les grands tableaux romans de Joe Coleman dont le thème favori et quasi exclusif sont les serial-killer. Il a d'ailleurs prétendu en être un. Il en a incarné un dans un film underground. Il est devenu une icône de la jet set. A son dernier mariage il y a 4 ans à Baltimore, tous les damnés d’Hollywood étaient présents, comme Denis Hopper ou John Waters. Leonardo Di Caprio et Johnny Depp, autant de célébrités qui collectionnent ses oeuvres. Au sujet des raisons du choix de son thème de prédilection il a déclaré: << La raison pour laquelle j’ai contacté et peint des tueurs en série, c’est parce que je pense qu’ils essayent de communiquer. L’acte de poignarder quelqu’un est un acte de communication dans lequel on donne sa douleur directement à l’autre. Le problème c’est que l’on détruit l’autre personne en même temps qu’on se détruit soi-même. Par conséquent je ne crois pas que ce soit une méthode valable de communication. Mais comment articuler la souffrance ? Pas en chantant du folk, ni en lisant des poèmes. Il faut trouver un moyen d’expression digne de la souffrance.>>.

Si vos diners sont mornes accrocher une toile de Coleman dans sa salle à manger est l'assurance de redonner vie à vos soirées. Dans leur cadre travaillé ses tableaux procurent également de longs moments de lecture... d'autant que les sortes de bandes dessinées qui composent souvent ses peintures sont riches de références multiples et variées.

 

Je vous recommande le site Complete Paintings | Joe Coleman

 

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L'américaine Kate Clark réalise des pièces mi animales, mi humaines d'un naturalisme troublant.

 

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Ci-dessus c'est un peu du Ben, façon ouvrage de dame. Sur un mur de la halle Saint Pierre ce bel exemple de street art, ne serait ce pas aussi de l'art brut?


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Paris, avril 2013

 

Pour retrouver d'autres billet sur l'art brut sur le blog:  Joe Coleman,  Hey! Modern Art & Pop Culture à la Halle Saint PierreAlex GrossAlex Gross à New-York , Marcel Storr, bâtisseur visionnaireHey! Part II, à la Halle Saint Pierre

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