Hernan Bas (réédition complétée)

Publié le par lesdiagonalesdutemps

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Il arrive parfois, qu' en se baguenaudant sur les trottoirs de New-York, du web, de Londres ou d'ailleurs, on se trouve face au travail d'un artiste que l'on ignore totalement, alors qu'il a déjà une réputation bien établie. C'est ce qui m'arriva avec Hernan Bas dont l'œuvre provoqua chez moi un des plus grands chocs esthétiques que j'ai ressenti ces dernières années.

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Hernan Bas est né en 1978 à Miami en Floride. Il y fit ses études et sortit diplômé en 1996 de la New World School of Art de Miami où il travaille et habite encore aujourd’hui.
Malgré son jeune âge Bas a déjà montré son travail dans plusieurs grandes expositions collectives ou personnelles, notamment en 2004 à la célèbre biennale du Withney Museum de New-York (biennale très recommandable qui se donne pour but, tous les deux ans, de faire le point sur la création contemporaine américaine) et à la Saatchi gallery de Londres, ainsi qu’à Tokyo, Copenhague ou encore Los-Angeles.
La manière d’Hernan Bas, n’est pas sans rappeler, en beaucoup plus aboutie celle d’un Garouste et en plus ample celle de Paul P.  On peut penser également qu’il a regardé de très près les récentes compositions de Baselitz .

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Si son médium habituel est la peinture à l’huile qu’il étale généreusement par touches nerveuses sur la toile. Il utilise aussi, sporadiquement, la gouache et l’acrylique et parfois mélange toutes ses matière. Il lui arrive aussi, pour les petits formats de délaisser le support toile pour le papier ou pour des panneaux de bois. Il a souvent besoin de grandes surfaces pour s’exprimer. Certaines de ses compositions atteignent 3 mètres dans leur plus grande dimension. Mais il ne dédaigne pas quelques fois les petits formats comme celui, récemment mis en vente en Italie, qui, comme tout a un prix, a atteint pour 30 cm x 25 cm la somme de 46 000 $ US.

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L’artiste, dans son oeuvre, prenant la posture du dandy, explore différents pans de la culture. Il fait son miel aussi bien d’éléments issus de sources mythologiques, de la littérature classique, avec une prédilection pour les livres “pour garçons” que ce soit Moby-Dick ou les romans scouts pour adolescents, que ceux inspirés des fantasmes homosexuels de garçons tout juste pubères. Il semble aimer par dessus tout tirer ce matériel hétéroclite vers des représentations mélodramatiques.

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Dans ses peintures on peut déceler encore de multiple influences comme celle de la littérature “fin de siècle” de Wilde et de Huysmans, de la peinture d’histoire ou beaucoup plus triviale celle des magazines pornographiques...

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La plupart des personnages qui peuplent les peintures d’Hernan Bas se situent dans l’adolescence, leur sexualité a une aura d’innocence et n’est que rarement explicite. On peut considérer les scènes représentées comme des métaphores des désirs inavouables qui assaillent ces garçons. 

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Merci à "Curieux de trucs" pour ses nouvelles image d'Hernan Bas

Publié dans peinture

Commenter cet article

Stéphane 21/05/2015 16:23

Merci pour cette découverte et cette analyse avec laquelle je suis assez d'accord même si je ne trouve pas que Garouste soit moins "abouti" mais au contraire plus retenu. Le travail de Hernan Bas semble justement un peu trop complaisant parfois dans la surenchère geste-peinture. J'ai pensé aussi à Peter Doig ...

lesdiagonalesdutemps 22/05/2015 06:58

Merci de votre intéressant commentaire. Si vous trouvez les toiles de Garouste belles, je vous les laisse volontier, à part cela je suis assez d'accord avec vous mais la encore je n'ai rien contre le spectaculaire et le décorum que des peintres reviennent moult fois sur l'ouvrage là encore je ne vois pas le problème si des artistes comme Picasso, Hartung par exemple sont peu ou pas dans le repentir que dire de Bonnard, de Leroy qui revenaient de nombreuses fois sur l'ouvrage, je ne vois pas de hiérarchie dans ces pratiques.

Stéphane 21/05/2015 23:26

Je ne suis pas vraiment d'accord avec vous lorsque vous dites que pour être pris au sérieux il faut faire "moche" (Garouste en est la preuve d'ailleurs ; et il faudrait s'entendre sur ce terme de "moche" également). C'est plutôt l'accumulation d'événements, d'interventions et d'effets qui est à mes yeux un peu suspecte car elle confine au remplissage et peut être perçue comme une sorte de peur du vide. C'est une tendance assez fréquente chez beaucoup de peintres dont on a l'impression qu'ils ne parviennent pas à trouver une place entre la gestualité abstraire des années 50 et le désir figuratif rendu problématique par l'omniprésence de l'image photographique qui constitue souvent un modèle : du coup, la surenchère picturale dans l'affirmation de la matière et du geste devient à mes yeux très souvent l'indice paradoxal d'une hésitation autant que d'une revendication qui tourne au spectaculaire et au decorum.
Je ne dis pas cela spécifiquement pour Hernan Bas bien entendu et sa peinture reste intéressante au-delà de cela.

lesdiagonalesdutemps 21/05/2015 19:18

Merci pour votre commentaire<;Les toiles d'Hernan Bas sont en effet très belles mais il est vrai qu'aujourd'hui cela semble rédhibitoire si l'on veut être pris au sérieux il faut faire moche. Il me semble que Bonnard a montrer que l'on pouvait décoratif et intelligent. La peinture d'Hernan Bas demande malgré sa relative monumentalité en détail et attentivement. Le rapprochement avec Peter Doig est judicieux mais je trouve les tableaux de Bas plus ambitieux que ceux de Doig... à moins que que l'on soit fanatique de canoës.

Stéphane 21/05/2015 16:20

Intéressante découverte effectivement (par laquelle je découvre aussi le blog). Assez d'accord sur l'analyse même si je ne suis pas sûr que ce soit plus "abouti" que Garouste, mais plutôt plus démonstratif dans la surenchère geste-couleur qui finit par devenir un peu complaisant jusqu'à parfois tomber dans le joli. J'ai pensé à Peter Doig qui est plus retenu justement ...
Merci pour cette découverte.